Thermomètre ou chauffage : quelle influence as-tu ?

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Thermomètre ou chauffage : quelle influence as-tu ? | Efficient Church

Introduction

Dernier volet de la série « Pour qui dois-je vivre ? ». Après avoir vu que nous avons été créés pour aimer Dieu et notre prochain, puis que nous avons en Jésus une source d'amour inépuisable pour tenir dans cette mission, le prédicateur pose une question toute simple : es-tu une bonne influence ? Le mot fait penser aux youtubeurs qui touchent trois ou quatre millions de personnes avec une vidéo. Mais l'influence commence beaucoup plus près. Papa de quatre garçons, il voit son aîné de onze ans entraîner ses frères : quand il se rebelle contre une règle de la maison, il y en a au moins un sur trois qui suit. Lui-même se sait influençable, et il aimerait être un bon influenceur pour ses fils, même si ce n'est pas simple quand on passe son temps sur son téléphone tout en interdisant les écrans. Pour nous aider, il ouvre Romains 14.

Plan du message

1. Le contexte : une église qui se dispute autour de la table

  • Paul écrit à une église qu'il ne connaît pas vraiment, à Rome, sans doute démarrée par des Juifs qui avaient vécu la Pentecôte à Jérusalem.
  • Dans sa lettre, il rappelle d'abord l'Évangile : Jésus a ouvert un chemin entre l'être humain et Dieu et a payé nos péchés à la croix.
  • Puis il entre dans la vie d'église, parce qu'il a eu vent de disputes internes.
  • Le sujet : la nourriture. Des chrétiens d'arrière-plan juif ne mangeaient ni porc ni viande sacrifiée aux idoles ; d'autres mangeaient de tout. Après la célébration, au repas commun, cela dégénérait en grands débats.
  • Jésus a enseigné que ce n'est pas ce qui entre dans l'homme qui le rend impur mais ce qui sort de son cœur. Certains ne l'avaient pas encore compris. Paul ne lance pas un débat : il dit d'accueillir.

2. Accueillir avant de débattre

  • « Accueillez celui qui est faible dans la foi sans discuter ses opinions » (Romains 14.1). Être faible dans la foi ne veut pas dire manquer d'intelligence : c'est ne pas avoir encore tout saisi.
  • Accueillir quelqu'un, c'est lui dire : je te considère comme tu es, et je ne veux pas entrer tout de suite dans un grand débat.
  • Tu connais les repas de famille où l'on parle politique, où le beau-père donne son avis puis le gendre, jusqu'à ce que ça explose. Dans les débats, il manque souvent d'amour.
  • Si tu veux être une bonne influence, commence par accueillir. Les débats viendront peut-être après.

3. Accueillir comme Dieu nous a accueillis

  • Paul justifie tout par une phrase : « car Dieu l'a accueilli » (Romains 14.3). Accueillir, c'est refléter la manière de faire de Dieu.
  • Dans la parabole du fils prodigue, le père laisse partir son fils avec l'héritage, accepte le déshonneur, et attend. Quand le fils revient, il court vers lui. Il ne lui demande pas « pourquoi as-tu fait ça ? ». Il l'accueille, tout sale qu'il est.
  • Dieu ne commence pas par nous dire que nous n'allons pas assez à l'église, que nous prions mal ou que nous commettons tel péché. Il accueille. Sommes-nous accueillants comme lui ?
  • En tant que croyants, nous avons tous un peu la tentation de faire la morale. Ce que le Seigneur demande ici, c'est de ne pas avoir tout de suite un avis sur ce que les gens croient, mais de les accueillir.

4. Qui es-tu pour juger le serviteur d'un autre ?

  • « Qui es-tu pour juger le serviteur d'un autre ? Qu'il tienne bon ou qu'il tombe, cela regarde son Seigneur. Mais il tiendra bon, car Dieu a le pouvoir de l'affermir » (Romains 14.4).
  • Quand nous jugeons, nous prenons presque la place de Dieu. On veut être influenceur, mais on frôle le manipulateur : dicter exactement ce que l'autre devrait faire.
  • Si tu veux vraiment servir ton prochain, fais confiance : Dieu est le meilleur guide pour lui, et il a le pouvoir de l'affermir.
  • Le prédicateur l'avoue : « si j'avais vraiment foi que Dieu agit, je prierais peut-être plus pour eux. » Est-ce que je crois que Dieu va affermir mes amis ? Nous ne sommes pas Dieu.

5. Nous appartenons au Seigneur

  • « Aucun de nous ne vit pour lui-même et aucun ne meurt pour lui-même… soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous appartenons au Seigneur » (Romains 14.7-9).
  • C'est le rappel du thème de la série : la meilleure raison de vivre, c'est de vivre pour celui qui nous a créés.
  • Et si nous sommes prêts à vivre pour Dieu, c'est d'abord parce que Christ est mort pour nous. Nous aimons parce que Dieu nous a aimés le premier. Il nous demande de mourir à nous-mêmes, mais il l'a fait avant nous.

6. Le jugement de Dieu, une raison de ne pas juger

  • « Pourquoi juges-tu ton frère ? Pourquoi méprises-tu ton frère ? Nous comparaîtrons tous devant le tribunal de Christ… chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même » (Romains 14.10-12).
  • La critique est facile, et il est dur de résister dans un environnement où tout le monde se critique.
  • Si tu es chrétien, tu es sauvé : le jugement a été payé par quelqu'un à ta place. Mais cela rappelle que juger et critiquer son frère est mal devant Dieu, et que ce jugement a coûté cher à Jésus.
  • Qu'un Dieu soit juge est aussi rassurant : cela veut dire que Dieu aime le bien. Ce serait terrible d'avoir un Dieu qui se fiche du bien et du mal.
  • Image : s'il n'existait plus de loi sur la conduite, tu ferais sans doute moins attention aux 50 km/h. Le jugement nous rend plus attentifs à ce qui est bien.
  • Trois clés pour retenir son jugement : Dieu a donné l'exemple en n'ayant pas jugé d'abord ; Dieu fait grandir chacun à son rythme ; Dieu jugera un jour.

7. Thermomètre ou chauffage ?

  • « Ne nous jugeons donc plus les uns les autres, mais veillez plutôt à ne pas placer d'obstacle ou de piège devant votre frère… Le royaume de Dieu n'est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie par le Saint-Esprit… Recherchons ce qui contribue à entretenir la paix et à nous faire grandir mutuellement dans la foi » (Romains 14.13, 17, 19).
  • Le texte demande à la fois de ne pas juger et de faire grandir l'autre. Est-ce que ma vie donne envie de grandir, de croire en Jésus ?
  • Le prédicateur aime débattre. Il se souvient d'un long débat où il avait tout expliqué de A à Z à un ami, fier de ses arguments, et l'ami trouvait cela cohérent. Mais la vraie question n'est pas « comment tu présentes ta foi », c'est « est-ce que ma vie donne envie de croire en Jésus ».
  • Deux objets pour résumer. Le thermomètre : tu scannes les gens, celle-là n'est pas inspirante, celui-là est prétentieux, cet autre m'intéresse un peu. Le chauffage : tu changes la température autour de toi, et les gens proches de toi sont en bonne santé, parce que ton objectif est qu'ils grandissent.
  • Le passage ne dit pas « aimez les gens jusqu'à ce qu'ils comptent sur vous » mais jusqu'à ce qu'ils comptent sur le Seigneur. Nous décevrons forcément ; la seule personne digne de confiance, c'est Jésus. C'est aussi la ressource indestructible pour être une bonne influence.

8. Enfant, adulte, parent : trois facettes de la maturité chrétienne

  • En psychologie, on parle des états du moi : une personne mature a en elle l'enfant, l'adulte et le parent, et a besoin de ces trois facettes pour être en bonne santé.
  • Dans la foi aussi. Le Seigneur nous appelle « enfants de Dieu », pas « adultes de Dieu » : l'enfant dans la foi apprend de Dieu et des autres, et reste toujours dans l'apprentissage.
  • L'adulte dans la foi est autonome : il nourrit sa foi sans qu'on le lui dise, par des cultes personnels et une prière régulière.
  • Le parent dans la foi prend soin des autres et les accompagne.
  • Le fruit visé : la justice (Dieu nous pardonne), la paix (la sérénité d'être aimé de Dieu) et la joie (de le connaître et de le servir). C'est ce que notre influence doit produire autour de nous.

9. Un témoignage : des repères pour les 20-25 ans

  • Lors d'une soirée où des jeunes de 20 à 25 ans prenaient la parole, ils expliquaient que leur génération manque de repères : liberté dans tous les sens, familles fragilisées, couples séparés.
  • Un de leurs plus grands déserts, disaient-ils, c'est de ne pas avoir de personnes un peu plus âgées qui leur ressemblent, des mentors qui ont traversé les mêmes défis et persévèrent.
  • Aller prendre un café avec un jeune est un peu déstabilisant, parce qu'il faut se mettre à son niveau. Mais cela transforme des vies. Le prédicateur en a lui-même bénéficié.

Points à retenir

  • Nous sommes tous influents et influençables. La question n'est pas d'atteindre des millions de personnes, mais d'être une bonne influence pour ceux qui sont autour de nous.
  • Commencer par accueillir, comme Dieu nous a accueillis, avant tout débat.
  • Nous ne sommes pas le juge de nos frères : Dieu est leur meilleur guide et il a le pouvoir de les affermir. Cela devrait nous pousser à prier plus pour eux.
  • Le jugement de Dieu est réel et a coûté cher à Jésus. C'est une raison de plus pour ne pas juger et pour aimer le bien.
  • Être un chauffage plutôt qu'un thermomètre : faire grandir les gens jusqu'à ce qu'ils comptent sur le Seigneur, pas sur nous.

Application personnelle

  1. Dans quelles relations t'est-il difficile d'accueillir l'autre, et plus facile de juger ses opinions ?
  2. De qui as-tu une bonne influence, ou de qui as-tu eu une bonne influence, et pourquoi ?
  3. Où en es-tu dans les trois aspects de la maturité chrétienne : enfant qui nourrit sa foi par les autres, adulte qui la nourrit de manière autonome et régulière, parent qui accompagne les autres dans leur foi ?
  4. Pour qui pourrais-tu prier davantage cette semaine, en faisant confiance à Dieu pour le faire grandir à son rythme ?
  5. Y a-t-il un jeune ou un enfant de ton entourage avec qui tu pourrais simplement prendre un café pour devenir un repère ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi Paul parle-t-il de viande et de légumes dans Romains 14 ?

Dans l'église de Rome, des chrétiens d'arrière-plan juif continuaient à ne pas manger de porc ni de viande sacrifiée aux idoles, tandis que d'autres mangeaient de tout. Après les célébrations, quand tous mangeaient ensemble, cela créait des débats et des disputes. Paul ne tranche pas le détail : il demande d'accueillir celui qui est faible dans la foi sans discuter ses opinions, parce que Dieu l'a accueilli.

Est-ce qu'un chrétien n'a pas le droit d'avoir un avis sur ce que font les autres ?

Le prédicateur ne dit pas qu'il faut renoncer à toute conviction : il croit que la vérité compte et aime débattre. Mais Romains 14 rappelle que nous ne sommes pas le juge de nos frères. Dieu a donné l'exemple en nous accueillant sans nous juger d'abord, Dieu fait grandir chacun à son rythme, et Dieu jugera un jour. Ces trois clés aident à retenir son jugement et à commencer par accueillir.

Que signifie être un thermomètre ou un chauffage ?

Le thermomètre scanne les gens : intéressant ou pas, prétentieux, plein de défauts. Le chauffage change la température autour de lui : son objectif n'est pas de juger mais de faire grandir ceux qui l'entourent, jusqu'à ce qu'ils comptent non sur lui mais sur le Seigneur. Le fruit visé est celui du royaume de Dieu : la justice, la paix et la joie par le Saint-Esprit.

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