Introduction
« Tous les chemins mènent à Dieu. » Tu l'as sans doute déjà entendu, comme une formule sage qui prônerait la paix entre les religions. Mais Henri Blocher, l'un des grands théologiens évangéliques francophones, y répond sans détour : c'est une pensée superficielle, et il est même irresponsable de dire que toutes les religions se valent. Dans cette conversation avec Benjamin Short, pasteur de l'église du Tabernacle à Paris, il montre pourquoi le Dieu de la Bible est réellement unique, et pourquoi cette question touche à la vie et à la mort éternelle.
Plan du message
1. « Tous les chemins mènent à Dieu » : une affirmation dangereuse
- Ceux qui parlent ainsi ont souvent de bonnes intentions : favoriser la paix entre les religions, rendre le vivre-ensemble plus facile.
- Mais aux yeux d'Henri Blocher, c'est d'abord une ignorance de la réalité des diverses religions. Elles s'opposent les unes aux autres sur des points tout à fait importants.
- Il illustre cela par une comparaison : pour des questions de vie et de mort temporelles, personne ne dirait au pharmacien « tous les médicaments se valent, donnez-moi n'importe lequel ». Le diagnostic doit être fidèle à la maladie, et la thérapeutique adaptée.
- Combien plus quand il s'agit d'une question de vie et de mort éternelle : on ne peut pas approuver ce genre de discours.
2. L'unicité de Dieu : un trait original introduit par la Bible
- L'affirmation qu'il n'y a qu'un seul Dieu, c'est la Bible qui l'a introduite dans le monde, dans la révélation faite à Israël.
- Le judaïsme, même s'il interprète de travers certaines données de la révélation qui lui a été faite, porte cette affirmation ; les chrétiens sont solidaires avec lui sur ce point.
- L'islam, dans sa constitution première, a été très fortement influencé par la Bible, notamment par le christianisme sous des formes diverses présentes en Arabie à l'époque.
- Si tu considères le champ général des religions, cette affirmation reste originale : l'hindouisme parle de centaines de milliers de dieux, avec un divin ultime au caractère impersonnel auquel le fidèle se prétend finalement identique.
3. Un Dieu qui se soucie de la morale, pas seulement des cérémonies
- Le Dieu de la Bible se soucie de la morale, de la manière dont les gens vivent, de leur justice ou de leur injustice. Beaucoup de dieux ne s'en soucient que de manière marginale ; ce qui leur importe, ce sont les cérémonies religieuses accomplies ponctuellement.
- Henri Blocher se souvient avoir lu, sous la plume d'un intellectuel qu'il croit américain : il n'y a aucune religion au monde qui se soit passée de réglementer l'alimentation, de distinguer entre aliments interdits et permis.
- Or il est frappant que le Nouveau Testament dise au contraire : ce n'est pas un aliment qui nous rapproche de Dieu. « Tout est pur à ceux qui sont purs », écrit Paul.
- Ce qui compte, ce sont les dispositions du cœur : la compassion, la miséricorde, l'aide apportée au prochain, la conduite juste. C'est un trait vraiment caractéristique du Dieu biblique.
4. Un Dieu qui se révèle dans l'histoire
- Comme l'a souligné le spécialiste Mircea Eliade, le Dieu de la Bible est le Dieu qui se révèle historiquement. C'est le Dieu de l'histoire.
- Au centre de la confession de foi chrétienne, il y a ce repère historique : « au temps de Ponce Pilate », le gouverneur romain. La foi chrétienne ancre son message dans un événement daté et vérifiable.
- Ailleurs, ce sont plutôt des idées abstraites ou des règles à appliquer en tout temps pour plaire à Dieu. Ici, il s'agit d'une démarche historique de Dieu qui entre dans l'histoire qu'il gouverne pour agir.
5. Religion ou relation : que dit vraiment la Bible ?
- Benjamin Short pose la question qui traverse le discours chrétien contemporain : « Moi, je ne suis pas dans une religion, c'est une affaire de relation ». Blocher répond que tout dépend de ce qu'on appelle religion.
- Il dénonce d'abord une fausse étymologie : le mot « religion » ne vient pas du latin « relier ». Saint-Augustin, qui savait le latin et suivait Cicéron, l'a bien montré.
- Dans le Nouveau Testament, le mot est peu fréquent. L'épître de Jacques, écrite par un frère selon la chair de Jésus, dit que la vraie religion consiste à secourir les veuves et à venir au secours des plus démunis, encore cet accent sur la morale.
- Si « religion » désigne le service de Dieu en reconnaissance de son œuvre en notre faveur, pour lui plaire parce qu'on l'aime, alors oui, le christianisme est une religion. Mais si « religion » désigne un système de règles par lequel on pense assurer son salut, alors c'est juste le contraire du message de la Bible.
6. Une Bible qui n'a pas d'équivalent
- Benjamin Short rappelle un slogan qu'il utilise régulièrement à l'église du Tabernacle : la Bible a été écrite sur une période de 1500 ans, par 40 auteurs qui pour la plupart ne se connaissaient pas, sur trois continents différents, en trois langues différentes. Aucun autre livre religieux n'a d'équivalent à ce niveau.
- Henri Blocher acquiesce, en précisant que la troisième langue (l'araméen) ne couvre que quelques chapitres de l'Ancien Testament.
- Il souligne un autre point mis en valeur par Saint-Augustin, repris par Calvin et Pascal : les prophéties très clairement accomplies dans la vie et l'œuvre de Jésus ont été préservées par le judaïsme, qui ne reconnaît pas Jésus comme le Messie.
- On ne peut donc pas soupçonner les chrétiens d'avoir falsifié ces prophéties pour les faire coïncider avec leur accomplissement en Jésus. Les Juifs en sont, comme le disaient les anciens, « les archivistes, les bibliothécaires », leur refus même de croire en Jésus rend le témoignage plus fort.
7. Un Dieu qui descend, une réponse qu'il attend
- Pratiquement toutes les religions ont proposé des chemins pour que l'homme puisse monter vers Dieu et assurer son salut par ses propres œuvres.
- La Bible est le seul message qui affirme que Dieu lui-même est venu opérer le salut, et que nous avons simplement à le recevoir en croyant en lui et en croyant sa parole. Cela ne se trouve nulle part ailleurs.
- Ce Dieu ne veut pas de spectateurs. Il a agi dans l'histoire pour nouer une relation avec nous, la Bible parle d'alliance, une alliance qui est même comparée à un mariage.
- Comme au mariage, il faut répondre « oui » à monsieur le maire. Dieu attend que tu répondes « oui » à son offre d'alliance.
Points à retenir
- Dire que « tous les chemins mènent à Dieu » n'est ni tolérant ni sage : c'est superficiel et, aux yeux d'un théologien comme Blocher, irresponsable face à une question de vie éternelle.
- L'unicité de Dieu n'est pas une évidence universelle : c'est la Bible qui l'a introduite dans le monde par la révélation faite à Israël.
- Le Dieu biblique se distingue en ce qu'il se soucie de la conduite du cœur (miséricorde, compassion, justice), bien plus que des cérémonies ou des règles alimentaires.
- Il se révèle dans l'histoire, à un moment daté (« sous Ponce Pilate »), pas dans un système d'idées abstraites.
- Toutes les religions font monter l'homme vers Dieu ; seule la Bible annonce un Dieu qui descend, opère lui-même le salut, et attend de toi une réponse d'alliance.
Application personnelle
- Devant l'affirmation « tous les chemins mènent à Dieu », qu'est-ce qui te pousse à acquiescer par politesse plutôt qu'à examiner honnêtement les différences réelles entre les religions ?
- Est-ce que tu vis ta foi comme un « service que tu rends à Dieu par amour » ou comme un « système de règles pour être en règle » ? Où la ligne se déplace-t-elle chez toi en ce moment ?
- Comment le fait que Dieu se soit révélé dans une histoire concrète (Israël, Jésus, Ponce Pilate) change-t-il ta manière de lire la Bible cette semaine ?
- À quel endroit essaies-tu encore de « monter vers Dieu » par tes efforts, alors que la Bible te dit qu'il est déjà descendu vers toi ?
- Si l'alliance avec Dieu est comparée à un mariage, où en es-tu de ton « oui » ? Est-ce un oui vivant, ou un oui prononcé une fois et oublié ?
Versets cités
- Deutéronome 6.4 · « Écoute, Israël ! L'Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel » (l'unicité de Dieu révélée à Israël)
- Tite 1.15 · « Tout est pur pour ceux qui sont purs » (parole de Paul citée par Henri Blocher)
- Jacques 1.27 · la vraie religion consiste à secourir les veuves et les plus démunis
- Luc 3.1 · le repère historique « sous Ponce Pilate »
- Jean 3.16 · Dieu descend vers nous et opère le salut
- Ésaïe 53 · prophétie messianique préservée par le judaïsme, accomplie en Jésus
Questions fréquentes
Est-il vraiment intolérant de dire que le Dieu de la Bible est unique ?
Non, et c'est exactement le contresens que dénonce Henri Blocher. Dire « toutes les religions se valent » n'est pas de la tolérance : c'est une méconnaissance des religions elles-mêmes, qui s'opposent réellement les unes aux autres sur des points essentiels. La véritable tolérance consiste à respecter des personnes tout en examinant honnêtement leurs affirmations. Sur une question de vie et de mort éternelle, ne pas prendre le sujet au sérieux serait aussi grave que de dire au pharmacien « donnez-moi n'importe quel médicament ».
Le christianisme est-il une religion ou une relation ?
Henri Blocher répond : cela dépend de ce qu'on appelle religion. Si « religion » désigne un système de règles par lequel on pense assurer son salut, alors le christianisme est le contraire d'une religion, c'est même son message central. Mais si « religion » désigne le service de Dieu offert en reconnaissance de son œuvre en notre faveur, pour lui plaire parce qu'on l'aime, alors oui, le christianisme est une religion. Jacques l'utilise en ce sens quand il parle de « la vraie religion » comme du secours porté aux veuves et aux démunis.
Pourquoi le fait que la Bible ait 1500 ans, 40 auteurs et 3 langues serait-il un argument pour son unicité ?
Parce qu'aucun autre livre religieux n'a été composé sur une telle durée, par autant d'auteurs qui ne se connaissaient pas, sur trois continents et en trois langues différentes, tout en gardant une cohérence de message. Henri Blocher souligne en plus que les prophéties messianiques accomplies en Jésus ont été préservées par le judaïsme, qui ne reconnaît pourtant pas Jésus comme le Christ. Impossible dans ce cas d'accuser les chrétiens d'avoir falsifié ces textes pour qu'ils collent après coup. Comme le disaient les anciens, les Juifs sont « les archivistes » involontaires de la vérité chrétienne.
Ne rate aucune prédication de Église du Tabernacle
Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.
pour prendre des notes et poser une question.