Introduction
« Si Dieu existait, je ne l'adorerais quand même pas. » Matt Fuller, vicaire de Christ Church Mayfair à Londres, ouvre son message avec cette phrase entendue dans une vidéo d'étudiante apparue dans son fil d'actualité. Pour elle, la raison était simple : personne ne lui dirait quoi faire, elle était maîtresse de sa vie.
Ce message fait partie d'une série sur le livre de l'Exode et couvre un long passage, des chapitres 7 à 10 : les neuf premières plaies. Le prédicateur prévient qu'il va regarder ce même passage deux fois, sous deux angles. Ce soir, il s'arrête sur l'entêtement de Pharaon. La semaine suivante, il parlera de Dieu qui révèle son nom.
Son fil conducteur tient en une phrase : « Si Dieu est roi, je ne le suis pas. » Pharaon ne l'a jamais accepté. Matt Fuller suit trois étapes : le cœur inflexible de Pharaon, son cœur qui s'endurcit de plaie en plaie, puis l'homme au cœur humble, Jésus.
Plan du message
1. Une certaine folie dans le défi
- Le prédicateur transpose la phrase de l'étudiante : « Si la nourriture est nécessaire à la survie, je refuse quand même de manger. Si l'eau est nécessaire, je refuse quand même de boire. » On peut tenir quelques semaines sans manger, quelques jours sans boire, puis on s'effondre.
- Et pourquoi se priver de ce qui est bon ? Tu as été fait pour Dieu, pour te réjouir en lui et l'adorer. « Pourquoi t'en passerais-tu ? »
- Dire « s'il y a un Dieu, je ne l'adorerai pas » sonne bien en surface. Mais si un souverain m'a créé, s'il dirige chaque détail de ma vie et peut me donner la vie éternelle, le rejeter est absurde. Et un jour, il y aura des comptes à rendre devant lui.
- La raison est sans doute la même que pour Pharaon. Tout le combat est posé en Exode 5:2 : « Qui est l'Éternel, pour que j'obéisse à sa voix ? » Autrement dit : « Je suis Pharaon. Je règne sur la plus grande nation de la terre. Ne me dis pas quoi faire. »
- Pharaon préférera voir son pays brûler plutôt qu'admettre qu'il n'est pas le roi de sa vie et que Dieu l'est.
2. Pourquoi dix plaies ?
- Pourquoi cela dure-t-il si longtemps ? Pourquoi Dieu ne règle-t-il pas tout d'un claquement de doigts ? L'explication la plus longue se trouve en Exode 9:14-16 : Dieu aurait pu frapper l'Égypte et la faire disparaître, mais il a laissé subsister Pharaon « afin que tu voies ma puissance, et que l'on publie mon nom par toute la terre ».
- Deux raisons vont donc ensemble : Dieu montre sa puissance et son nom, et il révèle à quel point Pharaon peut être entêté.
- Les neuf premières plaies arrivent en trois vagues. Dans la première (plaies 1 à 3), c'est Aaron qui lève son bâton. Dans la deuxième (4 à 6), l'Éternel agit seul. Dans la troisième (7 à 9), c'est Moïse qui étend son bâton.
- La première plaie de chaque vague commence par une rencontre avec Pharaon le matin, la deuxième au palais, et la troisième arrive sans aucun avertissement. Ce sont des vagues qui viennent battre Pharaon, encore et encore.
3. Le cœur inflexible de Pharaon
- Avant les plaies, le bâton d'Aaron devient un serpent. Les magiciens en font autant, mais le bâton d'Aaron engloutit les leurs (Exode 7:12). Le mot employé pour serpent évoque un monstre marin, et la seule autre fois où l'Exode parle d'engloutir, c'est quand la mer engloutit Pharaon et son armée (Exode 15:12). Un avant-goût de la fin.
- Le cœur de Pharaon s'endurcit, et la conséquence est qu'il n'écoute pas (Exode 7:13). Des chapitres 4 à 14, l'endurcissement de son cœur est mentionné dix-huit fois. « C'est la Bible pour les cardiologues. »
- Le texte affirme deux choses avec la même force : Pharaon endurcit son cœur (Exode 8:11), et l'Éternel endurcit son cœur (Exode 7:3). Dieu est souverain sur le pire des dictateurs, et même sur le pire des ennemis, la mort. Et Pharaon est entièrement responsable : il ne pourra jamais dire qu'il n'avait pas le choix.
- Comment les deux tiennent-ils ensemble ? Matt Fuller avoue ne pas le savoir, mais il raconte une scène vécue chez un ami. Le fils de cet ami, dix ans, venait de recevoir un couteau suisse pour son anniversaire. Sur le canapé, plusieurs coups de couteau dans les coussins.
- Le père, très calme : « As-tu poignardé le canapé ? » « Non. » « Je te repose la question, réfléchis bien. » « Non. » Une semaine d'argent de poche perdue, puis deux. Cela a duré environ cinq fois, jusqu'à ce que le père s'en aille. La question était parfaitement juste, et pourtant elle a durci le cœur de l'enfant.
- « Pharaon, laisse aller mon peuple. » « Non. » Il n'y a rien d'injuste dans ce que fait l'Éternel. Et dès Exode 7:14, avant même la première plaie, Dieu décrit le cœur de Pharaon comme endurci. Ce n'est pas un homme neutre, c'est un dictateur brutal.
4. Première et deuxième vagues : il demande la prière, puis il marchande
- Le sang : le Nil, source de vie de l'Égypte, devient un lieu de mort, jusque dans les vases de bois et de pierre. Les magiciens en font autant. « Tout est changé en sang, vous pouvez arranger ça ? » « Oui, on va faire encore plus de sang. » Pas très utile. Et Pharaon n'écoute pas (Exode 7:22).
- Les grenouilles : même scène, les magiciens ajoutent des grenouilles aux grenouilles. Mais cette fois, Pharaon demande qu'on prie pour lui (Exode 8:4). Moïse lui laisse fixer le moment : « Demain. » La prière est exaucée exactement à l'heure demandée. Pourtant, « Pharaon, voyant qu'il y avait du relâche, endurcit son cœur » (Exode 8:11).
- « Tu peux voir dans ta vie une prière exaucée au moment même où tu l'as demandée, et cela ne te change en rien. Tu deviens seulement plus têtu. » Les moustiques suivent, et Pharaon n'écoute toujours pas (Exode 8:15).
- Les mouches : Pharaon propose de sacrifier à Dieu dans le pays (Exode 8:21). Réponse de Moïse en substance : on ne marchande pas avec l'Éternel. Nos femmes, nos enfants et nos troupeaux iront avec nous. « Il parle, tu obéis. C'est comme ça que ça marche. »
- Moïse avertit Pharaon de ne pas le tromper encore (Exode 8:25). Les mouches partent, il n'en reste pas une, et Pharaon endurcit encore son cœur (Exode 8:28).
- Puis la peste sur le bétail : tout le bétail meurt, Pharaon fait vérifier, mais son cœur reste endurci (Exode 9:7). Enfin les ulcères : cette fois les humains sont touchés, et les magiciens ne peuvent même plus se tenir devant Moïse (Exode 9:11). Le cœur de Pharaon reste dur.
5. Troisième vague : il confesse son péché, mais ne craint pas Dieu
- La grêle : « Cette fois, je vais envoyer toutes mes plaies contre ton cœur » (Exode 9:14). Dieu prévient de mettre les bêtes à l'abri. Ceux des serviteurs de Pharaon qui craignent la parole de l'Éternel obéissent, les autres laissent tout dans les champs (Exode 9:20-21). Certains Égyptiens répondent, et au chapitre 12, certains partiront avec Israël.
- Grande nouveauté : Pharaon dit « Cette fois, j'ai péché ; c'est l'Éternel qui est le juste, et moi et mon peuple, nous sommes les coupables » (Exode 9:27). Le prédicateur sourit : pas seulement cette fois, Pharaon, toutes les fois.
- Moïse n'est pas dupe : « Je sais que toi et tes serviteurs, vous ne craindrez pas encore l'Éternel Dieu » (Exode 9:30). La grêle cesse, et Pharaon pèche de nouveau (Exode 9:34).
- Les sauterelles : la question est posée en Exode 10:3, « Jusqu'à quand refuseras-tu de t'humilier devant moi ? » Tout est là : quand vas-tu plier le genou, admettre que l'Éternel est roi et que tu ne l'es pas ?
- Même ses serviteurs le supplient : « Ne vois-tu pas encore que l'Égypte périt ? » (Exode 10:7). Catastrophe écologique, ruine économique, un peuple traumatisé. Et toujours : « Je suis Pharaon. »
- Il va plus loin : « J'ai péché. Mais pardonne mon péché pour cette fois seulement » (Exode 10:16-17). Il demande le pardon, mais son cœur s'endurcit à nouveau.
- Les ténèbres pendant trois jours : une dé-création, un jugement. Plus tard dans l'histoire, les ténèbres tomberont pendant trois heures. Pharaon marchande encore : les enfants peuvent partir, pas les troupeaux. Puis : « Le jour où tu verras ma face, tu mourras » (Exode 10:28). Il ne reverra jamais Moïse, mais c'est lui qui mourra, et Moïse vivra parce qu'il sait que l'Éternel est roi.
6. Et toi, et moi ?
- Le comportement de Pharaon est stupéfiant : il demande la prière et elle est exaucée, il reconnaît son péché, il demande pardon, il sait que Dieu est réel et irrésistible. Mais il ne pliera pas le genou. « Je prendrai le pardon, mais je ne t'aurai pas pour roi. »
- Personne dans l'assemblée ne gouverne une grande nation. Mais l'attitude de l'étudiante est la même, avec moins de pouvoir sur les conséquences.
- À ceux qui ne se disent pas encore chrétiens, Matt Fuller raconte une conversation avec un ami de longue date, rencontré à l'université. Celui-ci lui expliquait que ce qui l'empêchait de devenir chrétien, c'était un doute sur la résurrection. Puis il s'est arrêté : « Non, c'est une excuse. Si je suis honnête, je ne veux pas que ma vie change. Et je sais qu'elle changerait. »
- C'est beaucoup plus doux que Pharaon, et pourtant c'est la même folie, parce que l'Éternel est roi et qu'il y aura des comptes à rendre. Et oui, ta vie change si tu le suis. Certaines choses et certaines relations sont différentes, mais dans l'ensemble, elle est meilleure.
- Aux chrétiens, il rappelle Hébreux 3:13 : ne laisse pas ton cœur s'endurcir par la séduction du péché. Le danger est de dire : « Je prends le pardon, je prends les bénédictions. Mais c'est ma vie, mon temps, mon argent, mes décisions, mon avenir. Je suis roi, et toi tu ne l'es pas, même si tu es bien utile parfois. »
- « Ne te taille pas des domaines de ta vie où tu es roi et où Dieu ne l'est pas. »
7. L'homme au cœur humble
- Un seul homme a vraiment vécu sur cette terre avec un cœur humble : Jésus. « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur » (Matthieu 11:28-29).
- Il est Dieu venu sur la terre, et pourtant il dit : « Que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne » (Luc 22:42). Il ne réclame pas sa royauté. C'est ainsi qu'il peut offrir le salut et le repos.
- « Apprends de moi » : un mode de vie vivable, réjouissant, celui pour lequel tu as été fait. Aimer le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force (Marc 12:30).
- Un homme d'une soixantaine d'années, qui a fréquenté l'église pendant une dizaine d'années, souffrait d'angine de poitrine. Chaque matin, il devait prendre trois comprimés. Il disait au pasteur que c'était aussi son choix de chrétien, chaque jour : laisser son cœur s'endurcir, ou laisser Dieu l'attendrir.
- Se soumettre à Dieu, c'est la liberté. Lui céder, c'est une libération. Plier le genou devant lui, c'est être relevé comme enfant du Dieu vivant, qui exauce la prière, qui pardonne et qui conduit jusqu'à la terre promise.
- « Jésus est Dieu, et je ne le suis pas. Et c'est une excellente nouvelle. Alors écoute-le. »
Points à retenir
- Si Dieu est roi, tu ne l'es pas. C'est la question que Pharaon a refusée du début à la fin.
- Dieu endurcit le cœur de Pharaon et Pharaon endurcit son propre cœur : Dieu est souverain, et l'homme reste pleinement responsable.
- On peut voir des prières exaucées, confesser son péché et demander pardon sans jamais plier le genou devant Dieu.
- Le chrétien aussi peut garder des domaines où il reste roi. Hébreux 3:13 appelle à ne pas laisser son cœur s'endurcir.
- Jésus, doux et humble de cœur, est le seul à avoir dit pleinement « que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne ». Il offre le repos à qui vient à lui.
Application personnelle
- Y a-t-il une raison que tu avances pour ne pas suivre Dieu qui ressemble, au fond, à « je ne veux pas que ma vie change » ?
- As-tu déjà vu Dieu répondre à une prière sans que cela change ta manière de vivre ?
- Dans quel domaine (ton temps, ton argent, tes décisions, ton avenir) te comportes-tu encore comme le roi ?
- Où as-tu tendance à marchander avec Dieu, à lui obéir à moitié plutôt que complètement ?
- Quel geste simple et quotidien pourrait te rappeler, chaque matin, de choisir d'attendrir ton cœur devant lui ?
Versets cités
- Exode 5:2
- Exode 7:3
- Exode 7:8 à 10:29
- Exode 9:14-16
- Exode 9:27-30
- Exode 10:3
- Exode 15:12
- Hébreux 3:13
- Matthieu 11:28-29
- Luc 22:42
- Marc 12:30
Questions fréquentes
Pourquoi Dieu a-t-il envoyé autant de plaies sur l'Égypte ?
Exode 9:14-16 donne l'explication : Dieu aurait pu frapper l'Égypte d'un seul coup, mais il a suscité Pharaon pour montrer sa puissance et faire connaître son nom par toute la terre. Pour Matt Fuller, la longueur des plaies révèle deux choses qui vont ensemble : la puissance du nom de Dieu et l'entêtement de Pharaon.
Est-ce Dieu ou Pharaon qui endurcit le cœur de Pharaon ?
Les deux, et le texte insiste également sur les deux. Dieu est souverain, même sur le pire des dictateurs. Pharaon reste entièrement responsable de ses décisions. Matt Fuller compare cela à un père qui pose une question parfaitement juste à son fils : la question n'a rien d'injuste, mais à chaque refus de dire la vérité, le cœur de l'enfant se durcit.
Que dit l'histoire de Pharaon à un chrétien aujourd'hui ?
Comme Hébreux 3:13, elle avertit de ne pas laisser son cœur s'endurcir par la séduction du péché. On peut accepter le pardon et les bénédictions de Dieu tout en gardant des domaines où l'on reste roi : son temps, son argent, ses décisions, son avenir. Le prédicateur invite à choisir chaque jour d'attendrir son cœur devant Dieu.