Introduction
Ce dimanche-là, plusieurs communautés se retrouvent pour un culte de reconnaissance à Strasbourg : des frères et sœurs francophones, cambodgiens, chinois et coréens, chacun avec son chant. Byeong Koan Lee s'en amuse en ouvrant le culte : « Je croyais que j'étais en Corée. »
Il invite d'abord l'assemblée à dire à haute voix une parole du Psaume 46 : « Arrêtez, et reconnaissez que je suis Dieu. » La première chose que Dieu demande, c'est qu'on s'arrête : arrêter de penser, de courir, de se disperser dans tous les sens. Puis vient ce qu'il appelle « le bonus », tiré du Psaume 34 : « Goûtez et voyez combien l'Éternel est bon. » Son souhait pour ce matin : que les cœurs soient rassasiés de la bonté de Dieu.
Au moment du message, il prévient qu'il fera « très court », parce que l'assemblée a déjà reçu beaucoup de paroles. Il ouvre l'Évangile de Luc au chapitre 17 et s'arrête sur les dix lépreux. Son fil conducteur tient en un mot : merci.
Plan du message
1. Tout dépend de ton regard
- Pour introduire le message, Byeong Koan Lee raconte l'histoire d'un homme (« ça peut être une femme aussi ») qui se demande s'il n'est pas victime d'une malédiction.
- Ses parents sont malades et il a dû les accueillir chez lui. Le mur de son jardin s'est écroulé. Sa voiture, pourtant garantie, est tombée en panne trois fois en quelques mois. Ses économies ont perdu 30 % en un an. Il travaille dur, mais il n'a pas obtenu la promotion espérée.
- Un jour, il croise un voisin, un jeune étranger venu le remercier de l'avoir aidé à trouver son stage. Ce jeune homme a perdu ses parents pendant la guerre. Il n'a ni maison, ni voiture, ni économies, et seulement un travail précaire.
- Tout à coup, l'homme réalise que ce qui le poussait à se croire maudit était en fait des bénédictions : il a des parents, une maison, une voiture, des économies et un travail.
- « Tout dépend de notre regard. Nous sommes tellement aveuglés par ce que nous n'avons pas. On oublie complètement ce que nous avons. »
2. Dix lépreux à l'entrée du village
- Jésus monte vers Jérusalem et passe entre la Samarie et la Galilée. À l'entrée d'un village, un « drôle de comité d'accueil » l'attend : dix lépreux.
- La scène est choquante. Selon la loi de Moïse, les lépreux étaient considérés comme impurs et contagieux, et condamnés à l'isolement total. Ils le savaient parfaitement, et pourtant ils étaient là.
- Le passage de Jésus dans leur village était une chance à ne pas rater. Malgré la foule, malgré le risque d'être méprisés et rejetés, ils ont crié : « Jésus, maître, aie pitié de nous ! »
- Ce cri arrête Jésus. Il se tourne vers eux. Comme eux ne peuvent pas s'approcher de lui, c'est Jésus qui s'approche.
3. Une parole absurde, une obéissance qui guérit
- Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux sacrificateurs. » Les lépreux ne comprennent pas.
- Ils étaient déjà allés voir les sacrificateurs, qui avaient constaté leur maladie et les avaient déclarés impurs. Toujours malades, ils n'avaient aucune raison d'y retourner. « Cette parole, elle était absurde. »
- Pourtant, ils ont obéi, et c'est sur la route qu'ils ont été guéris.
- Tous sont dans la joie et se mettent à courir. Mais un seul, en se voyant guéri, reconnaît que cette guérison vient de Dieu. Il fait demi-tour pour crier : « Merci, merci et merci. »
4. L'histoire de ce qui vient après la guérison
- Pour Byeong Koan Lee, cette histoire ne parle pas forcément de la guérison. Elle parle de la suite : la réaction des malades à leur guérison.
- C'est pourquoi la question de Jésus est poignante : « Les dix n'ont-ils pas été purifiés ? Et les neuf autres, où sont-ils ? »
- « Ils sont partis ailleurs. Ils ont continué leur chemin dans leur joie immense. Ils ont complètement oublié Dieu. »
- On peut recevoir le bienfait de Dieu et oublier celui qui l'a donné.
5. Un seul revient, et c'est l'étranger
- « Là, je vais appuyer très fort sur le mot l'étranger. » Le prédicateur invite tous les étrangers de l'assemblée à le dire avec lui.
- Ce Samaritain connaissait le mépris et le rejet dans sa vie quotidienne. Lui a compris. Il revient vers Jésus pour crier merci.
- C'était son deuxième cri. Le premier était : « Jésus, aie pitié de nous. » Le second est l'acte de reconnaissance.
- Chez le Samaritain, le bienfait de Dieu n'a pas été oublié.
6. De la guérison au salut : le chemin du retour
- Jésus dit au Samaritain : « Lève-toi, va, ta foi t'a sauvé. »
- Byeong Koan Lee appelle cela le chemin du retour. C'est lui qui fait « la différence énorme entre la guérison et le salut ».
- Les dix ont été guéris. Celui qui revient dire merci entend une parole de salut.
7. Qu'as-tu fait de tes guérisons ?
- Le prédicateur termine par des questions : « Qu'avez-vous fait de vos guérisons ? Vous avez déjà été malade ? Plus ou moins grave ? »
- « Si nous sommes là, c'est parce que nous avons été guéris. Qu'est-ce que nous avons fait de nos guérisons ? »
- À qui ressemblons-nous ? Au Samaritain qui fait le chemin du retour pour dire merci d'un cœur reconnaissant, ou aux neuf autres qui ont continué leur route dans la joie en oubliant Dieu, la source du miracle ?
- Il conclut avec le Psaume 103, que l'assemblée termine avec lui : « Mon âme, bénis l'Éternel, et n'oublie aucun de ses bienfaits ! »
- Sa prière finale : « Seigneur, pardonne-nous pour toutes les fois que nous avons complètement oublié tous tes bienfaits. Malgré notre oubli, tu continues de manifester ta grâce. Aide-nous à faire continuellement, fidèlement, ce chemin de retour. Ouvre nos yeux pour que nous puissions voir ta grandeur, tes bienfaits. »
Points à retenir
- Tout dépend de ton regard : ce que tu prends pour une malédiction peut être, en réalité, une liste de bénédictions.
- Les dix lépreux ont crié vers Jésus malgré la foule et le rejet. Leur cri a arrêté Jésus, et c'est lui qui s'est approché.
- La parole de Jésus semblait absurde, mais c'est en obéissant, sur la route, que les lépreux ont été guéris.
- L'histoire parle surtout de l'après-guérison : neuf ont oublié Dieu, un seul, l'étranger, est revenu dire merci.
- Le chemin du retour vers Jésus fait la différence entre la guérison et le salut.
Application personnelle
- Qu'as-tu fait de tes guérisons, de tes délivrances, des prières exaucées dans ta vie ?
- Dans quel domaine es-tu aveuglé par ce que tu n'as pas, au point d'oublier ce que tu as ?
- Y a-t-il une parole de Jésus qui te semble absurde aujourd'hui, et à laquelle il te demande pourtant d'obéir ?
- Cette semaine, à qui ressembles-tu : au Samaritain qui revient, ou aux neuf qui continuent leur route ?
- Quel bienfait de Dieu peux-tu nommer aujourd'hui pour faire, toi aussi, le chemin du retour et lui dire merci ?
Versets cités
Questions fréquentes
De quoi parle vraiment l'histoire des dix lépreux en Luc 17 ?
Pour Byeong Koan Lee, cette histoire ne parle pas d'abord de la guérison, mais de ce qui vient après : la réaction des malades à leur guérison. Les dix sont purifiés en chemin, mais un seul revient pour rendre grâce à Jésus.
Pourquoi Jésus envoie-t-il les lépreux se montrer aux sacrificateurs ?
Selon la loi de Moïse, c'était le sacrificateur qui constatait la lèpre ou la guérison. Les lépreux, encore malades, n'avaient aucune raison d'y retourner, et la parole semblait absurde. Ils ont pourtant obéi, et c'est sur la route qu'ils ont été guéris.
Quelle différence entre la guérison et le salut dans ce récit ?
Les dix ont été guéris, mais c'est au Samaritain revenu dire merci que Jésus dit : « Lève-toi, va, ta foi t'a sauvé. » Le prédicateur appelle ce retour vers Jésus le chemin du retour : c'est lui qui fait la différence entre la guérison et le salut.