Ce que tu perds en suivant Jésus, tu le gagneras en le devenant

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Introduction

Lors du Women's Camp 2026 (WC26) à ICC Montréal, le dimanche de la Pentecôte, la Dr Modestine Castanou a prêché sur un texte connu de tous : la rencontre entre Jésus et le jeune homme riche, en Marc 10:17-22. Le titre du message est direct : ce que tu perds en suivant Jésus, tu le gagneras en devenant ce qu'il t'a appelé à devenir.

C'est un message sur le discipulat. Pas la simple acceptation de Jésus comme Sauveur, mais la marche quotidienne derrière lui, la disposition à obéir, à lâcher, à te laisser conduire là où tu n'aurais jamais pensé aller. Un homme est venu vers Jésus avec tous les signes extérieurs d'un bon disciple. Il est reparti triste. Pourquoi ? Parce qu'il n'était pas prêt à perdre ce qu'il aimait pour devenir ce que Dieu voulait.

Ce texte te concerne. Que tu sois nouveau converti ou ancien dans la foi, la question demeure : suis-tu vraiment Jésus, ou est-ce que tu l'admires seulement de loin ?

Plan du message

1. Il y a une différence entre admirer Jésus et suivre Jésus

Le jeune homme riche arrive et se prosterne. Il a tous les codes extérieurs de la piété : le respect, le langage (« bon maître »), , la moralité, la connaissance de la loi. Il pourrait passer pour un candidat idéal au discipulat.

Mais Dieu fait la différence entre admirer quelqu'un et suivre quelqu'un. Tu peux te mettre à genou, tu peux pleurer sous l'onction, tu peux connaître les versets bibliques, tu peux venir à l'église chaque semaine. La question reste : est-ce que tu es disciple de Jésus ? Est-ce que tu le suis quand il te demande quelque chose que tu n'as pas envie de donner ?

Suivre Jésus, c'est suivre ses instructions. Ce n'est pas un compliment que tu lui adresses, c'est un chemin que tu marches.

2. Le discipulat, c'est un berger, une maison, un ordre

La Dr Castanou insiste sur un point qu'elle appelle un « désordre » de notre époque : les chrétiens qui vont d'une église à l'autre selon leurs préférences du dimanche. Un dimanche ici, l'autre dimanche là-bas parce qu'il paraît qu'il y a une conférence, un autre dimanche encore ailleurs sur les réseaux sociaux.

Quand Dieu te place dans une maison, il te donne un berger. Et il attend de toi que tu suives ce berger, qui lui-même suit Jésus. Le monde spirituel est structuré. Les disciples qui suivaient Jésus n'avaient pas plusieurs bergers ; ils en avaient un seul.

Pose-toi la question : qui prie Dieu pour toi ? Qui rendra compte à Dieu pour ta vie si quelque chose t'arrive ? Est-ce que tu as un pasteur, ou juste des noms de prédicateurs que tu suis en streaming ?

3. Jésus ne regarde pas ton CV, il regarde ton devenir

Le jeune homme dégaine son CV spirituel. « Maître, j'ai observé toutes ces choses dès ma jeunesse. » Pendant qu'il parle, Simon Pierre et les autres se demandent s'ils sont à leur place. Eux n'avaient rien : pêcheurs qui galéraient, publicain rejeté, hommes brisés.

Jésus n'est pas impressionné par ton CV. Ni par ton poste, ni par ce que tu gagnes, ni par ton éducation, ni par ta position dans la société. Ce qui l'impressionne, c'est ton devenir. Quand il te regarde, il voit ce que tu peux devenir au-delà de ce que les hommes voient.

C'est pour cela qu'il n'a pas parlé de la même manière à chaque personne qu'il a rencontrée. Il n'a pas dit à Pierre ce qu'il a dit au jeune homme riche. À chacun, il adresse une parole précise, calibrée pour toucher là où ça coince, parce qu'il veut provoquer ton futur, pas cajoler ton présent.

4. Jésus t'aime, donc Jésus te bouscule

Le texte dit : « Jésus le regarda et l'aima. » Ce n'est pas de la flatterie. L'amour de Jésus, c'est un amour pour ta destinée, pour ton futur. Quand tu aimes quelqu'un, tu veux le meilleur pour sa vie ; tu n'es pas à l'aise avec son confort, tu es à l'aise avec sa destinée.

C'est pour cela que Dieu a suscité des bergers dans la maison de Dieu : pas pour cajoler, mais pour bousculer. Comme un coach qui dit à un bon joueur : tu peux faire plus, tu peux aller plus loin.

Jésus t'accepte comme tu es, c'est presque son slogan : « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés » (Matthieu 11:28). Mais il ajoute aussitôt : « Je vous ferai devenir ce que vous devez être. » Il te prend en 1000 morceaux et il te fait devenir.

5. Le prix à payer : lâcher l'idole cachée

Jésus voit dans le cœur du jeune homme une idole. Elle n'est pas marquée sur son front. Elle est cachée. C'est l'argent, le statut social, l'orgueil, le fait de tout contrôler. Sa joie dépend de ses biens, sa sécurité aussi.

Alors Jésus met le doigt là où ça fait mal : « Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres… puis viens et suis-moi. » Ce n'est pas forcément que Jésus voulait littéralement qu'il vende tout, comme Dieu n'a finalement pas pris Isaac à Abraham (Genèse 22). Il voulait voir si cet homme était prêt à donner son cœur.

Le jeune homme s'en va triste, car il avait de grands biens. Les disciples, eux, avaient tout laissé : leur métier, leur filet, leur bateau, leur sécurité. Ils ont l'air d'avoir tout perdu. Et pourtant, c'est à eux que Jésus va donner l'autorité, le Saint-Esprit, un ministère qui touche des multitudes.

6. L'onction se paie : le chemin d'Abraham

L'onction d'Abraham n'est pas tombée par hasard. Ce n'est pas juste la faveur de Dieu ; c'est sa sueur, son obéissance, sa souffrance. Ce à quoi Abraham a renoncé pour avoir le nom que Dieu lui a donné.

Tu ne deviens jamais sans suivre. Tu ne deviens jamais sans obéir. Tu peux figurer, tu peux être présent dans une église, mais tu n'atteindras jamais la dimension où Dieu veut t'emmener sans marcher dans l'obéissance.

Quand Dieu te demande quelque chose, c'est qu'il est sur le point de te rendre plus grand que cette chose que tu vas abandonner. Le discipulat commence là où tu es prêt à suivre Jésus sans attendre quelque chose en retour, sans applaudissement, sans titre, sans reconnaissance publique.

Points à retenir

  • Être chrétien ne suffit pas : Jésus t'appelle à être disciple, pas seulement admirateur.
  • Dieu te place dans une maison, sous un berger. Le zapping spirituel d'église en église est un désordre.
  • Jésus n'est pas impressionné par ton CV spirituel ; il regarde ton devenir et le cœur.
  • Quand Jésus t'aime, il te bouscule. Le confort n'est pas la mesure de la marche avec lui.
  • Chacun a une idole cachée. Le discipulat commence quand tu acceptes de la lâcher.
  • Ce que tu perds en suivant Jésus, tu le récupères (multiplié), en devenant ce qu'il t'a appelé à devenir.

Application personnelle

  1. Es-tu attaché à une église locale avec un berger qui prie pour toi, ou vas-tu d'une chaîne à l'autre selon tes préférences du dimanche ?
  2. Quelle est ton idole cachée aujourd'hui : l'argent, la sécurité, l'image, le contrôle, une relation, un statut ?
  3. Quand Jésus met le doigt là où ça fait mal, ta réaction spontanée est-elle de raisonner et d'arranger, ou d'obéir ?
  4. Est-ce que tu sers Dieu pour la récompense visible (titre, reconnaissance, applaudissements), ou parce que c'est lui qui donne le souffle de vie ?
  5. Y a-t-il une chose précise que Dieu te demande de lâcher en ce moment, et à laquelle tu résistes ?

Versets cités

  • Marc 10:17-22 · Jésus et le jeune homme riche (texte principal)
  • Ésaïe 9:5-6 · Un enfant nous est né, la domination reposera sur ses épaules
  • Matthieu 11:28 · Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés
  • Genèse 22 · Le sacrifice d'Isaac
  • Genèse 12:1-3 · L'appel d'Abraham : « Va… je ferai de toi »
  • Ruth 1 · Ruth choisit de suivre Naomi sans promesse
  • Éphésiens 4:11-13 · Les ministères donnés pour l'édification du corps

FAQ

Quel est le message principal de ce sermon de la Dr Modestine Castanou ?

Que suivre Jésus implique nécessairement de perdre quelque chose (un confort, une sécurité, une idole cachée), mais que ce qu'on perd est toujours rattrapé, et largement dépassé, par ce que l'on devient en marchant avec lui. Le discipulat n'est pas optionnel : c'est le cœur même de la vie chrétienne.

Faut-il littéralement tout vendre pour suivre Jésus ?

Non. Comme Dieu n'a pas pris Isaac à Abraham une fois son cœur éprouvé, Jésus ne demande pas à tous ses disciples de vendre tous leurs biens. Il met le doigt sur ce qui, dans ton cœur, occupe la place qui lui revient. Chez le jeune homme riche, c'était la richesse. Chez toi, ce peut être autre chose : un statut, une relation, un projet.

Pourquoi la Dr Castanou insiste-t-elle autant sur le fait d'avoir un seul berger ?

Parce que le monde spirituel est structuré. Un chrétien qui zappe d'église en église, de conférence en streaming, se prive d'une couverture pastorale réelle : quelqu'un qui prie pour lui, qui le connaît, qui peut rendre compte à Dieu pour sa vie. Ce n'est pas une contrainte administrative, c'est une protection et un cadre de croissance.

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