Introduction
« À aucun moment, Dieu n'a perdu le contrôle de l'histoire. » Dans ce message de la série « L'Évangile dans Jonas », le prédicateur de l'Igreja Baptista de Torres Novas, au Portugal, termine le premier chapitre du livre. La semaine précédente, l'Église s'était arrêtée sur ce qui se passait à bord du navire. Cette fois, il lit Jonas 1:11 à 2:1.
La scène reste la même : un prophète qui fuit, un navire en route vers Tarsis, une tempête qui ne cesse de grossir. Mais tout bascule en quelques versets. Jonas assume sa faute, des marins païens se mettent à prier l'Éternel, la mer se calme d'un coup, et Dieu prépare un grand poisson pour que son prophète ne se noie pas.
Derrière ce récit, le prédicateur montre un Dieu qui reste souverain au milieu du chaos, qui va chercher les perdus, et dont l'amour fidèle poursuit même celui qui lui désobéit.
Plan du message
1. Un prophète repris par des païens
- Jonas a tenté de fuir la présence de Dieu : il est descendu à Japho et a pris un navire pour Tarsis, à l'opposé de Ninive. Dieu a envoyé un vent violent sur la mer.
- Les marins, probablement des Phéniciens, criaient chacun vers leurs dieux. Ils ont réveillé Jonas, tiré au sort, et le sort est tombé sur lui. Jonas n'a pas caché son identité : il est Hébreu et il craint l'Éternel, le Dieu de l'alliance, qui a fait le ciel, la mer et la terre.
- Ces hommes lui ont fait des reproches. Le prédicateur s'arrête sur ce paradoxe : « Imagine un croyant repris par un incrédule » parce qu'il désobéit à Dieu. Dans l'histoire d'Israël, Dieu s'est souvent servi de nations impies, comme les Babyloniens, pour discipliner son propre peuple.
- Il en tire trois choses. La rébellion contre Dieu ne reste pas impunie. Dans sa souveraineté, Dieu utilise les moyens qu'il veut pour prendre soin de ses enfants, et prendre soin veut dire protéger, mais aussi souvent discipliner : « le cœur du roi » est dans sa main, il le dirige où il veut (Proverbes 21:1). Enfin, d'une manière ou d'une autre, Dieu accomplit ses desseins. Jésus l'a dit lors de son entrée à Jérusalem : si les disciples se taisent, « les pierres crieront » (Luc 19:40).
2. « Jetez-moi à la mer » : assumer sa faute
- La tempête empire. Les marins demandent : « Que te ferons-nous, pour que la mer se calme envers nous ? » Le verdict est clair : Jonas, c'est toi le problème.
- Au verset 12, Jonas répond avec résolution : « Prenez-moi, et jetez-moi dans la mer, et la mer se calmera envers vous ; car je sais que c'est moi qui attire sur vous cette grande tempête. » Convaincu qu'il est inutile de fuir Dieu, il assume pleinement sa faute.
- Ces hommes n'avaient rien à voir avec sa désobéissance. Jonas montre alors un amour substitutif : « Pour que vous viviez, je vais mourir. » Le vrai amour répond aux besoins de l'être aimé, quel qu'en soit le prix. L'amour est une décision de la volonté, pas un simple sentiment, et entre mari et femme il engage toute la vie.
- Première application : il est inutile de fuir Dieu, inutile d'essayer de le manipuler avec nos idées et nos arguments. On ne peut le faire qu'avec « un Dieu resté prisonnier de ta tête », pas avec le Dieu auquel Jonas avait affaire.
- Quand nous désobéissons, nous sommes soumis à sa discipline, parce qu'il est un Père : il châtie ceux qu'il aime (Hébreux 12:6). « Si tu es en désobéissance et que tout va bien dans ta vie, quelque chose ne va pas du tout. »
- Deuxième application : assumer sa propre faute devant Dieu et devant ceux que nous avons blessés. Depuis l'Éden, chacun accuse l'autre : « la femme que tu as mise auprès de moi », « le serpent » (Genèse 3:12-13). Aujourd'hui encore, c'est la faute du frère, de l'épouse, du mari. Le prédicateur invite à pratiquer « la force vive et extraordinaire du pardon » : il y a de la puissance à reconnaître son erreur et à demander pardon, et de la puissance à pardonner. Jésus l'a enseigné et l'a vécu : il est mort pour des pécheurs et il les a pardonnés.
3. Des marins païens qui prient l'Éternel
- Les marins ne jettent pas Jonas tout de suite. Ils rament pour regagner la terre, qui semblait proche, mais la mer devient de plus en plus furieuse. Ils comprennent que ce Dieu n'est pas une divinité païenne qu'on convainc avec une offrande ou un rituel : il est souverain.
- Puis ils prient : « Ô Éternel, ne nous fais pas périr à cause de la vie de cet homme, et ne nous charge pas du sang innocent ! Car toi, Éternel, tu fais ce que tu veux. » Quelques heures plus tôt, ces hommes invoquaient des dieux païens. Maintenant, ils crient vers le Dieu de l'alliance et reconnaissent sa souveraineté. « Quelle prière, quelle conversion ! »
- Comment des hommes qui ne connaissaient ni la loi ni l'alliance peuvent-ils invoquer l'Éternel ? Le prédicateur remonte à l'appel d'Abraham : « toutes les familles de la terre seront bénies en toi » (Genèse 12:1-3). Dans l'Ancien Testament déjà, on voit des signes que l'Évangile atteindra les nations. Paul expliquera ce mystère révélé : l'Évangile est aussi pour les non-Juifs (Éphésiens 3:6).
- Dieu a utilisé la rébellion de Jonas et changé le mal en bien. Le prédicateur estime qu'il y avait peut-être une centaine d'hommes à bord d'un navire de taille moyenne sur cette route, tout en précisant que personne ne le sait avec certitude.
- C'est ce que Paul appelle se convertir à Dieu « en abandonnant les idoles pour servir le Dieu vivant et vrai » (1 Thessaloniciens 1:9). Nos idoles ne sont pas en argile ou en pierre, elles sont dans le cœur. Jean Calvin disait que le cœur humain est une fabrique d'idoles : les biens, la maison, la voiture, le travail, les loisirs, le sport, le conjoint, un fils ou une fille. Ces affections ont leur place, mais la loyauté envers Dieu doit passer avant tout.
- Pour le savoir, pose-toi la question : « Pour quoi est-ce que je vis et pour quoi est-ce que je me sacrifie ? » Pour Jésus-Christ, pour la vérité de l'Évangile, pour le peuple de Dieu, comme les frères persécutés qui continuent de rendre un culte au vrai Dieu au risque de leur vie ? « Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur » (Matthieu 6:21).
4. La mer se calme et le signe de Jonas
- Ils jettent Jonas à la mer, et la mer s'arrête dans sa fureur. Une version de la Bible (la NVT, en portugais) précise : « au même instant ». Le calme est immédiat.
- Il a fallu un sacrifice humain pour que la colère de Dieu soit apaisée. Cela rappelle la croix : quelqu'un sacrifié pour apaiser la colère de Dieu contre nos péchés. Jonas, d'une certaine façon, l'a illustré.
- Le prédicateur dit pourtant ne pas être très favorable à l'idée de faire de Jonas un type du Christ. Les différences entre les deux personnes et entre les conditions de leur sacrifice sont trop marquées : Jonas a pris le chemin de la désobéissance, Jésus celui de l'obéissance au Père, tout le temps.
- Jésus, lui, s'est référé directement à Jonas. Aux scribes et aux pharisiens qui réclamaient un signe, il a répondu qu'il ne leur serait donné que celui du prophète Jonas : comme Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d'un grand poisson, le Fils de l'homme serait trois jours et trois nuits dans le sein de la terre, et les gens de Ninive se lèveraient au jugement (Matthieu 12:38-41).
- Certains théologiens libéraux ont présenté le livre de Jonas comme une fable. Pour le prédicateur, le plus important est que c'est Jésus qui en parle : il confirme un prophète réel, une histoire réelle et la conversion réelle des Ninivites.
5. Crainte, sacrifices et vœux : retrouver l'admiration
- « Ces hommes furent saisis d'une grande crainte de l'Éternel, et ils offrirent un sacrifice à l'Éternel, et firent des vœux. » Il n'y a pas eu seulement un sauvetage physique : des païens ont reconnu le vrai Dieu.
- Même réaction chez les disciples quand Jésus calme la tempête : « Quel est donc celui-ci, à qui obéissent même le vent et la mer ? » (Marc 4:41). C'est en ce Dieu-là que nous croyons, un Dieu révélé dans sa Parole, « pas un Dieu inventé dans notre tête ».
- Les marins ne s'arrêtent pas à la crainte : ils offrent des sacrifices, un acte de culte, et font des vœux, c'est-à-dire qu'ils prennent des engagements devant Dieu.
- Le prédicateur y voit « la beauté du premier amour », celle que beaucoup perdent avec les années. Il appelle à raviver l'admiration pour qui est Dieu, pour ce qu'il a fait dans l'histoire et dans notre propre histoire : le Dieu tout-puissant, créateur, bon, qui va chercher le perdu et vient jusqu'à nous en Jésus-Christ, qui a pris sur lui la colère de Dieu et la culpabilité de nos péchés.
- L'histoire commence avec des païens qui crient vers leurs dieux dans une tempête terrifiante. Elle se termine dans le calme, avec ces mêmes hommes qui adorent le vrai Dieu. Dieu savait que Jonas désobéirait, mais il a conduit l'histoire pour sauver ces hommes, et pour continuer son plan de sauver Ninive.
- Le prédicateur cite un théologien réformé spécialiste de l'Ancien Testament : « L'activité anti-missionnaire de Jonas a abouti, ironiquement, à la conversion de Ninive. » La promesse faite à Abraham était déjà en train de s'accomplir.
- Un prophète qui dort, un navire qui sombre, des prières païennes : ce qui était un tableau chaotique pour nous était, pour Dieu, le cours de sa volonté souveraine exprimant son amour et sa compassion. Quand tu regardes les nouvelles et que tout semble perdu, n'oublie pas qu'à aucun moment Dieu n'a perdu le contrôle de l'histoire.
6. Le grand poisson : un Dieu qui protège
- « L'Éternel fit venir un grand poisson pour engloutir Jonas, et Jonas fut dans le ventre du poisson trois jours et trois nuits. » D'autres versions disent que l'Éternel avait « préparé » ou « désigné » ce poisson.
- Avec un humour respectueux, le prédicateur imagine Dieu plaçant déjà le poisson à côté du navire au moment où il envoie la tempête : « Reste là, quelqu'un va tomber. » Dieu avait tout prévu, la tempête comme le poisson.
- Le texte ne dit pas de quel animal il s'agit. Certains parlent d'un cachalot ou d'un requin-baleine, mais on n'en a aucune certitude.
- L'essentiel est ailleurs : Dieu a été miséricordieux, patient et plein d'amour envers Jonas. Pour Jonas, c'était la fin. Mais Dieu a pourvu une protection pour qu'il ne se noie pas. Le prédicateur cite le pasteur Nicodemus, qui y voit un prototype de Jésus.
- Dieu a préservé son prophète pour que sa vie et sa mission à Ninive continuent. Malgré sa rébellion, « l'amour fidèle de Dieu l'a poursuivi ». Et au passage, ce même amour a atteint des hommes idolâtres, dont la vie a été préservée et qui ont connu le vrai Dieu.
7. Quatre leçons pour aujourd'hui
- Repose ton cœur en Dieu, même quand tu ne comprends pas ses chemins. Habakuk n'a pas vu la restauration qu'il attendait, et pourtant il a écrit : « Car le figuier ne fleurira pas […] Toutefois, je veux me réjouir en l'Éternel, je veux me réjouir dans le Dieu de mon salut » (Habakuk 3:17-19). Dieu est aux commandes de l'histoire et de ta propre vie.
- N'essaie jamais de fuir Dieu. Il a été miséricordieux envers Jonas, envers les marins, envers Ninive, et il veut te ramener à lui.
- Quand tu désobéis, ne cherche pas de coupable. Si tu as blessé quelqu'un par tes paroles, ton enfant, ton conjoint, un membre de l'Église, si tu as été égoïste ou indifférent, demande pardon. Ne mets pas les choses sous le tapis : « le temps n'efface rien ». Dans un couple, ce qui n'est pas réglé peut ressurgir trente ans plus tard et mener au divorce. Regarde au Christ : comme il nous a pardonné, pardonne à ceux qui sont proches de toi.
- La tempête était l'expression de la colère de Dieu contre la rébellion de Jonas, et la mer s'est calmée quand Jonas a été jeté. À la croix, quelque chose d'une portée universelle s'est produit : Jésus a donné sa vie sainte en propitiation pour nos péchés, il a pris sur lui la punition qui nous était due. Le prédicateur précise que Jésus n'a pas sauvé toute l'humanité automatiquement : il y aura un jugement, comme Jésus l'a enseigné, et il n'y aura pas de seconde chance après cette vie. L'invitation reste ouverte : reconnaître ses péchés, s'en repentir, croire en Jésus et remettre sa vie entre ses mains. « Aujourd'hui, si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas vos cœurs » (Hébreux 3:7-8). Ne fuis pas Dieu.
Points à retenir
- Il est inutile de fuir Dieu ou de le manipuler : le Dieu de Jonas n'est pas un Dieu inventé par notre imagination.
- Jonas assume sa faute au lieu d'accuser les autres. Reconnaître son erreur, demander pardon et pardonner ont une vraie puissance.
- Dieu a utilisé la désobéissance de Jonas pour amener des marins païens à se convertir des idoles au Dieu vivant et vrai.
- Ce qui nous paraît chaotique reste entre les mains d'un Dieu souverain qui n'a jamais perdu le contrôle de l'histoire.
- Le grand poisson montre l'amour fidèle d'un Dieu qui protège son prophète rebelle et préserve sa mission.
Application personnelle
- Dans quel domaine essaies-tu en ce moment de fuir Dieu ou de le convaincre avec tes propres arguments ?
- Y a-t-il une personne que tu as blessée et à qui tu dois demander pardon, au lieu d'attendre que le temps efface les choses ?
- Pour quoi vis-tu et pour quoi te sacrifies-tu vraiment ? Qu'est-ce qui occupe le centre de tes désirs ?
- Ton admiration pour Dieu, celle du premier amour, s'est-elle émoussée avec les années ? Qu'est-ce qui pourrait la raviver ?
- Face à une situation qui te paraît chaotique, comment peux-tu reposer ton cœur dans le Dieu qui garde le contrôle, comme Habakuk ?
Versets cités
- Jonas 1:11 à 2:1
- Proverbes 21:1
- Luc 19:40
- Hébreux 12:6
- Genèse 3:12-13
- Genèse 12:1-3
- Éphésiens 3:6
- 1 Thessaloniciens 1:9
- Matthieu 6:21
- Matthieu 12:38-41
- Marc 4:41
- Habakuk 3:17-19
- Hébreux 3:7-8
Questions fréquentes
Pourquoi Jonas demande-t-il aux marins de le jeter à la mer ?
Jonas a compris qu'il est inutile de fuir Dieu. Il reconnaît que la tempête est venue à cause de lui et assume sa faute devant Dieu et devant les marins. Il propose de donner sa vie pour que ces hommes, qui n'avaient rien à voir avec sa désobéissance, soient sauvés. Le prédicateur y voit un amour substitutif : pour que vous viviez, je vais mourir.
Les marins de Jonas 1 se sont-ils vraiment convertis ?
Selon le prédicateur, oui. Ces hommes païens invoquaient d'abord leurs propres dieux. Ils finissent par prier l'Éternel, par reconnaître sa souveraineté, puis par lui offrir des sacrifices et lui faire des vœux. C'est ce que Paul appelle se convertir des idoles au Dieu vivant et vrai (1 Thessaloniciens 1:9), et un signe que Dieu regardait déjà vers les nations, selon la promesse faite à Abraham.
Que représente le grand poisson dans l'histoire de Jonas ?
Le texte ne précise pas de quel animal il s'agit. Pour le prédicateur, l'essentiel est ailleurs : Dieu a préparé ce poisson pour protéger Jonas de la noyade. Malgré la rébellion du prophète, l'amour fidèle de Dieu l'a poursuivi pour préserver sa vie et sa mission auprès de Ninive.