En bref
Nahum est un prophète de l'Ancien Testament, originaire d'Elkosch, dont le livre contient un oracle sur Ninive, la capitale de l'Assyrie. Il annonce la chute de cette ville violente et menteuse, qui a opprimé les nations. Au milieu des annonces de jugement, il affirme que l'Éternel est bon et qu'il est un refuge pour ceux qui se confient en lui. Il annonce aussi la paix pour Juda.
Que signifie le nom Nahum ?
Le nom de Nahum est généralement rapproché de l'hébreu et compris comme « consolation » ou « consolé ». La Bible n'en donne pas l'explication : elle le présente seulement comme « Nahum, d'Elkosch » (Nahum 1:1).
Le contexte de l'histoire de Nahum
Nahum prophétise contre Ninive, la capitale de l'Assyrie. Au temps des rois d'Israël et de Juda, l'Assyrie est la grande puissance qui domine la région. La Bible rapporte qu'un roi d'Assyrie, Sanchérib, avait fait dire à Ézéchias que les dieux des nations n'avaient pas délivré les pays que ses pères avaient détruits, et que Jérusalem ne serait pas épargnée (2 Rois 19:10-13). Ézéchias avait prié l'Éternel, et l'ange de l'Éternel avait frappé cent quatre-vingt-cinq mille hommes dans le camp des Assyriens. Sanchérib s'en était retourné et était resté à Ninive (2 Rois 19:35-36). Le livre de Nahum se situe après la chute de No-Amon, dont il parle au passé (Nahum 3:8-10), et avant celle de Ninive, qu'il annonce. Selon les repères habituels, cela place le message au septième siècle avant Jésus-Christ. Le prophète est présenté comme « Nahum, d'Elkosch » (Nahum 1:1) ; la Bible ne dit rien de plus sur son lieu d'origine ni sur sa vie. À une autre époque, Dieu avait envoyé Jonas à Ninive, dont les habitants s'étaient repentis (Jonas 3:10). Nahum parle d'une ville sanguinaire, remplie de mensonge et de violence. Ses paroles s'adressent d'abord à Juda, pour lui rappeler que Dieu voit l'oppression et qu'il agit.
L'histoire de Nahum
Un oracle sur Ninive
Nahum 1:1-6Le livre s'ouvre par ces mots : « Oracle sur Ninive. Livre de la prophétie de Nahum, d'Elkosch. » Le prophète présente l'Éternel comme un Dieu jaloux qui se venge de ses adversaires. Il ajoute : « L'Eternel est lent à la colère, il est grand par sa force ; Il ne laisse pas impuni. » Dieu marche dans la tempête. Il menace la mer et la dessèche, le Basan et le Carmel languissent, les montagnes s'ébranlent devant lui. Le prophète pose alors une question sans réponse humaine : « Qui résistera devant sa fureur ? » La puissance de l'Éternel domine toute la nature et tous les empires.
L'Éternel est bon
Nahum 1:7-11Au milieu de cette annonce de jugement, Nahum prononce une phrase de confiance : « L'Eternel est bon, Il est un refuge au jour de la détresse ; Il connaît ceux qui se confient en lui. » La bonté de Dieu et sa justice ne s'opposent pas. Les ennemis de Dieu seront atteints par des flots qui déborderont : il les poursuivra jusque dans les ténèbres. Nahum demande à Ninive : « Que méditez-vous contre l'Eternel ? C'est lui qui détruit. La détresse ne paraîtra pas deux fois. » Il évoque un ennemi qui méditait le mal contre l'Éternel, sorti de la ville, et annonce que ses habitants seront consumés comme la paille sèche.
Le joug brisé et le messager de paix
Nahum 1:12-15L'Éternel parle ensuite. Aux assiégeants, quoique intacts et nombreux, il dit qu'ils seront moissonnés et disparaîtront. Puis il se tourne vers Juda : « Je briserai maintenant son joug de dessus toi, Et je romprai tes liens ». Pour Ninive, un ordre contraire : « Tu n'auras plus de descendants qui portent ton nom », les images taillées ou en fonte seront enlevées de la maison de son dieu, et son sépulcre est préparé. Le chapitre se termine par une image joyeuse : « Voici sur les montagnes Les pieds du messager qui annonce la paix ! Célèbre tes fêtes, Juda, accomplis tes voeux ! »
L'assaut contre la ville
Nahum 2:1-10Le prophète décrit l'attaque de Ninive. Le destructeur marche contre elle, la forteresse doit être gardée et la route surveillée. Les boucliers des héros sont rouges, les guerriers vêtus de pourpre, les chars étincellent et courent comme des éclairs. Les portes des fleuves sont ouvertes et le palais s'écroule. La ville est mise à nu, emmenée, et ses servantes gémissent comme des colombes. Ninive, comparée à un réservoir plein d'eau, est vidée : on fuit, nul ne se retourne. Les vainqueurs pillent l'argent et l'or. Les cœurs sont abattus, les genoux chancellent, les visages pâlissent. Au milieu de ces images de guerre, Nahum rappelle que l'Éternel rétablit la gloire de Jacob.
Le repaire des lions
Nahum 2:11-13Nahum emploie ensuite l'image du lion pour parler de Ninive : « Qu'est devenu ce repaire de lions, Ce pâturage des lionceaux ». La ville était le lieu où le lion déchirait pour ses petits, étranglait pour ses lionnes, et remplissait de proie ses antres et de dépouilles ses repaires. Cette puissance prédatrice n'a plus de repos : « Voici, j'en veux à toi, dit l'Eternel des armées ; Je réduirai tes chars en fumée, L'épée dévorera tes lionceaux ». Dieu arrache la proie du pays, et l'on n'entendra plus la voix des messagers de Ninive, qui portaient ses ordres aux peuples.
Malheur à la ville sanguinaire
Nahum 3:1-7Le chapitre commence par un cri : « Malheur à la ville sanguinaire, Pleine de mensonge, pleine de violence, Et qui ne cesse de se livrer à la rapine ! » On entend le fouet, le bruit des roues, le galop des chevaux et le roulement des chars. La bataille laisse une multitude de blessés et des morts à l'infini. Nahum compare la ville à une prostituée qui vendait les nations par ses enchantements. Dieu lui dit : « Voici, j'en veux à toi ». Il montrera sa honte aux royaumes et la donnera en spectacle. On dira : « Ninive est détruite ! Qui la plaindra ? » Personne ne pleure sur celle qui a fait pleurer tant de peuples.
Ninive n'est pas meilleure que No-Amon
Nahum 3:8-13Nahum interroge Ninive : « Es-tu meilleure que No-Amon ? » Cette ville, assise au milieu des fleuves, entourée par les eaux, avait l'Éthiopie et l'Égypte comme force, Puth et les Libyens comme auxiliaires. Pourtant, elle est partie pour l'exil, ses enfants ont été écrasés au coin des rues, et ses grands ont été chargés de chaînes. Ninive subira le même sort : elle sera enivrée, elle se cachera, elle cherchera un refuge. Toutes ses forteresses sont comme des figuiers dont les fruits tombent dans la bouche de qui les secoue, et les portes de son pays s'ouvrent à ses ennemis.
Une plaie sans remède
Nahum 3:14-19Nahum prépare ironiquement Ninive au siège : puiser de l'eau, réparer les forteresses, fouler l'argile. Rien n'y fera : le feu la dévorera, l'épée l'exterminera. Ses marchands, ses princes et ses chefs sont comme des sauterelles qui s'envolent quand le soleil paraît. Les bergers du roi d'Assyrie sommeillent, son peuple est dispersé sur les montagnes et nul ne le rassemble. Le livre se termine par un verdict : « Il n'y a point de remède à ta blessure, Ta plaie est mortelle. » Tous battront des mains, car nul n'a échappé à sa méchanceté. La dernière phrase est une question : « quel est celui que ta méchanceté n'a pas atteint ? »
Teste tes connaissances
Ce que Nahum nous enseigne
- Dieu est juste : la violence et le mensonge d'une nation ne restent pas impunis, même si la patience de Dieu peut sembler longue.
- Dieu est bon et reste un refuge pour ceux qui se confient en lui au jour de la détresse.
- Aucune puissance humaine, même la plus fortifiée, ne résiste à l'Éternel.
- Les épreuves du peuple de Dieu ne sont pas oubliées : l'annonce du jugement s'accompagne d'une parole de paix pour Juda.
Versets clés
L'Éternel est lent à la colère et grand par sa force, mais il ne laisse pas impuni. Le verset tient ensemble la patience et la justice de Dieu.
Au cœur d'un oracle de jugement, Nahum affirme que l'Éternel est bon et qu'il est un refuge au jour de la détresse. Il connaît personnellement ceux qui se confient en lui.
Le messager qui annonce la paix paraît sur les montagnes. Juda est invité à célébrer ses fêtes et à accomplir ses vœux, car le méchant ne passera plus au milieu de lui.
Prédications sur Nahum
- 20 versets bibliques sur la protection de DieuLe commentaire de Nahum 1:7 souligne que Dieu ne protège pas de loin : sa bonté se traduit par un refuge « au jour de la détresse », et il connaît personnellement ceux qui se confient en lui.
- 25 versets bibliques sur la confiance en DieuAu milieu des menaces de jugement, Nahum glisse une phrase de douceur : l'Éternel est bon, un refuge au jour de la détresse, et il connaît ceux qui se confient en lui.
Questions fréquentes
Qui était Nahum dans la Bible ?
Nahum est un prophète de l'Ancien Testament, présenté comme originaire d'Elkosch. Son livre contient un oracle sur Ninive, la capitale de l'Assyrie. Il annonce sa chute, tout en affirmant que l'Éternel est bon et qu'il est un refuge pour ceux qui se confient en lui.
Que signifie le nom Nahum ?
Le nom Nahum est généralement rapproché de l'hébreu et compris comme « consolation » ou « consolé ». La Bible ne donne pas d'explication de ce nom. Le livre présente simplement « Nahum, d'Elkosch » (Nahum 1:1).
Où trouver le message de Nahum dans la Bible ?
Il se trouve dans le livre de Nahum, qui compte trois chapitres, parmi les petits prophètes de l'Ancien Testament. Le chapitre 1 présente la puissance et la bonté de Dieu, le chapitre 2 la prise de la ville, et le chapitre 3 le malheur annoncé à Ninive.
Quand Nahum a-t-il prophétisé ?
Le livre ne porte aucune date et ne cite aucun roi. Il donne cependant des indices. Nahum parle de No-Amon comme d'une ville déjà partie pour l'exil, avec des enfants écrasés et des nobles enchaînés (Nahum 3:8-10) : la prophétie est donc postérieure à cet événement. Elle annonce en revanche la chute de Ninive, qui n'a pas encore eu lieu. Selon les repères habituels, ces indices placent le livre au septième siècle avant Jésus-Christ, sans qu'on puisse préciser davantage. Le livre ne raconte pas lui-même la chute de Ninive. Il l'annonce, pour dire que Dieu n'oublie pas l'oppression.
Pourquoi Ninive a-t-elle été épargnée du temps de Jonas, mais condamnée par Nahum ?
Au temps de Jonas, les gens de Ninive crurent à Dieu, publièrent un jeûne et revinrent de leur mauvaise voie et des actes de violence dont leurs mains étaient coupables ; Dieu vit qu'ils agissaient ainsi et ne fit pas le mal qu'il avait résolu (Jonas 3:5-10). Nahum parle d'une ville décrite comme sanguinaire, pleine de mensonge et de violence (Nahum 3:1). La Bible ne dit pas combien de temps sépare les deux épisodes, ni comment la ville est passée de l'un à l'autre. Elle montre que Dieu répond à la repentance par la grâce, et qu'il juge une violence qui persiste.
Le Dieu de Nahum est-il un Dieu de vengeance ?
Nahum commence par décrire un Dieu jaloux, qui se venge de ses adversaires (Nahum 1:2). Mais le même verset est suivi de la phrase : « L'Eternel est lent à la colère, il est grand par sa force ; Il ne laisse pas impuni » (1:3). La vengeance dont parle Nahum est celle d'un juge qui répond à la violence d'un empire, dont la méchanceté a atteint tout le monde (3:19). Et le même chapitre affirme : « L'Eternel est bon, Il est un refuge au jour de la détresse » (1:7). La justice de Dieu et sa bonté se tiennent ensemble : il est refuge pour ceux qui se confient en lui, et juge pour ceux qui s'obstinent dans le mal.
Pourquoi Nahum compare-t-il Ninive à un repaire de lions ?
Le lion est une image de puissance qui dévore. Nahum demande : « Qu'est devenu ce repaire de lions, Ce pâturage des lionceaux, Où se retiraient le lion, la lionne, le petit du lion, Sans qu'il y eût personne pour les troubler ? » (Nahum 2:11). Il décrit un lion qui déchire pour ses petits et remplit ses antres de proie et de dépouilles (2:12). L'image dit que Ninive vivait des peuples qu'elle écrasait, en toute sécurité. Mais l'Éternel des armées déclare : « j'en veux à toi » (2:13). La force d'un empire, fût-elle semblable à celle d'un lion, ne résiste pas à Dieu.
Qu'était No-Amon, la ville citée par Nahum ?
Nahum la décrit comme une ville « assise au milieu des fleuves, Entourée par les eaux, Ayant la mer pour rempart, La mer pour murailles » (Nahum 3:8). Elle avait pour force l'Éthiopie, les Égyptiens, Puth et les Libyens (3:9). On l'identifie généralement à Thèbes, en Égypte, mais le texte biblique ne le dit pas. Malgré ses défenses, No-Amon est partie pour l'exil et ses grands ont été chargés de chaînes (3:10). Nahum s'en sert comme d'un avertissement pour Ninive : si une ville aussi protégée est tombée, aucune forteresse ne mettra Ninive à l'abri du jugement de Dieu.
Quel message d'espérance Nahum adresse-t-il à Juda ?
Au milieu des annonces contre Ninive, plusieurs paroles s'adressent à Juda. L'Éternel dit : « Je briserai maintenant son joug de dessus toi, Et je romprai tes liens » (Nahum 1:13). Le messager de paix paraît sur les montagnes, et Juda est invité à célébrer ses fêtes et à accomplir ses vœux, car le méchant ne passera plus au milieu de lui (1:15). Nahum ajoute que l'Éternel rétablit la gloire de Jacob et la gloire d'Israël, parce que les pillards les ont pillés (2:2). Le jugement de Ninive est donc aussi une bonne nouvelle pour un peuple opprimé, qui apprend que Dieu n'a pas détourné les yeux.