La Bible — Louis Segond 1910

Ecclésiaste 4

En bref

Dans Ecclésiaste 4, le Prédicateur continue d'observer la vie « sous le soleil ». Il voit d'abord les larmes des opprimés que personne ne console, puis un travail souvent nourri par la jalousie. Il décrit ensuite l'homme seul, qui travaille sans fin et sans savoir pour qui. La suite du chapitre apporte une lumière : deux valent mieux qu'un, car l'un relève l'autre. Le chapitre se termine par l'histoire d'un roi et d'un jeune successeur, pour montrer que même la popularité et le pouvoir passent.

Le chapitre en 5 parties

  1. v. 1-3Les opprimés que personne ne console
  2. v. 4-6Le travail, la jalousie et le repos
  3. v. 7-8L'homme seul qui travaille sans fin
  4. v. 9-12Deux valent mieux qu'un
  5. v. 13-16Le roi âgé, le jeune successeur et la vanité de la popularité

1J'ai considéré ensuite toutes les oppressions qui se commettent sous le soleil; et voici, les opprimés sont dans les larmes, et personne qui les console! ils sont en butte à la violence de leurs oppresseurs, et personne qui les console!

2Et j'ai trouvé les morts qui sont déjà morts plus heureux que les vivants qui sont encore vivants,

3et plus heureux que les uns et les autres celui qui n'a point encore existé et qui n'a pas vu les mauvaises actions qui se commettent sous le soleil.

4J'ai vu que tout travail et toute habileté dans le travail n'est que jalousie de l'homme à l'égard de son prochain. C'est encore là une vanité et la poursuite du vent.

5L'insensé se croise les mains, et mange sa propre chair.

6Mieux vaut une main pleine avec repos, que les deux mains pleines avec travail et poursuite du vent.

7J'ai considéré une autre vanité sous le soleil.

8Tel homme est seul et sans personne qui lui tienne de près, il n'a ni fils ni frère, et pourtant son travail n'a point de fin et ses yeux ne sont jamais rassasiés de richesses. Pour qui donc est-ce que je travaille, et que je prive mon âme de jouissances? C'est encore là une vanité et une chose mauvaise.

9Deux valent mieux qu'un, parce qu'ils retirent un bon salaire de leur travail.

10Car, s'ils tombent, l'un relève son compagnon; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever!

11De même, si deux couchent ensemble, ils auront chaud; mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud?

12Et si quelqu'un est plus fort qu'un seul, les deux peuvent lui résister; et la corde à trois fils ne se rompt pas facilement.

13Mieux vaut un enfant pauvre et sage qu'un roi vieux et insensé qui ne sait plus écouter les avis;

14car il peut sortir de prison pour régner, et même être né pauvre dans son royaume.

15J'ai vu tous les vivants qui marchent sous le soleil entourer l'enfant qui devait succéder au roi et régner à sa place.

16Il n'y avait point de fin à tout ce peuple, à tous ceux à la tête desquels il était. Et toutefois, ceux qui viendront après ne se réjouiront pas à son sujet. Car c'est encore là une vanité et la poursuite du vent.

Versets clés

Verset 4
J'ai vu que tout travail et toute habileté dans le travail n'est que jalousie de l'homme à l'égard de son prochain. C'est encore là une vanité et la poursuite du vent.

Le sage observe que beaucoup travaillent poussés par la rivalité avec leur voisin. Il appelle cela vanité : la réussite devient une course contre les autres plutôt qu'un service ou une joie.

Verset 6
Mieux vaut une main pleine avec repos, que les deux mains pleines avec travail et poursuite du vent.

Mieux vaut peu avec la paix qu'beaucoup avec l'épuisement. Le verset ne fait pas l'éloge de la paresse, condamnée au verset 5, mais d'un contentement qui sait se reposer.

Verset 9-10
Deux valent mieux qu'un, parce qu'ils retirent un bon salaire de leur travail. Car, s'ils tombent, l'un relève son compagnon; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever!

Le texte donne la raison de la vie commune : l'aide mutuelle dans le travail et dans la chute. Celui qui est seul n'a personne pour le relever.

Verset 12
Et si quelqu'un est plus fort qu'un seul, les deux peuvent lui résister; et la corde à trois fils ne se rompt pas facilement.

Le verset s'ouvre sur la force du nombre et se conclut par l'image de la corde à trois fils. Beaucoup de croyants y voient l'importance de Dieu au milieu d'une relation, même si le texte ne l'écrit pas expressément.

Prier pour cette situation

Ce qu'en disent les prédications

Questions fréquentes sur Ecclésiaste 4

Que signifie « Deux valent mieux qu'un » dans l'Ecclésiaste ?

Au verset 9, le Prédicateur explique que deux personnes retirent un meilleur salaire de leur travail. Les versets suivants donnent des exemples : on se relève après une chute, on se réchauffe l'un l'autre. Le texte s'applique à l'amitié, au mariage, à l'équipe et à l'Église.

Quel est le message d'Ecclésiaste 4 ?

Le chapitre dit que la vie sous le soleil est marquée par l'injustice, la rivalité et la solitude. Il ne donne pas une réponse facile à l'oppression mais il propose un remède partiel : ne pas vivre seul. Il rappelle aussi que le travail poussé par la jalousie ou le désir sans fin reste une poursuite du vent.

Que veut dire « la corde à trois fils ne se rompt pas facilement » ?

Au verset 12, l'image montre que plus il y a de fils tressés ensemble, plus la corde résiste. Le texte parle de la force de la solidarité. Dans les mariages et les amitiés chrétiennes, beaucoup y voient Dieu comme le troisième fil, une lecture symbolique que le texte ne précise pas lui-même.

Articles citant Ecclésiaste 4

← Tous les chapitres

Traduction Louis Segond 1910 — domaine public.