Introduction
Suivre Jésus, est-ce que ça vaut vraiment la peine ? Non pas plus tard au ciel, mais aujourd'hui, dans ta vie concrète. C'est la question que Jésus pose à ses disciples juste après le départ du jeune homme riche. Face au vertige d'une réorientation totale de nos priorités, il ne se contente pas de promettre l'éternité : il promet aussi une vie infiniment plus grande, ici et maintenant. Ce texte de Marc 10.23-31 nous rappelle que perdre sa vie pour la retrouver en Christ, ce n'est pas la vie chrétienne des héros ou des apôtres, c'est simplement la vie chrétienne normale.
Plan du message
1. L'évangile de la prospérité est une déformation de la bonne nouvelle
- Des prédicateurs très célèbres (Joel Osteen, Kenneth Copeland, Benny Hinn) enseignent que Dieu veut nous donner la richesse, la santé, un beau conjoint et même une bonne place de parking.
- Ce message est attirant parce que chacun a quelque chose qu'il désire et qu'il rêve d'obtenir.
- Mais l'Évangile est autre chose : nous nous sommes rebellés contre Dieu, nous méritons sa juste colère, et pourtant Christ a vécu la vie que nous aurions dû vivre et subi la mort que nous méritons pour nous réconcilier avec le Père.
- Suivre Jésus demande une réorientation radicale de nos priorités, pas une garantie de confort matériel.
2. Il est difficile pour un riche d'entrer dans le royaume de Dieu
- Peu de choses révèlent mieux notre cœur que notre compte en banque : là où va notre argent, là est ce qui compte vraiment pour nous.
- La richesse en soi n'est pas mauvaise, mais il est facile de s'habituer à des choses agréables au point qu'il devient impensable de vivre sans elles.
- C'était le drame du jeune homme riche : ce n'est pas qu'il ne pouvait pas vivre sans ses biens, mais sa vie sans eux lui était inconcevable.
- Les disciples ont raison de généraliser la question : chacun a une « richesse », quelque chose qu'il désire, dont il ne peut pas se passer, et à quoi Dieu pourrait bien lui demander de renoncer.
3. Ce qui est impossible aux hommes est possible à Dieu
- Aucun homme ne peut, par sa seule volonté, cesser de désirer ce qu'il désire déjà, essaie, tu verras.
- Mais Dieu peut prendre le cœur le plus dur et le changer pour qu'il devienne, lui, plus important que tout le reste.
- L'apôtre Paul en est la preuve : un pharisien fier de son savoir, transformé après une courte rencontre avec Christ sur le chemin de Damas, au point de considérer tout le reste comme des ordures (Philippiens 3).
- Pierre, lui, tombe dans un piège proche de celui du jeune homme riche : en insistant sur tout ce qu'il a quitté, il montre qu'il n'a pas renoncé au besoin d'être reconnu pour l'avoir fait.
4. La promesse du centuple, dès maintenant
- Jésus promet deux choses à ceux qui quittent maison, frères, sœurs, mère, père, femme, enfants ou terres à cause de lui et de la bonne nouvelle.
- Premièrement, la vie éternelle dans le monde à venir, sans surprise.
- Deuxièmement, et c'est plus étonnant : le centuple dans le temps présent, des maisons, des frères, des sœurs, des mères, des enfants, des terres. Avec des persécutions, ajoute-t-il, ce qui exclut la lecture prospérité.
- Cette promesse s'accomplit dans l'élargissement de notre monde par l'Église : demande à un missionnaire s'il a l'impression d'avoir perdu ou gagné en quittant son pays d'origine, la réponse est invariablement qu'il a gagné une famille immense et durable.
Points à retenir
- L'évangile de la prospérité n'est pas l'Évangile : Jésus n'a pas promis la richesse, il a promis de nous réconcilier avec Dieu par sa croix.
- Ce qui nous empêche de suivre Christ pleinement, ce n'est pas la richesse en elle-même, mais l'attachement du cœur à ce qui prend la première place dans nos vies.
- Changer ce que nous désirons le plus est impossible à l'homme, mais tout est possible à Dieu.
- Jésus promet que ce que nous quittons pour lui, nous le retrouvons au centuple, dans le temps présent et dans l'éternité, mais toujours avec des persécutions.
- Perdre sa vie pour sauver sa vie, ce n'est pas la vie chrétienne pour les pros, c'est la vie chrétienne normale.
Application personnelle
- Regarde tes dépenses des trois derniers mois : qu'est-ce qu'elles révèlent de ce qui compte vraiment pour toi ?
- Y a-t-il, dans ta vie, quelque chose de bon et d'agréable qui est devenu une nécessité impensable à quitter ? Quoi précisément ?
- Ressembles-tu plus au jeune homme riche qui s'en va triste, ou à Pierre qui met en avant ce qu'il a sacrifié ? Où est ton propre piège ?
- Peux-tu nommer trois frères ou sœurs en Christ que Dieu t'a donnés et qui n'auraient jamais fait partie de ta vie sans l'Évangile ? As-tu conscience que ta famille spirituelle durera pour l'éternité ?
- Est-ce que tu crois vraiment que ce que Jésus te donne dépasse infiniment ce qu'il te demande de laisser ? Ta persévérance dans la foi jusqu'à la fin dépendra de ta réponse à cette question.
Versets cités
- Marc 10.17-31 (LSG)
- Marc 8.34-35 (LSG)
- Philippiens 3 (LSG)
- Luc 18.18-30 (LSG)
- Matthieu 6.19-21 (LSG)
Questions fréquentes
Est-ce que Jésus demande vraiment à tous les chrétiens de tout vendre ?
Non. Ce que Jésus a demandé au jeune homme riche visait précisément son idole. Le principe qui vaut pour tous, c'est que rien ne peut prendre la première place dans le cœur du disciple à part Christ lui-même. Selon les personnes et les moments, cela peut concerner l'argent, une carrière, une relation, un rêve ou n'importe quoi d'autre à quoi tu ne peux pas imaginer renoncer.
La promesse du centuple, c'est de la prospérité déguisée ?
Non, parce que Jésus ajoute lui-même « avec des persécutions » et parle de recevoir « des frères, des sœurs, des mères, des enfants ». Le centuple qu'il promet dans le temps présent, c'est d'abord l'élargissement de la famille spirituelle par l'Église, pas un enrichissement matériel. Les prédicateurs de prospérité citent ce texte en oubliant systématiquement la partie sur les persécutions.
Pourquoi Pierre se fait-il reprendre alors qu'il a vraiment tout quitté ?
Pierre a effectivement laissé son métier de pêcheur pour suivre Jésus. Mais en mettant en avant ce qu'il a sacrifié, il montre qu'il est encore centré sur lui-même : il n'a pas renoncé au besoin d'être reconnu pour son sacrifice. Il tombe dans un piège proche de celui du jeune homme riche, à l'autre extrémité, l'un s'en va parce qu'il n'a pas donné, l'autre reste mais veut être vu comme celui qui a donné.
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