La Bible — Louis Segond 1910
Psaume 103
En bref
Le Psaume 103 est un chant de louange attribué à David. Il commence par une exhortation que David s'adresse à lui-même : bénir l'Éternel et n'oublier aucun de ses bienfaits. Il énumère ensuite ce que Dieu fait : il pardonne, rachète, couronne de bonté et fait justice. Le psaume décrit un Dieu lent à la colère, qui connaît notre fragilité comme celle de l'herbe, mais dont la fidélité dure d'éternité en éternité. Il se termine par un appel lancé aux anges, aux armées célestes et à toute la création : bénissez l'Éternel.
Le titre attribue ce psaume à David, sans préciser la circonstance. C'est un hymne de louange et d'action de grâce, l'un des plus aimés du livre des Psaumes. Il s'ouvre et se ferme sur la même phrase, « Mon âme, bénis l'Eternel! », qui encadre tout ce qu'il contient. Il part d'une louange personnelle, passe à l'histoire d'Israël et au pardon accordé à tout le peuple, puis s'élargit aux anges et à la création entière. Son centre est le pardon de Dieu : le verset 8 reprend la description que Dieu a donnée de lui-même à Moïse au Sinaï. Le Psaume 104, qui commence par les mêmes mots, célèbre ensuite le Créateur, et les deux se lisent souvent ensemble. Aujourd'hui, beaucoup le prient pour remercier Dieu, et de nombreux cantiques, anciens et contemporains, s'en inspirent.
Le chapitre en 4 parties
1De David. Mon âme, bénis l'Eternel! Que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom!
2Mon âme, bénis l'Eternel, Et n'oublie aucun de ses bienfaits!
3C'est lui qui pardonne toutes tes iniquités, Qui guérit toutes tes maladies;
4C'est lui qui délivre ta vie de la fosse, Qui te couronne de bonté et de miséricorde;
5C'est lui qui rassasie de biens ta vieillesse, Qui te fait rajeunir comme l'aigle.
6L'Eternel fait justice, Il fait droit à tous les opprimés.
7Il a manifesté ses voies à Moïse, Ses oeuvres aux enfants d'Israël.
8L'Eternel est miséricordieux et compatissant, Lent à la colère et riche en bonté;
9Il ne conteste pas sans cesse, Il ne garde pas sa colère à toujours;
10Il ne nous traite pas selon nos péchés, Il ne nous punit pas selon nos iniquités.
11Mais autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant sa bonté est grande pour ceux qui le craignent;
12Autant l'orient est éloigné de l'occident, Autant il éloigne de nous nos transgressions.
13Comme un père a compassion de ses enfants, L'Eternel a compassion de ceux qui le craignent.
14Car il sait de quoi nous sommes formés, Il se souvient que nous sommes poussière.
15L'homme! ses jours sont comme l'herbe, Il fleurit comme la fleur des champs.
16Lorsqu'un vent passe sur elle, elle n'est plus, Et le lieu qu'elle occupait ne la reconnaît plus.
17Mais la bonté de l'Eternel dure à jamais pour ceux qui le craignent, Et sa miséricorde pour les enfants de leurs enfants,
18Pour ceux qui gardent son alliance, Et se souviennent de ses commandements afin de les accomplir.
19L'Eternel a établi son trône dans les cieux, Et son règne domine sur toutes choses.
20Bénissez l'Eternel, vous ses anges, Qui êtes puissants en force, et qui exécutez ses ordres, En obéissant à la voix de sa parole!
21Bénissez l'Eternel, vous toutes ses armées, Qui êtes ses serviteurs, et qui faites sa volonté!
22Bénissez l'Eternel, vous toutes ses oeuvres, Dans tous les lieux de sa domination! Mon âme, bénis l'Eternel!
Comprendre Psaume 103 verset par verset
v. 1-2Mon âme, bénis l'Éternel : se parler pour ne pas oublier
Le psaume commence de façon inhabituelle : David ne s'adresse ni à Dieu ni au peuple, il se parle à lui-même. « Mon âme, bénis l'Eternel! » Dans la Bible, l'âme désigne toute la personne, sa vie, ses désirs, ses émotions. David appelle « tout ce qui est en moi » à louer le saint nom de Dieu : pas seulement les lèvres, mais l'intelligence, le cœur, les souvenirs. Le verset 2 nomme le danger : l'oubli. On se souvient facilement de ce qui manque et l'on oublie vite ce qui a été reçu. Bénir l'Éternel, ici, c'est dire du bien de lui, le remercier en reconnaissant ce qu'il a fait. Il t'arrive peut-être de ne pas avoir envie de louer. Ce psaume t'apprend à te secouer toi-même, à parler à ton âme au lieu de seulement l'écouter, et à réveiller la mémoire de ce que Dieu a fait.
v. 3-5Pardon, guérison, délivrance : la liste des bienfaits de Dieu
David dresse la liste des bienfaits qu'il ne veut pas oublier, et la première place revient au pardon : « C'est lui qui pardonne toutes tes iniquités ». Avant tout autre don, Dieu restaure la relation avec lui. Viennent ensuite la guérison des maladies, la délivrance de la fosse, image de la mort ou d'un danger mortel, la couronne de bonté et de miséricorde, et une vie rassasiée de biens. L'aigle qui rajeunit évoque une force renouvelée, comme celle qu'Ésaïe promet à ceux qui se confient en l'Éternel. Ces versets ne promettent pas que chaque maladie disparaîtra : les croyants connaissent aussi la maladie et la vieillesse. Ils disent que toute guérison, toute délivrance et tout bien viennent de Dieu, et que son soin touche l'être entier. Pour le chrétien, ils prennent tout leur sens en Jésus, qui pardonne les péchés, guérit les malades et promet la résurrection du corps.
v. 6-7Un Dieu qui fait droit aux opprimés et révèle ses voies
Le psaume passe de l'histoire personnelle de David à celle de tout le peuple. « L'Eternel fait justice, Il fait droit à tous les opprimés. » Israël l'a vécu en Égypte : un peuple d'esclaves, écrasé par un pouvoir injuste, que Dieu a libéré. Le verset 7 rappelle ce moment fondateur : Dieu a manifesté ses voies à Moïse et ses œuvres aux enfants d'Israël. On a souvent relevé la nuance : le peuple a vu ses œuvres, la mer ouverte, la manne, l'eau du rocher ; Moïse a reçu la connaissance de ses voies, c'est-à-dire de sa manière d'agir et de son caractère. Ce verset t'invite à ne pas t'arrêter aux bienfaits visibles, mais à chercher à connaître Dieu lui-même. Il te rappelle aussi que Dieu prend le parti des opprimés, et que ceux qui le suivent ne peuvent rester indifférents à l'injustice qu'ils voient autour d'eux.
v. 8-10Lent à la colère, riche en bonté : le portrait de Dieu
Le verset 8 reprend presque mot pour mot ce que Dieu a révélé de lui-même à Moïse sur le Sinaï, juste après la faute du veau d'or : « L'Eternel est miséricordieux et compatissant, Lent à la colère et riche en bonté ». Ce portrait n'a pas été donné à un peuple fidèle, mais à un peuple qui venait de tomber. Les versets 9 et 10 en tirent les conséquences : Dieu ne conteste pas sans cesse, il ne garde pas sa colère à toujours, il ne nous traite pas selon nos péchés. Remarque le passage au nous : David s'inclut parmi ceux qui auraient mérité autre chose. La colère de Dieu contre le mal est réelle, mais elle n'a pas le dernier mot. Pour le chrétien, ces versets trouvent leur sommet à la croix, où Jésus a porté le péché pour que le pardon soit offert. Si tu as l'impression que Dieu tient le compte de chacune de tes fautes, ces versets te disent le contraire.
v. 11-14Autant l'orient est loin de l'occident : un pardon sans mesure
David cherche des images à la taille de la bonté de Dieu. La première est verticale : autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant sa bonté est grande pour ceux qui le craignent. La deuxième est horizontale : « Autant l'orient est éloigné de l'occident, Autant il éloigne de nous nos transgressions. » L'orient et l'occident ne se rejoignent jamais : la faute pardonnée n'est pas mise de côté pour être ressortie plus tard. La troisième est familiale : comme un père a compassion de ses enfants. Craindre Dieu, dans ce psaume, ce n'est pas avoir peur de lui, c'est le respecter et se confier en lui. Le verset 14 est d'une grande douceur : Dieu sait de quoi nous sommes formés, il se souvient que nous sommes poussière. Il ne s'étonne pas de ta fragilité, il la connaît mieux que toi, et sa compassion en tient compte.
v. 15-18L'homme passe comme l'herbe, la bonté de Dieu demeure
Après la poussière, le psaume parle de la brièveté de la vie : « L'homme! ses jours sont comme l'herbe ». Il fleurit comme la fleur des champs, puis un vent passe, et le lieu qu'il occupait ne le reconnaît plus. Dans les pays de la Bible, un vent chaud venu du désert pouvait faner une prairie en peu de temps. Le constat est lucide sans être désespéré, car le verset 17 commence par un mais décisif : la bonté de l'Éternel dure à jamais pour ceux qui le craignent, et sa miséricorde pour les enfants de leurs enfants. Ta vie est courte, l'amour de Dieu ne l'est pas. Il traverse les générations, pour ceux qui gardent son alliance et se souviennent de ses commandements. C'est pourquoi ces versets sont souvent lus lors d'obsèques : ils ne nient pas la mort, mais ils l'entourent d'une fidélité qui la dépasse.
v. 19-22Toute la création appelée à bénir le Roi des cieux
Le psaume s'élargit encore. Le verset 19 rappelle que l'Éternel a établi son trône dans les cieux et que son règne domine sur toutes choses : la bonté de Dieu n'est pas celle d'un Dieu faible, c'est celle du Roi de l'univers. David appelle alors à la louange les anges puissants qui exécutent ses ordres, toutes ses armées célestes, toutes ses œuvres, dans tous les lieux de sa domination. La louange qui avait commencé dans le cœur d'un homme rejoint celle du ciel et de la création entière. Puis le psaume revient à son point de départ : « Mon âme, bénis l'Eternel! » Au milieu de ce chœur immense, ta voix compte encore. Tu n'as pas à attendre de te sentir fort pour louer : tu rejoins une louange qui existe déjà, et ta reconnaissance personnelle y a toute sa place.
Comment prier Psaume 103
Quand prier ce psaume
- Au début de la journée, pour te souvenir des bienfaits de Dieu avant de penser à tes soucis.
- Quand la culpabilité d'une faute déjà confessée revient te hanter.
- Après une maladie ou une épreuve traversée, pour remercier Dieu de t'avoir porté.
- Quand tu te sens fragile, fatigué ou usé par les années.
- Au moment d'un deuil, pour confier à Dieu la brièveté de la vie.
- Quand tu n'as pas envie de louer et que tu as besoin de réveiller ton âme.
Une prière inspirée de Psaume 103
Mon âme, bénis l'Éternel ! Seigneur, je veux te bénir avec tout ce qui est en moi, même quand mon cœur est lourd. Pardonne-moi d'oublier si vite tes bienfaits, et de me souvenir plus facilement de ce qui me manque que de ce que tu m'as donné. Merci de pardonner toutes mes fautes. Merci pour chaque guérison, chaque délivrance, chaque jour où tu m'as couronné de bonté. Tu es miséricordieux et compatissant, lent à la colère et riche en bonté. Tu ne me traites pas selon mes péchés : en Jésus, tu as éloigné de moi mes transgressions autant que l'orient est loin de l'occident. Quand la culpabilité revient, rappelle-moi ce pardon. Tu sais de quoi je suis formé, tu te souviens que je suis poussière. Mes jours sont comme l'herbe, mais ta bonté dure à jamais. Je te confie ceux que j'aime, et les enfants de leurs enfants. Tu règnes sur toutes choses : avec les anges et toute la création, je te loue. Mon âme, bénis l'Éternel ! Amen.
Versets clés
Mon âme, bénis l'Eternel, Et n'oublie aucun de ses bienfaits!
David se parle à lui-même : la louange est aussi un combat contre l'oubli. Se souvenir de ce que Dieu a fait nourrit la reconnaissance et la confiance.
C'est lui qui pardonne toutes tes iniquités, Qui guérit toutes tes maladies; C'est lui qui délivre ta vie de la fosse, Qui te couronne de bonté et de miséricorde;
Pardon, guérison, délivrance de la fosse : David nomme les bienfaits de Dieu. Les chrétiens comprennent la guérison de façon variée (corps, cœur, âme), sans y lire une garantie pour chaque situation.
Autant l'orient est éloigné de l'occident, Autant il éloigne de nous nos transgressions.
Une image de la distance entre l'orient et l'occident : quand Dieu pardonne, il éloigne la faute sans mesure, et ne la rapproche plus.
Comme un père a compassion de ses enfants, L'Eternel a compassion de ceux qui le craignent. Car il sait de quoi nous sommes formés, Il se souvient que nous sommes poussière.
Dieu a pour ceux qui le craignent la compassion d'un père. Il sait de quoi nous sommes faits, et ne s'étonne pas de notre fragilité.
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Ce qu'en disent les prédications
Questions fréquentes sur Psaume 103
Que signifie le Psaume 103 ?
C'est un psaume de louange de David. Il invite à bénir Dieu en se souvenant de ses bienfaits : il pardonne, délivre et prend soin. Il montre un Dieu compatissant, lent à la colère, qui connaît notre fragilité. Le psaume dit que sa bonté dure pour ceux qui le craignent, et il se clôt sur l'appel à toute la création à le bénir.
Comment prier le Psaume 103 ?
Commence par lire le verset 2 à voix haute, puis nomme devant Dieu trois bienfaits reçus cette semaine. Lis ensuite les versets 3 à 5 lentement, et remercie pour chacun : pardon, délivrance, bonté. Termine par le verset 22 en bénissant Dieu avec tes propres mots. Tu peux répéter cette prière chaque matin.
Que veut dire « qui guérit toutes tes maladies » au verset 3 ?
Dans le texte, la guérison est mise en parallèle avec le pardon des fautes. Beaucoup y voient la guérison de l'âme et du cœur autant que du corps. Dieu peut guérir, et les chrétiens prient pour la santé, mais le psaume ne promet pas une guérison automatique pour chaque personne. Il célèbre un Dieu qui prend soin de toute ta vie.
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Traduction Louis Segond 1910 — domaine public.