La racine de Jessé (Ésaïe 11)

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Introduction

Voici un petit quiz pour commencer. Parmi ces quatre cantiques que l'on entend partout à cette période de l'année, lequel n'a pas été écrit à l'origine pour célébrer la naissance de Jésus ?

  1. « Peuple fidèle »
  2. « Joie dans le monde » (Joy to the World)
  3. « Il est né, le divin Enfant »
  4. « Douce nuit »

La bonne réponse, c'est le deuxième. Son auteur, Isaac Watts, ne l'a pas composé pour le nouveau-né couché dans la mangeoire, mais pour le Roi qui doit revenir. Il suffit de lire les strophes d'origine pour s'en rendre compte : « Le péché et la tristesse ne s'étendront plus, l'épine ne couvrira plus la terre. Le Seigneur vient répandre ses bénédictions et remplir de sa grâce tous les lieux atteints par la malédiction. » Ces paroles ne sont pas encore réalisées. Le péché est toujours là, la douleur aussi. Mais un jour, le Seigneur qui revient les fera disparaître.

Ce cantique nous rappelle une vérité simple et puissante : parce qu'il y a eu une première venue, il y aura une seconde. Noël n'est pas seulement le souvenir d'une grâce accomplie. C'est aussi la promesse ferme du retour du Roi. Le texte d'Ésaïe 11.1-10 le confirme, et il te donne quatre descriptions précises de ce Roi qui vient. Regarde qui il est, et laisse cette espérance affermir ton cœur.

Plan

1. Les caractéristiques du Roi promis (v. 1-2)

Ésaïe écrit : « Un rameau sortira du tronc d'Isaï, un rejeton naîtra de ses racines. L'Esprit de l'Éternel reposera sur lui : Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l'Éternel. » Deux traits sortent tout de suite.

Ce Roi est un second David. Rappelle-toi le contexte. Israël était divisé en deux royaumes, tous deux enfoncés dans l'idolâtrie et le péché. Dieu a envoyé l'Assyrie comme verge de sa colère (Ésaïe 10.5-6) pour châtier le royaume du Nord, puis il a promis de briser l'Assyrie elle-même à cause de son orgueil (Ésaïe 10.33-34). Le résultat : partout, des souches. Plus de verdure, plus d'odeur de vie, plus d'espérance. C'est dans ce paysage désolé qu'un rejeton pousse. Et remarque bien : il ne sort pas de David, il sort d'Isaï, le père de David. Ce détail n'est pas anodin. Les rois d'Israël étaient toujours comparés à leur père David ; celui-ci sera comparé au père de David. Autrement dit, il n'est pas un David de plus. Il est un David nouveau. David restait un pécheur, un roi imparfait, capable de meurtre et d'adultère. Ce nouveau Roi, lui, est parfait. Là où les autres ne pouvaient rien, il apporte le vrai salut.

Ce Roi porte l'Esprit de l'Éternel. Dans l'Ancien Testament, l'Esprit venait sur des hommes pour une œuvre précise, puis se retirait. Betsaleel a reçu l'Esprit pour bâtir le tabernacle (Exode 31.2-5). Gédéon, Samson, Saül, David : à chaque fois, une mission, une saison. Ici, l'Esprit ne fait pas un passage. Il repose sur ce Roi, en permanence. Et il se manifeste par trois paires : sagesse et intelligence (le discernement d'un vrai chef, comme Salomon en 1 Rois 3.12), conseil et force (savoir concevoir un plan et le mener à bien), connaissance et crainte de l'Éternel (une relation personnelle avec le Père, une révérence qui pousse à obéir). Ce Roi n'échoue jamais dans un projet, ne se trompe jamais dans un jugement, ne s'écarte jamais du cœur de son Père.

2. Le règne du Roi promis (v. 3-5)

« Il se plaira dans la crainte de l'Éternel ; il ne jugera pas sur l'apparence, et il ne prononcera pas sur un ouï-dire. Il jugera les pauvres avec équité, et il prononcera avec droiture sur les malheureux de la terre ; il frappera la terre de sa parole comme d'une verge, et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. » Deux dimensions se dégagent.

Un règne toujours équitable. Sous son autorité, plus d'injustice. Regarde le monde actuel. On vient d'apprendre qu'Iwao Hakamada, condamné à mort au Japon, a passé près d'un demi-siècle dans le couloir de la mort avant d'être reconnu innocent. Des juges se sont fiés à ce qu'ils voyaient et entendaient, et se sont trompés. Autour de toi aussi, il y a des situations analogues : un travail acharné qui n'est pas reconnu, un collègue qui récolte ce qu'il n'a pas semé, un ami qui te prête des intentions que tu n'as pas. Tous les hommes jugent avec des yeux limités et des oreilles limitées. Le Roi qui vient, lui, connaît tout. L'intérieur comme l'extérieur. C'est pourquoi son règne est réellement équitable. Les plus faibles, les plus oubliés seront traités avec attention. Plus de favoritisme, plus d'injustice.

Un règne toujours juste. « Il frappera la terre de sa parole comme d'une verge, et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant. » Toute rébellion recevra son juste retour. Et remarque comment : pas par des armées, pas par des armes redoutables. Par la parole de sa bouche. Celui qui a créé le monde par sa parole n'a besoin de rien d'autre pour l'assainir. C'est une consolation puissante quand tu vois la violence, l'injustice et le mensonge triompher aujourd'hui. Ce monde n'est que temporaire. Un jour, le Roi juste vient, le mal est ôté, les rachetés se réjouissent pour toujours dans son royaume.

3. Le royaume que le Roi promis établit (v. 6-9)

« Le loup habitera avec l'agneau, la panthère se couchera avec le chevreau ; le veau, le lionceau et le bétail qu'on engraisse seront ensemble, et un petit enfant les conduira. La vache et l'ourse auront un même pâturage, leurs petits un même gîte ; et le lion, comme le bœuf, mangera de la paille. Le nourrisson s'ébattra sur l'antre de la vipère, et l'enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic. Il ne se fera ni tort ni dommage sur toute ma montagne sainte ; car la terre sera remplie de la connaissance de l'Éternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent. »

Des animaux que l'on n'oserait jamais laisser au même endroit vivent, mangent, se couchent ensemble. Un bébé joue au-dessus du trou du serpent sans qu'aucun danger ne l'atteigne. Impossible ? Non. C'est simplement le retour à ce qui existait au commencement. Avant la chute, il y avait une paix parfaite entre Dieu, les hommes et les créatures. Puis le péché d'Adam est entré, et la terre a été maudite (Genèse 3.17). De là viennent les catastrophes, les luttes entre espèces, la souffrance, la maladie, la mort. Rien de tout cela n'était prévu à l'origine.

Mais cette situation n'est pas la fin. Ésaïe promet que le nouveau Roi apportera une paix complète, jusque dans la création. La nature elle-même retrouvera son visage originel. C'est un royaume magnifique qui nous attend, apporté par Jésus, le grand Sauveur. Puisque cette réalité est devant nous, tu peux garder l'espérance intacte, aimer ce Roi de tout ton cœur, te détourner du péché, marcher fidèlement dans la sainteté. Pierre écrivait déjà : « Nous attendons, selon sa promesse, de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera. C'est pourquoi, bien-aimés, en attendant ces choses, appliquez-vous à être trouvés par lui sans tache et irréprochables dans la paix. » (2 Pierre 3.13-14)

4. L'espérance que le Roi promis donne (v. 10)

« En ce jour-là, le rejeton d'Isaï sera là comme une bannière pour les peuples ; les nations se tourneront vers lui, et la gloire sera sa demeure. »

Deux détails à noter. D'abord, le texte parle ici de « racine d'Isaï ». Au verset 1, il s'agissait d'un rejeton sorti du tronc d'Isaï. Ici, il est la racine. Comment un même personnage peut-il être à la fois issu d'Isaï et la racine d'Isaï ? Parce que Jésus est venu de la lignée d'Isaï en tant qu'homme, mais il est aussi le Créateur de tout, y compris d'Isaï. Le vrai Dieu s'est fait homme dans la descendance promise, et il vient comme Roi.

Ensuite, cette bannière. À l'époque, une bannière hissée sur une hauteur servait à rassembler les troupes pour combattre. Ésaïe 5.26 utilisait déjà cette image : Dieu levait une bannière pour appeler les nations à châtier Israël. Ici, tout change. La bannière n'est plus pour la guerre, mais pour l'espérance. Le Roi lui-même se dresse comme un point de ralliement pour tous ceux qui le cherchent. Il donne à ceux qui viennent à lui un vrai repos, une joie éternelle.

Souviens-toi : la première venue de Jésus a duré environ trente-trois ans, puis il est retourné au ciel en vainqueur. Son séjour était temporaire. Mais lorsqu'il reviendra comme Roi promis, il ne repartira plus. Il régnera pour toujours dans le royaume glorieux qu'il aura établi, et ceux qui l'ont reçu comme Sauveur y vivront avec lui pour toujours. Nous verrons de nos yeux ce Sauveur que nous n'avons pas encore vu. Nous retrouverons la communion pleine et heureuse qu'Adam et Ève ont connue avant la chute. Tout ce qui avait été maudit et perdu sera restauré. Par qui ? Par le Roi qui vient.

Points à retenir

  • Noël célèbre une grâce déjà accomplie et prépare une promesse encore à venir : parce que Jésus est venu une fois, il reviendra.
  • Le Roi promis n'est pas un David de plus. Il est un David nouveau, parfait, sur qui l'Esprit repose sans interruption.
  • Son règne est équitable parce qu'il connaît tout, et juste parce qu'il fait mourir le mal par la simple parole de sa bouche.
  • Le royaume qu'il établit rendra à la création la paix perdue depuis Genèse 3, jusque dans le monde animal.
  • Il se dresse comme une bannière d'espérance : ceux qui viennent à lui aujourd'hui vivront avec lui pour toujours.

Application personnelle

  1. Le Roi qui vient te connaît intégralement, intérieur comme extérieur. Que changerait ta journée si tu vivais réellement devant ce regard-là ?
  2. Où t'accroches-tu encore à une image de toi-même, à une reconnaissance humaine ou à un jugement injuste que tu attends de voir renversé ? Peux-tu remettre cette attente au Roi équitable ?
  3. Quelle épreuve actuelle a besoin d'être relue à la lumière du royaume qui vient, où toute douleur prendra fin ?
  4. À qui, dans ton entourage, peux-tu parler cette semaine du Roi qui se dresse comme bannière d'espérance pour les nations ?
  5. Reconnais-tu personnellement Jésus comme ton Roi et Sauveur, ou continues-tu à vivre comme si sa seconde venue n'était pas certaine ?

Versets cités

FAQ

Pourquoi le texte parle-t-il d'un « rejeton d'Isaï » et non d'un « rejeton de David » ?

Les rois d'Israël étaient constamment comparés à David. En rattachant ce Roi à Isaï, le père de David, Ésaïe indique qu'il ne s'agit pas d'un David de plus, mais d'un David nouveau, parfait, capable d'apporter le salut que le premier ne pouvait pas donner.

La paix animale d'Ésaïe 11.6-9 est-elle littérale ou symbolique ?

Le texte décrit le retour à la paix qui existait avant la chute, quand la création entière vivait en harmonie avec Dieu. Cette restauration touche non seulement les hommes, mais aussi la création : c'est une réalité concrète que Jésus, au retour, accomplira pleinement dans son royaume.

Quel lien entre la seconde venue de Jésus et la fête de Noël ?

Noël rappelle que Dieu tient toujours ses promesses. Puisque la première venue s'est accomplie exactement comme annoncé, la seconde s'accomplira aussi. Fêter Noël, c'est se réjouir du Sauveur déjà donné et attendre le Roi qui va revenir.

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