Apocalypse 5 : pourquoi l'Agneau immolé est digne

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Introduction

La semaine précédente, l'Église Vertical Nantes contemplait Apocalypse 4 : Dieu dans sa gloire, entouré d'anges et de créatures célestes qui l'adorent. Au chapitre 5, le décor change d'un coup. Celui qui est assis sur le trône tient un livre scellé de sept sceaux, un ange demande d'une voix forte qui est digne de l'ouvrir, et un grand silence tombe sur le ciel. Personne. Jean se met à pleurer.

« J'aime les livres, mais je n'ai jamais pleuré devant un livre fermé », sourit le prédicateur. Derrière ce rouleau se cache pourtant une question qui nous concerne tous : qui est digne de juger le monde et de le sauver ?

La réponse tient en deux images, un lion et un agneau. Le prédicateur prévient que le message sera « un peu plus lourd que d'habitude » sur le plan théologique, mais il veut montrer à quel point ce texte est magnifique. Il le regarde comme un tableau vu sous plusieurs angles, pour comprendre pourquoi Jésus, et lui seul, est digne.

Plan du message

1. Un livre scellé, et personne n'est digne

  • Le livre est en réalité un rouleau, écrit en dedans et en dehors, scellé de sept sceaux. À l'époque, sans courrier électronique ni téléphone, on scellait un document pour qu'il ne soit lu que par son destinataire. Le chiffre sept, dans l'Apocalypse, dit la totalité et l'achèvement : c'est un secret complet.
  • Pour comprendre ce qu'il contient, il faut revenir à l'Ancien Testament (le prédicateur cite Ézéchiel 2, Daniel 12 et Ésaïe 29:11). Ce rouleau contient le plan de Dieu, en deux volets : mettre fin au mal dans ce monde et sauver son peuple, restaurer la relation brisée avec les êtres humains.
  • Être digne, c'est réunir deux choses : la crédibilité et la capacité. Être assez crédible pour se voir confier la tâche, et assez fort pour l'accomplir. Le prédicateur prend un exemple : s'il s'invitait chez toi pour faire la cuisine, il n'en serait pas digne, parce qu'il ne cuisine pas bien. Ici, il ne s'agit pas de cuisine, mais du jugement du monde.
  • Pour Jean, exilé et persécuté pour sa foi, c'est une terrible nouvelle. Rome est « une main de fer dans un gant de fer » et les chrétiens sont marginalisés. On attend le retour du Christ, cela prend du temps, et la question monte : « Jusqu'à quand, Seigneur Jésus ? »
  • Qui serait digne de se poser en juge de nous tous ? Personne dans la salle, dit le prédicateur, et lui non plus : nous avons tous fait le mal, et aucun de nous n'est capable de l'arrêter dans sa propre vie.

2. On annonce un lion, Jean voit un agneau

  • Puis vient « le mot préféré » du prédicateur dans toute la Bible : « mais ». L'un des vieillards dit à Jean : « Ne pleure point ; voici, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux » (Apocalypse 5:5).
  • Jean entend parler d'un lion, image de force, une bête qui émerveille et terrifie en même temps. Mais quand il se retourne, il voit un agneau, l'image opposée : doux, attendrissant, faible. Et cet agneau-là semble avoir été immolé. Il porte les marques de blessures profondes.
  • Cette tension est au centre de l'Apocalypse et en donne la clé : Jésus est le lion, mais un lion qui tire sa force du fait d'être l'agneau. Il remporte la victoire non par les poings, non par la révolution, mais par le sacrifice.
  • C'est aussi une éthique chrétienne : « On ne change pas le monde par la révolution ou par la force, mais par le sacrifice. » Le prédicateur invite à garder cette image en tête pour les groupes de maison.

3. Le vainqueur qui a vécu ta vie : la récapitulation

  • Le mot « vainqueur » dans l'Apocalypse ne veut pas seulement dire que Jésus a gagné. Le vainqueur est celui qui persévère jusqu'au bout, qui ne fait pas de compromis, qui tient ferme jusqu'à la fin.
  • Jésus est crédible parce qu'il est venu sur cette terre et qu'il a vécu la même vie que toi et moi, sans jamais pécher. Dieu ne nous juge pas du haut du ciel sans savoir ce qu'est une vie humaine. Jésus a connu la faim, la soif, la fatigue, le petit orteil cogné contre un meuble, mais aussi le rejet, le mépris et la haine, jusqu'à la mort.
  • Les théologiens appellent cela la récapitulation. C'est un Français, Irénée de Lyon, environ cent ans après l'Apocalypse, qui l'a formulée le premier. Jésus ne s'est pas « téléporté » sur la croix à Pâques pour remonter aussitôt au ciel : il a obéi de A à Z.
  • Les titres de « lion de la tribu de Juda » et de « rejeton de David » parlaient fort aux Juifs. Ils attendaient un roi comme David, mais meilleur. David a été le plus grand roi d'Israël, et il a péché à la mesure de sa grandeur. Israël avait été choisi pour montrer Dieu au monde, et son histoire a été plus infidèle que fidèle. Jésus, descendant de David, récapitule cette histoire.
  • « Jésus ne nous sauve pas seulement en mourant à notre place, mais aussi en ayant vécu à notre place. » Pendant 33 ans, il a refusé tout compromis, pas un seul instant il n'a cédé. S'il avait péché, il n'aurait plus été crédible comme Sauveur.

4. L'Agneau qui a vaincu la mort : Christus Victor

  • L'Agneau devrait être mort : il a été immolé, la blessure est profonde. Et pourtant il est debout, il est vivant. Il est si puissant qu'il a vaincu la mort elle-même.
  • Jean sait très bien qu'un agneau a deux yeux et pas de cornes. Les sept cornes et les sept yeux sont des images tirées de l'Ancien Testament, notamment de Daniel et de Zacharie. La corne dit la puissance complète, les yeux disent que l'Agneau, rempli de l'Esprit de Dieu, voit tout ce qui se passe sur la terre.
  • C'est ce qui manque à notre justice humaine, même avec de bonnes intentions : nous n'avons pas tous les faits et nous ne connaissons pas tous les cœurs. Il faut quelqu'un qui voit tout, qui sait tenir compte de tout et qui a la force de rendre la justice.
  • La théologie appelle cela « Christus Victor », le Christ vainqueur. L'Église primitive l'avait compris : quand Jésus entre dans la mort, il n'y entre pas en victime mais en conquérant. Le prédicateur reconnaît que l'image est imparfaite, mais il évoque le cheval de Troie : les Grecs font semblant d'avoir perdu et entrent dans la ville par ce cheval. Par sa mort, Jésus entre dans l'espace de la mort pour la conquérir. Il détient les clés de la mort (Apocalypse 1:18), comme s'il avait enfoncé la porte en disant : « Désormais, c'est chez moi. »
  • Le prédicateur fait une confession : face à ses difficultés, il se les représente souvent comme un bras de fer avec Jésus. « Ce n'est pas le cas. Jésus a gagné. Il n'y a pas de match. » Combien d'entre nous ont peur de ce dont Jésus détient les clés ? Pour le chrétien, la mort n'est qu'une porte vers l'éternité, et Jésus peut venir nous chercher jusque-là.

5. Immolé à ta place : la substitution pénale

  • Les êtres vivants et les vieillards chantent un cantique nouveau : « Tu es digne de prendre le livre, et d'en ouvrir les sceaux ; car tu as été immolé » (Apocalypse 5:9). Il est digne parce qu'il a été immolé.
  • Dans le Lévitique, les sacrifices servaient d'abord à dire merci à Dieu, souvent avec de la nourriture ou de la boisson. Mais quand on avait péché, Dieu demandait qu'un animal soit mis à mort. Ce n'est pas joli, et c'est voulu : le péché est grave, Dieu est saint, le mal ne peut pas subsister en sa présence, et il a pour conséquence la mort.
  • Pour un Juif de l'époque, cet agneau, on l'avait peut-être vu naître, nourri au biberon, sevré, et les enfants avaient joué avec. On l'amenait au temple, on posait la main sur lui pour dire : la sentence prévue pour moi tombe sur cette créature. Puis le prêtre l'égorgeait.
  • C'est ce que Jésus a fait. Il était complètement innocent, comme l'agneau, et il a choisi de prendre la punition que nous méritions. On l'appelle la substitution pénale : il prend mon péché et me donne sa vie en échange. Enfant, le prédicateur n'aurait jamais accepté de prendre la punition que sa sœur avait bien méritée. Jésus l'a fait pour des êtres humains qui, souvent, se moquent bien de lui.
  • Autrefois, il fallait un animal pour un péché, pour une personne. Mais comment mesurer la vie de Dieu ? Ce sacrifice unique dans l'histoire suffit pour que toute personne, quoi qu'elle ait fait, puisse être pardonnée.
  • Cela donne de l'assurance dans la relation avec Dieu. Hébreux invite à s'approcher avec assurance du trône de la grâce (Hébreux 4:16), et Romains 8:1 affirme : « Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. » Si Christ a tout payé, il ne reste plus de colère de Dieu contre toi.
  • La substitution répond au problème de la justice. Devant un juge, tu peux dire que tu n'as pas fait exprès de rouler trop vite ; il peut te croire et être prêt à te pardonner, il reste une amende à payer. Nous sommes mal à l'aise à l'idée que Dieu nous juge, mais très à l'aise à l'idée qu'il juge les autres, et beaucoup demandent : « S'il y a un Dieu, pourquoi le mal ? » Jésus est venu résoudre ce problème : tout péché, quel qu'il soit, peut être effacé.

6. Racheté pour régner : la rédemption

  • Le cantique continue : « tu as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation » (Apocalypse 5:9). Jésus a acheté.
  • Il faut se replacer dans l'époque. Aujourd'hui, en Occident, l'esclavage n'existe plus, et tant mieux. Mais il était la norme partout, et à Rome plus qu'ailleurs. L'image est celle d'esclaves qui changent de propriétaire.
  • Jésus ne nous achète ni pour nous asservir, ni pour nous laisser faire tout ce que nous voulons. Le verset 10 le dit : « Tu as fait d'eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu. » Il veut nous adopter, faire de nous un peuple en relation avec Dieu. « Si tu crois en Christ, tu es noble. »
  • Cela touche les grandes questions de l'identité : d'où je viens, qui je suis. Pour certains, elles sont faciles. Pour d'autres, elles sont douloureuses. Jésus te dit : « Je ne veux pas seulement te sauver de la mort, je veux te donner une nouvelle identité. » Si tu es chrétien, Dieu ne te voit plus comme un pécheur, il te voit comme un enfant.
  • Et la fin du verset 10 annonce le programme de l'éternité : « ils régneront sur la terre ». Pas de petits nuages, pas d'ennui au paradis. Si nous sommes de sang royal, nous aurons à régner.

7. L'adoration que mérite l'Agneau

  • À partir du verset 11, tout change d'échelle. Des myriades de myriades d'anges disent d'une voix forte : « L'agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire, et la louange » (Apocalypse 5:12). Puis toutes les créatures, au ciel, sur la terre, sous la terre et dans la mer, se joignent à eux.
  • Au chapitre 4, les êtres les plus puissants de l'univers adoraient Dieu le Père. Au chapitre 5, c'est le cosmos entier qui adore Jésus-Christ comme Dieu. Un chrétien n'est pas seulement quelqu'un qui croit que Dieu existe : il honore Jésus-Christ comme il honore Dieu. « La foi n'est pas un exercice mental. La question, c'est : devant qui tu plies le genou ? »
  • Dans ce chant, les adorateurs ne parlent pas d'eux-mêmes. Même les parties qui les concernent parlent d'abord de Jésus : ce n'est pas « je suis choisi », c'est « il m'a choisi » ; pas « je suis sauvé », mais « il m'a sauvé ». Le prédicateur, reprenant ce qui avait été dit la semaine précédente, s'inquiète du nombre de « je » dans nos chants : « Si tes chants préférés, c'est seulement "je, je, je, je", il y a un problème avec ta playlist. »
  • Le point d'arrivée de l'adoration, c'est de dire à Dieu : « Tu es digne. » Ce n'est plus à propos de moi, mais seulement de lui. Venir à l'église, ce n'est pas seulement être là physiquement, c'est venir rencontrer Dieu devant son trône, et pas seulement parce que la musique est entraînante ou que l'on préfère les vieux cantiques.
  • Le message se termine par la sainte cène, avec quatre raisons de s'approcher : quelqu'un a vécu la vie que je ne pouvais pas vivre ; il m'aime au point d'avoir vaincu la mort pour que nous ne soyons jamais séparés ; il connaît le pire de ce que j'ai fait et il a choisi de mourir à ma place ; en lui, je suis racheté, je ne suis plus un pécheur mais un enfant de Dieu. Le prédicateur invite à ne prendre les éléments que si cela a du sens, par élan du cœur et non par habitude.

Points à retenir

  • Être digne, c'est être à la fois crédible et capable. Personne d'autre que Jésus ne peut juger le monde et le sauver.
  • Jésus est le lion de Juda, mais il remporte la victoire comme un agneau, par le sacrifice et non par la force.
  • Jésus te sauve en mourant à ta place, mais aussi en ayant vécu à ta place, sans jamais pécher.
  • Par sa mort et sa résurrection, Jésus a vaincu la mort, il a pris ta punition et il t'a racheté pour faire de toi un enfant de Dieu.
  • L'adoration chrétienne est centrée sur Jésus-Christ : elle dit « Tu es digne » plus qu'elle ne parle de nous.

Application personnelle

  1. Dans quelle difficulté vis-tu ta relation avec Jésus comme un bras de fer, alors qu'il a déjà gagné ?
  2. De quoi as-tu peur dont Jésus détient déjà les clés ?
  3. Est-ce que tu t'approches de Dieu avec crainte de sa colère, ou avec l'assurance de ceux pour qui il n'y a plus de condamnation ?
  4. Comment le fait d'être un enfant de Dieu, racheté et appelé à régner, change-t-il la façon dont tu te vois ?
  5. Dans ta louange, qui est au centre : toi ou lui ? Que peux-tu changer pour venir au culte le cœur préparé ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que contient le livre scellé d'Apocalypse 5 ?

D'après le prédicateur, qui s'appuie sur des textes de l'Ancien Testament comme Ézéchiel 2 et Daniel 12, le livre contient le plan de Dieu en deux volets : mettre fin au mal dans ce monde et sauver son peuple. Les sept sceaux disent un secret complet, que personne ne peut ouvrir sans en être digne.

Pourquoi Jean voit-il un agneau alors qu'on lui annonce un lion ?

Jean entend parler du lion de la tribu de Juda, image de force, puis il voit un agneau qui semble immolé, image de faiblesse. C'est la clé de tout le livre de l'Apocalypse : Jésus est le lion, mais il tire sa force du fait d'être l'agneau. Il remporte la victoire par le sacrifice, et non par la force ou la révolution.

Pourquoi Jésus est-il le seul digne d'ouvrir le livre ?

Être digne, c'est être crédible et capable. Jésus est crédible parce qu'il a vécu une vie humaine entière sans pécher et qu'il est mort à notre place. Il est capable parce qu'il a vaincu la mort et qu'il a racheté pour Dieu des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation.

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