Jean 19 : « Tout est accompli », l'œuvre qui donne la vie

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Introduction

Si tu pouvais choisir les derniers mots que tu prononceras avant de mourir, lesquels choisirais-tu ? C'est la question que pose Chihiro Kinoshita, pasteur de l'Église chrétienne Kibōgaoka de Kumejima, une île d'Okinawa, au cœur de sa prédication sur Jean 19. Jésus, lui, a choisi un seul mot, crié d'une voix forte : « Tout est accompli. »

Le chapitre raconte le procès devant Pilate, la crucifixion, la mort et l'ensevelissement de Jésus. Le pasteur le lit par sections, en invitant l'assemblée à noter les passages qu'elle voudra relire. Il insiste : la croix n'a rien d'une belle image, et il faut s'en souvenir « de façon plus réelle ».

Le fil du message tient dans son titre : l'œuvre de Jésus, celle qui donne la vie, est achevée. Et cette annonce t'est adressée, à toi.

Plan du message

1. Une flagellation sans limite et une couronne d'épines (Jean 19:1-3)

  • Chez les Juifs, la flagellation s'arrêtait à 39 coups, pour ne jamais dépasser par erreur les 40 prévus par la Loi. La flagellation romaine, elle, n'avait pas de limite.
  • Le fouet romain avait plusieurs lanières garnies d'os d'animaux ou de pierres tranchantes. Il servait aussi à arracher des aveux. Jésus, qui n'avait commis aucun péché, n'avait rien à avouer : les soldats ont sans doute frappé jusqu'à la limite de ce qu'un homme peut supporter.
  • Les épines apparaissent en Genèse 3, après la chute. Elles sont le symbole du péché. Poser sur la tête de Jésus une couronne d'épines, c'est une image de celui qui porte le péché.
  • Le pasteur, qui a vu des épines en Israël, parle de pointes de 10 à 15 centimètres. Le manteau de pourpre, couleur réservée aux nobles et aux rois, et les « Salut, roi des Juifs ! » complètent la moquerie.
  • Les soufflets rappellent la parole de Jésus sur la joue droite (Matthieu 5:39). Dans cette culture, être frappé sur la joue droite signifiait être humilié. Tendre l'autre joue, c'est accepter de subir le mépris, deux ou trois fois s'il le faut.

2. Pilate, l'homme qui ne choisit pas (Jean 19:4-16)

  • Pilate déclare ne trouver aucun crime en Jésus, et pourtant il le fait flageller. Pour le prédicateur, c'est une mise en scène destinée à calmer la colère des chefs religieux, parce que Pilate ne veut rien avoir à faire avec Jésus.
  • Les chefs exigent la croix. Ils invoquent la Loi : celui qui blasphème le nom de l'Éternel doit mourir (Lévitique 24:16). Mais la Loi prévoyait la lapidation. Ils veulent la croix parce qu'elle inflige la plus grande souffrance et la plus grande humiliation.
  • Le pasteur y voit ce que produit la chair quand on veut se venger : on veut toujours punir au-delà de la mesure. « C'est pour cela que la vengeance appartient à Dieu. »
  • Pilate sait qu'il a le pouvoir de relâcher Jésus et celui de le crucifier (Jean 19:10). Il a le choix, mais il craint d'être dénoncé à César et de perdre sa place. Il n'est « ni chaud ni froid ».
  • Jésus lui répond qu'il n'aurait aucun pouvoir s'il ne lui avait été donné d'en haut (Jean 19:11). Du point de vue de Dieu, Pilate n'a pas reçu le pouvoir de relâcher Jésus, car la croix fait partie du plan de Dieu. Du point de vue de Pilate, il a le choix. Les deux sont vrais, comme l'élection de Dieu et notre réponse : notre tête ne peut pas les concilier.
  • Ce qu'il faut retenir : « Nous avons toujours le choix. » Tant que nous cherchons à suivre la volonté de Dieu et à lui obéir, nous sommes en sécurité.
  • Plus loin, le pasteur ajoute que Pilate n'est pas innocent pour autant : Jésus ne lui dit pas qu'il est sans péché, seulement que celui qui l'a livré porte un péché plus grand. Pilate a choisi de ne pas relâcher Jésus. Il n'a pas d'excuse.

3. « Nous n'avons de roi que César » (Jean 19:14-16)

  • Le jour de la préparation est, plus exactement, la préparation de la fête des pains sans levain, si liée à la Pâque qu'on les nomme souvent ensemble. Pendant que Jésus est crucifié, l'agneau de la Pâque est immolé. La correspondance est parfaite.
  • Pilate dit « Voici votre roi », pas « mon roi ». Il prend ses distances : son roi à lui, c'est César.
  • La réponse des chefs est terrible : « Nous n'avons de roi que César. » Or l'Ancien Testament le dit clairement : l'Éternel est roi (Psaume 10:16 ; Ésaïe 33:22), et le Messie promis régnera sur le trône de David (Ésaïe 9:5-6). Refuser cela, c'est ne reconnaître pour roi ni Dieu ni le Messie.
  • Le nom Israël vient du combat de Jacob, qui ne lâche pas avant d'être béni. Osée rapporte qu'il a pleuré et supplié. Selon le pasteur, le vrai combat n'est pas contre Dieu, mais contre sa propre chair, pour être gouverné par Dieu. Le nom porte aussi ce sens : celui que Dieu gouverne.
  • Par la foi en Jésus-Christ, nous sommes devenus descendants d'Abraham. Notre combat n'est pas d'imposer notre volonté à Dieu, mais de lui demander de faire mourir notre chair.

4. Le Roi des rois crucifié à ta place (Jean 19:17-24)

  • Jésus porte sa croix jusqu'à Golgotha, hors de la ville. D'après les autres évangiles, il ne peut pas aller jusqu'au bout. Cet homme robuste, charpentier, habitué à marcher sur les routes, est à bout de forces.
  • L'écriteau, « Jésus de Nazareth, roi des Juifs », est écrit en hébreu, en latin et en grec. Pilate refuse de le changer : « Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit. » Fierté de Pilate ou force donnée par Dieu, peut-être les deux : c'est un message prophétique. Le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs, a porté nos péchés et a pris notre place.
  • Ésaïe 53 le disait déjà : il n'avait plus rien qui attire les regards. « La croix de Jésus-Christ n'est pas une belle chose. » Le pasteur avoue qu'il ne pourrait sans doute pas la regarder en face.
  • Pourquoi ? « Parce qu'il t'aime. Il n'y a pas d'autre raison. » Ce n'est pas parce que nous pouvons faire quelque chose pour lui : « Ce n'est pas parce que nous pouvons, c'est parce que nous ne pouvons pas. Ce n'est pas parce que nous sommes justes, c'est parce que nous ne le sommes pas. »
  • « Ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, c'est Dieu qui nous a aimés le premier. C'est l'ordre. » Il nous a aimés quand nous étions encore faibles, encore pécheurs, encore ses ennemis.
  • Les soldats se partagent ses vêtements et tirent au sort sa tunique sans couture, comme celle du souverain sacrificateur. Le Psaume 22, écrit par David environ mille ans plus tôt, l'annonçait. Pour faire sentir la distance, le pasteur la compare à l'époque de Heian au Japon : comme si une dame de cour de l'an mille avait décrit sa prédication à Kumejima.
  • Jésus a sans doute été crucifié nu, selon la pratique romaine. Le pasteur lit Hébreux 12:2 : en vue de la joie qui lui était réservée, il a méprisé l'ignominie. Cette joie, c'est notre salut : le jour où nous serons avec lui pour l'éternité.
  • « Jésus-Christ s'est réjoui. » Se rabaisser au point de se dire « mon péché a cloué Jésus sur la croix », sans recevoir sa joie, c'est encore de l'orgueil, prévient-il. Même les péchés que tu ne peux avouer à personne, il les pardonne.

5. Aimer jusqu'au bout de la souffrance (Jean 19:25-27)

  • Près de la croix se tiennent la mère de Jésus, la sœur de sa mère, Marie femme de Clopas et Marie de Magdala. En croisant Matthieu et Marc, la sœur de Marie pourrait être Salomé, la mère des fils de Zébédée, Jacques et Jean. Jean serait alors le cousin de Jésus. Le pasteur reste prudent : « on ne le sait pas avec certitude ».
  • Jésus confie sa mère au disciple qu'il aimait : « Femme, voilà ton fils. » Puis : « Voilà ta mère. »
  • L'essentiel est ailleurs : au sommet de la souffrance et de l'humiliation, Jésus a continué à aimer les autres.

6. « Tout est accompli » (Jean 19:28-30)

  • Jésus sait que tout est accompli. Trois prophéties restent à réaliser : la soif et le vinaigre (Psaume 69:22), aucun os brisé, et le côté transpercé.
  • Au départ vers la croix, il avait refusé le vin mêlé de myrrhe, un antidouleur (Marc 15:23), parce qu'il devait recevoir le châtiment à 100 %. Maintenant que tout est achevé, il prend le vinaigre.
  • Après six heures de croix et beaucoup de sang perdu, la gorge desséchée, ce peu de liquide lui donne sans doute la force de prononcer un dernier mot. Marc précise qu'il a poussé un grand cri : ce cri, c'est « Tout est accompli ».
  • Ce mot n'est pas adressé à Dieu, comme pour dire « j'ai terminé ma course ». « C'est un message pour nous. » Jésus voulait nous faire savoir, à pleine voix, que l'œuvre qui sauve et qui donne la vie éternelle est entièrement achevée.
  • Le pasteur relie ce cri à Jean 3:16, à Ésaïe 53:3-5 (« c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris ») et à Colossiens 2:13-14 : l'acte qui nous condamnait a été cloué à la croix. Personne ne peut aimer Dieu de tout son cœur chaque jour. Selon la Loi, nous sommes pécheurs, mais la dette est effacée.
  • « Il rendit l'esprit. » Personne n'a pris la vie de Jésus, et personne ne le pouvait (Jean 10:17-18). Il l'a donnée de lui-même, en prenant notre place.

7. Le sang et l'eau, puis deux disciples sortent de l'ombre (Jean 19:31-42)

  • Le sabbat qui vient est un « grand jour ». Les chefs demandent qu'on brise les jambes des crucifiés pour hâter leur mort. Les soldats constatent que Jésus est déjà mort : « sa mort est confirmée par les soldats romains », contre ceux qui prétendent qu'il n'était pas vraiment mort.
  • Un soldat lui perce le côté, et il en sort du sang et de l'eau. Le pasteur ne s'avance pas sur l'explication médicale. Il propose deux lectures : la purification par le sang et l'eau (Hébreux 10:22), et, comme certains le comprennent, le témoignage que Jésus est venu « avec de l'eau et du sang », vraiment homme (1 Jean 5:6-8).
  • Le témoin, Jean, affirme que son témoignage est vrai. Témoigner de Dieu, explique le pasteur, c'est accepter d'être maudit si l'on ment.
  • Joseph d'Arimathée, membre du sanhédrin, était disciple en secret par crainte. À la fin, il fait un pas de foi : il demande le corps et offre un tombeau neuf taillé dans le roc, très coûteux. Nicodème apporte environ trente kilos d'aromates, une quantité digne des funérailles d'un roi.
  • C'est une grâce pour eux de prendre part à l'ensevelissement. Mais le pasteur refuse d'en faire une simple belle histoire : s'ils s'étaient déclarés plus tôt, ils auraient reçu bien plus de bénédictions en marchant avec Jésus.

8. Quand tu as manqué la grâce

  • « Plus tu repousses le moment de suivre Jésus, plus les grâces que tu ne reçois pas augmentent. » La croix pardonne ces refus, mais elle ne rend pas ce qu'on a laissé passer.
  • Le pasteur cite un proverbe japonais : l'eau renversée ne retourne pas dans le plateau. « Ce qu'on a manqué, on l'a manqué. »
  • Pourtant, Dieu ne cesse pas de t'aimer. Il ne s'éloigne pas, il ne te rejette pas, il te pardonne. « Il ne reste qu'à le recevoir. »
  • Demande l'aide du Saint-Esprit pour te souvenir chaque jour que Jésus a accompli pour toi l'œuvre du salut. Dans sa prière finale, le pasteur demande de s'en souvenir surtout au moment de l'échec, pour se relever, recevoir le pardon et faire le prochain pas de foi.

Points à retenir

  • La croix n'est pas une belle image : souviens-toi de manière réelle du prix payé pour ton pardon.
  • Nous avons toujours le choix. Pilate le savait, et il a choisi de céder à la peur.
  • Jésus est mort parce qu'il t'aime, pas parce que tu peux faire quelque chose pour lui.
  • « Tout est accompli » est un message pour toi : l'œuvre du salut est achevée, et personne n'a arraché sa vie à Jésus.
  • Repousser l'obéissance fait manquer des grâces, mais Dieu ne cesse jamais de pardonner à celui qui revient.

Application personnelle

  1. Quand tu penses à la croix, la vois-tu comme une belle image ou comme le prix réel de ton pardon ?
  2. Dans quelle situation, comme Pilate, te dis-tu que tu n'as pas le choix, alors que tu crains surtout le regard des autres ?
  3. Y a-t-il un domaine de ta vie où tu refuses encore que Dieu soit ton roi ?
  4. Te sens-tu trop indigne pour recevoir la joie de Jésus ? Que change pour toi le fait qu'il se soit réjoui de ton salut ?
  5. Comme Joseph d'Arimathée et Nicodème, quel pas de foi visible repousses-tu en ce moment ?
  6. La prochaine fois que tu tomberas, comment vas-tu te souvenir que « tout est accompli » pour te relever ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que signifie « Tout est accompli » dans Jean 19:30 ?

Pour Chihiro Kinoshita, ce sont les dernières paroles que Jésus a choisies, criées d'une voix forte (Marc 15:37). L'œuvre qui sauve et qui donne la vie éternelle est achevée. Ce n'est pas un compte rendu adressé à Dieu, c'est un message pour nous : tout ce qui était nécessaire pour notre pardon a été fait.

Pourquoi Pilate a-t-il livré Jésus alors qu'il ne le trouvait pas coupable ?

Pilate voulait relâcher Jésus, mais il craignait d'être dénoncé à César et de perdre sa place. Il a d'abord fait flageller Jésus pour calmer la foule, puis il a cédé. Le prédicateur souligne qu'il avait le choix et qu'il le savait : il n'est donc pas sans péché, même si celui qui a livré Jésus porte un plus grand péché (Jean 19:11).

Que représentent le sang et l'eau sortis du côté de Jésus ?

Le coup de lance confirme la mort de Jésus, constatée par les soldats romains eux-mêmes. Le prédicateur ne tranche pas l'explication médicale. Il propose deux lectures : la purification par le sang et par l'eau (Hébreux 10:22), et, comme certains le comprennent, le témoignage que Jésus est venu par l'eau et par le sang, vraiment homme (1 Jean 5:6-8).

Que faire quand on a manqué une occasion de suivre Jésus ?

Chihiro Kinoshita est honnête : la grâce qu'on n'a pas reçue en refusant d'obéir est perdue. Mais Dieu ne cesse pas de t'aimer et ne te rejette pas. Il te pardonne. Il s'agit de recevoir ce pardon, de te souvenir que l'œuvre est accomplie, puis de faire le prochain pas de foi.

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