Introduction
« Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. » Philippe Demoget part de ces quelques mots de la prière que Jésus a enseignée à ses disciples. Quand ils lui ont demandé comment prier, Jésus ne leur a pas donné une récitation : il leur a donné « un mode d'emploi ».
Le message est apporté à l'Église Nice Métropole au terme d'une semaine de jeûne et de prière. Le prédicateur le rappelle : si deux ou trois sont réunis, le Seigneur est là. « Mais si toute l'église se réunit dans le jeûne, est-ce que vous imaginez la puissance ? La prière de l'église fait bouger le monde spirituel. »
Son thème est la mentalité du royaume de Dieu. Jésus est monté au ciel, mais il nous laisse sur cette terre avec un mandat : amener le ciel sur la terre. Pour cela, il faut une transformation que le prédicateur résume en trois phrases : penser comme Jésus pense, aimer comme Jésus aime et agir comme Jésus agit.
Plan du message
1. Une mentalité qui nous a imprégnés
- Vivre sur la terre comme au ciel n'est pas naturel. Nous avons grandi avec une mentalité qui n'est pas celle du royaume : on regarde qui est le meilleur, « le plus bankable », celui qui gagne la compétition. « C'est la loi de la jungle. »
- Quand quelqu'un tombe, la mentalité du monde dit : « Bien fait pour lui, on l'avait averti. » Quand quelqu'un souffre, on s'en éloigne. « La souffrance peut faire fuir. »
- Ces réflexes nous ont été inculqués sans que nous nous en rendions compte, « comme une sorte de poison » qui est venu faire partie de nous. Le Seigneur nous appelle à les changer.
- Paul écrit : « Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l'intelligence » (Romains 12:2). Tout commence à l'intérieur : ce que je crois détermine ma réaction, par exemple quand mon frère réussit alors que moi, je ne réussis pas.
- Pour comprendre le royaume, il faut connaître l'amour de Dieu. Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est amour (1 Jean 4:8). L'amour n'est pas une qualité « à la traîne » dans le royaume : c'est la première.
2. Aimer comme Jésus aime, plein de grâce et de vérité
- « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres ; comme je vous ai aimés » (Jean 13:34-35). Ce « comme » nous questionne : comment Jésus aime-t-il celui qui est tombé, celui que nous avons rejeté, celui que la société a mis de côté ?
- La Parole a été faite chair, pleine de grâce et de vérité (Jean 1:14). Grâce et vérité sont deux mots qui, parfois, se heurtent. On connaît l'adage : « Il n'y a que la vérité qui blesse. »
- Certains défendent la vérité, luttent contre l'erreur, défendent la doctrine, mais leur démarche manque de grâce. D'autres aiment tellement la grâce qu'ils ont du mal à « appeler un chat un chat ».
- Quand Jésus fait partie de nos vies, cette dualité disparaît : on peut être à la fois plein de grâce et de vérité.
3. Les couleurs du royaume : justice, paix et joie
- Paul parle du royaume comme de justice, de paix et de joie par le Saint-Esprit (Romains 14:17). Ces couleurs entrent en conflit avec les valeurs de ce monde.
- La justice sans miséricorde est terrible. Michée 6:8 montre l'équilibre : pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec ton Dieu. La justice est équilibrée par la miséricorde et l'humilité.
- Dans le royaume, la justice, c'est « être juste sans être cruel ». Jésus appelait un chat un chat, mais sa justice n'avilissait pas et ne brisait pas.
- Dans notre monde, la paix ressemble parfois à l'aboutissement d'une faiblesse : on fait des compromis, on a peur, on accepte. Dans le royaume, la paix n'est pas la faiblesse.
- On a souvent l'impression que ce qui est spirituel doit être solennel et sans joie. Le prédicateur affirme l'inverse : « Il y a tellement plus de joie dans le royaume de Dieu qu'il y en a dans ce monde. »
4. Regarder le roi qui s'agenouille pour servir
- « Pour savoir quel est ce royaume, on a besoin de savoir qui règne dans ce royaume. » Dieu aurait pu écrire un traité sur son royaume. Il nous a donné Jésus.
- Deux disciples veulent être assis à la droite et à la gauche de Jésus, et ils passent « par maman » pour le demander. Jésus rassemble les Douze : celui qui veut être grand sera serviteur, celui qui veut être le premier sera esclave, car le Fils de l'homme est venu non pour être servi, mais pour servir (Matthieu 20:20-28).
- La mentalité du monde demande : combien de personnes sont à mon service ? Celle du royaume demande : « Avec ce que j'ai reçu, combien de personnes je vais pouvoir servir ? »
- Sachant que le Père avait tout remis entre ses mains, Jésus se lève, prend un linge et lave les pieds de ses disciples (Jean 13:3-5). Il lave aussi les pieds de Judas, tout en sachant qu'il allait le livrer. Les mains de celui qui a créé l'univers lavent des pieds, une tâche confiée aux esclaves.
- « Je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait » (Jean 13:15). « Dans un royaume où le roi a créé l'univers, le roi s'agenouille pour servir. »
- Philippiens 2:5-8 va plus loin : Christ s'est dépouillé, a pris une forme de serviteur et s'est rendu obéissant jusqu'à la mort de la croix. Le prédicateur imagine avec humour le Fils proposer au Père d'abandonner l'humanité au diable et d'en faire une autre. « Si Jésus avait lâché l'affaire, est-ce que vous imaginez entre les mains de qui nous serions ? »
- Jésus continue de nous laver les pieds. « Dieu fait tellement plus de choses pour moi que j'en fais pour lui. » Il nous protège parfois de choses dont nous n'avons même pas eu conscience. « Celui qui est en haut, c'est celui qui sert. »
5. Jésus va vers ceux dont on s'éloigne
- Selon la loi, le lépreux vivait isolé : il portait la maladie et la solitude. Jésus aurait pu le guérir à distance, comme il l'a fait pour d'autres. Il le touche et lui dit : « Je le veux, sois pur » (Matthieu 8:2-3). Jésus fait disparaître la distance et réintroduit cet homme dans la société.
- On reproche à Jésus ses fréquentations : il mange avec les publicains, ceux qui prélevaient l'impôt pour les Romains en se servant au passage. « Aujourd'hui, on aurait dit : c'est des collabos. »
- Jésus répond que ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades (Matthieu 9:12-13). Un médecin ne nie pas la maladie. Jésus regardait le péché en face, mais il aimait le pécheur. Le monde religieux, lui, confondait celui qui souffrait dans le péché avec le péché.
- Zachée était le chef des publicains, celui qui « s'en est mis le plus dans les poches ». Jésus n'attend pas qu'il devienne fréquentable : il passe sous son arbre et s'invite chez lui. La grâce reçue conduit Zachée à rendre ce qu'il a volé et à donner aux pauvres (Luc 19:1-10).
- D'où l'appel de Jésus : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés » (Matthieu 11:28-29). Le prédicateur le paraphrase : « Tu es bien, viens. Tu es pas bien, viens. » En Jésus, nous trouvons le repos.
6. Une autre définition de la force et de la victoire
- Les valeurs du royaume ne sont pas un peu différentes de celles du monde, elles sont « totalement à l'inverse ». Les béatitudes en donnent le portrait : les pauvres en esprit, les affligés, les débonnaires, ceux qui ont faim et soif de justice, les miséricordieux, ceux qui ont le cœur pur (Matthieu 5:3-8). « On ne peut pas dire qu'on a les portraits des vainqueurs. » Pourtant Jésus leur dit : vous êtes heureux.
- Notre mentalité est capable de prendre quelque chose de beau et de le tordre, jusqu'à détourner la première béatitude.
- Pour le monde, l'homme fort ressemble aux guerriers du film 300, et le héros est le conquérant. La Parole dit : « Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros, et celui qui est maître de lui-même, que celui qui prend des villes » (Proverbes 16:32). Le fort, c'est celui qui, blessé, refuse de rendre le mal pour le mal. La colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu (Jacques 1:19-20).
- « Heureux ceux qui procurent la paix » (Matthieu 5:9). Le texte ne dit pas « ceux qui aiment la paix » : même un dictateur dira qu'il aime la paix. Procurer la paix, c'est dire : « J'ai été blessé, mais je refuse que le mal gagne deux fois. » C'est refuser d'être modelé à l'image de celui qui nous a blessés.
- « S'il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes » (Romains 12:18). La Bible est réaliste : il y a des limites à poser et des choses qui nous échappent. Mais décidons de construire la paix.
- « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent » (Matthieu 5:44). Jésus ne nie pas l'offense : « Oui, tu souffres. Mais celui qui t'a fait souffrir, c'est pas lui ton modèle. Ton modèle, c'est moi. »
- Sur les charbons ardents amassés sur la tête de l'ennemi (Romains 12:20), le prédicateur cite une pensée d'un père de l'Église, Irénée lui semble-t-il : ce qui est ardent consume ce qui est mal. Faire du bien à son ennemi peut transformer sa vie, « pour qu'il ne soit plus ton ennemi et qu'il devienne ton frère ».
7. La joie du ciel et les représentants du roi
- « Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent » (Luc 15:10). Nous n'avons pas le monopole de la fête : il y a plus de joie dans le ciel que sur la terre.
- Jésus fait son premier miracle dans un mariage, un lieu de réjouissance. En changeant l'eau en vin, il évite à une famille l'humiliation publique (Jean 2:1-11). La mentalité du monde aurait dit : ils n'ont plus de vin, ils resteront sobres.
- Dieu nous appelle à surmonter le mal par le bien (Romains 12:21) et à transformer ce monde par la mentalité du royaume.
- Le prédicateur raconte un débat télévisé où l'on présentait le pape comme le représentant de Jésus-Christ sur terre. « C'est quand même un peu triste s'il y en a qu'un. » Nous sommes tous ses représentants, ses ambassadeurs.
- Si quelqu'un qui ne connaît ni Dieu ni l'Église n'a de contact qu'avec toi, quelle image aura-t-il de celui qui est assis sur le trône ?
- Les pharisiens avaient la même loi, « la même Bible ». La différence était dans la manière de comprendre la Parole et d'accueillir le pécheur. La mentalité du royaume, « c'est ce qui fait la différence entre un pain et un scorpion » (Luc 11:11-12). « Elle est capable de transformer notre société, parce que c'est ce qui va rendre notre christianisme désirable. »
- Dans sa prière finale, le prédicateur demande que cette mentalité devienne un fruit de l'Esprit, contre lequel la loi n'est pas (Galates 5:22-23), afin que l'Église soit « une belle carte de visite » pour le Seigneur.
Points à retenir
- Jésus nous laisse sur la terre avec un mandat : amener le ciel sur la terre, en pensant, aimant et agissant comme lui.
- La transformation commence par le renouvellement de l'intelligence : ce que tu crois détermine ta réaction.
- Dans le royaume, on peut être à la fois plein de grâce et de vérité, juste sans être cruel.
- Le roi du royaume s'est agenouillé pour laver des pieds. Celui qui est en haut, c'est celui qui sert.
- Procurer la paix, c'est refuser que le mal gagne deux fois. La mentalité du royaume est ce qui rend le christianisme désirable.
Application personnelle
- Quels réflexes du monde se sont installés en toi : juger celui qui tombe, t'éloigner de celui qui souffre, te comparer à ton frère qui réussit ?
- Dans tes relations, penches-tu plutôt vers une vérité sans grâce ou vers une grâce qui n'ose plus dire la vérité ?
- Avec ce que tu as reçu, combien de personnes peux-tu servir cette semaine ?
- Qui est la personne « pas fréquentable » dont tu t'es éloigné et vers qui Jésus t'envoie ?
- Une blessure t'a-t-elle façonné à l'image de celui qui t'a blessé ? Que voudrait dire, pour toi, refuser que le mal gagne deux fois ?
Versets cités
- Matthieu 6:9-10
- Matthieu 18:20
- Romains 12:2
- 1 Jean 4:8
- Jean 13:34-35
- Jean 1:14
- Romains 14:17
- Michée 6:8
- Matthieu 20:20-28
- Jean 13:3-15
- Philippiens 2:5-8
- Matthieu 8:2-3
- Matthieu 9:12-13
- Luc 19:1-10
- Matthieu 11:28-29
- Matthieu 5:3-9
- Proverbes 16:32
- Jacques 1:19-20
- Romains 12:18-21
- Matthieu 5:44
- Luc 15:10
- Jean 2:1-11
- Luc 11:11-12
- Galates 5:22-23
Questions fréquentes
Que veut dire « sur la terre comme au ciel » ?
Ces mots viennent du Notre Père. Pour Philippe Demoget, Jésus ne nous a pas enlevés de cette terre : il nous y laisse avec un mandat, celui d'amener le ciel sur la terre. Cela suppose une transformation de notre mentalité, résumée ainsi : penser comme Jésus pense, aimer comme Jésus aime et agir comme Jésus agit.
Comment être à la fois plein de grâce et de vérité ?
Jean 1:14 dit que la Parole a été faite chair, pleine de grâce et de vérité. Le prédicateur observe que certains défendent la vérité en manquant de grâce, et que d'autres aiment tant la grâce qu'ils n'arrivent plus à appeler un chat un chat. Dans la mentalité du royaume, cette dualité disparaît : Jésus était juste sans être cruel.
Que signifie procurer la paix plutôt qu'aimer la paix ?
Tout le monde dit aimer la paix. Procurer la paix, c'est faire en sorte qu'elle soit établie, même après avoir été blessé. Philippe Demoget le résume par cette phrase : « Je refuse que le mal gagne deux fois. » C'est refuser d'être façonné à l'image de celui qui nous a blessés et surmonter le mal par le bien.
Ne rate aucune prédication de Église Nice Métropole
Un résumé clair à chaque nouveau message, directement chez toi.
pour prendre des notes et poser une question.