Introduction
Quatrième message de la série « Notre identité en Dieu » à CVV Paris. Ben ouvre Luc 15 sur la parabole du fils prodigue et pose l'un des socles de notre identité : nous sommes aimés. Trois personnages, trois façons d'apprendre à recevoir cet amour, le plus jeune fils qui part, le père qui court, et le grand frère qui rumine. Que tu aies grandi loin de Dieu ou dans une famille chrétienne, il y a une place pour toi dans ce texte.
Plan du message
1. Le fils cadet : tu n'es jamais tombé trop bas pour Dieu
- Ben commence par ancrer le poids culturel de la demande du plus jeune fils. Réclamer son héritage du vivant de son père, dans l'antiquité juive, c'est lui dire : « Père, je souhaite que tu sois déjà mort. » C'est un acte de rébellion grave, une honte publique pour la famille, et un renoncement total au lien familial.
- Étonnamment, le père accepte et partage ses biens. Le fils vend vite, part loin, gaspille tout « en vivant dans la débauche », puis se retrouve à garder des porcs (l'animal impur par excellence), sans même pouvoir manger leur nourriture. Ben insiste : Jésus pousse l'illustration au bout. Ce jeune homme ne pouvait pas tomber plus bas.
- Un écrit trouvé parmi les manuscrits antiques dit à peu près : « Mes fils, ne donnez pas votre héritage aux non-juifs, de peur d'être humiliés à leurs yeux. Ils vous piétineront et deviendront vos maîtres. » Pour les auditeurs de Jésus, la seule issue possible pour ce fils, c'était le rejet. La communauté juive de l'époque cassait même une jarre devant celui qui perdait son héritage chez les païens, pour signifier qu'il était retranché du peuple.
- Et Jésus, comme si souvent, retourne l'attente. Le père voit le fils de loin, court vers lui (un patriarche ne courait jamais, c'était une honte), se jette à son cou, l'embrasse, ordonne le plus beau vêtement, l'anneau qui parle de sa place restaurée, les sandales qui rappellent qu'il est fils et non serviteur, le veau engraissé de la plus grande fête.
- Premier enseignement de Ben : il n'y a pas de profondeur (de tristesse, d'erreur, de regret, d'éloignement), à partir de laquelle Dieu ne puisse pas te relever et t'honorer. La joie du ciel est immense quand tu reviens à lui (Luc 15.7, Luc 15.10).
2. Le Père : un amour qui court, extravagant et actif
- Ben s'arrête sur cette image du père qui « jette sa dignité en l'air ». Il ignore le regard de sa communauté qui a subi la honte du fils pendant des années. Il ne voit que ce fils qui revient. C'est le portrait de Dieu envers toi.
- Tu attends peut-être une discussion ferme : « Voilà ce que tu as fait, ce n'est pas bien. » La réalité, c'est que Dieu se réjouit quand celui qui était loin revient. Nous étions tous, à un moment, dans la situation du plus jeune fils.
- Ben s'adresse à ceux qui sont chrétiens depuis longtemps, ou qui ont grandi dans une famille chrétienne : toi aussi tu as été privé de la gloire de Dieu, toi aussi il y a eu la fête quand tu es venu à lui, et le sourire de Dieu est toujours sur toi quand tu marches avec lui.
- À la croix, Jésus a pris sur lui la honte de notre rébellion. Il est mort nu, comme un brigand, devant des moqueurs. « Il a pris la honte pour que notre honte soit couverte du plus beau vêtement. » C'est l'échange de la croix. Le vêtement, l'anneau, les sandales, Christ nous donne tout cela.
- Le regard fondamental de Dieu sur toi n'est pas « 6 sur 10 cette semaine, tu peux faire mieux ». C'est un regard d'amour. Pas un amour « bisounours », précise Ben. Un amour actif : « Je suis pour toi, je suis avec toi, je vois tes souffrances, je vais te parler, je vais mettre des gens autour de toi pour te soutenir, je vais te fortifier pour marcher jusqu'au bout. »
- Ben lit deux psaumes. Psaume 139.7-8 : « Où fuirais-je loin de ta présence ? Si je monte au ciel, tu es là. » Psaume 40.3 : « Il m'a retiré de la fosse de destruction, du fond de la boue. Il a placé mes pieds sur le roc. » Si tu es loin, reviens. Si tu es dans le péché, renonces-y, 1 Jean 1.9 promet qu'il est fidèle et juste pour pardonner et purifier. Si tu es triste, dans l'amertume, le cœur brisé, rapproche-toi de lui aujourd'hui.
3. Le grand frère : ne juge pas ceux qui reviennent
- Le grand frère refuse d'entrer dans la fête. Il pointe du doigt les fautes de son petit frère : « celui qui a mangé tes biens avec des prostituées ». Il aurait voulu le voir travailler dur pour retrouver l'approbation, ou porter sa honte le reste de sa vie.
- Ben rappelle le contexte de Luc 15 : les collecteurs d'impôts et les « pécheurs » s'approchaient de Jésus, et les pharisiens murmuraient que Jésus « accueillait des pécheurs et mangeait avec eux ». Les trois paraboles de ce chapitre (la brebis perdue, la drachme perdue, le fils prodigue), répondent à cette accusation.
- Ben partage un souvenir personnel. Adolescent à Brighton, dans son groupe de jeunes, il y avait un garçon violent, colérique, à l'enfance très compliquée. Un jour, ce garçon l'a poussé et il s'est cogné la tête contre le mur. Énervé, Ben est allé dire à un responsable : « Il ne devrait pas faire partie de ce groupe. » Il y voit aujourd'hui une erreur : croire que quelqu'un qui n'a pas eu le même parcours a moins sa place dans l'église que lui.
- L'église n'est pas un rassemblement de gens sympas et bien élevés. C'est un groupe de personnes perdues, parfois brisées, parfois dans le péché, qui ont retrouvé la vie et le pardon en Jésus-Christ. Beaucoup sont encore en chemin, et ils ont leur place. 1 Pierre 4.7-9 : « Avant tout, ayez un amour ardent les uns pour les autres, car l'amour couvrira une foule de péchés. Exercez l'hospitalité les uns envers les autres sans murmurer. »
- Le grand frère est triste aussi parce qu'il a ignoré l'amour de son père pendant des années. Il pensait qu'il fallait le mériter. Ben demande : est-ce que tu lis les Écritures en fils ou fille bien-aimée, ou en doutant de ta valeur devant Dieu ? Si tu n'arrives pas à recevoir cet amour, demande au Saint-Esprit qui révèle notre adoption (Romains 8.15) de te faire crier « Abba Père » du fond du cœur.
4. Devenir, à notre tour, une figure de l'amour du Père
- Le père de la parabole reflète notre Père céleste. Partout où tu as de l'autorité (comme parent, comme manager, comme responsable), tu as l'occasion d'influencer la manière dont ceux qui dépendent de toi se représenteront Dieu.
- Ben s'adresse d'abord aux parents. Aimer nos enfants passe par l'attention. Il raconte l'histoire d'un enfant qui, en vacances, s'est effondré au moment de dire au revoir à un adulte qui avait joué avec lui, parce que ses propres parents, trop occupés par le travail, manquaient de temps pour lui.
- Aimer, c'est aussi mettre un cadre. Les proverbes nous enseignent à aider un enfant à suivre le bon chemin. Un cadre bien posé sécurise l'enfant, protège le couple, permet à la famille de s'épanouir sur le long terme. Les psychologues le disent aussi.
- Enfin, savoir communiquer l'amour même quand on reprend. Un « time out » pour montrer qu'il y a des choses qui ne se font pas, puis prendre l'enfant dans ses bras et lui dire « je te pardonne, je t'aime ». Ben y voit une image de Dieu avec nous : quand il nous reprend, son amour n'est pas moins vrai. Il nous reprend et il nous prend dans ses bras.
- Ben termine avec Victor Hugo : « Le plus grand bonheur de la vie, c'est la conviction que nous sommes aimés, aimés pour nous-mêmes, ou plutôt aimés malgré nous. » Dieu nous aime malgré nous. Aujourd'hui, tu peux te tenir dans son amour.
Points à retenir
- Il n'y a pas de profondeur trop grande (de tristesse, d'erreur ou d'éloignement), à partir de laquelle Dieu ne puisse pas te relever et t'honorer.
- La joie du ciel est immense quand quelqu'un revient à Dieu. Nous étions tous, à un moment, dans la situation du fils prodigue.
- À la croix, Jésus a pris ta honte pour que ta honte soit couverte du plus beau vêtement. C'est l'échange de l'Évangile.
- L'amour de Dieu n'est pas un sentiment « bisounours », c'est un amour actif : il te parle, il t'entoure de gens, il te fortifie pour marcher jusqu'au bout.
- L'église n'est pas un club de gens sympas. C'est un peuple retiré de la boue. Ceux qui sont encore en chemin ont leur place, accueillons-les, laissons-nous accueillir.
Application personnelle
- Y a-t-il un endroit de ta vie (un péché, un éloignement, un cœur amer), d'où tu penses que Dieu ne peut plus te relever ? Quel premier pas peux-tu faire pour revenir à lui cette semaine ?
- Quand tu lis les Écritures, est-ce que tu le fais en fils ou fille bien-aimée, ou en doutant de la valeur que tu as devant Dieu ? Que changerait une lecture en enfant adopté ?
- Y a-t-il quelqu'un dans ton entourage (famille, église, amis), envers qui tu joues le rôle du grand frère qui juge au lieu de se réjouir ? Comment lui montreras-tu que sa place est acquise ?
- Si tu es parent, quel espace concret d'attention peux-tu offrir cette semaine à ton enfant ? Quel cadre juste peux-tu poser sans oublier de dire « je t'aime » derrière la reprise ?
- Si tu n'arrives pas à ressentir l'amour de Dieu, oses-tu demander au Saint-Esprit de te révéler concrètement ton adoption, comme il l'a fait pour Ben quand il a reçu la certitude d'être aimé ?
Versets cités
- Luc 15.11-32 · la parabole du fils prodigue
- Luc 15.1-2 · les pharisiens murmurent : « cet homme accueille des pécheurs »
- Luc 15.7 · plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent
- Luc 15.10 · la joie des anges quand quelqu'un revient à Dieu
- Psaume 139.7-8 · où fuirais-je loin de ta présence ?
- Psaume 40.3 · il m'a retiré du fond de la boue, il a placé mes pieds sur le roc
- 1 Jean 1.9 · il est fidèle et juste pour nous pardonner et nous purifier
- Romains 8.15 · vous avez reçu un Esprit d'adoption qui crie « Abba, Père »
- 1 Pierre 4.7-9 · l'amour couvrira une foule de péchés, exercez l'hospitalité sans murmurer
Questions fréquentes
J'ai vraiment fait trop de mal dans ma vie. Est-ce que Dieu peut encore m'accueillir ?
C'est précisément le message de la parabole. Jésus pousse le portrait du fils cadet jusqu'à la dernière extrémité (un jeune juif qui garde des porcs chez les païens et voudrait manger leur nourriture), pour te dire qu'il n'y a pas de profondeur d'où Dieu ne puisse te relever. Le père court, se jette au cou, embrasse. La joie du ciel éclate quand tu reviens. Ce que tu attends, c'est peut-être une discussion sévère. Ce que Dieu prépare, c'est une fête et le plus beau vêtement.
Je suis chrétien depuis toujours. Est-ce que ce texte me concerne aussi ?
Ben insiste sur ce point. Toi aussi tu as été privé de la gloire de Dieu, toi aussi il y a eu la fête au ciel quand tu es venu à lui, et le sourire de Dieu est toujours sur toi. Le danger, quand on est chrétien depuis longtemps, c'est de devenir le grand frère : oublier l'extravagance de l'amour du Père, se croire méritant, mal supporter ceux qui arrivent avec des vies imparfaites. La question à te poser : est-ce que tu lis la Bible en fils bien-aimé ou en employé qui doit prouver sa valeur ?
Comment ressentir concrètement cet amour de Dieu quand je n'éprouve rien ?
Ben témoigne d'un moment où quelqu'un priait pour lui : il a ressenti l'Esprit de Dieu et il a eu la certitude d'être aimé. Sa recommandation : demande directement au Saint-Esprit (celui qui révèle notre adoption et nous fait crier « Abba Père »), de te faire vivre cette réalité. En parallèle, relis les Écritures comme un enfant adopté, pas comme un accusé. Rapproche-toi de lui aujourd'hui : dans la prière, dans la Parole, dans l'église où d'autres pourront t'accompagner sur ce chemin.
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