Apocalypse 6 : la colère de l'Agneau et la patience de Dieu

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Introduction

« Un jour, ce sera notre réalité quotidienne. Un jour, nous nous tiendrons devant l'Agneau de Dieu. » La semaine précédente, l'Église Vertical à Nantes s'était arrêtée sur Apocalypse 5 : toute la création retient son souffle, et seul Jésus-Christ, celui qui a donné sa vie, est digne d'ouvrir le livre scellé de sept sceaux. Au chapitre 6, il commence à l'ouvrir.

Le prédicateur le reconnaît d'emblée : c'est sans doute la partie la plus difficile à interpréter de l'Apocalypse, parce qu'elle touche un sujet qui nous met mal à l'aise. « Nous aimons parler du fait que Jésus nous aime. Mais parfois, nous avons un peu de mal avec le fait que Jésus est aussi juste et qu'il va revenir pour juger ce monde. »

Pas de plan en cinq points sur les signes de la fin du monde. Son objectif est plus simple : montrer que ce texte est compréhensible, que les notes et les références en bas de page de ta Bible donnent presque toutes les clés, et que ce message, comme l'annonçait le chapitre 1, est une bonne nouvelle faite pour consoler.

Plan du message

1. Un livre compréhensible : la structure des sceaux

  • Les sept sceaux ne sont pas tous identiques. Les quatre premiers suivent le même schéma : un des êtres vivants appelle, un cavalier arrive, quelque chose se produit. Les sceaux 5 et 6 sont différents.
  • Le septième sceau n'arrive pas tout de suite. Le chapitre 7 forme une pause, une parenthèse, un temps de respiration, et le septième sceau ne s'ouvre qu'au début du chapitre 8.
  • Ce schéma revient trois fois entre les chapitres 6 et 16 : les sceaux, puis les trompettes, puis les coupes. Même structure, même fin, avec chaque fois une scène d'autel céleste, des tremblements de terre, des tonnerres et une réaction à la fin.
  • Le prédicateur y voit non pas une succession d'événements à noter dans l'ordre, mais trois angles de vue sur un même événement, comme un zoom qui part de très près et s'éloigne peu à peu. Dans l'Apocalypse, le chiffre 7 exprime la totalité : après 7, il ne reste rien.
  • Certains de ces événements ont-ils déjà eu lieu ? Décrivent-ils la condition humaine en général, ou seulement l'avenir ? Les théologiens débattent. Le prédicateur assume son humilité : « Quand on ne sait pas, on ne sait pas. » Le texte parle de ce qui se passe avant le retour de Jésus, sans qu'il prétende dire où nous en sommes exactement.

2. Les quatre cavaliers : Dieu retire sa protection

  • Les quatre cavaliers sont une sorte d'« anti-êtres vivants ». Au chapitre 5, quatre êtres vivants louaient Dieu. Ici, des êtres semblent semer le chaos. Mais chaque fois, on leur dit : « Viens. » Ce ne sont pas de simples problèmes sur la terre : c'est un jugement décrété par Jésus-Christ.
  • La clé est dans l'Ancien Testament, et le prédicateur s'en amuse : s'il fait le lien avec Zacharie, ce n'est pas parce qu'il connaît sa Bible par cœur, mais parce que d'autres ont déjà fait le travail dans les notes. Chez Zacharie, des cavaliers annoncent le jugement de Dieu sur les nations qui ont fait du mal à son peuple.
  • Le cheval blanc porte un arc et une couronne, il part « en vainqueur et pour vaincre ». Les premiers lecteurs pensaient aux Parthes, dans l'actuel Iran, redoutables archers à cheval qui avaient battu l'armée romaine. C'est l'humanité qui part en guerre et qui conquiert.
  • Pour le prédicateur, ces quatre jugements disent la même chose : Dieu retire sa protection. « Tu ne veux pas de moi dans ta vie, dans ta société ? Je laisse l'humanité suivre son cours naturel. Tu veux conquérir, conquiers. Tu veux faire du mal, fais du mal. C'est ça, la vie sans moi. »
  • Le cheval rouge reçoit le pouvoir d'enlever la paix de la terre, « afin que les hommes s'égorgeassent les uns les autres ». Le cheval noir porte une balance : oppression économique et famine, avec des prix seize à dix-huit fois plus élevés que la normale. Le quatrième représente la maladie.
  • Le jugement touche le quart de la terre. Avec les trompettes, ce sera le tiers. Avec les coupes, toute la terre. C'est le zoom qui s'éloigne. Les trompettes et les coupes reprennent les plaies d'Égypte du livre de l'Exode.
  • « Dieu va déverser sa colère. Nous ne sommes peut-être pas à l'aise avec cela, mais nous ne pouvons pas faire dire autre chose au texte. » Cela rappelle aussi que Dieu est souverain : aucun mal sur la terre ne lui échappe. Toute guerre n'est pas forcément ce jugement, précise le prédicateur, mais c'est Dieu qui le déclenche et c'est lui qui l'arrêtera.

3. Le cri des martyrs : « Jusqu'à quand ? »

  • Au cinquième sceau, sous l'autel, se trouvent les âmes de ceux qui ont été immolés à cause de la parole de Dieu et du témoignage qu'ils avaient rendu. Ce sont les chrétiens morts en martyrs. « Dans le christianisme, quand on meurt en martyr, on ne tue personne. C'est nous qu'on tue. »
  • Ces frères et sœurs ont dit : « Si tu me demandes de choisir entre renier Jésus-Christ et la mort, je choisis la mort. » Leur cri ressemble à un reproche : un quart de la terre seulement, ce n'est pas encore le vrai jugement. Seigneur, pourquoi ne vas-tu pas jusqu'au bout ?
  • Dieu leur fait un cadeau : une robe blanche, la tunique du vainqueur. C'est une promesse : le jugement du mal n'est pas encore complet, mais toi, tu sais déjà où tu vas. Il leur est demandé de se tenir en repos encore quelque temps.
  • Pourquoi attendre ? Parce que le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères n'est pas encore complet. Jésus vit une tension permanente : « Si j'arrête le mal tout de suite, j'éradique les êtres humains. » Nous sommes les premiers fournisseurs de mal dans ce monde. Il nous donne du temps pour nous repentir.
  • Aux chapitres 2 et 3, Jésus faisait le ménage dans les Églises. Au chapitre 6, c'est l'équivalent pour le monde.
  • « Et moi, si je suis là quand cela arrive ? » Israël vivait en Égypte pendant les plaies et en ressentait les effets, mais Dieu l'a préservé tout au long. Les martyrs n'ont pas été tués par les cavaliers : ils ont été tués pour leur foi.

4. Le sixième sceau : personne ne peut se cacher

  • Le sixième sceau répond à la frustration des martyrs. Tremblement de terre, soleil noir, lune comme du sang, étoiles qui tombent, ciel qui se retire comme un livre qu'on roule : la création elle-même devient l'alliée de Dieu et ne permet plus à l'humanité de se cacher.
  • Rois, grands, chefs militaires, riches, puissants, esclaves et hommes libres courent se cacher dans les cavernes. Ils disent aux montagnes : « Tombez sur nous, et cachez-nous. » Ironie du texte : au verset 14, Dieu a déjà déplacé les montagnes.
  • Le prédicateur y lit une portée symbolique : l'homme, avec toute sa malice, son progrès et sa technologie, ne peut rien pour échapper à ce moment. « Il vient un jour où il n'y aura plus d'athéisme sur cette terre, parce que tout le monde sera face à face avec lui. »
  • Reste la question glaçante du verset 17 : « Le grand jour de sa colère est venu, et qui peut subsister ? » Le prédicateur avoue qu'il n'aime pas dire cela, mais il le croit fondamentalement important. La question est : où te situes-tu ?

5. Pourquoi Dieu juge avant de juger : trois raisons

  • Dieu pourrait tout arrêter d'un coup. Pourquoi ces jugements partiels ? Première raison : parce que Dieu est bon. Si tu aimes vraiment ton conjoint ou tes enfants et que quelqu'un leur fait du mal, quelque chose se lève en toi. Un Dieu qui aime ne peut pas être d'accord avec le mal.
  • Le mal est réel et il est animé par l'idolâtrie. Les plaies d'Égypte visaient les Égyptiens qui opprimaient le peuple de Dieu, mais aussi leurs faux dieux, les fausses philosophies et les fausses images que nous créons, « même peut-être de Jésus-Christ ». Un jour, le mal n'existera plus.
  • Deuxième raison, dans le cri des martyrs : Dieu veut répondre à notre besoin de justice. Une injustice non réparée laisse un goût d'inachevé. « Je ne sais pas ce que tu as vécu, le mal qu'on t'a fait, mais le Dieu juste et saint te rendra justice. »
  • C'est le plus grand encouragement à vivre l'éthique chrétienne. Jésus demande de tendre l'autre joue, de faire deux kilomètres avec le soldat romain qui en exige un, de rendre à César ce qui est à César. Le chrétien répond au mal par le bien. Cela crée un manque de justice, et c'est Jésus qui viendra le combler, mieux que nous.
  • Troisième raison : la repentance. Au chapitre 9, après les jugements, le reste des hommes « ne se repentirent pas des œuvres de leurs mains ». Le texte laisse entendre une attente : si tu vois que Dieu punit le mal, tu devrais y renoncer. Seul un bref moment fait exception, au chapitre 11, verset 13 : là, certains se tournent vers Dieu. Dieu sauve encore des hommes à travers ces événements.
  • Le prédicateur parle aux parents : si tu ne donnes jamais de conséquences à ton enfant, sa vie est gâchée. Le but de la sanction est qu'il renonce à ce qui le détruit. Dieu joue ses dernières cartes : « J'ai essayé la carotte, mais je veux tellement te sauver que je suis prêt à utiliser le bâton, parce que l'enjeu, c'est ton éternité. »
  • Dieu paraît effrayant, presque sadique, reconnaît-il, surtout pour celui qui entre pour la première fois dans une Église. Mais Ézéchiel 18 dévoile son cœur : « Ce que je désire, est-ce que le méchant meure ? N'est-ce pas qu'il change de conduite et qu'il vive ? »
  • Le prédicateur confie avoir tremblé en lisant ce texte : combien de fois veut-il se faire justice lui-même au lieu de laisser Dieu agir ?

6. La patience de Dieu et l'assurance du chrétien

  • Si on te demande : « Si ton Dieu existe, pourquoi y a-t-il tant de mal sur la terre ? », voici la réponse : parce que Dieu est encore patient avec toi. Parce qu'il veut encore que tu rentres à la maison. « Si Dieu arrête le mal maintenant, il t'arrête aussi. »
  • Le choix fait dans cette vie a des conséquences réelles. Croire en Christ n'est pas une opinion ni un style de vie : c'est ce qui détermine ton éternité.
  • Le chrétien a-t-il quelque chose à craindre ? Non. Regarde les martyrs : Dieu prend soin d'eux et leur donne l'assurance. Romains 8:1 le promet : « Il n'y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. »
  • « Les chrétiens ne sont pas meilleurs que les autres. Ce sont simplement des gens qui reconnaissent qu'ils ont besoin d'aide, et de l'aide d'un Jésus prêt à la leur donner. »
  • Le message se conclut par la sainte cène : se souvenir avec ses cinq sens que tous les êtres humains méritaient ce jugement, mais que Christ a choisi de le prendre à notre place. « C'est dur, oui, mais c'est beau. »

Points à retenir

  • Apocalypse 6 est compréhensible : les sceaux, les trompettes et les coupes reprennent trois fois le même cycle, comme trois angles de vue sur un même événement.
  • Les quatre cavaliers montrent un Dieu qui retire sa protection à une humanité qui ne veut pas de lui, tout en restant souverain sur le mal.
  • Dieu juge le mal parce qu'il est bon, parce qu'il veut rendre justice et parce qu'il veut encore conduire des hommes à la repentance.
  • Si le mal n'est pas encore arrêté, c'est parce que Dieu est patient et que sa famille n'est pas encore complète.
  • Pour ceux qui sont en Jésus-Christ, il n'y a aucune condamnation : la robe blanche est une promesse de victoire.

Application personnelle

  1. Qu'est-ce qui te met le plus mal à l'aise dans l'idée d'un Jésus qui revient pour juger, et qu'est-ce que ce texte change à ta manière de le voir ?
  2. Quelle injustice subie attend encore réparation dans ta vie ? Es-tu prêt à la remettre au Dieu juste plutôt qu'à te faire justice toi-même ?
  3. Dans quelle situation concrète peux-tu, cette semaine, répondre au mal par le bien ?
  4. Pour quels proches, encore loin de Dieu, la patience de Dieu est-elle une bonne nouvelle, et comment peux-tu prier pour eux ?
  5. Vis-tu ta foi avec l'assurance de Romains 8:1, ou avec la peur du jugement ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que représentent les quatre cavaliers d'Apocalypse 6 ?

Pour le prédicateur, l'image vient du livre de Zacharie, où des cavaliers annoncent le jugement de Dieu sur les nations. Les quatre cavaliers représentent la guerre, la violence, l'oppression économique et la famine, puis la maladie. C'est Dieu qui retire sa protection à une humanité qui ne veut pas de lui et qui la laisse suivre ses instincts, tout en restant souverain sur ce mal.

Pourquoi Dieu n'arrête-t-il pas le mal tout de suite ?

Les martyrs du cinquième sceau posent cette question : « Jusqu'à quand ? » La réponse est que le nombre des frères n'est pas encore complet. Si Dieu arrêtait le mal maintenant, il arrêterait aussi les êtres humains, qui en sont les premiers fournisseurs. Il est encore patient pour laisser à chacun le temps de se repentir et de revenir à lui.

Un chrétien doit-il avoir peur de la colère de l'Agneau ?

Non. Dieu prend soin des martyrs, leur donne une robe blanche, signe de victoire, et l'assurance de leur avenir. Romains 8:1 le promet : il n'y a aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ. Les chrétiens ne sont pas meilleurs que les autres : ils reconnaissent qu'ils ont besoin du secours de Jésus, qui a porté le jugement à leur place.

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