Introduction
« As-tu déjà essayé de faire quelque chose seul, alors que tu savais qu'à deux ce serait plus facile ? » C'est par cette question que Jeanette ouvre son message à l'Evangelische Gemeinde ELIM Leipzig. Déplacer un canapé lourd d'un bout à l'autre du salon, monter une armoire massive, ou garer un camping-car géant : elle raconte avoir fini par dire à son mari « Tu peux prendre le relais ? Je descends et je te guide. » À deux, ils ont réussi à garer « ce truc énorme ».
Il en va souvent de même dans la foi. Il y a des moments où l'on chemine seul avec Dieu, et c'est bien : le chercher seul, lire la Bible seul. Mais il faut aussi des temps où l'on avance avec d'autres, où l'on peut demander à un frère ou à une sœur : « Est-ce que tu peux prier avec moi pour ma situation ? » ou « Tu sais comment on entend la voix de Dieu, tu peux m'aider ? »
Ce message ouvre une nouvelle série de prédications intitulée « Miteinander gemeinsam Jesus nachfolgen », suivre Jésus ensemble. Pendant les semaines qui viennent, l'Église veut répondre à une question : comment vivre notre foi et suivre Jésus ensemble ? Ce premier message s'appuie sur 1 Jean 1:3 et sur 1 Corinthiens 12.
Plan du message
1. L'Église est un corps : personne ne peut dire « je n'ai pas besoin de toi »
- En 1 Corinthiens 12, Paul compare l'Église à un corps. Un corps a des membres différents, des jambes, des bras, des oreilles, des yeux, et chacun a une tâche propre. Si un seul manquait, il ferait défaut.
- Au verset 21, l'œil ne peut pas dire à la main : « Je n'ai pas besoin de toi. » Au verset 26, quand un membre souffre, tous souffrent avec lui.
- Jeanette prend l'exemple du gros orteil qu'on se cogne : on crie « aïe », l'autre pied se pose dessus, la main se porte d'elle-même sur l'endroit qui fait mal. Tout le corps souffre avec.
- Dans l'Église, c'est pareil : quand un frère ou une sœur ne va pas bien, on souffre avec lui, on le porte dans la prière, on fait les pas avec lui.
- Si chaque membre disait « je n'ai pas besoin de toi, je fais mon propre truc », le corps ne fonctionnerait pas. « Ce serait bizarre. » Il en va de même quand on essaie de faire cavalier seul dans l'Église.
2. Tu n'as pas besoin de tout savoir faire, mais tu as quelque chose à apporter
- Dieu a donné à chacun des dons différents. Certains sont de vrais intercesseurs : ils ont à peine prononcé trois mots que tu as envie de prier avec eux, alors que tu ne savais pas quoi dire juste avant.
- « Tu n'as pas besoin de tout savoir faire. » On regarde parfois ce que l'autre sait faire en se disant qu'on aimerait le faire aussi. Ce n'est pas nécessaire. Chacun peut apporter ce que Dieu lui a confié.
- Si tu te retires durablement de la communauté, il te manque quelque chose : la solitude s'installe, le besoin des autres se fait sentir.
- Mais la communauté perd aussi quelque chose, parce que ce que tu pouvais apporter n'est plus là. C'est important des deux côtés pour la foi.
3. Partager l'Évangile et sa propre vie
- En 1 Thessaloniciens 2:8, Paul écrit aux Thessaloniciens qu'ils lui étaient devenus si chers qu'il voulait leur donner non seulement l'Évangile, mais aussi sa propre vie.
- Les gens voient ta foi dans ta vie. Quand tu dis « Je ne comprends pas, mais Dieu, je sais que tu as un plan pour moi et que tu traverses cela avec moi », et que tu continues à t'attacher à lui, ils voient que tu as compris que Dieu est fidèle.
- Expliquer que, par Jésus-Christ, toutes nos fautes sont pardonnées, ce n'est pas la même chose que de te voir aller à la croix après une erreur et dire : « Dieu, j'ai mal agi, pardonne-moi. »
- « Être disciple, c'est plus que donner la bonne réponse à quelqu'un. C'est faire la route avec lui. » Pour cela, pas besoin d'être des chrétiens parfaits : on peut reconnaître ses torts, s'excuser et repartir avec l'aide de Dieu.
- Cela ne veut pas dire tout raconter à tout le monde, chaque détail et chaque faute. Il y a pour cela les proches de confiance. Mais il est important de laisser les autres prendre part à notre vie, à rebours de ce monde anonyme où nous vivons.
4. Être vrai plutôt que publier la photo parfaite
- Une amie lui a montré ses photos de famille : sur l'une le plus petit ne regardait pas, sur l'autre l'enfant du milieu faisait une drôle de tête, puis c'était elle, puis son mari. Une seule photo était à peu près réussie.
- Jeanette a souri : « Je te comprends. » Chez elle aussi, quelqu'un s'échappe toujours. Sur la photo de famille qu'elle a montrée pendant le culte, son fils était couché par terre et regardait de l'autre côté. C'était la seule où tout le monde figurait, et même là, il manquait quelqu'un.
- Pourtant, ce qu'on publie, c'est la photo parfaite, et les autres se disent : « Waouh, quelle famille ! »
- Son souhait pour l'Église : être vrais. Prendre part à la vie les uns des autres, et, autour d'un café, ne pas parler seulement de ce qui va bien mais aussi de ce qui a mal tourné.
5. Dire la vérité dans l'amour
- Être vrais, c'est aussi pouvoir dire à quelqu'un : « J'ai l'impression que tu fais fausse route. » Pas de haut, pas pour humilier, mais : « Je t'aime vraiment, mais es-tu sûr que cette décision est la bonne ? On regarde ça ensemble ? »
- Retour au camping-car : si elle avait vu son mari sur le point d'accrocher quelque chose en reculant et qu'elle s'était tue par peur de sa réaction, « ça aurait été plutôt mauvais, surtout pour notre assurance ».
- Tout aussi mauvais : crier « Stop, qu'est-ce que tu fais ? Tu es bête ? Tu ne sais plus conduire ? »
- En Éphésiens 4:15, Paul demande de dire la vérité dans l'amour, pour grandir à tous égards en celui qui est le chef, Christ. Le but de toute correction est que l'autre grandisse dans la foi.
- « La vérité sans amour peut faire mal, elle peut blesser. Mais l'amour qui ne dit jamais rien et se tait n'aide pas forcément non plus. » Les deux vont ensemble.
- Avant de parler, examine tes motivations : est-ce par intérêt personnel, ou parce que cela sert vraiment l'autre ? « La personne compte pour moi, pas l'affaire en elle-même. »
- Et quand c'est toi qu'on reprend, prends le temps d'écouter au lieu de passer tout de suite en mode défense.
6. Trois pas concrets pour vivre la communauté
- Cherche une personne. Si tu te dis « j'aimerais tant avoir un bon ami avec qui passer du temps », commence à prier pour cela. Et quand Dieu te met quelqu'un à cœur, aie le courage d'aller vers lui et de passer du temps ensemble.
- Donne à quelqu'un un mandat dans ta vie. Pas pour qu'il décide de ta vie, mais pour qu'il te dise « les derniers 10 % » que tu ne vois pas, tes angles morts. Demande-toi : y a-t-il quelqu'un qui te connaît vraiment et qui peut te dire quand tu te trompes de chemin ? Et es-tu prêt à être cette personne pour un autre ? « Être disciple n'est pas une rue à sens unique. »
- Jeanette raconte avoir demandé à une très bonne amie de jouer ce rôle. Celle-ci a répondu : « Non », de peur qu'une étape de plus dans la franchise finisse par les éloigner. Jeanette a trouvé cette réponse « vraiment forte ». Elle s'est alors tournée vers une de ses responsables : « Si tu vois que je m'écarte du chemin, dis-le-moi, de toi-même. J'en ai besoin, ton avis compte pour moi. »
- Témoignage personnel : à une période de sa vie, elle savait clairement que Dieu lui demandait de rester célibataire pendant environ un an. Elle ne l'avait confié qu'à ses amis les plus proches. Cette année-là, elle a rencontré quelqu'un. Un ami lui a dit aussitôt : « Stop. Qu'est-ce que Dieu t'a dit au début de l'année ? » Elle a tenté d'argumenter, il a répété la question. Le désir d'une relation et d'une famille ne disparaît pas parce que Dieu a parlé, et elle a été reconnaissante pour cette amitié honnête qui lui a rappelé la parole reçue.
- Partage ta vie avec quelqu'un. N'attends pas que les autres viennent se confier à toi. Quand on te demande « comment ça va ? », marque une pause au lieu de répondre « bien » tout de suite : comment s'est passée ta nuit, ta semaine, qu'est-ce qui te met au défi ?
- Propose spontanément une promenade, invite quelqu'un à déjeuner sans d'abord faire briller tout l'appartement. « Ce ne sont pas des pas grandioses ou spectaculaires », mais c'est cela, partager sa vie.
7. Aimer comme Jésus a aimé
- Que chacun se demande ce qu'il peut faire pour que les autres se sentent bien. Si quelqu'un que tu ne connais pas est assis à côté de toi, va lui parler après le culte. « Arrêtons d'être anonymes à l'église », et pas seulement avec les cinq personnes que l'on connaît déjà, mais surtout avec les nouveaux venus.
- En Jean 13:34-35, Jésus donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres comme il nous a aimés. C'est à cet amour que tous reconnaîtront ses disciples.
- Jeanette avoue : « Comment je peux y arriver ? Aimer comme Jésus, qui est allé à la croix pour nous ? Je n'en suis pas capable. » D'où sa prière de chaque matin : « Jésus, donne-moi l'amour que tu as pour les gens. »
- Quand nous nous tendons vers cet amour, les gens nous reconnaissent, « parce que ce n'est pas notre amour, c'est le sien ».
- Son souhait : une Église de personnes qui ne se contentent pas d'assister au culte mais vivent des relations. Cela commence quand chacun, elle comprise, fait de la place aux autres dans sa vie : un déjeuner aujourd'hui, une glace la semaine prochaine, ou un chocolat chaud si le temps se gâte.
- « C'est cela, suivre Jésus », car Jésus n'a rien fait d'autre que de laisser les gens voir et partager sa vie avec lui.
- Dans le temps de prière final, elle invite ceux qui ont peur des autres, ou qui ont été blessés après avoir été honnêtes, à déposer cette crainte devant Dieu. Elle partage aussi une image reçue en venant à l'église : une personne qui, prise dans une tempête, jette par-dessus bord ce qui charge son bateau. Le message qu'elle y entend de la part de Dieu : pour un nouveau départ, pas besoin du bagage d'autrefois, ni des rancunes qu'on traîne. « Fais-moi confiance, j'ai déjà tout préparé. »
Points à retenir
- L'Église est un corps : aucun membre ne peut dire à un autre « je n'ai pas besoin de toi », et quand l'un souffre, tous souffrent avec lui.
- Tu n'as pas à tout savoir faire, mais ton absence prive la communauté de ce que Dieu t'a confié.
- Être disciple, c'est plus que donner la bonne réponse : c'est faire la route avec quelqu'un, sans avoir besoin d'être parfait.
- La vérité et l'amour ne se séparent pas : on corrige pour que l'autre grandisse, et on accepte d'être repris sans se défendre aussitôt.
- Aimer comme Jésus n'est pas possible par nos propres forces : c'est son amour, demandé chaque jour, qui nous rend reconnaissables.
Application personnelle
- Dans quel domaine essaies-tu de suivre Jésus seul alors qu'à deux ce serait plus facile ?
- Y a-t-il quelqu'un qui te connaît vraiment et à qui tu as donné le droit de te dire quand tu fais fausse route ?
- Quand tu as quelque chose de difficile à dire à un proche, quelles sont tes motivations : ton intérêt, ou son bien ?
- La prochaine fois qu'on te demandera « comment ça va ? », oseras-tu répondre vraiment ?
- Qui pourrais-tu inviter cette semaine, pour un repas, une promenade ou un chocolat chaud, sans attendre que tout soit parfait ?
Versets cités
- 1 Corinthiens 12
- 1 Corinthiens 12:21
- 1 Corinthiens 12:26
- 1 Jean 1:3
- 1 Thessaloniciens 2:8
- Éphésiens 4:15
- Jean 13:34-35
Questions fréquentes
Pourquoi ne pas vivre sa foi seul ?
Chercher Dieu seul et lire la Bible seul est bon, mais l'Église est un corps (1 Corinthiens 12). Jeanette explique que celui qui se retire durablement de la communauté finit par se sentir seul, et que la communauté perd aussi ce qu'il pouvait apporter.
Comment dire une vérité difficile à un frère ou une sœur ?
Selon Éphésiens 4:15, en disant la vérité dans l'amour. La vérité sans amour peut blesser, l'amour qui se tait toujours n'aide pas non plus. Jeanette invite à examiner d'abord ses motivations et à garder en vue la personne, pas l'affaire elle-même.
Que signifie donner à quelqu'un un mandat dans sa vie ?
C'est autoriser une personne de confiance à te dire les « derniers 10 % » que tu ne vois pas, tes angles morts. Elle ne dirige pas ta vie, mais elle peut te rappeler ce que Dieu t'a dit et t'aider à rester sur le chemin.