Introduction
Dans le monde juridique, on parle de « justice restauratrice » : une justice qui cherche à réparer le mal commis et à restaurer la relation. C'est par cette idée que commence ce message prêché à Holy Trinity Doncaster, une Église anglicane de Melbourne, dans le cadre d'une série sur le livre d'Osée.
Les semaines précédentes ont rappelé l'infidélité d'Israël envers Dieu, le jugement de Dieu sur son peuple, et sa fidélité malgré tout. Cette fois, le texte est Osée 4:1 à 5:15, lu avec 1 Corinthiens 11:27-32.
Dans ces deux chapitres, on entre dans un tribunal. Dieu y présente ses accusations contre son peuple et y prononce la sentence. Il est à la fois procureur et juge. Mais sa punition a deux buts : rendre justice pour le péché, et restaurer la relation, « parce qu'il les aime ».
Plan du message
1. Une justice qui cherche à restaurer
- Un spécialiste du droit affirme que la punition elle-même peut servir à restaurer la relation. C'est ce que font des parents, des grands-parents, des oncles et des tantes quand ils punissent un enfant : parce qu'il a mal agi, mais aussi pour l'aider à grandir.
- C'est ce qu'on appelle l'amour exigeant, le « tough love ». Le prédicateur raconte avec humour la lettre d'une grand-mère à une chroniqueuse de courrier des lecteurs : les parents lui interdisent de donner une fessée à son petit-fils, alors elle l'emmène « faire un tour en voiture », photo à l'appui, signé « Mamie amour exigeant ». Ce n'est pas le genre d'amour exigeant que Dieu montre à Israël.
- Le vocabulaire d'Osée 4 et 5 est celui du tribunal : « l'Éternel a un procès avec les habitants du pays » (Osée 4:1), « c'est contre vous que le jugement est prononcé » (Osée 5:1).
2. Une accusation grave : ils ne connaissent plus Dieu (Osée 4:1-3)
- L'accusation : « il n'y a point de vérité, point de miséricorde, point de connaissance de Dieu dans le pays ». À la place : parjure, mensonge, meurtre, vol, adultère, et le sang qui suit le sang.
- L'accusation commence par la relation avec Dieu. Fidélité, amour, connaissance : ce sont des termes relationnels. Le mot « connaissance » résume les autres, il veut dire connaître Dieu personnellement.
- Israël a quitté sa relation exclusive avec Dieu pour d'autres dieux. Comme un conjoint qui quitte son partenaire, il n'aime plus Dieu et ne lui est plus fidèle.
- « Le vertical mène souvent à l'horizontal. » Quand on s'éloigne de Dieu, on cesse de suivre ses voies, et cela se voit dans la manière de traiter les autres. Le prédicateur pense que c'est ce que l'on observe aujourd'hui en Australie.
- Même la terre en souffre : « le pays sera dans le deuil » (Osée 4:3). La guerre le montre clairement, avec la déforestation et la pollution de l'eau, des sols et de l'air. « Pensez au Moyen-Orient. Magnifique, mais ruiné. »
3. Les prêtres et la maison royale aussi (Osée 4:4-8 ; 5:1-7)
- Personne n'a le droit d'accuser les autres, car tous sont coupables. Dieu seul en a le droit, et son accusation vise le prêtre, sans doute le souverain sacrificateur.
- « Mon peuple est détruit, parce qu'il lui manque la connaissance » (Osée 4:6). Le rôle des prêtres et des prophètes était d'enseigner le peuple à connaître Dieu. Ils ont abandonné eux-mêmes cette connaissance, et le peuple ne se repent pas.
- Pour aujourd'hui : pasteurs, responsables d'études bibliques, responsables d'enfants et de jeunes, parents qui enseignent à la maison, tous doivent transmettre fidèlement la Parole, car c'est elle qui nous aide à connaître Dieu et à vivre selon ses voies.
- « Ils se repaissent des péchés de mon peuple » (Osée 4:8). Les prêtres recevaient une part des sacrifices, « un bon morceau de steak et du pain ». Plus le peuple péchait, plus ils mangeaient. Ils disaient en somme : « Ne t'inquiète pas, offre juste quelques sacrifices de plus. »
- La maison royale est aussi accusée (Osée 5:1). Éphraïm, la plus grande tribu, désigne tout Israël. Dieu sait tout (verset 3), mais le peuple, dans son arrogance, pense que cela n'a pas d'importance. Il entraîne même Juda.
- Ils viennent avec leurs troupeaux chercher l'Éternel, mais il s'est déjà retiré (verset 6). C'est une arrogance délirante, « comme un mari qui trompe sa femme avec une autre et s'attend à ce qu'elle ne sourcille pas ».
- Le premier commandement, aimer Dieu de tout son cœur, mène au second, aimer son prochain. Mais nous mettons souvent famille, argent, amis, sport, confort ou santé au-dessus de Dieu, ou à égalité avec lui.
- Comme dans le film Highlander : « Il ne peut en rester qu'un. » Dieu, par définition, est au sommet. Il n'y a qu'un seul siège conducteur dans ta voiture, et Dieu doit l'occuper pour diriger ta vie pour ton bien.
4. Une punition certaine (Osée 5:8-15)
- Trompette, cor, cri de guerre : c'est l'alarme avant l'attaque, comme l'alarme de collision dans un sous-marin. « Préparez-vous à l'impact. »
- « Éphraïm sera dévasté au jour du châtiment » (verset 9). Juda aussi : Dieu répandra sa colère sur eux comme de l'eau (verset 10).
- Une partie de la punition a déjà commencé, pour les réveiller : Dieu s'est retiré (verset 6), il est comme une teigne pour Éphraïm et comme une carie pour Juda (verset 12).
- Se tournent-ils vers Dieu ? Non. Ils se tournent vers l'Assyrie (verset 13), la nation même qui finira par les détruire. Mais l'Assyrie ne peut pas les guérir.
- « Je serai comme un lion pour Éphraïm, comme un lionceau pour la maison de Juda ; moi, moi, je déchirerai, puis je m'en irai » (verset 14). Le langage est rude. Il faut se souvenir de trois choses.
5. Une punition juste, nécessaire et qui a un but
- Juste, pour un péché grave. La punition correspond à la faute. Les prêtres abusaient des sacrifices pour manger davantage : « ils mangeront sans se rassasier » (Osée 4:10). Ils abusaient du don de la sexualité avec les prostituées sacrées : ils ne se multiplieront pas, ils n'auront pas d'enfants.
- Au verset 14, Dieu ne punit pas les filles entraînées dans la prostitution, mais les hommes qui leur ont donné ce mauvais exemple. La prostitution spirituelle a mené à la prostitution physique.
- Le pire crime ? Chez le prédicateur, c'est quand une sœur porte les vêtements de l'autre sans demander, « ça peut déclencher une guerre mondiale ». Plus sérieusement, ce qui a mené à tout le reste, c'est d'avoir trompé Dieu avec d'autres dieux, alors qu'il les avait créés et sauvés.
- Nécessaire, pour un péché obstiné. Pendant plus de 150 ans, Dieu a envoyé prophète après prophète, sans repentance. « Israël est rebelle comme une génisse indomptée » (Osée 4:16).
- Avec un but : la restauration. Dieu parle de châtier, de discipliner (Osée 5:2). Discipliner, c'est punir, mais aussi enseigner et former. Le passage se termine sur cet espoir : « jusqu'à ce qu'ils s'avouent coupables et cherchent ma face. Quand ils seront dans la détresse, ils auront recours à moi » (Osée 5:15).
6. La justice qui restaure, accomplie en Jésus-Christ
- La mauvaise nouvelle : l'accusation de Dieu contre nous est semblable. Nous avons aimé d'autres choses plus que Dieu. « Il n'y a point de juste, pas même un seul ; nul n'est intelligent, nul ne cherche Dieu » (Romains 3:10-11).
- La bonne nouvelle : Dieu a pris cette punition sur lui, en son Fils Jésus. Il l'a « destiné à être, par son sang, pour ceux qui croiraient, victime propitiatoire » (Romains 3:25), afin d'être juste tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus (Romains 3:26).
- « Voici la justice restauratrice de Dieu pour nous. » Il n'y a pas d'autre nom qui sauve, pas d'autre chemin pour qu'il y ait à la fois justice pour le péché et restauration pour nous. La question est posée : as-tu foi en Jésus ?
7. Deux choses pour suivre Dieu fidèlement
- Se réunir avec le peuple de Dieu, lire sa Parole, compter sur son Esprit dans la prière : tout cela aide. Le passage ajoute deux choses.
- Quand tu souffres, demande-toi s'il s'agit d'une discipline. À Corinthe, au repas du Seigneur, certains mangeaient sans attendre ceux qui finissaient tard le travail. L'un avait faim, l'autre était ivre (1 Corinthiens 11:21). Ils méprisaient le corps du Christ, c'est-à-dire l'Église.
- « C'est pour cela qu'il y a parmi vous beaucoup d'infirmes et de malades, et qu'un grand nombre sont morts » (1 Corinthiens 11:30). Mais Dieu disciplinait « afin que nous ne soyons pas condamnés avec le monde » (verset 32).
- Le prédicateur insiste : la plupart de nos souffrances viennent du fait que nous vivons dans un monde déchu. Mais parfois, juste parfois, il peut s'agir de la discipline de Dieu. Demande-toi : y a-t-il dans ma vie un péché non repenti dont Dieu veut me réveiller ?
- Souviens-toi des deux faces de cette justice. La gravité du péché : « Si ce n'était pas grave, pensez-vous vraiment que Dieu aurait envoyé son Fils Jésus mourir pour nous ? » Et l'amour de Dieu : « Quel autre dieu a fait cela ? »
- John Newton disait : « Ma mémoire s'efface, mais je me souviens très clairement de deux choses : je suis un grand pécheur, et Christ est un grand Sauveur. »
Points à retenir
- Dans Osée 4 et 5, Dieu est procureur et juge. Sa punition rend justice pour le péché et cherche à restaurer la relation.
- Le péché d'Israël commence à la verticale : il ne connaît plus Dieu comme son seul Dieu. Le reste suit à l'horizontale.
- La punition de Dieu est juste, nécessaire face à l'obstination, et elle a un but : que son peuple cherche de nouveau sa face.
- En Jésus-Christ, Dieu est juste et justifie celui qui a la foi. C'est sa justice restauratrice pour nous.
- La souffrance n'est pas toujours une discipline, mais elle peut l'être. Elle mérite qu'on s'interroge devant Dieu.
Application personnelle
- Qui occupe le siège conducteur de ta vie aujourd'hui : Dieu, ou ta famille, ton argent, tes amis, ton confort, ta santé ?
- Connais-tu Dieu personnellement, ou seulement les gestes religieux qui entourent sa présence ?
- Si tu enseignes la Bible, aux enfants, aux jeunes ou chez toi, transmets-tu fidèlement la Parole de Dieu ?
- Dans une épreuve que tu traverses, y a-t-il un péché non repenti dont Dieu voudrait te réveiller ?
- Comment la pensée « je suis un grand pécheur, et Christ est un grand Sauveur » peut-elle te pousser à le suivre plus fidèlement cette semaine ?
Versets cités
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la justice restauratrice de Dieu dans Osée ?
Dans Osée 4 et 5, Dieu est à la fois procureur et juge. Il punit Israël pour son infidélité, mais cette punition a un double but : rendre justice pour le péché et restaurer la relation avec son peuple. Le texte se termine sur l'espoir qu'Israël cherche de nouveau sa face (Osée 5:15).
Pourquoi Dieu se compare-t-il à un lion dans Osée 5:14 ?
L'image est forte, mais la punition est juste, car elle correspond au péché commis. Elle est nécessaire, car Israël s'est obstiné pendant plus de 150 ans malgré les prophètes. Elle a aussi un but : Dieu se retire jusqu'à ce que son peuple reconnaisse sa faute et le recherche.
Toute souffrance est-elle une discipline de Dieu ?
Non. Le prédicateur précise que la plupart de nos souffrances viennent du fait que nous vivons dans un monde déchu. Mais parfois, Dieu peut nous discipliner pour nous réveiller d'un péché dont nous ne nous sommes pas repentis, comme les Corinthiens (1 Corinthiens 11:30-32). Il vaut la peine de se poser la question.