Introduction
« Sous le soleil, tout est fumée. » L'Ecclésiaste, dans la conception la plus répandue, n'est pas d'abord un livre de joie. On y voit un sage lucide, presque désabusé, qui regarde la vie et constate son inconsistance. Et pourtant, chaque année, ce livre est lu pendant la fête de Sucot, une des fêtes de l'Éternel prescrites en Lévitique, une fête de joie. Une fête qui célèbre le temps qu'Israël a passé dans le désert, sous la main de Dieu, et qui rappelle l'héritage que le Seigneur a préparé pour son peuple.
Ce n'est pas un hasard. L'Ecclésiaste te montre en fait le chemin vers une joie qui ne peut pas t'être enlevée, tout en gardant une image réaliste de la vie. Et c'est précisément cette vision-là qui rend la joie possible. Dans le survol de ce livre, ce quatrième volet s'arrête sur trois convictions : la joie est un don, la crainte de Dieu y contribue majeurement, et le contentement dans la providence est la posture qui la reçoit.
Jésus lui-même célébrait Sucot. En Jean 7, alors qu'il se lève devant l'assemblée pendant cette fête, il dit : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et des fleuves d'eau vive couleront de son sein », en parlant du Saint-Esprit. Tout te ramène à cette joie dans l'héritage que le Seigneur a pour toi.
Plan du message
1. La joie est un don de Dieu, pas une conquête
- Ecclésiaste 3.10-15 : « J'ai reconnu que leur seul bonheur consiste à se réjouir et à bien agir pendant leur vie… c'est un cadeau de Dieu. »
- Dieu « fait toute chose belle en son temps » : un renvoi à la création, où chaque chose créée est déclarée bonne parce que c'est la vérité.
- « Il a mis dans le cœur la pensée de l'éternité » : ce désir en toi de chercher au-delà de cette vie, ce soupir de l'esprit face à la qualité éphémère du monde.
- Dieu donne des limites, même aux personnes les plus privilégiées. La sagesse t'apprend une autre posture : la gratitude. Et c'est cette gratitude qui te mène à la joie.
2. La crainte de Dieu ouvre à la vraie joie
- Ecclésiaste 4.17 à 5.6 : « Veille sur ton pied lorsque tu entres dans la maison de Dieu… Dieu est au ciel et toi sur la terre. Que tes paroles soient donc peu nombreuses. »
- Dieu est constant, il est vrai ; nous, non. On fait des promesses à Dieu, puis au moment d'agir, on change d'avis. « Mieux vaut ne pas faire de vœu plutôt qu'en faire un et ne pas l'accomplir. »
- Notre monde est désacréalisé : nous vivons souvent comme si Dieu n'était plus au ciel. Est-ce parce que nous sommes protégés, ou parce que nous sommes insouciants ?
- Ne perds jamais de vue ce que Jésus a rendu possible : approcher Dieu à n'importe quel moment, sans purification rituelle, parce qu'il est lui-même le sacrifice qui enlève toute cette préparation.
3. Le contentement, sagesse qui reçoit la providence
- Ecclésiaste 5.17-19, puis 7.1-14 : « Il est bon et beau pour l'homme de manger et de boire, de prendre du plaisir dans le travail qu'il a accompli sous le soleil… c'est un cadeau de Dieu. »
- Dieu te donne des petites moments de joie reçus de sa main : un travail bien fait, un moment avec un ami, le plaisir d'un bon repas.
- La sagesse biblique n'est pas d'abord une connaissance : c'est une vie vécue dans la sagesse. Demander la sagesse (Jacques 1.5), c'est demander la maturité, la perspective, la connaissance de Dieu nécessaire pour la bonne décision.
- La joie que Dieu te donne est équilibrée : ni légalisme, ni libertinisme. « Ne sois pas juste à l'excès… ne sois pas méchant à l'excès. » L'extrémisme fait peur aux gens et ne vient pas de la main de Dieu.
La joie est un don, face à un monde inconsistant
« J'ai vu quelle occupation Dieu réserve aux humains. Il fait toute chose belle au moment voulu. Il a même mis dans le cœur la pensée de l'éternité. Même si l'homme ne peut pas comprendre l'œuvre que Dieu accomplit du début jusqu'à la fin, j'ai reconnu que leur seul bonheur consiste à se réjouir et à bien agir pendant leur vie. Et que si l'homme mange, boit et prend du plaisir dans tout son travail, c'est un cadeau de Dieu. » (Ecclésiaste 3.10-13)
Tu trouves ton bonheur dans la part que Dieu te donne. Ce n'est pas d'abord une réussite à arracher, c'est une joie à recevoir. Le livre a probablement été écrit pendant un temps d'exil, en Perse. Israël passait par un temps d'incertitude, et pourtant il pouvait regarder dehors et voir la beauté de la création, un rappel de la main de Dieu qui prenait soin de son peuple. Le livre d'Esther fait d'ailleurs partie de la même époque : Dieu choisit une femme belle, la met à la tête d'une nation, et à travers elle il sauve son peuple. Dieu fait toute chose belle en son temps.
« Il a mis l'éternité dans le cœur de l'homme. » Tu as ce désir de chercher ce qui va au-delà de la vie présente. Cette qualité éphémère du monde te fait tout soupirer dans l'esprit. Comme le dit C.S. Lewis, on sent bien que la mort n'est pas naturelle. Tu veux ce qui est de plus, ce qui va au-delà. Et si tu cherches à faire taire cette voix, il te faudra trouver autre chose pour remplir le vide.
Mais Dieu a aussi mis l'éternité dans ton cœur pour que tu reconnaisses ta limite, parce que tu es une créature, devant un Créateur à qui tu dois rendre compte. La sagesse t'apprend alors une autre posture : la gratitude. Zack Eswine le dit bien : ouvre tes mains, fais attention à ce que Dieu donne et à ce qu'il n'a pas donné, reçois avec humilité ce qu'il donne comme suffisant.
Notre culture aime prendre les choses en main. Il n'y a rien de mal avec un peu d'ambition, pas dans le sens exagéré. Mais si tu es toujours poussé par une soif, tu peux te demander : ai-je pris le temps de boire ? Ce nouveau travail que je recherche tant, va-t-il vraiment me rendre content ? Cette personne que je voudrais dans ma vie, va-t-elle me rendre plus content de ce que je suis aujourd'hui ? Si j'avais plus d'argent, saurais-je mieux gérer celui que j'ai déjà ? Le prédicateur t'invite au contentement avec ce que Dieu a déjà donné.
Face à cette vanité, à ces limites, à cette mort qui attend chacun, il y a des choses que tu ne peux pas savoir ici-bas. Cette vie reste remplie de mystères. Avec toute la connaissance scientifique disponible, on continue à découvrir de nouvelles espèces, de nouvelles parties de la galaxie. Comme le dit Moïse en Deutéronome 29.28 : « Les choses cachées sont à l'Éternel notre Dieu ; les choses révélées sont à nous et à nos enfants, pour toujours, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette loi. » Certains secrets appartiennent à Dieu, et l'homme s'en étonne. Mais les choses déjà révélées (la loi), sont pour toi. Est-ce que tu arrives à les garder comme il faut ? Et pourtant Dieu, dans sa générosité, choisit encore de te révéler davantage de lui-même. Calvin l'a dit : presque toute la sagesse que nous possédons se ramène à deux connaissances liées, celle de Dieu et celle de nous-mêmes.
Si Dieu permet quelque chose dans ta vie, c'est un don de sa main. Et ces pensées-là t'aident à ne pas vivre les limites comme un échec. Si Dieu permet des limites autour de toi, est-ce vraiment un échec quand les choses n'arrivent pas selon ta bonne volonté ? Ou est-ce que tu es tout simplement arrivé au bord de la limite que Dieu a tracée ?
La crainte de Dieu, contributrice majeure à la joie
Deuxième conviction, à contre-courant de notre culture : la crainte de Dieu devient une source de joie. Le prédicateur décrit cet état d'esprit dans la manière dont on s'approche de Dieu.
« Veille sur ton pied lorsque tu entres dans la maison de Dieu, approche-toi pour écouter, au lieu d'offrir le sacrifice que présentent les hommes stupides… Ne te presse pas d'ouvrir la bouche, et que ton cœur ne se précipite pas pour exprimer une parole devant Dieu. En effet, Dieu est au ciel et toi sur la terre. Que tes paroles soient donc peu nombreuses… Lorsque tu fais un vœu à Dieu, ne tarde pas à l'accomplir… Mieux vaut pour toi ne pas faire de vœu plutôt qu'en faire un et de ne pas l'accomplir. » (Ecclésiaste 4.17 à 5.4)
Le texte te met devant la réalité de Dieu. Il est constant, il est vrai. Nous, nous ne le sommes pas. On change d'avis. On fait des promesses à Dieu, et au moment où il faut agir, on recule. Dieu, lui, n'est pas un homme.
Souvenez-vous de la conversion de Martin Luther. Il rentrait à la maison sous une immense tempête. Le caractère de l'homme, c'est quelqu'un qui fonce, qui est très déterminé, qui va jusqu'au bout. Mais la foudre le frappe. Il se retrouve face à la mort, face à cette puissance climatique, et lui, il voit vraiment que c'est Dieu qui l'arrête. « À son époque, les gens pensaient comme ça », mais nous, nous sommes protégés par nos appartements, nos maisons. L'Ecclésiaste te pose alors la question : est-ce parce que tu es protégé, ou parce que tu es insouciant ?
Pense à ces Américains qui sont chasseurs de tornades. Quelle folie. Une des tempêtes les plus dangereuses au monde, totalement incontrôlable, et on la chasse pour prendre des photos à mettre sur Instagram. Est-ce qu'on est protégé, ou est-ce qu'on est insouciant ? Ajoute à cela un monde totalement désacréalisé. Rappelle-toi cette terrible histoire autour des caricatures de Charlie Hebdo, comment tout s'est déchaîné. Si dans l'Occident nous sommes désacréalisés, ça ne veut pas dire que tout le monde pense comme nous. Mais souviens-toi du Dieu dont l'Ecclésiaste parle. « Toi, tu es sur la terre. Que tes paroles soient peu nombreuses. » Réfléchis à qui tu t'adresses.
À l'époque, pour aller au temple, il fallait être juif. Pour s'approcher, si tu étais un homme, il fallait être circoncis au huitième jour. Tu n'arrivais jamais les mains vides. Avant de présenter ton offrande, il fallait se purifier, des bains rituels. Puis tu apportais ton sacrifice, qui devait être égorgé et brûlé sur l'autel avec la bénédiction du prêtre. Et tout cela avant même de pouvoir t'approcher de Dieu.
N'es-tu pas heureux que Jésus ait dit : « Le jour vient (et il est déjà arrivé), où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jean 4) ? Jésus lui-même est le sacrifice qui enlève toute cette préparation. Tu peux t'approcher de Dieu à n'importe quel moment, pour chercher sa grâce au moment nécessaire. La joie est un don de Dieu, même dans un monde inconstant. La vie sous le soleil n'est pas comme Dieu a créé ce monde. Il a fait toutes choses belles en leur temps, en créant chaque chose, il a dit que c'était bon. Il a créé le jardin, placé l'homme et la femme dedans, leur a donné à cultiver ce jardin dans cette même générosité qui découle de son image en eux. La poursuite du vent n'est venue qu'après le péché originel. C'en est même l'héritage.
Le contentement, sagesse qui reçoit la providence
La bonté de Dieu, malgré tout, ne veut pas que l'humanité vive une malédiction sans fin. Ecclésiaste 5.17-18 : « Il est bon et beau pour l'homme de manger et de boire, de prendre du plaisir dans le travail qu'il a accompli sous le soleil pendant la durée de la vie que Dieu lui accorde… Et même si un homme a reçu de Dieu les richesses et des biens, si lui a donné le pouvoir d'en manger, d'en prendre part et de se réjouir au milieu de son travail, c'est un cadeau de Dieu. »
Dieu permet ces moments de joie dans les choses simples qu'il te donne à faire. C'est son cadeau. Il aurait pu laisser l'humanité peler dans sa rébellion, sans aucune reprise, sans aucun repos. Mais il donne ces petits moments de contentement : le contentement d'avoir bien fait ton travail, ce moment en famille ou entre amis où l'on rigole ensemble, où l'on est bien ensemble, le plaisir d'un bon repas. La question, c'est : est-ce que tu profites de ces moments comme reçus de sa main ? Ou est-ce que tu crois que c'est normal, que c'est dû ?
Zack Eswine le formule ainsi : le sentiment qu'on nous doit quelque chose, le mécontentement et l'ingratitude te poussent à te moquer publiquement de ce que tu as, ou en privé à vouloir le remplacer par quelque chose de plus désirable. Mais le prédicateur te réoriente : goûte la douceur des joies ordinaires. Apprends à entrer dans chaque jour avec la conviction que toute chose est déjà donnée.
La sagesse du chapitre 7 te conduit vers le contentement : « Une bonne réputation vaut mieux qu'un bon parfum et le jour de la mort que le jour de la naissance. Mieux vaut se rendre dans une maison de deuil que dans une maison de festin. Car telle est la fin de tout homme, et celui qui est en vie peut ainsi se mettre à réfléchir. » (Ecclésiaste 7.1-2)
Qui, dans ce monde, t'incite à aller dans la maison de deuil plutôt que dans la maison de joie ? Mais quand tu vois où la mort te mène, cela ôte les prétentions d'une vie sans fin. Il n'y a rien comme la fumée pour te faire réaliser la brièveté de ta vie, et le sérieux qui est devant toi à chaque moment. Chaque décision est une décision qui compte. Tu te lèves, tu allumes la lumière. Pour chaque action, chaque pensée, il y a une conséquence. Ce monde est incertain, mais Dieu te donne la sagesse, pas comme le monde donne. Cette sagesse est devant toi.
Le prédicateur a partagé ce souvenir de ses quatre enfants. Une des périodes les plus belles en tant que parent, c'était quand ils étaient petits, à l'époque de Pâques, quand on cachait des petits œufs de chocolat. À un certain âge, les enfants sont prêts à tout faire pour trouver ces bouts de chocolat. Et quand ils en trouvent, ils sont si heureux qu'ils dépassent parfois, comme adulte, celui qui est juste à côté et qui a lui aussi vu. Trop souvent dans la vie chrétienne, tu es tellement précipité par la prochaine chose (« si seulement je pouvais avoir ceci, si seulement je pouvais accéder à cette place »), que tu passes à côté de la sagesse que Dieu a déjà mise devant toi, peut-être dans la situation même où tu es actuellement.
Jacques 1.5 t'apprend une manière belle d'être : « Si l'un de vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans faire de reproche, et elle lui sera donnée. » Ce verset dit plus qu'une simple demande de direction. Ce n'est pas seulement « Seigneur, montre-moi quoi faire ». C'est une nouvelle vie qui est demandée. La sagesse biblique, ce n'est pas la connaissance, c'est la vie vécue dans la sagesse. Demander la sagesse qui te manque, c'est demander la maturité, la perspective, la connaissance de Dieu nécessaire pour la bonne décision. C'est recevoir la paix, la reconnaissance de la présence de Dieu qui veut que tu aies la joie d'une vie équilibrée.
Tu peux aimer et servir Dieu avec passion, sans tomber dans une extrémité qui fait peur aux gens. Ecclésiaste 7.15-16 : « Ne sois pas juste à l'excès et ne te montre pas trop sage. Pourquoi te détruirais-tu ? » Il y a beaucoup de choses qui se font au nom de la sainteté ou de la justice, qui ne sont rien d'autre qu'une passion un peu extrême. Rappelle-toi ce jeune qui s'était placé à la sortie du métro Pigalle, tellement zélé pour partager l'Évangile qu'il avait juste lu, à voix haute, tous les passages prophétiques de malédiction au monde. Es-tu étonné que personne n'ait été sauvé par son discours ? Es-tu surpris qu'il soit revenu lui-même toujours plus découragé ?
« Ne sois pas méchant à l'excès et ne sois pas fou. Pourquoi mourrais-tu avant ton heure ? » (Ecclésiaste 7.17). La joie que Dieu te donne est équilibrée. Le légalisme comme le libertinisme sont deux extrêmes qui, à la fin, t'enlèvent cette joie.
Pour terminer, Dieu veut pour toi une vie de sagesse, de joie, et c'est Jésus qui te l'ouvre. Pense à Philippiens 4.13 : « Je peux tout par celui qui me fortifie. » On aime le citer, mais il parle de quoi ? « Je sais vivre dans la pauvreté, je sais vivre dans l'abondance. Partout et dans toutes circonstances, j'ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l'abondance et à être dans le besoin. Je peux tout par celui qui me fortifie. » Paul, on dirait, avait lu l'Ecclésiaste. Et où trouve-t-il la puissance de vivre à la fois dans l'abondance et dans le besoin ? En Christ. C'est la même chose pour toi. Approche-toi de lui. C'est lui qui te fortifie à toute épreuve, et pour toute joie.
Points à retenir
- La joie n'est pas d'abord une conquête ; c'est un don de Dieu, à recevoir avec des mains ouvertes.
- Dieu a mis l'éternité dans ton cœur pour que tu cherches au-delà, et pour que tu reconnaisses ta limite de créature.
- La crainte de Dieu (approcher, écouter, mesurer tes paroles, tenir tes vœux), ne t'écrase pas ; elle te libère pour la vraie joie.
- Jésus a ouvert l'accès à Dieu à n'importe quel moment : tu n'as plus besoin d'un temple, d'un rituel ou d'un prêtre pour t'approcher.
- Le contentement dans les joies ordinaires (un bon repas, un travail bien fait, un rire partagé), est un des lieux où la providence de Dieu se laisse goûter.
- La joie que Dieu donne est équilibrée : ni excès de rigueur, ni excès d'insouciance. C'est en Christ que Paul « sait vivre » les deux extrêmes.
Application personnelle
- Quelle joie es-tu en train de courir aujourd'hui, comme si tu devais l'arracher ? Peux-tu la nommer devant Dieu, ouvrir la main, et lui demander de te la donner… ou de te contenter sans elle ?
- Quand tu entres dans la présence de Dieu (dans la prière ou le culte), commences-tu par parler beaucoup, ou t'arrêtes-tu pour écouter d'abord ?
- Y a-t-il un vœu, une promesse faite à Dieu (ou à quelqu'un devant Dieu) que tu n'as pas accompli ? L'Ecclésiaste te dit qu'il vaut mieux ne pas en faire que d'en faire un sans le tenir. Que ferais-tu de ce vœu cette semaine ?
- Nomme trois joies ordinaires de la semaine passée : un repas, un moment de rire, un travail bien fait. Les as-tu reçues comme un cadeau de Dieu, ou comme un dû ?
- Es-tu tenté par l'extrémité, la rigueur qui fait peur autour de toi, ou l'insouciance qui te fait vivre comme si Dieu n'était pas au ciel ? Où Dieu t'appelle-t-il à un équilibre plus vrai ?
Versets cités
- Ecclésiaste 3.10-15 · la joie comme don de Dieu, la beauté en son temps, l'éternité dans le cœur.
- Ecclésiaste 3.16-22 · la mort attend tous, et la joie du travail est ta part.
- Ecclésiaste 4.17 à 5.6 · la crainte de Dieu, les paroles peu nombreuses, les vœux à tenir.
- Ecclésiaste 5.17-19 · manger, boire, se réjouir dans le travail : un cadeau de Dieu.
- Ecclésiaste 7.1-14 · la sagesse du cœur, la maison de deuil, la patience, la sagesse comme abri.
- Ecclésiaste 7.15-17 · ne sois pas juste à l'excès, ne sois pas méchant à l'excès.
- Jean 7.37-39 · Jésus à Sucot : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi. »
- Jean 4.23-24 · les vrais adorateurs adorent le Père en esprit et en vérité.
- Deutéronome 29.29 · les choses cachées sont à l'Éternel, les choses révélées sont à nous.
- Jacques 1.5 · si tu manques de sagesse, demande-la à Dieu qui donne à tous simplement.
- Philippiens 4.11-13 · j'ai appris à me contenter ; je peux tout par celui qui me fortifie.
FAQ
L'Ecclésiaste est-il vraiment un livre de joie, alors qu'il répète que « tout est fumée » ?
Oui. La lecture rapide n'y voit que du désabusement, mais le livre est lu chaque année à Sucot, une fête de joie. Il te trace le chemin vers une joie qui ne peut pas t'être enlevée, tout en gardant une image réaliste de la vie : la vanité, la mort, les limites. C'est précisément cette lucidité qui rend la vraie joie possible, parce qu'elle t'empêche de la chercher là où elle n'est pas.
Pourquoi la crainte de Dieu serait-elle une source de joie et non de peur ?
La crainte de Dieu dont parle l'Ecclésiaste, c'est reconnaître qui il est (au ciel, constant, vrai), et prendre ta place, sur la terre, changeante. Cette juste mesure te libère de la pression de te faire dieu à toi-même. Et grâce à Jésus, tu peux t'approcher de ce Dieu à n'importe quel moment, sans rituel ni sacrifice. C'est ce cadre-là qui rend la joie durable.
Comment savoir si je vis dans le contentement ou dans la simple résignation ?
Le contentement biblique reçoit ce que Dieu donne comme un cadeau (repas, travail, relations, moments simples), avec gratitude, sans mépris. La résignation, elle, se tait par usure, sans jamais remercier. Regarde tes trois dernières joies ordinaires : les as-tu nommées devant Dieu comme reçues de sa main ? La gratitude est le baromètre le plus fiable.
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