Si le monde te déteste, tu es au bon endroit

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Introduction

Un petit gars de 12 ou 13 ans s'assoit à côté du prédicateur, l'air complètement abattu. Il est le seul chrétien de sa famille. Sa grande sœur lui dit que Dieu est débile et qu'il est débile de croire. Son père referme sa Bible chaque fois qu'il la voit ouverte. Le petit gars finit par lâcher : « Je n'en peux plus. »

Peut-être que tu reconnais cette scène. Peut-être que c'est toi qui te sens seul, incompris, mis de côté à cause de ta foi. Peut-être que tu te demandes pourquoi ça fait aussi mal alors que tu essaies simplement de suivre Jésus.

Dans ce texte de Jean 15:18 à 16:2, Jésus prend le temps d'expliquer à ses disciples pourquoi ça va être dur d'être chrétien. Pas pour te décourager. Pour que tu ne sois pas surpris quand ça arrive. Et pour que tu comprennes une chose bouleversante : si le monde te déteste, c'est peut-être le signe que tu es exactement au bon endroit.

Plan du message

1. Le monde déteste Jésus, alors il déteste son Église

Jésus commence fort : « Si le monde vous déteste, sachez qu'il m'a détesté avant vous » (Jean 15:18). Ce « si » n'est pas un vrai conditionnel. Ce n'est pas peut-être. La tradition chrétienne veut que tous les disciples, à part peut-être l'apôtre Jean, sont morts en martyre pour leur foi. L'hostilité fait partie du paysage du chrétien qui cherche à vivre comme Jésus.

Paul le dit à Timothée dans sa dernière lettre, alors qu'il est en prison : « Tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés » (2 Timothée 3:12). Attention, Jésus ne te promet pas de t'épargner les difficultés. Il te promet de te secourir dans tes difficultés. Il ne t'empêche pas la tempête, il vient marcher avec toi au milieu d'elle.

Sois logique une seconde. Comment ce monde qui rejette Jésus (celui que tu appelles Sauveur, celui en fonction duquel tu prends toutes tes décisions), pourrait-il t'accepter, toi ? Si ce monde a détesté le plus grand des chrétiens, comment pourrait-il aimer les petits Christ que nous sommes ? (Le mot « chrétien » veut littéralement dire ça : petit Christ.)

Regarde ton pays. Le seul de qui c'est acceptable de faire des caricatures, des blagues de mauvais goût et de se moquer, c'est Jésus-Christ. Les lieux qu'on désacralise le plus souvent et en premier, ce sont les églises. Ce monde déteste Jésus-Christ. Voilà pourquoi il déteste ce qu'on appelle des chrétiens.

2. Tu n'appartiens plus à ce monde

Verset 19 : « Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui. Mais parce que vous n'êtes pas du monde et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela le monde vous déteste. »

Jésus t'a choisi hors de ce monde. Tu es toujours là, sur terre, pas de fantaisie mystique. Mais il y a une déconnexion réelle : tu ne lui appartiens plus. Et cette différence, elle se voit concrètement.

Dans notre monde à nous, on aime sacrificiellement, on sert intentionnellement, on ne fait pas de différence entre les gens. On sert non pas en fonction du mérite des autres ou de leur importance, mais comme Christ a servi lui-même, en lavant les pieds même du pire des traîtres. On choisit d'aimer même nos ennemis, on répond à l'injure par la prière et à l'offense par le pardon.

Là où le monde cancelle, l'Église restaure. Là où le monde intimide et cherche à diaboliser, l'Église répare. Là où le monde ferme les yeux et ferme son cœur, l'Église ouvre grand. Là où le monde écarte ceux qui ne lui plaisent plus, l'Église vient les repêcher.

Et ça, ça entraîne du rejet. Parce que dans tes actions, le monde voit un miroir qu'il n'aime pas, un miroir qui lui rappelle ce qu'il est et qui n'est pas beau. C'est pour ça que si tu es le seul chrétien dans un groupe d'amis et que tu fais une bêtise, on te tombe dessus. Le miroir dérange.

3. L'esclave n'est pas plus grand que son maître

Verset 20 : « Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : l'esclave n'est pas plus grand que son maître. S'ils m'ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. »

Tu n'es pas meilleur que Jésus. Personne ne l'est. Si lui, l'homme parfait, le plus aimant, celui qui n'a jamais fait de mal et n'a jamais dit un mot de travers, a été persécuté, pourquoi t'attendrais-tu à un traitement différent ?

C'est triste. C'est profondément triste, parce que c'est illogique. Comment un monde qui a vu la beauté de la croix et de l'amour du Christ peut-il haïr Jésus ? Mais c'est le cas. Et si tu ressembles à ton Maître, une part de cette même haine va se retourner contre toi.

Bonne nouvelle au passage : l'Église, parce qu'elle témoigne de Jésus-Christ, parce que le même Esprit qui habitait Jésus l'habite désormais, va aussi porter du fruit. L'opposition ne sera pas la seule réponse. Certains vont écouter. Le monde va être transformé par elle. Et à la fin, c'est toujours Dieu qui gagne.

4. Le monde refuse volontairement de connaître Dieu

Verset 21 : « Ils vous feront tout cela à cause de mon nom, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé. »

Ce monde est ignorant de qui est Dieu. Mais pour Jésus, ce n'est pas une excuse. Regarde ce qu'il ajoute :

« Si je n'étais pas venu et si je ne leur avais pas parlé, ils n'auraient pas de péché. Maintenant, ils n'ont pas d'excuse pour leur péché. […] Si je n'avais pas fait parmi eux les œuvres que nul autre n'a faites, ils n'auraient pas de péché. Maintenant ils ont vu, et ils ont détesté et moi et mon Père. » (Jean 15:22, 24)

Verset 22 : Jésus a dit des choses. Verset 24 : Jésus a fait des choses, et des choses plutôt incroyables. Si Dieu vient lui-même en personne dans le monde, si Dieu lui-même vient parler, si l'humanité voit de ses propres yeux les actes miraculeux qu'il a accomplis, quelle bonne raison reste-t-il pour ne pas croire ?

Aucune. Jésus est en train de dire : leur ignorance est volontaire.

Imagine l'humanité comme une pièce plongée dans le noir, ta cave, ton grenier, une pièce sans fenêtre. Pour voir, il te faut deux choses : un interrupteur qui envoie de la lumière, et il faut surtout que tu ouvres les yeux. Jésus dit : « La lumière s'est allumée. Je vous montre qui est Dieu. » La seule raison pour laquelle le monde ne voit pas, ce n'est pas qu'il ne peut pas. C'est qu'il choisit de ne pas ouvrir les yeux.

Et le prédicateur ajoutait cette pensée : il faut beaucoup plus de foi pour être athée que pour être chrétien. Il faut beaucoup plus de foi pour croire que rien peut créer tout, que le hasard peut donner la vie, et que le bien et le mal ne sont qu'une construction sociale.

5. Pourquoi Jésus te dit tout ça

Verset 1 du chapitre 16 : « Je vous ai dit ces choses afin qu'elles ne soient pas pour vous une occasion de chute. »

Jésus te prévient pour que tu ne sois pas surpris. Il annonce l'exclusion des synagogues (l'équivalent des petites églises pour les Juifs) et il annonce la violence : « L'heure vient où quiconque vous fera mourir croira offrir un culte à Dieu » (Jean 16:2).

Suivre Jésus, très souvent, ça a un coût social, comme ce petit gars de 13 ans dont on parlait au début. Et ce qui vient après doit t'accrocher : même si on perdait tout le monde, on aurait gagné Christ, et on aurait gagné une famille avec l'Église.

Ça t'engage, ça. L'Église doit devenir cette famille prête à accueillir ceux à qui devenir chrétien a coûté beaucoup, une forme de rejet des parents peut-être, la perte d'amitiés, un mariage compliqué. Le monde exclut ? Alors nous, on rassemble.

Un mot sur la persécution dans le monde

Chaque année, l'ONG Portes Ouvertes publie un index, un classement des pays où c'est le plus dur d'être chrétien. Depuis 2014, cette persécution ne fait qu'augmenter. Si certains pays descendent dans le classement, ce n'est pas parce qu'ils sont moins violents, c'est qu'il y a des pays plus violents qui ont pris le relais.

Le prédicateur racontait cette scène. Après plusieurs effractions dans l'église, il apporte la nouvelle clé aux chrétiens érythréens accueillis dans les locaux, un peu gêné. Certains d'entre eux portent sur leur corps les marques de la persécution qui les a fait fuir leur pays. Le pasteur érythréen lui pose la main sur l'épaule et lui dit :

« C'est le signe qu'on est au bon endroit. Si vous êtes persécutés, c'est que Christ habite ici. »

La première réaction du prédicateur, ç'avait été la colère. Celle du pasteur érythréen, ç'a été : « On est au bon endroit. » Ça pose une question. Est-ce que tu ne vois que la souffrance, ou est-ce que tu vois aussi ce que ça révèle : que le monde te rejette parce que tu ne lui appartiens plus, et que ça, c'est la meilleure des nouvelles, parce que ça veut dire que tu appartiens à Jésus-Christ ?

Points à retenir

  • La persécution n'est pas un accident. C'est le commun du chrétien qui cherche à vivre pieusement. Jésus te le dit clairement pour que tu ne sois pas surpris.
  • Jésus ne t'épargne pas la tempête, il te secourt au milieu d'elle. Il ne t'a pas promis une vie confortable, mais une présence fidèle dans les moments difficiles.
  • Ta différence, elle vient de l'amour. Là où le monde cancelle, tu restaures. Là où le monde exclut, tu rassembles. C'est ça qui dérange.
  • Le monde est sans excuse. Jésus a parlé (verset 22) et Jésus a agi (verset 24). L'Évangile a transformé nos sociétés, et l'Église continue de témoigner. L'ignorance de ce monde n'est pas passive, elle est active.
  • Être persécuté, c'est le plus beau compliment. Ça veut dire que tu ressembles à Jésus-Christ. Réjouis-toi, parce que ton nom est inscrit dans les cieux.

Application personnelle

  1. Est-ce que tu as déjà vécu de l'opposition à cause de ta foi ? Pas forcément un tabassage, mais des paroles, des moqueries, un rejet dans ta famille ou ton travail. Comment est-ce que tu as réagi ?
  2. Si tu n'as jamais vécu la moindre opposition, est-ce que ce n'est pas le signe que ton fruit est encore caché ? Que ta différence ne se voit pas ?
  3. Y a-t-il quelqu'un dans ton entourage (un ami, un collègue, un membre de ta famille), qui souffre à cause de sa foi ? Comment tu peux devenir cette « famille de rechange » que Jésus a promise ?
  4. Qu'est-ce qui t'empêche aujourd'hui d'aimer comme Jésus a aimé, sacrificiellement, sans distinction, y compris ceux qui ne le méritent pas ?
  5. Quand une difficulté arrive à cause de ta foi, quelle est ta première réaction : la colère (comme le prédicateur), ou « Christ habite ici » (comme le pasteur érythréen) ?

Versets cités

FAQ

Est-ce que tous les chrétiens sont forcément persécutés ?

Jésus dit que oui, dans une certaine mesure. Paul écrit que « tous ceux qui veulent vivre pieusement en Jésus-Christ seront persécutés » (2 Timothée 3:12). Ça ne prend pas toujours la forme d'une violence physique. Ça peut être une exclusion, une moquerie, un rejet dans ta famille ou ton travail. Mais si ta foi ne te coûte jamais rien, il y a une vraie question à te poser : est-ce que ton fruit se voit ?

Comment tenir quand la persécution vient de ma propre famille ?

C'est un des cas les plus douloureux. Jésus l'a annoncé aux disciples : suivre Christ peut coûter jusqu'à des relations familiales. Mais il a aussi promis qu'à ceux qui perdent une famille à cause de son nom, il donnera une nouvelle famille dans l'Église. Ne reste pas isolé. Cherche des frères et sœurs dans la foi qui deviendront cette famille de rechange que Jésus a promise.

Comment prier concrètement pour les chrétiens persécutés dans le monde ?

Tu peux t'appuyer sur l'index annuel publié par l'ONG Portes Ouvertes, qui classe chaque année les 50 pays où c'est le plus dur d'être chrétien. Prie nommément pour ces pays. Prie pour les chrétiens érythréens, iraniens, nord-coréens, afghans, pakistanais. Et si tu croises dans ton église des frères et sœurs qui ont fui la persécution, écoute-les. Ils ont beaucoup à t'apprendre sur ce que ça veut dire : « Christ habite ici. »

pour prendre des notes et poser une question.

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