La Bible — Louis Segond 1910
Lamentations 3
En bref
Lamentations 3 est le cœur du livre. Après la chute de Jérusalem, un homme décrit sa souffrance avec des images dures : ténèbres, murs, flèches. Au milieu de cette plainte, il choisit de se souvenir de la bonté de Dieu : ses compassions ne sont pas épuisées et se renouvellent chaque matin. Il en tire une leçon sur l'attente et sur le retour à l'Éternel avec un cœur honnête. Le chapitre revient ensuite à la prière, du fond de la fosse, et à la certitude d'avoir été entendu.
Le chapitre en 5 parties
- v. 1-18La plainte de l'homme éprouvé : ténèbres, chaînes et espérance perdue
- v. 19-24Se souvenir et espérer : les compassions de l'Éternel se renouvellent chaque matin
- v. 25-39Attendre en silence : Dieu est bon et ne rejette pas à toujours
- v. 40-47Revenir à l'Éternel : confession et prière du peuple
- v. 48-66Du fond de la fosse : crier, être entendu et demander justice
1Je suis l'homme qui a vu la misère Sous la verge de sa fureur.
2Il m'a conduit, mené dans les ténèbres, Et non dans la lumière.
3Contre moi il tourne et retourne sa main Tout le jour.
4Il a fait dépérir ma chair et ma peau, Il a brisé mes os.
5Il a bâti autour de moi, Il m'a environné de poison et de douleur.
6Il me fait habiter dans les ténèbres, Comme ceux qui sont morts dès longtemps.
7Il m'a entouré d'un mur, pour que je ne sorte pas; Il m'a donné de pesantes chaînes.
8J'ai beau crier et implorer du secours, Il ne laisse pas accès à ma prière.
9Il a fermé mon chemin avec des pierres de taille, Il a détruit mes sentiers.
10Il a été pour moi un ours en embuscade, Un lion dans un lieu caché.
11Il a détourné mes voies, il m'a déchiré, Il m'a jeté dans la désolation.
12Il a tendu son arc, et il m'a placé Comme un but pour sa flèche.
13Il a fait entrer dans mes reins Les traits de son carquois.
14Je suis pour tout mon peuple un objet de raillerie, Chaque jour l'objet de leurs chansons.
15Il m'a rassasié d'amertume, Il m'a enivré d'absinthe.
16Il a brisé mes dents avec des cailloux, Il m'a couvert de cendre.
17Tu m'as enlevé la paix; Je ne connais plus le bonheur.
18Et j'ai dit: Ma force est perdue, Je n'ai plus d'espérance en l'Eternel!
19Quand je pense à ma détresse et à ma misère, A l'absinthe et au poison;
20Quand mon âme s'en souvient, Elle est abattue au dedans de moi.
21Voici ce que je veux repasser en mon coeur, Ce qui me donnera de l'espérance.
22Les bontés de l'Eternel ne sont pas épuisées, Ses compassions ne sont pas à leur terme;
23Elles se renouvellent chaque matin. Oh! que ta fidélité est grande!
24L'Eternel est mon partage, dit mon âme; C'est pourquoi je veux espérer en lui.
25L'Eternel a de la bonté pour qui espère en lui, Pour l'âme qui le cherche.
26Il est bon d'attendre en silence Le secours de l'Eternel.
27Il est bon pour l'homme De porter le joug dans sa jeunesse.
28Il se tiendra solitaire et silencieux, Parce que l'Eternel le lui impose;
29Il mettra sa bouche dans la poussière, Sans perdre toute espérance;
30Il présentera la joue à celui qui le frappe, Il se rassasiera d'opprobres.
31Car le Seigneur Ne rejette pas à toujours.
32Mais, lorsqu'il afflige, Il a compassion selon sa grande miséricorde;
33Car ce n'est pas volontiers qu'il humilie Et qu'il afflige les enfants des hommes.
34Quand on foule aux pieds Tous les captifs du pays,
35Quand on viole la justice humaine A la face du Très-Haut,
36Quand on fait tort à autrui dans sa cause, Le Seigneur ne le voit-il pas?
37Qui dira qu'une chose arrive, Sans que le Seigneur l'ait ordonnée?
38N'est-ce pas de la volonté du Très-Haut que viennent Les maux et les biens?
39Pourquoi l'homme vivant se plaindrait-il? Que chacun se plaigne de ses propres péchés.
40Recherchons nos voies et sondons, Et retournons à l'Eternel;
41Elevons nos coeurs et nos mains Vers Dieu qui est au ciel:
42Nous avons péché, nous avons été rebelles! Tu n'as point pardonné!
43Tu t'es caché dans ta colère, et tu nous as poursuivis; Tu as tué sans miséricorde;
44Tu t'es enveloppé d'un nuage, Pour fermer accès à la prière.
45Tu nous as rendus un objet de mépris et de dédain Au milieu des peuples.
46Ils ouvrent la bouche contre nous, Tous ceux qui sont nos ennemis.
47Notre partage a été la terreur et la fosse, Le ravage et la ruine.
48Des torrents d'eau coulent de mes yeux, A cause de la ruine de la fille de mon peuple.
49Mon oeil fond en larmes, sans repos, Sans relâche,
50Jusqu'à ce que l'Eternel regarde et voie Du haut des cieux;
51Mon oeil me fait souffrir, A cause de toutes les filles de ma ville.
52Ils m'ont donné la chasse comme à un oiseau, Ceux qui sont à tort mes ennemis.
53Ils ont voulu anéantir ma vie dans une fosse, Et ils ont jeté des pierres sur moi.
54Les eaux ont inondé ma tête; Je disais: Je suis perdu!
55J'ai invoqué ton nom, ô Eternel, Du fond de la fosse.
56Tu as entendu ma voix: Ne ferme pas l'oreille à mes soupirs, à mes cris!
57Au jour où je t'ai invoqué, tu t'es approché, Tu as dit: Ne crains pas!
58Seigneur, tu as défendu la cause de mon âme, Tu as racheté ma vie.
59Eternel, tu as vu ce qu'on m'a fait souffrir: Rends-moi justice!
60Tu as vu toutes leurs vengeances, Tous leurs complots contre moi.
61Eternel, tu as entendu leurs outrages, Tous leurs complots contre moi,
62Les discours de mes adversaires, et les projets Qu'ils formaient chaque jour contre moi.
63Regarde quand ils sont assis et quand ils se lèvent: Je suis l'objet de leurs chansons.
64Tu leur donneras un salaire, ô Eternel, Selon l'oeuvre de leurs mains;
65Tu les livreras à l'endurcissement de leur coeur, A ta malédiction contre eux;
66Tu les poursuivras dans ta colère, et tu les extermineras De dessous les cieux, ô Eternel!
Versets clés
Les bontés de l'Eternel ne sont pas épuisées, Ses compassions ne sont pas à leur terme; Elles se renouvellent chaque matin. Oh! que ta fidélité est grande!
Au plus profond de la détresse, le texte se tourne vers la fidélité de Dieu. Ses bontés ne sont pas épuisées et ses compassions reviennent chaque matin, même quand tout semble perdu.
L'Eternel est mon partage, dit mon âme; C'est pourquoi je veux espérer en lui.
L'auteur déclare que l'Éternel est son partage, et que c'est pour cela qu'il veut espérer en lui. L'espérance repose sur la personne de Dieu, pas sur la fin des épreuves.
Il est bon d'attendre en silence Le secours de l'Eternel.
Le texte dit qu'il est bon d'attendre en silence le secours de l'Éternel. L'attente n'est pas de la passivité : elle consiste à tenir devant Dieu sans s'agiter.
Au jour où je t'ai invoqué, tu t'es approché, Tu as dit: Ne crains pas!
Au jour où il a invoqué Dieu, celui-ci s'est approché et a dit de ne pas craindre. Le chapitre se termine ainsi sur une prière entendue.
Prier pour cette situation
Ce qu'en disent les prédications
Questions fréquentes sur Lamentations 3
Que signifie Lamentations 3:22-23 ?
Ces versets affirment que les bontés de l'Éternel ne sont pas épuisées et que ses compassions se renouvellent chaque matin. Ils sont écrits dans un contexte de ruine, après la chute de Jérusalem. Ils ne nient pas la souffrance, mais disent que la fidélité de Dieu demeure au milieu d'elle.
Qui est « l'homme qui a vu la misère » en Lamentations 3 ?
Le texte ne donne pas de nom. La tradition l'associe souvent à Jérémie, mais le « je » peut aussi parler au nom du peuple tout entier. Cette voix personnelle permet à chaque lecteur éprouvé de se reconnaître dans la plainte et dans l'espérance du chapitre.
Que veut dire « il est bon d'attendre en silence » en Lamentations 3:26 ?
Le verset invite à attendre le secours de l'Éternel sans s'agiter ni se révolter. Ce silence n'est pas du déni : le chapitre contient de longues plaintes et un appel à revenir à Dieu. Il décrit une confiance patiente, fondée sur la bonté de Dieu envers celui qui espère en lui.
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Traduction Louis Segond 1910 — domaine public.