La Bible — Louis Segond 1910

Psaume 91

En bref

Le Psaume 91 est l'un des textes les plus lus de la Bible dans les temps de peur. Il décrit un croyant qui fait de l'Éternel son refuge et sa forteresse, puis détaille la garde de Dieu : le filet de l'oiseleur, la peste, la nuit, la flèche du jour. Il se termine par la voix de Dieu lui-même, qui promet délivrance, présence dans la détresse et longs jours. Ce psaume sans titre ne nomme pas son auteur : la tradition l'attribue souvent à Moïse ou à David. Ses promesses se lisent dans leur contexte, celui d'une relation avec Dieu.

Le Psaume 91 ne porte aucun titre dans le texte hébreu : son auteur reste inconnu. La tradition juive l'attribue à Moïse, parce qu'il suit le Psaume 90, présenté comme une prière de Moïse, et l'ancienne traduction grecque des Septante le place sous le nom de David. C'est un psaume de confiance, construit presque comme un dialogue : un croyant déclare sa foi (v. 1-2), une autre voix lui décrit la garde de Dieu en le tutoyant (v. 3-13), puis Dieu lui-même conclut (v. 14-16). Juifs et chrétiens le prient depuis des siècles avant la nuit : il fait partie des complies, la prière du soir de l'Église ancienne. Aujourd'hui, beaucoup le lisent dans la maladie, pendant une épidémie, avant un voyage ou pour un proche en danger. Ses promesses se comprennent à la lumière de toute la Bible : Jésus lui-même a refusé d'en faire un moyen de forcer la main de Dieu.

Le chapitre en 4 parties

  1. v. 1-4Demeurer sous l'abri du Très-Haut : un refuge et des ailes
  2. v. 5-8Ne craindre ni la nuit ni le jour : la garde de Dieu
  3. v. 9-13Faire du Très-Haut sa retraite : anges et protection
  4. v. 14-16La réponse de Dieu : délivrance, présence et salut

1Celui qui demeure sous l'abri du Très-Haut Repose à l'ombre du Tout Puissant.

2Je dis à l'Eternel: Mon refuge et ma forteresse, Mon Dieu en qui je me confie!

3Car c'est lui qui te délivre du filet de l'oiseleur, De la peste et de ses ravages.

4Il te couvrira de ses plumes, Et tu trouveras un refuge sous ses ailes; Sa fidélité est un bouclier et une cuirasse.

5Tu ne craindras ni les terreurs de la nuit, Ni la flèche qui vole de jour,

6Ni la peste qui marche dans les ténèbres, Ni la contagion qui frappe en plein midi.

7Que mille tombent à ton côté, Et dix mille à ta droite, Tu ne seras pas atteint;

8De tes yeux seulement tu regarderas, Et tu verras la rétribution des méchants.

9Car tu es mon refuge, ô Eternel! Tu fais du Très-Haut ta retraite.

10Aucun malheur ne t'arrivera, Aucun fléau n'approchera de ta tente.

11Car il ordonnera à ses anges De te garder dans toutes tes voies;

12Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre.

13Tu marcheras sur le lion et sur l'aspic, Tu fouleras le lionceau et le dragon.

14Puisqu'il m'aime, je le délivrerai; Je le protégerai, puisqu'il connaît mon nom.

15Il m'invoquera, et je lui répondrai; Je serai avec lui dans la détresse, Je le délivrerai et je le glorifierai.

16Je le rassasierai de longs jours, Et je lui ferai voir mon salut.

Comprendre Psaume 91 verset par verset

v. 1-2Demeurer chez Dieu avant de regarder le danger

Le psaume commence par le croyant, pas par la menace. En deux versets, Dieu reçoit quatre noms : le Très-Haut, au-dessus de tout ; le Tout-Puissant ; l'Éternel, le nom qu'il a révélé à son peuple ; et enfin mon Dieu, le plus personnel. Avant de décrire le danger, le psalmiste regarde qui le protège. Le verbe clé est demeurer : il ne s'agit pas de courir vers Dieu seulement quand la peur monte, mais d'habiter chez lui, d'en faire sa maison. L'abri et l'ombre évoquent un lieu où l'on se met à couvert de la chaleur et des coups. Puis vient une parole prononcée à voix haute : mon refuge, ma forteresse. La confiance se dit, elle ne reste pas une idée. Pour toi aujourd'hui, la première question n'est pas ce qui te menace, mais où tu habites.

v. 3-4Le filet de l'oiseleur et l'abri sous ses ailes

L'oiseleur est le chasseur d'oiseaux qui tend ses filets là où on ne les voit pas. L'image parle des pièges cachés : une manœuvre, une trahison, un mal qu'on ne voit pas venir. La peste ajoute la maladie, ce danger invisible qui faisait trembler les villes anciennes. Face à cela, le verset 4 choisit une image d'une grande tendresse : Dieu couvre les siens de ses plumes, comme un oiseau abrite ses petits sous ses ailes. Jésus reprendra cette image dans sa plainte sur Jérusalem, en se comparant à une poule qui rassemble ses poussins (Matthieu 23:37). Puis l'image devient militaire : un bouclier et une cuirasse. Remarque ce qui protège : ce n'est pas la force de ta foi, c'est la fidélité de Dieu. Ta confiance peut trembler, sa fidélité ne bouge pas.

v. 5-8Ni la nuit ni le jour, rien n'échappe à sa garde

Le psalmiste ne minimise pas le danger, il le détaille. Les terreurs de la nuit et la flèche du jour, la peste dans les ténèbres et la contagion en plein midi : il couvre toutes les heures et toutes les formes de menace, visibles ou cachées. Il n'existe aucun moment où le croyant sortirait de la garde de Dieu. Les versets 7 et 8 vont plus loin : même quand le malheur frappe en masse autour de lui, il n'est pas livré au hasard, et il verra un jour Dieu rendre justice aux méchants. Ces versets ne disent pas que les croyants échappent toujours aux épidémies ou aux accidents : la Bible et l'histoire de l'Église montrent des fidèles malades, persécutés ou morts jeunes. Ils affirment que rien ne t'atteint hors du regard de Dieu, et que le mal n'aura pas le dernier mot.

v. 9-10Aucun malheur ne t'arrivera : comment comprendre cette promesse

Le verset 9 reprend la déclaration du début, comme un refrain : la promesse s'adresse à celui qui a vraiment fait du Très-Haut sa retraite, son lieu de repli. Vient alors l'une des phrases les plus fortes du psaume : « Aucun malheur ne t'arrivera, Aucun fléau n'approchera de ta tente ». La tente, c'est la maison, la vie de tous les jours. Dieu protège réellement les siens, souvent sans qu'ils le sachent. Faut-il pourtant y lire la garantie que tu ne connaîtras jamais la souffrance ? Le reste de la Bible répond non : Job, les prophètes, les apôtres et Jésus lui-même ont souffert. Paul aide à comprendre : ni la tribulation, ni la persécution, ni la mort ne peuvent nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ (Romains 8:35-39). Le malheur ultime, celui qui t'arracherait à Dieu, ne t'atteindra pas.

v. 11-13Les anges dans toutes tes voies, et la tentation de Jésus

Dieu ordonne à ses anges de garder le croyant dans toutes ses voies, jusque dans les détails : ils le portent pour que son pied ne heurte pas une pierre. Ces versets sont célèbres pour une raison inattendue : c'est le diable qui les cite à Jésus, lors de la tentation, pour le pousser à se jeter du haut du temple (Matthieu 4:5-6). Au passage, il laisse de côté les mots « dans toutes tes voies », c'est-à-dire les chemins que Dieu trace. Jésus répond par une autre parole de l'Écriture : on ne tente pas le Seigneur son Dieu (Matthieu 4:7). La promesse nourrit la confiance, elle ne justifie pas la présomption : se jeter dans le danger pour obliger Dieu à intervenir, c'est l'inverse de la foi. Le verset 13, avec le lion, l'aspic et le dragon, annonce la victoire sur les forces hostiles : avec Dieu, tu n'avances pas en victime.

v. 14-16Dieu prend la parole et promet sa présence dans la détresse

À la fin, la voix change : ce n'est plus un homme qui parle de Dieu, c'est Dieu qui parle de celui qui se confie en lui. Il donne ses raisons : puisqu'il m'aime, puisqu'il connaît mon nom, il m'invoquera. La protection repose sur une relation d'amour, de connaissance et de prière, pas sur une formule à réciter. Viennent alors les promesses à la première personne : je le délivrerai, je le protégerai, je lui répondrai, je le glorifierai. Le cœur du passage est au verset 15 : « Je serai avec lui dans la détresse ». Dieu ne promet pas une vie sans détresse, il promet d'y être présent. Les longs jours étaient, pour Israël, le signe de la bénédiction ; la dernière promesse va plus loin : voir le salut de Dieu. En hébreu, le mot salut est de la même famille que le nom de Jésus, en qui ce salut nous est pleinement donné.

Comment prier Psaume 91

Quand prier ce psaume

  • Quand la peur te réveille la nuit et que tes pensées tournent en boucle.
  • Avant une opération, un examen médical ou un résultat qui t'inquiète.
  • Pendant une épidémie ou une maladie qui touche ta famille.
  • Avant de prendre la route, l'avion ou de partir loin de chez toi.
  • Pour confier à Dieu un enfant, un proche hospitalisé ou quelqu'un en danger.
  • Quand tu te sens piégé, menacé ou attaqué sans pouvoir te défendre.

Une prière inspirée de Psaume 91

Seigneur, Très-Haut, Tout-Puissant, je viens m'abriter auprès de toi. Tu es mon refuge et ma forteresse, mon Dieu en qui je me confie. Pardonne-moi de ne courir vers toi que lorsque j'ai peur : apprends-moi à demeurer chez toi, chaque jour. Tu connais ce qui m'inquiète en ce moment, tu le vois mieux que moi. Tu vois les pièges que je ne devine pas, la maladie qui me fait peur, les pensées qui me réveillent la nuit. Couvre-moi de tes plumes, garde-moi sous tes ailes. Ta fidélité est mon bouclier, même quand ma foi tremble. Je ne veux pas te mettre à l'épreuve ni exiger des signes : je te fais confiance sur le chemin où tu me conduis. Garde aussi ceux que j'aime, sur la route, à l'hôpital ou loin de moi, dans toutes leurs voies. Et si la détresse vient, rappelle-moi ta promesse : tu seras avec moi au milieu d'elle, tu me répondras quand je t'appellerai. Fais-moi voir ton salut, celui que tu m'as donné en Jésus-Christ. Amen.

Versets clés

Verset 1-2
Celui qui demeure sous l'abri du Très-Haut Repose à l'ombre du Tout Puissant. Je dis à l'Eternel: Mon refuge et ma forteresse, Mon Dieu en qui je me confie!

Le psaume s'ouvre sur un choix : demeurer, c'est-à-dire habiter auprès de Dieu, et pas seulement l'appeler en cas d'urgence. Le croyant déclare ensuite que l'Éternel est son refuge et sa forteresse.

Verset 7
Que mille tombent à ton côté, Et dix mille à ta droite, Tu ne seras pas atteint;

Le verset promet que le croyant ne sera pas atteint au milieu de ce qui frappe les autres. Il s'agit d'une assurance de la garde de Dieu, qui n'a jamais signifié l'absence d'épreuve dans le reste de la Bible.

Verset 11-12
Car il ordonnera à ses anges De te garder dans toutes tes voies; Ils te porteront sur les mains, De peur que ton pied ne heurte contre une pierre.

Dieu envoie ses anges garder le croyant dans toutes ses voies. Le diable cite ces versets à Jésus lors de la tentation, en les détournant : Dieu protège celui qui lui fait confiance, pas celui qui le met à l'épreuve.

Verset 14-15
Puisqu'il m'aime, je le délivrerai; Je le protégerai, puisqu'il connaît mon nom. Il m'invoquera, et je lui répondrai; Je serai avec lui dans la détresse, Je le délivrerai et je le glorifierai.

Ici, c'est Dieu qui parle. Sa délivrance est liée à l'amour et à la connaissance de son nom, et il promet d'être avec le croyant dans la détresse, non de la supprimer.

Prier pour cette situation

Ce qu'en disent les prédications

Questions fréquentes sur Psaume 91

Que signifie le Psaume 91 ?

Le Psaume 91 enseigne que celui qui fait de Dieu son refuge est gardé par lui. Il parle de dangers très concrets (piège, épidémie, terreur de la nuit, ennemis) et répond par la fidélité de Dieu, qui est un bouclier. La dernière partie est la parole de Dieu lui-même : il promet de délivrer, d'être présent dans la détresse et de faire voir son salut.

Qui a écrit le Psaume 91 ?

Le texte ne porte pas de titre et ne nomme pas son auteur. Une tradition ancienne l'attribue à Moïse, parce qu'il suit le Psaume 90 qui lui est attribué ; d'autres y voient David. Dans les deux cas, il vient d'un homme qui a connu le danger et la fidélité de Dieu.

Le Psaume 91 promet-il que rien de mal n'arrivera au croyant ?

Le psaume promet la garde de Dieu et sa présence, mais il se lit dans son contexte biblique. Dieu y dit qu'il sera avec le croyant dans la détresse, ce qui suppose qu'une détresse peut arriver. Le Nouveau Testament montre que Jésus a refusé de s'en servir pour mettre Dieu à l'épreuve. Les promesses s'appuient sur la confiance, pas sur une garantie automatique.

Comment prier ou méditer le Psaume 91 ?

Lis-le lentement à voix haute, un bloc à la fois. Commence par les versets 1 et 2 et redis-les à la première personne : Dieu est mon refuge. Nomme ensuite précisément la peur que tu portes, remets-la à Dieu, puis termine par les versets 14 à 16, où Dieu répond. Beaucoup de croyants relisent ce psaume chaque matin pendant une période difficile.

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Traduction Louis Segond 1910 — domaine public.