Introduction
« Le danger n'est pas seulement d'oublier Dieu dans l'épreuve, c'est aussi de s'habituer à Dieu dans la bénédiction. » Patrice Martorano, pasteur de l'Église Momentum, prêche ce message le jour de « Happy Momentum », l'anniversaire des églises du réseau, alors que l'on fête quinze années de ministère.
Le pasteur fait la liste de ce que Dieu a donné : plus d'un millier de baptêmes, l'ouverture de Momentum Sans Frontières en 2018, celle de Bruxelles en septembre 2022, celle de Paris en 2024, Momentum Academy il y a six ans, des albums dont les chants sont repris « aux quatre coins de la francophonie ». Puis il pose une question simple : sommes-nous encore capables de nous arrêter pour le voir ?
Pour y répondre, il ouvre Néhémie 12. Après la reconstruction de la muraille de Jérusalem, Dieu ne donne pas au peuple un nouveau chantier. Il lui donne une fête. Le titre du message tient en une phrase : regarde ce que Dieu a fait.
Plan du message
1. S'habituer à Dieu dans la bénédiction
- Au début d'un rêve, on prie, on jeûne, on fait des comités, « notre cœur bat la chamade ». Puis Dieu accomplit le rêve qu'il a déposé dans nos cœurs.
- Le phénomène étrange arrive quelques années plus tard : ce qui nous faisait vibrer devient « complètement banal ». On a ouvert une église ? « Ouais. » Les chants sont chantés partout ? « Ouais. »
- On est tellement concentré sur ce qui reste à faire qu'on ne voit plus ce que Dieu a fait. Le pasteur reconnaît qu'il a lui-même souvent « la tête dans le guidon ».
- Il y a pourtant de nouveaux projets : un futur lieu plus grand dans trois ou quatre ans, une application pour Momentum Sans Frontières, les prochaines échéances de Paris et de Bruxelles. Mais Dieu dit : avant de courir après une multitude de choses, regarde ce que j'ai accompli.
- « L'urgence du prochain chapitre ne doit pas nous voler la gratitude pour le chapitre que Dieu vient d'écrire. »
- Le prédicateur rappelle cette parole qu'il attribue à David : compte les bienfaits de Dieu, mets-les tous devant tes yeux et tu verras combien le nombre en est grand.
2. Néhémie : après le chantier, une fête
- Néhémie n'est ni prophète, ni sacrificateur, ni prêtre. C'est un échanson qui travaille dans le palais d'un roi et qui a à cœur la ville de Jérusalem, sans muraille et livrée à la honte.
- Le roi l'envoie avec des lettres de recommandation et du matériel. Arrivé à Jérusalem, Néhémie fait le tour de la ville et note tout : les murailles écroulées, les portes brûlées.
- Il mobilise ensuite un peuple qui vivait dans l'opprobre depuis des dizaines d'années. Il change leur vision, les sort du fatalisme, et tous disent : « Levons-nous, et bâtissons ! » (Néhémie 2:18).
- En 52 jours, ils rebâtissent les murailles (Néhémie 6:15) et les portes, et redonnent de la dignité et de l'honneur au peuple.
- Au chapitre 12, Dieu ne leur donne pas un nouveau chantier : « il va leur donner une fête ». Il y a un temps pour construire, et un temps pour se retourner et dire : regarde ce que Dieu a fait.
3. N'oublie pas de célébrer ce que Dieu a fait
- Lors de la dédicace des murailles, on fait venir les Lévites de tous les lieux qu'ils habitent (Néhémie 12:27). Pas pour reconstruire, ni pour résoudre un problème ou tenir une réunion stratégique, mais pour célébrer et dire merci.
- Pour la majorité d'entre nous, la gratitude ne vient pas naturellement. Il faut la décider. Nos yeux sont des « radars » qui captent tout ce qui ne va pas.
- L'exemple du pasteur : il invite vingt personnes à la maison. Dix-neuf lui disent que c'était extraordinaire, une seule trouve la soirée « bof ». Quand tout le monde part, il ne pense qu'à celle-là. Tu peux décider de regarder aux dix-neuf.
- Momentum n'est pas parfaite, le pasteur le sait. « Mais l'Église est bâtie sur le sacrifice de Jésus à la croix. Et celui qui a donné sa vie pour nous, lui il est parfait. »
- Néhémie dit en substance : « Aujourd'hui, on ne répare rien. Aujourd'hui, on se souvient. »
- Il ne s'agit pas de se célébrer soi-même. Les Corinthiens avaient tous les dons spirituels et s'en enorgueillissaient. Paul leur répond : qu'as-tu que tu n'aies reçu ? (1 Corinthiens 4:7). Celui qui bâtit son Église « s'appelle Jésus ».
- Si nous pensons être la raison de la bénédiction, nous comparons nos performances et la jalousie s'installe. Si Dieu est la raison de la fête, la victoire de l'autre devient ma joie.
4. Ce que Dieu construit en nous avant ce qu'il construit par nous
- Juste avant la célébration, « les sacrificateurs et les Lévites se purifièrent, et ils purifièrent le peuple, les portes et la muraille » (Néhémie 12:30). L'ordre interpelle le pasteur : d'abord les personnes, ensuite le bâtiment.
- Nous voulons souvent savoir ce que Dieu va faire à travers nos vies : devenir un grand prédicateur, bénir toute la francophonie. Mais Dieu est d'abord intéressé à faire des choses dans nos vies. « C'est qui tu deviens qui est important. »
- « Pour Dieu, ce qu'il construit en nous est toujours plus important que ce qu'il construit par nous. » Si le mur compte, les personnes comptent davantage.
- Le rêve de Dieu, ce n'est pas les micros, la lumière, le rideau ou les quatre murs. Ce sont les gens qui sont à l'intérieur. Les projets comptent, mais tu comptes davantage que les projets : le projet de Dieu a été de mourir sur la croix pour chacun.
- Si les projets, la technique et l'organisation grandissent mais que nous ne grandissons pas, « on a raté quelque chose dans la mission ».
- Le pasteur voit un beau peuple : des gens qui prient les uns pour les autres pendant le temps de jeûne et de prière, qui s'encouragent et se bénissent. « Happy Momentum » n'est pas seulement regarder ce que nous avons bâti, c'est aussi dire : « Seigneur, regarde ce que tu as bâti en nous. »
5. L'unité n'est pas que tout le monde prenne le même chemin
- Néhémie fait monter le peuple sur la muraille et forme « deux grands chœurs » (Néhémie 12:31). Le premier part à droite. « Le second chœur se mit en marche du côté opposé » (Néhémie 12:38).
- Ils célèbrent le même Dieu, le même mur, la même victoire, le même jour, mais partent dans des directions opposées. Personne ne dit : « c'est terrible, on est divisé ». Les deux savent où ils vont.
- Puis « les deux chœurs s'arrêtèrent dans la maison de Dieu » (Néhémie 12:40). Pour le pasteur, c'est une image magnifique de l'unité.
- Quand l'Église a commencé à implanter, il a dit à l'équipe : pas de franchise, comme McDo où tout est pareil de A à Z. Un ADN commun et une culture commune, oui. Mais Bruxelles est un autre pays, Paris un autre peuple que Bordeaux, et dans chaque terreau la couleur est différente.
- Partout où il va, les églises ne se ressemblent pas « à fond », et pourtant il se sent à la maison. « L'unité, c'est pas l'uniformité. »
- « Le même Dieu peut écrire plusieurs histoires sans diviser la famille. »
- Le danger, c'est la comparaison : qui chante le plus fort, qui a les plus jolies lumières, le meilleur compte Instagram, le plus de baptêmes. En Néhémie 12, le peuple ne chante pas sa réussite, il proclame la fidélité de Dieu.
- « Quand Dieu est l'objet de la célébration, la réussite de mon frère ne menace plus la mienne, parce que la victoire de l'un agrandit la joie de l'autre. » Si la victoire de l'autre te rend jaloux, « il y a un problème ». Plus une œuvre grandit, plus il est facile de créer des silos.
6. Le plus grand miracle n'était peut-être pas le mur
- « On offrit ce jour-là de nombreux sacrifices, et l'on se livra à la joie, car Dieu leur avait accordé un grand sujet de joie. Les femmes et les enfants se réjouirent aussi, et les cris de joie de Jérusalem furent entendus au loin » (Néhémie 12:43).
- Le texte ne dit pas qu'ils étaient contents d'avoir bien travaillé. Il dit que Dieu leur avait donné une grande joie. Pendant qu'ils construisaient le mur, Dieu construisait la joie dans son peuple. « Le mur était leur ouvrage. La joie était le cadeau de Dieu. »
- Ce n'est pas une fête réservée à Néhémie, à son équipe et à quelques responsables qui se félicitent entre eux. Femmes, enfants, tout le peuple célèbre. La grâce est pour tous : les enfants, ceux qui sont à la pouponnière, comme les personnes âgées.
- Un mur arrête normalement le bruit. Mais aucun mur n'a pu contenir la joie de ce que Dieu faisait dans le peuple. Ils avaient construit des murailles, mais ils n'ont pas laissé leur joie être enfermée.
- À force de travailler fort, on peut se faire voler sa joie. Ce que tu fais fait une différence : même si tu tries des carottes, tu le fais pour la gloire de Dieu.
- Au chapitre 6, les voisins avaient entendu parler du mur construit (Néhémie 6:16). Au chapitre 12, ils entendent ce que Dieu a produit dans son peuple.
- La prière du pasteur : que les gens n'entendent pas seulement parler d'un beau bâtiment, d'une belle chaîne YouTube ou de beaux instruments, mais de la joie que Jésus produit parmi nous. Des couples rebâtis, des guérisons, comme cette femme qui lui a raconté comment Dieu avait agi puissamment dans la vie de son mari, sur le point de mourir, pendant qu'elle priait à distance.
- Le but est que la joie qui se trouve derrière nos murs devienne audible au-delà des quatre murs.
7. Le bâtiment n'est jamais le rêve
- Une douzaine de jours plus tôt, le pasteur a réuni les équipes des bureaux, les pasteurs et les ministères de soutien. À Bordeaux, l'église en est à quatre célébrations, et il faudra un jour trouver un autre bâtiment. On ne va pas « enfiler les célébrations comme on enfile des perles ».
- Ce qu'il leur a dit : « Le bâtiment n'est jamais le rêve. » Le rêve, ce sont les gens qui viendront : des familles et des visages qu'on ne connaît pas encore, pris dans l'alcoolisme, la pornographie ou des addictions, des couples qui se déchirent, des enfants qui vivent des abus. Que Dieu les guérisse, les pardonne, les délivre et fasse d'eux de nouvelles créatures.
- Chacun a pris une feuille avec cette consigne : imagine que tu es en 2036, un dimanche matin à Momentum. Qu'est-ce que tu vois ? Le pasteur a écrit : « Je rêve de voir une Église qui honore et qui célèbre Jésus. Je rêve de voir des familles réunies. »
- Sur 25 ou 30 personnes, à 95 % tout le monde avait écrit le même rêve. Pour le pasteur, si Dieu a déposé le même rêve dans chaque personne, c'est que c'est le rêve de Dieu.
- Le message se termine par le repas du Seigneur. Les deux cortèges partis à droite et à gauche ont fini au même lieu. « Puisqu'il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps » (1 Corinthiens 10:17). Chaque fragment est unique, et pourtant tous viennent du même pain.
Points à retenir
- Le danger n'est pas seulement d'oublier Dieu dans l'épreuve, c'est aussi de s'habituer à lui dans la bénédiction.
- La gratitude se décide : il y a un temps pour construire et un temps pour s'arrêter et regarder ce que Dieu a fait.
- Pour Dieu, ce qu'il construit en nous compte davantage que ce qu'il construit par nous.
- L'unité n'est pas l'uniformité : des chemins différents peuvent mener à la même maison de Dieu, et la victoire de l'autre devient ma joie.
- Le mur était l'ouvrage du peuple, la joie était le cadeau de Dieu, et aucun mur ne peut la contenir.
Application personnelle
- Qu'est-ce que Dieu a fait dans ta vie qui te faisait vibrer au début et qui est devenu banal à tes yeux ?
- Dans ta semaine, regardes-tu davantage la personne qui a dit « bof » ou les dix-neuf qui ont été bénis ?
- Es-tu plus intéressé par ce que Dieu veut faire à travers toi que par ce qu'il veut faire en toi ?
- Y a-t-il quelqu'un dont la réussite te rend jaloux plutôt que joyeux ? Que changerait le fait de célébrer la fidélité de Dieu dans sa vie ?
- Prends un moment cette semaine pour écrire la liste de ce que Dieu a fait pour toi, et remercie-le pour chaque ligne.
Versets cités
Questions fréquentes
Que se passe-t-il en Néhémie 12 après la reconstruction de la muraille ?
Après 52 jours de travaux, Néhémie ne lance pas un nouveau chantier : il organise une fête. On fait venir les Lévites de tous les lieux où ils habitent pour célébrer la dédicace dans la joie, avec des actions de grâce et des chants. Pour Patrice Martorano, il y a un temps pour construire et un temps pour se retourner et dire : regarde ce que Dieu a fait.
Pourquoi Patrice Martorano dit-il que l'unité n'est pas l'uniformité ?
En Néhémie 12, deux chœurs partent sur la muraille dans des directions opposées, puis s'arrêtent tous deux dans la maison de Dieu. Personne ne parle de division, car tous savent où ils vont. Une Église peut garder un ADN commun et laisser chaque lieu avoir sa couleur : le même Dieu peut écrire plusieurs histoires sans diviser la famille.
Quel est le danger de s'habituer à Dieu dans la bénédiction ?
Ce qui faisait vibrer au début devient banal quelques années plus tard, et l'on ne voit plus que ce qui reste à faire. Le prédicateur le résume ainsi : le danger n'est pas seulement d'oublier Dieu dans l'épreuve, c'est aussi de s'habituer à Dieu dans la bénédiction. Le remède est de s'arrêter pour célébrer sa fidélité.
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