Introduction
« Dieu t'a choisi pour être dans son équipe. » C'est la bonne nouvelle que Matthieu Perraud apporte à l'Église Momentum, le jeudi soir qui clôt une semaine de jeûne et de prière. Dans la semaine, on a entendu parler de David, de Josué et d'Épaphras. Lui prêche le dernier, et il ouvre avec un verset qui l'anime à chaque fin de semaine de prière : « Mieux vaut la fin d'une chose que son commencement. »
Pourquoi ? Parce que la fin d'une semaine de jeûne et de prière marque le début d'une nouvelle saison. Pas seulement parce qu'on va enfin pouvoir manger, plaisante-t-il, mais parce que quelque chose de nouveau va démarrer dans ta vie.
Ancien pasteur des enfants pendant plus de dix ans, Matthieu Perraud s'appuie sur Hébreux 11 et 12 et sur une série d'images sportives pour parler de la course chrétienne : une course qu'on ne court pas seul, qu'on reçoit de ceux qui nous ont précédés, et qui attire l'opposition dès qu'on se met vraiment à courir.
Plan du message
1. Choisi en dernier, choisi en premier
- Au lycée, pendant un trimestre de foot en cours d'EPS, Matthieu Perraud se voyait en avant-centre, comme son idole Gabriel Batistuta. Les capitaines choisissent leurs joueurs, et lui est choisi en dernier.
- Choisi en dernier, il joue à tous les postes pour remplacer les blessés. La semaine suivante, il est choisi en premier, mais le capitaine lui tend les gants : il le voulait comme gardien. « Au final, j'ai kiffé être gardien. »
- Que tu aies été choisi au premier ou au deuxième tour, « Dieu t'a choisi dans son équipe ». Tu fais partie de l'armée de l'Éternel des armées : il combat avec toi, pour toi et devant toi.
2. Une mentalité de conquérant : chaque coup compte
- Si nous sommes choisis par Dieu, ayons la bonne mentalité. Celle de l'apôtre Paul : « Moi donc, je cours, non pas comme à l'aventure ; je frappe, non pas comme battant l'air » (1 Corinthiens 9:26).
- Une autre version, que le prédicateur aime beaucoup, dit : « Je ne cours pas sans but, je garde les yeux fixés sur la ligne d'arrivée. Je fais en sorte que chaque coup compte. »
- Paul n'est pas « un Français qui dira : l'essentiel, c'est de participer ». Il n'est pas là pour participer mais pour triompher, car il a compris que nous sommes dans une guerre spirituelle.
- Chaque prière, chaque cri de douleur, chaque requête, chaque supplication de la semaine compte. Nous sommes dans l'équipe du Dieu vainqueur.
3. Pas un sprint : un marathon au vrai sens du mot
- Usain Bolt détient le record du monde du 100 m, mais demande-lui de courir un 400 m au même rythme : il n'arrivera pas au bout. « Le but, c'est d'aller loin, ne te crame pas tout de suite. »
- Enfant, à l'école du dimanche, il entendait que la vie chrétienne est un marathon, souvent pour dire : tu vas galérer, tu vas souffrir. Il y a bien des douleurs et des sacrifices, mais Jésus est venu donner la vie en abondance (Jean 10:10), et la marche chrétienne a aussi ses joies et ses victoires.
- Marathon est d'abord une ville grecque. En 490 avant Jésus-Christ, après une bataille contre les Perses, un soldat nommé Euclès court jusqu'à Athènes, environ 42 km, pour annoncer la victoire, et meurt d'épuisement en délivrant son message.
- « Tu ne vas pas mourir à la fin, tu es déjà mort au point de départ. » Nous sommes morts à nous-mêmes pour communiquer un message de vie : Jésus est venu pardonner les pécheurs, libérer les captifs, guérir les malades, restaurer les cœurs brisés.
- C'est pour ce message qu'on jeûne, qu'on prie, qu'on prêche et qu'on s'occupe des enfants comme des aînés : « Ce message, il porte un visage. C'est ta tête, mon ami. »
4. Une course de relais : tu n'es pas seul
- La marche chrétienne n'est pas un sport individuel. L'un des mensonges les plus forts du diable, quand on commence à galérer, est de nous faire croire que nous sommes seuls. D'autres ont mené ces combats avant toi, d'autres les mènent maintenant, d'autres les mèneront plus tard.
- Plus qu'un marathon, c'est un « marathon relais » : il y a un témoin à transmettre. Le soldat de Marathon aurait pu rester célébrer la victoire, mais il fallait que les autres le sachent. Ce que tu as reçu cette semaine est pour toi, mais aussi pour que tu le partages.
- Hébreux 11 se termine ainsi : tous ces héros de la foi « n'ont pas obtenu ce qui leur était promis, Dieu ayant en vue quelque chose de meilleur pour nous » (Hébreux 11:39-40). Pourquoi ? Parce que nous sommes dans la même équipe que Moïse, Abraham, David et Josué.
- « Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d'une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau » et courons avec persévérance, « ayant les regards sur Jésus » (Hébreux 12:1-2). Imagine un stade où, dans les tribunes, Moïse t'encourage quand tu galères, et Joseph te dit, quand tu te sens oublié : « Continue. »
- Le prédicateur imagine le speaker du ciel annonçant son entrée en jeu au moment où il a dit « Seigneur, je te suis, peu importe ce qui m'en coûte ». Puis il invite chacun dans l'assemblée à crier son propre nom pour « le numéro infini » de l'équipe du royaume.
- Paul demande que la croix ne soit pas rendue vaine (1 Corinthiens 1:17), littéralement « vidée de sa force ». Que la croix ne soit pas « une carte postale d'un événement dans lequel j'ai cru un jour », mais mon quotidien.
5. Leur plafond doit devenir notre sol
- D'autres ont continué d'écrire l'histoire après les héros de la Bible. Pour la France, il cite Douglas Scott, venu à l'origine pour apprendre le français, et que Dieu a utilisé pour un réveil.
- Dans l'Église locale aussi : un frère de l'Église lui a transmis « un bâton, un témoin », et une femme a consacré sa vie à l'œuvre de Dieu.
- La première construction de l'Église comptait 200 places, et il manquait de l'argent pour acheter les chaises. Le pasteur a lancé un défi à la centaine de membres : acheter sa chaise et une chaise pour la personne qu'on amènerait à Jésus. Une femme de l'Église a acheté une rangée entière, parce qu'elle voulait que tout son palier vienne à Jésus. « Tu es peut-être assis sur sa chaise. » Aujourd'hui, l'Église a dû agrandir et multiplier les célébrations.
- « Leur plafond doit devenir notre sol. » Tu n'as pas à revivre les mêmes épreuves et les mêmes combats pour gagner les mêmes victoires. Dans un 4 x 100 m, le deuxième coureur ne repart jamais du début : il capitalise sur les 100 m déjà courus.
- Nous bénéficions de tous ceux qui ont prié, jeûné, donné sans compter et servi avant nous, pour bâtir plus haut et aller plus loin.
6. Choisi, donc ciblé : le doute et le découragement
- Parce que Dieu t'a choisi, tu es devenu une cible. Le diable n'embête pas ceux qui ne courent pas, ni ceux qui ont fini, ni les spectateurs. Il s'attaque à ceux qui sont dans l'arène, avec deux armes : le doute et le découragement.
- « Le diable ne chercherait pas à te décourager si tu ne faisais rien. » S'il cherche à te faire douter, c'est que tu deviens dangereux pour son œuvre. Alors continue.
- Celui qui est à côté de toi est peut-être plus souriant mais plus découragé que toi. « On est une équipe de bras cassés, mais avec la puissance du Saint-Esprit, on va y aller. »
- Moïse a été meurtrier, David a eu de grandes failles, les douze disciples n'étaient pas glorieux, Paul était un persécuteur. Ce n'est pas celui qu'on recruterait en premier au mercato, mais Jésus a misé sur lui.
- Tu n'as peut-être pas le CV spirituel sur lequel on miserait. Peu importe ce que pensent les hommes : Dieu t'a choisi, car « ce n'est ni par la puissance ni par la force, mais c'est par mon esprit, dit l'Éternel des armées » (Zacharie 4:6).
7. Devenir un moustique : se cacher en Jésus
- Deuxième « perle » du message : il est toujours plus facile de viser un éléphant qu'un moustique. Pour que le diable ne puisse pas t'atteindre, deviens le plus petit possible.
- C'est la prière de Jean-Baptiste : « Il faut qu'il croisse, et que je diminue » (Jean 3:30). Pas seulement diminuer, mais le laisser grandir, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de place pour l'ego, les échecs et les doutes.
- Être ce petit moustique qu'on entend la nuit mais qu'on ne trouve pas quand on allume la lumière : tellement caché en Christ que l'ennemi ne peut plus nous atteindre, mais assez présent pour qu'il entende nos prières. « Celui qui demeure sous l'abri du Très-Haut repose à l'ombre du Tout-Puissant » (Psaume 91:1).
- Il se cache en Jésus parce que l'ennemi ne peut rien contre Jésus : à la croix, Jésus a dépouillé les dominations et les autorités (Colossiens 2:15). Les stratégies de Dieu ne sont pas les nôtres : faire le tour d'une ville pour que ses murailles tombent n'aurait pas été notre idée.
- Comme la météo annonce 8 degrés « ressenti 2 », quand l'ennemi enverra une épreuve « niveau 8 », tu pourras répondre : « Ressenti zéro. » Et s'il veut mettre ta foi à zéro : « Moi, ressenti 40. »
- Sa prière pour la soirée : qu'il n'y ait « aucun spectateur », mais une armée qui entre sur le terrain. Il n'y a pas d'autre secret, ni douze clés : c'est le nom de Jésus, le seul par lequel nous puissions être sauvés (Actes 4:12), et l'Esprit de Dieu en chacun de nous.
Points à retenir
- Dieu t'a choisi pour être dans son équipe, quel que soit le rang auquel tu as l'impression d'avoir été choisi.
- La vie chrétienne n'est pas un sprint mais un marathon relais : on court jusqu'au bout pour porter un message de vie, et on le transmet.
- Tu es entouré d'une nuée de témoins et tu bâtis sur leur héritage : « leur plafond doit devenir notre sol ».
- Le doute et le découragement sont les armes de l'ennemi contre ceux qui courent : s'il t'attaque, c'est que tu deviens dangereux pour son œuvre.
- La protection vient de la petitesse : qu'il croisse et que je diminue, caché en Jésus, par son Esprit et non par la force.
Application personnelle
- Te vois-tu comme quelqu'un que Dieu a choisi pour son équipe, ou comme un remplaçant choisi en dernier ?
- Dans ta marche avec Dieu, cours-tu comme un sprinteur qui s'essouffle, ou cherches-tu à aller jusqu'au bout ?
- Quel « témoin » as-tu reçu de ceux qui t'ont précédé, et à qui pourrais-tu le transmettre cette semaine ?
- Quels doutes ou quels découragements t'ont fait ralentir récemment, et que changerait le fait de les voir comme le signe que tu avances ?
- Dans quel domaine de ta vie as-tu besoin de diminuer pour que Jésus grandisse ?
Versets cités
- Hébreux 12:1-2
- Hébreux 11:39-40
- Ecclésiaste 7:8
- 1 Corinthiens 9:26
- Jean 10:10
- 1 Corinthiens 1:17
- Zacharie 4:6
- Jean 3:30
- Psaume 91:1
- Colossiens 2:15
- Actes 4:12
Questions fréquentes
Pourquoi Matthieu Perraud compare-t-il la vie chrétienne à un marathon relais ?
Ce n'est pas un sprint : le but n'est pas d'aller le plus vite possible mais d'aller jusqu'au bout. Comme le soldat parti de Marathon pour annoncer la victoire à Athènes, nous courons pour porter un message de vie. Et comme dans un relais, ce message ne se garde pas : on reçoit un témoin de ceux qui ont couru avant nous et on le transmet à d'autres.
Que signifie « leur plafond doit devenir notre sol » ?
Tu n'as pas à revivre les mêmes combats pour gagner les mêmes victoires que ceux qui t'ont précédé. Tu pars de l'héritage qu'ils ont laissé, leurs prières, leurs jeûnes, leurs dons et leur service, pour bâtir un étage plus haut. Dans un 4 x 100 m, le deuxième coureur ne repart jamais du début.
Pourquoi le diable s'attaque-t-il à ceux qui avancent avec Dieu ?
Le diable n'embête ni les spectateurs ni ceux qui ont fini de courir. Il s'attaque à ceux qui sont dans l'arène, avec deux armes : le doute et le découragement. Pour le prédicateur, être découragé peut être une bonne nouvelle : cela veut dire que tu deviens dangereux pour son œuvre. La réponse est de se cacher en Jésus, car c'est ni par la puissance ni par la force, mais par l'Esprit de Dieu.
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