Introduction
Josias clôt une série de prédications sur le thème du développement personnel avec un mot qui claque : la renaissance. Renaître, ou naître de nouveau. Il commence par une image que tout le monde connaît, celle du phénix, cet animal mythique devenu le symbole de la renaissance : un oiseau capable de renaître de ses cendres après s'être consumé. Tu le sais aussi bien que lui, en tant qu'être humain, nous n'avons pas cette capacité. Et pourtant, dit-il, si je te disais que c'est possible de naître de nouveau ?
Le texte étudié est Jean 3.1-19. Jean, un des douze apôtres, celui qu'on appelle « le disciple que Jésus aimait », se trouvait au cœur des événements de la vie de Jésus. Le passage se situe au début de son Évangile : Jésus est à Jérusalem pour la fête de la Pâque, il a accompli beaucoup de signes miraculeux, beaucoup de gens croient en lui, mais Jésus ne leur fait pas vraiment confiance parce qu'il sait ce qui se trouve au fond de leur cœur. C'est là qu'un homme, Nicodème, vient le trouver de nuit. Et Jésus l'enseigne sur la nouvelle naissance.
Plan du message
1. Renaître d'esprit pour entrer dans le royaume de Dieu (Jean 3.1-8)
- Nicodème, un chef qui vient de nuit. Nicodème est un pharisien, membre de ces chefs des Juifs qui avaient une forte influence politique. Il a appris que Jésus a accompli beaucoup de miracles et il vient en savoir plus sur lui. Il le salue avec respect : « Maître, nous savons que c'est Dieu qui t'a envoyé pour nous enseigner, car personne ne saurait accomplir les signes miraculeux que tu fais si Dieu n'était pas avec lui. »
- Jésus ne répond pas à la question posée. Il annonce d'emblée une vérité sur le royaume de Dieu : « Vraiment, je te l'assure : à moins de renaître d'en haut, personne ne peut voir le royaume de Dieu. » Il ne rebondit pas sur le sujet lancé par Nicodème ; il l'oriente tout de suite vers le royaume.
- Nicodème reste terre à terre. Il s'exclame : comment un homme peut-il naître une fois vieux ? Il ne peut tout de même pas retourner dans le ventre de sa mère ! Nicodème parle des choses humaines, là où Jésus parle déjà du royaume de Dieu. Les deux ne regardent pas vers le même horizon.
- Jésus reprend une deuxième fois, par « vraiment ». « À moins de naître d'eau, c'est-à-dire d'Esprit, personne ne peut entrer dans le royaume de Dieu. » Il redit le cœur de son enseignement et distingue les choses humaines, naturelles, des choses de Dieu, de l'Esprit. On ne passe pas naturellement de la chair à l'Esprit, de l'existence terrestre au royaume de Dieu. Il faut une intervention surnaturelle, une naissance d'en haut, effectuée par l'Esprit.
- L'image du vent. Pour parler à Nicodème, Jésus utilise une image terrestre : le vent souffle où il veut, tu en entends le bruit, mais tu ne sais pas d'où il vient ni où il va. Josias y voit une comparaison entre la foi et le vent : on ressent sa présence, mais il serait impossible de l'enfermer dans une bouteille. On ne sait pas d'où il vient, on ne sait pas où il va, et pourtant on ne doute pas de son existence.
- Notre foi dans une bouteille. Parfois, on aimerait bien enfermer notre foi dans une bouteille : qu'elle soit bien définie, en connaître les limites, la quantité dont on dispose. Jésus dit que ce n'est pas une façon logique de voir les choses. Et peut-être que, des fois, on attend d'avoir toutes les réponses et de savoir exactement où Dieu veut nous emmener avant d'aller vers lui.
- Le paradoxe de la connaissance. Quand on cherche dans la connaissance une forme de sécurité, cela implique toujours plus de questions et toujours plus d'inconnues ; on finit toujours par chercher de nouvelles réponses. C'est pour cela que Jésus dit : tu ne sais pas d'où il vient ni où il va, et pourtant tu crois à son existence. Comme Nicodème, nous avons tendance à nous concentrer sur des choses terrestres, avec nos limites d'ici-bas, à mettre toute notre énergie sur les problèmes du quotidien, là où Jésus nous invite à nous décentrer et à nous intéresser au royaume de Dieu.
2. Connaître n'est pas suffisant : il faut vivre la confiance en Jésus (Jean 3.9-13)
- « Toi qui enseignes le peuple d'Israël, tu ignores cela ? » Nicodème reprend : comment cela peut-il se réaliser ? Et pour la troisième fois, Jésus commence par « vraiment » : « Nous parlons de ce que nous connaissons réellement et nous témoignons de ce que nous avons vu, et pourtant vous ne prenez pas notre témoignage au sérieux. »
- Connaître réellement. « Nous parlons de ce que nous connaissons réellement » : cela signifie que nous devons chercher à connaître Dieu, en priant et en lisant la Bible par exemple. Jésus ne bannit pas la connaissance.
- Témoigner de ce qu'on a vu. Il ajoute : « Nous témoignons de ce que nous avons vu. » Cela signifie que nous devons vivre la confiance en Dieu. Ce sont les expériences vécues durant notre marche qui servent à ancrer notre foi, pour pouvoir ensuite en témoigner.
- Le code, ce n'est pas le permis. Josias donne une illustration : ce n'est pas parce que tu sais comment fonctionne un moteur, ou parce que tu connais le code de la route, que tu sais conduire une voiture. Il faut de la pratique pour apprendre à manœuvrer, et c'est avec l'expérience qu'on prend confiance. À ce moment-là seulement, on peut passer son permis et vraiment dire qu'on sait conduire.
- Commencer par les réalités terrestres. Jésus revient sur la condition naturelle : « Si vous ne croyez pas quand je vous parle des réalités terrestres, comment pourrez-vous croire quand je vous parlerai des réalités célestes ? » Nicodème cherche déjà des réponses sur d'autres sujets, alors qu'il a déjà du mal à accepter ce que Jésus dit des réalités terrestres. Apprenons la foi et la confiance en Dieu dans les choses terrestres qui nous sont confiées, en cherchant Dieu et en le plaçant au centre de ce qu'il nous confie ici-bas.
- Une relation, pas un savoir. Nous avons tendance à vouloir comprendre et savoir les choses de Dieu en croyant y trouver notre salut, alors que Jésus nous invite à vivre une relation de confiance.
- Vers qui se tourner. Jésus indique à Nicodème vers qui se tourner pour renaître d'esprit : « Personne n'est monté au ciel, sauf celui qui en est descendu, le Fils de l'homme. » Aucun homme n'a pu monter au ciel ; c'est le Fils de Dieu qui est descendu vers nous.
3. Nous sommes sauvés en plaçant notre confiance en Jésus (Jean 3.14-19)
- Le serpent de bronze. Aux versets 14 et 15, Jésus fait référence à Nombres 21.8-9. Plusieurs personnes avaient été mordues par des serpents venimeux, et dès lors qu'elles fixaient leur regard sur le serpent de bronze que Moïse avait fixé en haut d'une perche, elles avaient la vie sauve. Les paroles de Jésus sont à la fois métaphoriques, c'est en regardant vers lui par la foi que nous sommes sauvés, et une référence à la croix, où il sera élevé pour payer à notre place le prix de nos péchés.
- Jean 3.16, le verset très connu. « Oui, Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils, son unique, pour que tous ceux qui placent leur confiance en lui échappent à la perdition et qu'ils aient la vie éternelle. » Le péché nous sépare de Dieu, et même pire, il blesse Dieu. Pour cela, le prix à payer est la mort. Mais Dieu nous aime tellement qu'il a donné son Fils unique en sacrifice pour payer à notre place.
- La clé de la nouvelle naissance. Jésus explique à Nicodème la raison de sa venue sur terre et lui donne la clé : c'est en acceptant que Jésus soit mort à notre place que nous échappons à la perdition. Jésus est descendu sur terre pour nous sauver ; il nous demande simplement de croire qu'il est mort pour nous. Romains 6.23 le résume : « Le salaire que verse le péché, c'est la mort, mais le don gratuit que Dieu accorde, c'est la vie éternelle dans l'union avec Jésus-Christ notre Seigneur. »
- Pas venu pour condamner (v. 17). Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour condamner le monde, mais pour qu'il soit sauvé par lui. Si nous choisissons Jésus comme modèle, nous devrions parfois remettre en question notre propre comportement : est-ce que je veux condamner les gens autour de moi, le monde, ou est-ce que je veux leur montrer que Jésus est allé jusqu'à mourir pour eux ?
- La lumière et les ténèbres (v. 18-19). Jésus conclut : nous sommes tous condamnés pour le prix de nos péchés, dans un état de mort tant que nous n'avons pas accepté son sacrifice à notre place. La lumière est venue dans le monde et chacun est invité à accepter Jésus dans sa vie, mais parce que nous préférons les actes mauvais, nous ne sommes pas toujours prêts à l'accepter, pas prêts à accepter qu'il prenne notre place.
4. Et Nicodème, qu'en a-t-il fait ?
- Le texte ne dit pas ce que Nicodème a fait de cet enseignement. Comme le passage se limite à cet échange, on peut déduire qu'il n'a pas produit immédiatement un changement d'attitude.
- Josias retourne alors la question vers nous : est-ce qu'on veut se contenter de voir le chemin que Jésus nous indique, ou est-ce que ce sacrifice va produire la repentance et un changement d'attitude ?
- Cherchons à vraiment connaître Jésus et prenons conscience de la puissance de son sacrifice, au lieu de nous contenter de venir à lui pour voir des miracles.
- Cultivons la confiance en Jésus en l'invitant dans chacun des domaines de notre vie. Il nous offre de vivre une relation avec Dieu et, pour cela, il nous propose de nous laisser transformer en marchant à sa suite avec confiance.
Points à retenir
- On ne passe pas naturellement de la chair à l'Esprit. Renaître d'en haut est une intervention surnaturelle de Dieu, pas un effort de développement personnel.
- La foi ressemble au vent : tu ne peux pas l'enfermer dans une bouteille ni en mesurer la quantité. Attendre d'avoir toutes les réponses avant d'aller vers Dieu, c'est faire comme Nicodème.
- Chercher sa sécurité dans la connaissance produit toujours plus de questions. Jésus ne bannit pas la connaissance, mais connaître n'est pas suffisant : il faut vivre la confiance.
- Le code ne fait pas le permis. C'est en pratiquant la confiance en Dieu dans les réalités terrestres qui te sont confiées que ta foi s'ancre et que tu peux en témoigner.
- Comme le serpent de bronze élevé par Moïse, Jésus a été élevé sur la croix. C'est en regardant vers lui par la foi, en acceptant qu'il soit mort à ta place, que tu échappes à la perdition.
- Jésus n'est pas venu pour condamner le monde mais pour le sauver. Ton attitude envers les autres devrait refléter la valeur de son sacrifice.
Application personnelle
- Dirais-tu qu'il est nécessaire de tout connaître d'une chose pour avoir confiance dans une relation ? De quoi as-tu besoin pour avoir confiance en l'autre ?
- Dirais-tu que tu recherches parfois plus les choses de Dieu que Dieu lui-même, et qu'une relation de confiance avec lui ?
- Qu'est-ce que cela produit en toi, le fait que le Fils unique de Dieu soit mort pour te sauver ? As-tu confiance en Jésus ?
- « Dieu a envoyé son Fils dans le monde non pas pour condamner le monde, mais pour qu'il soit sauvé par lui. » En tant que chrétien, nous avons parfois tendance à oublier que Jésus est venu sur terre pour sauver le monde. Quelles attitudes voudrais-tu changer pour mieux refléter la valeur de son sacrifice ?
- Dans quel domaine de ta vie n'as-tu pas encore invité Jésus ? Que signifierait, concrètement, lui faire confiance là aussi cette semaine ?
Versets cités
- Jean 3.1-19 · l'entretien de Jésus avec Nicodème sur la nouvelle naissance.
- Jean 3.16 · Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique.
- Nombres 21.8-9 · le serpent de bronze élevé par Moïse dans le désert.
- Romains 6.23 · le salaire du péché, c'est la mort ; le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle.
FAQ
Que veut dire « renaître d'en haut » dans Jean 3 ?
Jésus explique à Nicodème qu'on ne passe pas naturellement de l'existence terrestre au royaume de Dieu. Il faut une intervention surnaturelle, une naissance d'en haut effectuée par l'Esprit. Ce qui naît d'une naissance naturelle, c'est la vie humaine ; ce qui naît de l'Esprit est animé par l'Esprit. Renaître d'esprit, c'est recevoir cette vie nouvelle que Dieu donne.
Faut-il tout comprendre pour croire en Jésus ?
Non. Jésus compare la foi au vent : on ressent sa présence, mais on ne peut pas l'enfermer dans une bouteille. Chercher la sécurité dans la connaissance produit toujours plus de questions et d'inconnues. Connaître Dieu par la prière et la Bible reste nécessaire, mais connaître n'est pas suffisant : comme le code de la route ne donne pas le permis, il faut vivre la confiance en Jésus pour que la foi s'ancre.
Pourquoi Jésus parle-t-il du serpent de bronze à Nicodème ?
En Nombres 21.8-9, les Israélites mordus par des serpents venimeux étaient guéris en fixant leur regard sur le serpent de bronze élevé par Moïse. Jésus dit qu'il doit lui aussi être élevé : c'est en regardant vers lui par la foi que nous sommes sauvés, et cette parole annonce la croix où il paiera à notre place le prix de nos péchés.
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