Introduction
Quand la bonne nouvelle de Jésus-Christ tombe quelque part comme une météorite et y prend racine, le cratère qu'elle laisse a toujours la même forme : celle de l'amour. C'est l'image que choisit Tom Parsons, l'un des pasteurs d'All Souls Langham Place, à Londres, pour ouvrir ce message de la série consacrée à 1 Thessaloniciens.
L'Évangile est arrivé à Thessalonique, une ville grecque, peut-être seulement seize ans après la crucifixion et la résurrection de Jésus. Beaucoup l'ont reçu avec une foi donnée par l'Esprit, et un grand cratère en forme d'amour s'est creusé au cœur de la ville. Le prédicateur rappelle que cette même nouvelle est arrivée à Londres et qu'elle y est annoncée depuis des générations, en cette saison d'automne où arrivent de nouveaux visages, étudiants et jeunes actifs.
Le passage lu (1 Thessaloniciens 2:17 à 3:13) compte quatre paragraphes. Tom Parsons les compare aux filtres de couleur qu'on plaçait autrefois devant un projecteur de théâtre : une seule lumière, quatre couleurs. Ici, la lumière, c'est l'amour de Paul pour cette jeune Église, et chaque paragraphe la fait briller autrement.
Plan du message
1. Le contexte : une Église née dans la tempête
- Le livre des Actes donne l'histoire qui se cache derrière les lettres de Paul. Le prédicateur invite à ouvrir la carte des voyages missionnaires, à la fin de la Bible, pour suivre le trajet.
- D'après Actes 17, Paul prêche à Thessalonique au moins trois semaines, sans doute plus, d'abord dans la synagogue puis auprès des non-Juifs. Très vite, une émeute éclate et la foule se dresse contre les nouveaux croyants.
- La raison : Paul annonce que Jésus de Nazareth, crucifié et ressuscité, est le Messie, le Roi d'Israël promis depuis longtemps, à qui le gouvernement de l'univers a été confié. Il jugera un jour les vivants et les morts, et en attendant il offre le pardon et une vie nouvelle à quiconque l'invoque. Une nouvelle magnifique, que la foule a complètement mal comprise.
- Un homme de la ville, Jason, est arrêté puis relâché sous caution. Les nouveaux convertis jugent plus sage d'éloigner Paul, qui part pour Bérée, y prêche, puis doit encore fuir et rejoint Athènes, seul, sans son équipe.
- Le prédicateur résume ainsi : « Les Actes nous donnent les faits, mais 1 Thessaloniciens nous dit les émotions. » Comme un sportif qui raconte après coup ce qu'il a vécu pendant un match mythique, Paul laisse voir ce qu'il a ressenti.
2. Un amour qui souffre d'être séparé (2:17-20)
- Le langage de Paul est des plus chargés d'émotion. Il se sent comme un orphelin. Il laisse derrière lui des croyants tout neufs, peu enseignés, en danger, et qu'il aime : c'est comme si on lui arrachait le cœur.
- Il a voulu revenir « une et même deux fois », et rien de moins que Satan ne l'en a empêché. Ce que cela recouvre exactement, on ne le sait pas, mais on sait qu'il a essayé de toutes ses forces.
- On mesure son attachement au verset 19 : ils sont son espérance, sa joie et sa couronne de gloire devant le Seigneur Jésus, lors de son avènement.
- Tom Parsons se souvient d'une formation suivie à All Souls quand il était étudiant, juste avant d'animer son premier groupe biblique d'étudiants. Le responsable avait lu ce verset et demandé ce que ces huit, dix ou douze étudiants allaient représenter pour lui. Il était resté sceptique. Six mois plus tard, l'Esprit de Dieu lui avait appris le contraire : il les aimait vraiment, et leurs progrès dans la vie chrétienne étaient pour lui une source de joie et d'espérance.
- Ce qu'il y a d'extraordinaire dans l'amour chrétien, explique-t-il, c'est qu'il porte en lui le sentiment qu'il doit durer toujours. Si tu ne le sais pas encore, il prie pour que tu le découvres, par la grâce de Dieu, le moment venu.
3. Un amour qui prend ses responsabilités, à ses dépens (3:1-5)
- Seul à Athènes, Paul prêche (Actes 17 rapporte son discours), mais le soir une pensée revient sans cesse : les Thessaloniciens tiennent-ils encore ? Ont-ils survécu à des semaines, peut-être des mois, de persécution ? Satan a-t-il effacé ce que Dieu semblait avoir écrit avec force dans cette ville ?
- Le prédicateur s'adresse aux responsables présents : responsables de jeunes et d'enfants, de groupes, du parcours « Christianity Explored ». Quelqu'un vient à la foi, prie une prière d'engagement, avance pendant un week-end de jeunes. Mais cela tiendra-t-il à la lumière du lendemain, ou quand les amis et la famille s'y opposeront ? La conversation suivante met les nerfs à vif.
- « L'amour nous rend vulnérables à la déception. » D'où cette attente si particulière que connaissent ceux qui servent, même en sachant que c'est Dieu qui agit et qui tient les choses en main.
- Paul le dit deux fois, aux versets 1 et 5 : il ne pouvait plus supporter cette attente. Il ne peut pas retourner lui-même à Thessalonique, trop connu, l'émeute reprendrait. Il a besoin de Timothée à ses côtés, et pourtant il l'envoie.
- Avec humour, le prédicateur imagine Timothée cumulant les miles sur la ligne maritime entre Athènes, Thessalonique et Bérée, tant il fait l'aller-retour. Mais le but est sérieux : affermir et exhorter les croyants dans leur foi, afin que personne ne soit ébranlé par les tribulations.
- Aimer, c'est donc prendre la responsabilité de fortifier la foi des autres. Cela coûte à Paul, qui reste seul et dans l'attente. Et cela coûte aussi à Timothée.
4. Un amour inondé de soulagement (3:6-10)
- Entre-temps, Paul quitte Athènes pour Corinthe (Actes 18). C'est là que Timothée et Silas le rejoignent (Actes 18:5), avec des nouvelles de Thessalonique.
- Au verset 6, le grec dit littéralement que Timothée les a « évangélisés » : il leur a apporté une bonne nouvelle. Ils font toujours confiance à Jésus, ils tiennent bon, la persécution ne les a pas détruits, ils s'aiment les uns les autres et ils aiment Paul. La météorite de l'Évangile est bien tombée là, et elle a laissé un cratère d'amour.
- La mission de Corinthe était difficile, et ce soulagement agit sur Paul comme un remède extraordinaire, une injection de vie nouvelle. Il l'écrit au verset 8 : maintenant nous vivons. Autrement dit, ils étaient comme morts pendant l'attente.
- Le prédicateur raconte avoir fait le mois dernier un grand huit de Thorpe Park, Hyperia, qui valait bien deux heures de queue. Il paraît plat à côté des montagnes russes émotionnelles de Paul : en quelques minutes, il passe de l'angoisse à la question de savoir comment remercier assez Dieu pour toute cette joie.
- John Stott, qui a servi dans cette même Église, disait souvent que le premier danger du ministère chrétien est le découragement. Tom Parsons ajoute que le découragement mène souvent au cynisme, puis à la désillusion : une pente glissante dont tout responsable doit se garder.
- Le remède : les bonnes nouvelles et les encouragements venant des autres. D'où son appel : si tu tiens bon dans la foi, contacte cette semaine la personne qui t'a aidé à grandir et dis-lui que tu tiens bon. Si tu viens d'arriver dans une nouvelle ville et une nouvelle Église, préviens ton Église d'origine : elle en sera profondément encouragée.
5. Un amour qui prie à l'avance (3:11-13)
- Ailleurs, Paul parle de la préoccupation que lui donnent chaque jour toutes les Églises (2 Corinthiens 11:28). Comment tenait-il ? Il ne raccrochait jamais avec Dieu dans la prière.
- Le prédicateur prend l'image de l'appel passé par erreur depuis une poche : la ligne reste ouverte et l'autre entend tout. Gênant au téléphone, mais c'est exactement ce que le chrétien recherche : rester en communion constante avec le Père, par Jésus-Christ, par l'action du Saint-Esprit. Plus on grandit, plus la prière affleure, au point de jaillir soudain, comme chez Paul ici.
- Première demande (verset 11) : que Dieu le Père et le Seigneur Jésus lui ouvrent la route vers Thessalonique. Nos prières s'arrêtent souvent là : « Seigneur, enlève cet obstacle. » C'est une bonne prière.
- Mais Paul va plus loin et prie de façon proactive (verset 12) : que le Seigneur fasse croître et abonder leur amour les uns pour les autres et pour tous, comme le sien pour eux. On comprend alors ce qu'il faisait depuis le début : en ouvrant son cœur, il leur donnait un modèle de l'amour qu'ils devaient avoir les uns pour les autres.
- Cet amour a un effet étonnant : il nous affermit dans la foi. La foi elle-même et l'attachement clair à la vérité nous gardent fermes, mais l'amour mutuel nous garde fermes parce qu'il nous lie ensemble.
- Le verset 13 commence, dans l'original, par une expression de but : que votre amour abonde afin que vos cœurs soient affermis et irrépréhensibles au jour où le Seigneur Jésus reviendra avec tous ses saints. Comment rester unis, pas seulement maintenant mais pour toujours ? En investissant les uns dans les autres par l'amour.
6. Comment un cœur peut-il grandir dans l'amour ?
- Tom Parsons avoue qu'en lisant un tel texte, il trouve son propre cœur tout rabougri à côté du grand cœur battant de l'apôtre, sans parler de celui de Jésus-Christ. Comment un cœur peut-il grandir ?
- La réponse se trouve tout au début de la lettre, un détail facile à manquer : 1 Thessaloniciens 1:4 appelle les croyants « frères bien-aimés de Dieu ». Notre amour vient de lui. Comme le dit l'apôtre Jean, nous aimons parce qu'il nous a aimés le premier (1 Jean 4:19).
- Pour grandir dans l'amour, il faut donc aller à son cœur même : le Seigneur Jésus-Christ et sa mort sur la croix. Y fixer les yeux, et prier là.
- Le chapitre 4, étudié la semaine suivante, montrera des façons pratiques de manifester cet amour. En attendant, le prédicateur propose une prière à faire sienne : « Seigneur, allume en moi le feu de l'amour. Attise l'amour qui est en moi pour qu'il devienne une flamme. » Le Seigneur aime exaucer cette prière.
- Il conclut en demandant au Saint-Esprit de venir donner la vie là où il y a la mort, remplir ce qui est vide, et mettre l'amour là où il y a autre chose à sa place, pour qu'il abonde dans l'Église maintenant et pour toujours.
Points à retenir
- Là où l'Évangile prend racine, il laisse toujours la même empreinte : l'amour.
- L'amour chrétien rend vulnérable : il souffre de la séparation et redoute que la foi des autres ne cède sous la pression.
- Aimer, c'est prendre la responsabilité d'affermir la foi des autres, même quand cela coûte.
- Le découragement guette tous ceux qui servent ; les bonnes nouvelles et les encouragements des autres en sont un puissant remède.
- Prier pour quelqu'un, c'est demander que des obstacles tombent, mais aussi que son amour grandisse. L'amour mutuel nous garde fermes jusqu'au retour du Seigneur.
- Notre amour vient de Dieu : pour aimer davantage, il faut revenir à la croix.
Application personnelle
- Qui t'a aidé à grandir dans la foi ? Peux-tu lui écrire cette semaine pour lui dire que tu tiens bon ?
- Y a-t-il quelqu'un dont la foi est encore fragile et dont tu peux prendre la responsabilité, même si cela te coûte du temps ou du confort ?
- Le découragement a-t-il commencé à glisser vers le cynisme dans ton service ou dans ta vie d'Église ? Qui pourrait t'encourager ?
- Tes prières pour les autres s'arrêtent-elles aux obstacles à lever, ou demandes-tu aussi que leur amour grandisse ?
- Prends un moment devant la croix et prie : « Seigneur, allume en moi le feu de l'amour. »
Versets cités
- 1 Thessaloniciens 2:17-3:13
- 1 Thessaloniciens 1:4
- Actes 17
- Actes 18:1-5
- 2 Corinthiens 11:28
- 1 Jean 4:19
Questions fréquentes
Pourquoi Paul a-t-il quitté Thessalonique si vite ?
D'après Actes 17, la prédication de Paul sur Jésus, le Roi promis qui jugera les vivants et les morts, a provoqué une émeute. Jason a été arrêté puis relâché sous caution, et les nouveaux convertis ont jugé plus prudent d'éloigner Paul. Il est parti pour Bérée, puis pour Athènes, en laissant derrière lui une Église toute jeune et déjà persécutée.
Que nous apprend 1 Thessaloniciens 3 sur l'amour chrétien ?
Tom Parsons y voit le même amour sous quatre lumières : un amour qui souffre d'être séparé, un amour qui prend ses responsabilités à ses dépens en envoyant Timothée, un amour inondé de soulagement à l'arrivée des bonnes nouvelles, et un amour qui prie à l'avance pour que l'amour des autres grandisse.
Comment faire grandir l'amour dans son cœur ?
Le prédicateur renvoie à 1 Thessaloniciens 1:4 : les croyants sont « bien-aimés de Dieu ». Notre amour vient de lui, car nous aimons parce qu'il nous a aimés le premier (1 Jean 4:19). Pour grandir dans l'amour, il faut aller à sa source : Jésus-Christ et sa mort sur la croix, y fixer les yeux et prier là.