Introduction
Lysa TerKeurst avoue elle-même qu'elle a passé plus de mille heures avec un théologien à étudier le pardon dans la Bible — et qu'environ 750 de ces heures, elle cherchait la faille. Elle voulait croire que Dieu ne demandait pas vraiment de pardonner tout le monde. Ce qu'elle a fini par découvrir, c'est que le pardon est un commandement absolu de Dieu, mais qu'il ne se confond pas avec la réconciliation. Ce message est traduit d'un sermon anglophone de Lysa TerKeurst, prêché à Elevation Church, dans lequel elle raconte comment elle a traversé un divorce non désiré après près de vingt-neuf ans de mariage, et comment Dieu l'a conduite pas à pas à pardonner ce qu'elle n'arrivait pas à oublier.
Plan du message
1. Le pardon est un commandement, la réconciliation est une condition
- Lysa TerKeurst raconte que dans sa recherche, elle a longtemps espéré trouver une porte de sortie au commandement de pardonner. Elle n'en a pas trouvé : Dieu nous appelle bien à pardonner à tous.
- Mais la réconciliation, elle, est conditionnelle. Dieu ne nous demande pas de rester assez proches de ceux qui nous utilisent ou nous maltraitent pour qu'ils continuent leur ouvrage.
- Pardonner ne veut pas dire « ce que tu as fait est désormais acceptable ». Cela veut dire « je choisis d'arrêter de souffrir à cause de ce que tu m'as fait ».
- Le pardon n'est pas un billet donné à l'autre pour continuer à blesser. C'est un acte d'obéissance qui te rend, à toi, ta liberté.
2. Chaque blessure est faite de deux choses : le fait et l'impact
- Lysa TerKeurst décrit son rendez-vous chez son conseiller Jim, où il lui a demandé d'écrire sur des fiches, une par une, chaque chose qui l'avait blessée. Le sol entier de son bureau s'est retrouvé recouvert de fiches.
- Jim lui a alors dit ce que personne d'autre n'avait osé lui dire : « Ce qui t'a été fait est terrible. Cela n'aurait jamais dû arriver. » Ces mots ont commencé à adoucir quelque chose en elle.
- Chaque traumatisme comporte deux parts : le fait de ce qui s'est passé, et l'impact que cela produit en toi. Le pardon aussi peut être vécu en deux temps.
- Tu peux pardonner par obéissance à Dieu pour le fait, et en même temps continuer à traverser un chemin de guérison pour l'impact. Un déclencheur qui revient n'est pas un échec de ton pardon, c'est un endroit où un peu plus de guérison est encore nécessaire.
3. Le pardon vient de Dieu, coule vers toi, puis à travers toi
- Lysa TerKeurst a longtemps cru qu'elle devait serrer les dents et « produire » du pardon depuis son propre cœur. Ce n'est pas cela, le pardon.
- Le pardon prend sa source en Dieu. Il coule vers nous parce que Jésus est mort à la croix pour que nous soyons pardonnés. Puis il traverse notre vie pour rejoindre les autres.
- Nous n'avons pas à générer le pardon nous-mêmes. Nous coopérons avec celui que Dieu fait circuler.
- Quand Jim lui a tendu des carrés de feutrine rouge, elle a pu les poser un par un sur ses fiches en disant : « Par obéissance à Dieu, je choisis de pardonner cette personne pour le fait de ce qu'elle a fait. » Ce qu'elle voyait à la fin, ce n'était plus la douleur, mais l'œuvre de Jésus-Christ.
4. Le pardon doit devenir une habitude quotidienne
- Dans le Notre Père (Matthieu 6.9-15), Jésus place le pardon au cœur d'une prière qu'il nous demande de prier chaque jour. Il insiste même après (v. 14-15) : si nous ne pardonnons pas aux autres, notre Père céleste ne pardonnera pas nos offenses. Ce n'est pas un détail : c'est un enjeu quotidien.
- Lysa TerKeurst raconte qu'elle a commencé à pré-pardonner, dès le matin, les personnes qui allaient la blesser dans sa journée. Elle a compris cette idée en écoutant un message du pasteur Steven Furtick qui utilisait une clôture comme illustration.
- Résultat : quand quelqu'un vient déposer une offense, elle n'est plus obligée de la ramasser. Elle peut la laisser au sol.
- Manger, dormir, respirer, aimer, pardonner. Voilà le rythme normal d'une vie de disciple.
5. Sans pardon, une porte reste ouverte à l'ennemi
- Juste après le passage sur le pardon dans le Notre Père, Jésus dit : « délivre-nous du malin ». Ce n'est pas un hasard. Partout dans l'Écriture, quand la colère et le ressentiment ne sont pas traités, le malin s'approche.
- En Genèse 4, avant que Caïn ne tue Abel, Dieu vient lui parler et l'avertit : « le péché se couche à la porte ». La colère non traitée devient une porte ouverte.
- Éphésiens 4 le redit : « Que le soleil ne se couche pas sur votre colère, et ne donnez pas accès au diable. » Ne laisse pas la nuit tomber sur une plaie ouverte.
- Le refus de pardonner ne fait pas seulement souffrir le cœur : il ouvre un accès à l'ennemi dans notre vie.
6. Laisse à Dieu ce qui appartient à Dieu
- La grande objection au pardon, c'est : « Et si celui qui m'a fait du mal s'en tirait sans rien ? » Lysa TerKeurst reconnaît honnêtement que c'est souvent là que l'amertume revient l'attraper.
- Galates 6.7 rappelle qu'on ne se moque pas de Dieu : ce qu'un homme sème, il le moissonnera. Dieu voit tout, et il ne laisse rien s'échapper.
- Dans le livre d'Esther, Haman finit pendu au gibet même qu'il avait dressé pour Mardochée. La justice de Dieu suit un chemin que nous ne voyons pas toujours.
- Romains 12.19-21 nous demande de laisser agir la colère de Dieu. À nous : ne pas nous laisser vaincre par le mal, mais surmonter le mal par le bien.
7. Des actes rebelles de résilience
- Lysa TerKeurst raconte qu'après avoir pardonné, elle est restée longtemps coincée dans l'impact. Elle s'était mise à réduire sa vie aux limites d'une vie blessée.
- Elle a alors commencé ce qu'elle appelle des « actes rebelles de résilience » : chaque « je ne peux pas » et chaque « je ne fais pas ça » est devenu un signal qu'elle voulait défier.
- Sur la plage, elle a réparé elle-même une machine à glaçons qu'elle croyait ne pas savoir toucher. Puis elle a attrapé une planche et sauté dans les vagues, alors qu'elle avait décrété qu'elle « ne faisait pas l'océan ».
- Ce n'était pas une guérison spectaculaire. C'était la preuve, prise sur elle-même, qu'il lui restait beaucoup de vie à vivre. Le meilleur moment pour pardonner, c'est avant même d'être offensé. Le second meilleur moment, c'est maintenant.
Points à retenir
- Le pardon est un commandement de Dieu. La réconciliation, elle, dépend de conditions que Dieu lui-même respecte pour te protéger.
- Tu peux pardonner par obéissance pour le fait, et laisser à Dieu le temps de guérir l'impact. Un déclencheur qui revient n'annule pas ton pardon.
- Le pardon ne monte pas de toi : il descend de Dieu, passe par toi, et rejoint l'autre.
- Prier chaque jour comme Jésus nous l'a appris, c'est faire du pardon une habitude aussi normale que respirer.
- Refuser de pardonner ouvre une porte à l'ennemi. Vaincre le mal par le bien la referme.
Application personnelle
- Y a-t-il une personne dont le nom te vient à l'esprit chaque fois qu'on parle de pardon ? Que dirais-tu à Dieu de cette personne, à voix haute, aujourd'hui ?
- As-tu confondu pardonner et rester exposé à quelqu'un qui te blesse encore ? Qu'est-ce que Dieu voudrait ajuster dans ta manière de te protéger ?
- Où en es-tu du chemin entre pardonner le fait et guérir de l'impact ? Quel déclencheur récent Dieu utilise-t-il pour te montrer un endroit où un peu plus de guérison est nécessaire ?
- Es-tu prêt à commencer demain matin en pré-pardonnant les personnes qui te blesseront dans la journée ? Qu'est-ce que ta première heure du matin changerait ?
- Quel « acte rebelle de résilience » Dieu te demande-t-il de poser cette semaine, pour refuser de réduire ta vie aux limites d'une vie blessée ?
Versets cités
- Matthieu 6.9-15 (LSG)
- Genèse 4.2-7 (LSG)
- Éphésiens 4.26-32 (LSG)
- Galates 6.7-8 (LSG)
- Romains 12.19-21 (LSG)
- Esther 7.10 (LSG)
- Hébreux 2.17 (LSG)
- Marc 14.34-36 (LSG)
Questions fréquentes
Pardonner, est-ce que ça veut dire que ce qu'on m'a fait est désormais acceptable ?
Non. Lysa TerKeurst insiste sur ce point : pardonner n'est jamais dire « c'est ok ». Ce qui a été fait reste terrible, et Dieu lui-même le nomme ainsi. Pardonner, c'est choisir d'arrêter de souffrir deux fois — une fois par ce que l'autre a fait, une seconde fois par l'amertume qui s'installe en toi. C'est un acte d'obéissance à Dieu, qui te rend ta liberté et laisse à Dieu la responsabilité de la justice.
Suis-je obligé de me réconcilier avec la personne à qui je pardonne ?
Le pardon est un commandement, mais la réconciliation, non. Dieu ne te demande pas de rester assez proche de quelqu'un qui t'utilise ou t'abuse pour que cela recommence. Tu peux pardonner à distance, dans la prière, sans jamais renouer un lien qui te mettrait à nouveau en danger. La réconciliation dépend du repentir de l'autre et de conditions de sécurité que Dieu lui-même respecte.
Pourquoi est-ce qu'une blessure remonte alors que j'ai déjà pardonné ?
Parce que le traumatisme est fait de deux choses : le fait et l'impact. Tu as pardonné le fait ; l'impact, lui, prend plus de temps à cicatriser. Quand un déclencheur ravive la douleur, ce n'est pas la preuve que ton pardon a échoué. C'est un signal que Dieu, dans sa miséricorde, laisse remonter un morceau d'impact à traiter maintenant — parce que si tout t'était tombé dessus d'un coup, tu n'aurais pas tenu. Ce message est traduit d'un sermon anglophone de Lysa TerKeurst, prêché à Elevation Church, où elle partage cette leçon apprise chez son propre conseiller.
pour prendre des notes et poser une question.


