Introduction
Ce message est le quatrième de la série « Les repas avec Jésus » à l'Église SOS Lyon. La semaine précédente, il était question d'un repas scandaleux. Cette fois, Matt Marvane parle d'un repas spontané. Et pour l'introduire, il raconte la maison où il a grandi : une maison où il y avait très souvent du monde. Des amis de passage, des gens accueillis pour quelques jours, quelques semaines, quelques mois, parfois quelques années. S'il fait le total, il a partagé sa chambre pendant des années cumulées. Le dernier avec qui il l'a partagée, pendant deux ans, était un jeune homme arrivé du Bénin ; ils sont partis étudier ensemble en école biblique en Angleterre et sont aujourd'hui comme deux frères.
Certains soirs du 24 décembre, juste avant le repas, son père allait dans les rues chercher quelques personnes qui y vivaient et les ramenait pour manger avec la famille. Les enfants attendaient toujours ce moment : quel profil va arriver à la maison ? Il se souvient de deux punks dont il a passé la soirée à regarder la coupe de cheveux. On leur offrait le repas, une bonne douche, des vêtements neufs. On appelait cet endroit « la maison du bonheur ». Ce qu'il admire encore aujourd'hui chez ses parents, c'est la spontanéité et la simplicité de leur hospitalité : quand il y en avait pour 5, il y en avait pour 6 ; quand il y en avait pour 6, il y en avait pour 7. La table avait de multiples rallonges, et parfois on ajoutait une table dans la cuisine. C'est encore le cas aujourd'hui : si tu arrives chez ses parents, il y aura toujours une chaise qui t'attend et un repas, probablement simple, mais tu seras accueilli et aimé.
Le repas dont parle ce message n'ajoute pas un ou deux invités à la table, mais plus de 4 000 : au moins 4 000 hommes, sans compter les femmes et les enfants. Le texte se trouve dans l'Évangile de Matthieu, chapitre 15, à partir du verset 32.
Plan du message
1. Jésus dit clairement ce qu'il ressent : « Je suis ému de compassion »
- Dans ce texte, Jésus veut faire savoir à ses disciples ce qu'il ressent pour la foule. Ce n'est pas un message codé : c'est clair, précis, net. « Je suis ému de compassion. » Jésus n'avait aucune gêne à exprimer et partager ses émotions. Ressentir quelque chose est une chose ; partager ce qu'on ressent en est une autre.
- Être ému de compassion, c'est être pris dans ses entrailles, dans son être intérieur, remué, incapable de rester insensible à ce qu'on voit. Jésus veut combler un besoin tout à fait normal : cette foule a faim. Depuis plusieurs jours, elle est accrochée à ses paroles et n'a apparemment pas prévu suffisamment pour manger.
- De tous les sentiments qui animaient Jésus, la compassion est le plus souvent mentionné dans les Évangiles : au moins neuf fois, il est dit que Jésus eut compassion.
- Notre Dieu est un Dieu de compassion, un Dieu d'amour, un Dieu qui ressent. Ce n'est pas une statue de pierre ou de bois. Il est vivant et il a des sentiments. Même si tu ne connais pas Jésus aujourd'hui, il éprouve de la compassion pour toi. Que tu choisisses ou non de recevoir son amour, il continuera à t'aimer, parce que c'est sa nature.
- La faim physique n'est pas acceptable pour Jésus. Ce n'est pas normal que cette foule soit affamée en l'écoutant, et il ne l'accepte pas. Il sait aussi qu'il y a un risque : ces gens ne sont pas du quartier, ils viennent de loin, d'une région montagneuse, et il ne veut absolument pas les faire repartir le ventre vide.
- Matt Marvane se souvient de sa grand-mère, à Besançon (la famille habitait Dijon) : avant chaque départ, elle lui préparait un petit sandwich pour la route. C'était devenu une blague. Il n'allait pas mourir de faim, mais la grand-mère faisait toujours le petit sandwich. L'amour, la compassion.
2. Deux repas, deux histoires : les 5 000 et les 4 000
- On connaît une histoire très similaire, qui s'est passée juste avant : Jésus s'adresse à une foule de Juifs, 5 000 personnes, avec cinq pains et deux poissons. Ce sont bien deux histoires différentes. Ici, il y a 4 000 personnes, sept pains et quelques petits poissons.
- Surtout, le contexte est différent. La première fois, Jésus s'adresse à un peuple juif. Ici, c'est un peuple non juif, païen, qui n'avait pas cette culture religieuse. L'Évangile de Marc l'indique : Jésus se trouvait dans la région de la Décapole, à l'est de la mer de Galilée, principalement habitée par des païens (Marc 7:31).
- Ce qui doit nous interpeller : Jésus veut quelque chose. Il veut que toute cette foule soit nourrie avant de repartir. Il sait qu'il va les renvoyer dans quelques heures, c'est la fin des trois jours, mais il tient à ce que chacun soit nourri avant de rentrer à la maison. Et dans ce projet, il compte impliquer ses disciples, comme la dernière fois.
- Quand Jésus veut, il obtient toujours. Il fera tout pour te transmettre, te faire connaître, te faire vivre ce qu'il a prévu pour toi. Il veut te nourrir, te faire connaître sa grandeur, t'inviter une fois de plus à sa table. C'est son désir.
3. La question des disciples : « comment on va faire ? »
- Les disciples posent la question qu'on se pose tous face aux défis de nos vies : comment on va faire ? Comment trouver de la nourriture dans un lieu aussi désert, et en quantité suffisante pour des milliers de personnes ? Leur réaction est tout à fait normale, humaine.
- Comment aurais-tu réagi si tu avais fait partie des douze ? « Pas de souci, on gère, on l'a vu une fois, on peut le faire deux fois. » Ou plutôt : « Tu sais quoi, avec tes histoires de vouloir nourrir des milliers de personnes alors qu'on n'a rien à manger, cette fois-ci tu te débrouilles. Ce sont tes projets, pas les nôtres. Nous aussi on est fatigués, on a faim, ça fait trois jours qu'on est là. » On peut se retrouver d'un côté ou de l'autre.
- Cette question revient régulièrement dans notre quotidien : comment faire ? Je suis si limité, mes ressources sont limitées, je n'ai pas grand-chose à ma disposition. Comment accueillir une personne de plus à la maison ? Comment ouvrir ma maison une fois de plus, accueillir deux personnes à l'improviste ? On n'a pas de place, le budget est serré, il ne reste qu'un paquet de pâtes.
- Chez les Marvane, on vivait très modestement, mais il y avait toujours pour celui qui venait. Quand il y en a pour 5, il y en a pour 6. Et si le 5e ou le 4e doit partager un peu son assiette, il apprendra à partager aussi. Il y a toujours, quand on le veut.
- Bonne nouvelle : face à la question « comment faire ? », Jésus a toujours une réponse. Il ne répond pas toujours comme on aimerait, pas toujours de la manière qu'on estimerait la bonne, pas toujours avec la solution qu'on aurait choisie, mais il répond toujours. Il faut juste être à l'écoute de sa réponse.
4. La réponse de Jésus : « combien avez-vous ? »
- Comme il aime le faire, Jésus répond par une autre question. C'est un peu sa signature dans les Évangiles : quand quelqu'un lui pose une question, il en pose une autre. Là, il fait la même chose avec ses disciples.
- Toi et moi, on est souvent focalisés sur le comment. Et quand on se pose tellement cette question, on n'arrive même plus à écouter la réponse. La seule chose qu'on entend, c'est « comment ? comment ? ». Ce comment nous emmène dans un état d'anxiété, presque un état second : c'est la panique.
- Beaucoup sont venus ce jour-là avec des « comment » : comment je vais m'en sortir, trouver un sens à ma vie, finir le mois, construire ma vie, construire de nouvelles relations. Écoute ce que Jésus te dit : toi, tu dis « comment ? » ; lui te demande « combien tu as ? Qu'est-ce que tu as ? ». C'est la question qu'il pose à ses disciples : combien avez-vous de pains ? Qu'avez-vous en votre possession ?
- On pourrait croire qu'il se trompe de question ou se moque d'eux : « Tu sais très bien qu'on n'a rien, qu'on ne pourra jamais nourrir cette foule. » Mais Jésus n'est pas et ne sera jamais limité, il peut faire ce qu'il veut. Seulement, il veut nous enseigner ce qui compte. Et ce qui compte, ce n'est pas la taille du besoin, ce n'est pas la hauteur de la montagne que tu vois : c'est ce que tu as entre les mains.
- Tout est possible pour Jésus-Christ, absolument tout. Il veut nous emmener dans cette dynamique : ne pas être conduits par ce que nous voyons, mais réaliser et honorer Dieu pour ce que nous avons déjà reçu de sa part.
- Dieu a fait tomber la manne du ciel ; il a envoyé des cailles. Il aurait pu le faire une deuxième fois. Il a créé le monde seul, sans avoir besoin de nous. Il pouvait le faire seul, mais il a choisi de faire différemment. C'est là qu'il faut réaliser la grâce et le privilège que nous avons.
- Si Dieu te pose la question « combien tu as ? », c'est que tu es tout proche de toucher, de goûter, d'expérimenter un miracle. Réalise ce que tu as aujourd'hui, et ce que tu as, donne-le. Tout ce que tu as, tu le lui donnes, et lui, avec cela, fait tout le reste, même au-delà de ce que tu peux penser et imaginer (Éphésiens 3:20).
- Ce n'est pas la quantité qui compte pour lui. Sept pains, en toute logique, ne nourriront jamais des milliers de personnes ; on le sait, et lui le sait aussi. Jésus ne dit pas qu'il faut absolument trouver 4 000 miches de pain ou 5 000 kilos de poisson. Il demande : qu'est-ce que tu possèdes maintenant ? qu'est-ce que tu as de disponible ? vas-tu activer ta foi maintenant ?
5. « Et vous, votre compassion, elle est où ? »
- Plus que cela, Jésus pose une question à ses disciples : « Moi, je peux les nourrir tout seul. Mais vous, votre compassion, elle est où ? » Où est notre compassion, notre amour, cette compassion divine ?
- La véritable compassion nous pousse toujours à nous mettre à disposition. Elle te poussera toujours à l'action. Le mot compassion veut dire littéralement « souffrir avec » : vous souffrez aussi avec eux.
- Deux mille ans après, Jésus n'a pas changé. Il reste le Dieu de compassion, le Dieu qui veut nourrir, le Dieu du miracle, du surnaturel, le Dieu tout-puissant. Mais il pose cette question : combien as-tu ? qu'es-tu prêt à me donner pour que je puisse opérer le miracle ? Il veut t'apprendre à lui faire confiance, à compter sur lui.
- Chaque jour, chaque semaine, Christ nous donne des opportunités, des situations, des circonstances, pour que notre compassion grandisse. La vraie question : suis-je touché dans ma compassion régulièrement ?
- Pourquoi Jésus a-t-il eu compassion ? Parce qu'il a regardé la foule. Nous pouvons faire le choix de ne regarder qu'à nous-mêmes et à notre réussite. Ce n'est pas le choix que Jésus a fait : il lève les yeux et il voit. Comme quand il a regardé Jérusalem et s'est mis à pleurer. C'est facile quand on ferme les yeux. Mais quand tu ouvres les yeux, il y a un risque : tu vois. Et quand tu vois, tes entrailles et ta compassion sont touchées. Et quand ta compassion est touchée, il faut y aller. Et quand il faut y aller, tu te dis « comment je vais faire ? ». Et Jésus te dit : « combien tu as ? ».
6. Maintenant, pas demain : un peuple spontané
- Combien tu as, maintenant, tout de suite ? Parce que c'est maintenant qu'il faut agir. Ne repousse pas à demain. La foule est là maintenant, c'est maintenant qu'ils ont faim.
- Il y a des occasions où Jésus veut que nous soyons l'extension de son amour et de sa compassion pour maintenant, pour le spontané, pour saisir les opportunités tout de suite. Jésus est le Dieu des circonstances : il les crée, il nous y place. Lui-même a été conduit par l'inattendu, par des choses qui n'étaient pas prévues : le malade est là, la foule a faim, « je suis touché dans mes entrailles, faisons quelque chose maintenant ».
- On a parfois le réflexe de dire : quand j'aurai un peu plus, je pourrai. Non : c'est maintenant, avec ce que tu as. Si nous ne pouvons pas le faire avec ce que nous avons maintenant, il y a de grands doutes que nous le fassions quand nous aurons plus. Parce que c'est une histoire de compassion, et la véritable compassion pousse à l'action.
- Ce n'est pas une histoire de quantité : il a suffi d'un seul Sauveur pour prendre le péché de l'humanité entière. Il n'a pas fallu mille Jésus ou un million de Jésus, mais un seul, qui a dit : maintenant c'est le temps d'aller à la croix, de donner ma vie, de souffrir, parce que ce peuple a besoin de moi maintenant. Pas « quand je serai plus à l'aise avec mes biens, mes finances, mon cœur ».
- Nous devons être un peuple spontané : toujours une porte ouverte, toujours un couvert prêt, toujours une rallonge à notre table, toujours prêts à exprimer la compassion que Jésus a encore aujourd'hui. C'est pour cela qu'il l'a enseigné à ses disciples : ce que je fais maintenant, ce sera à vous de le faire plus tard. Les apprentis de Jésus sont appelés à faire comme le maître.
7. Spectateur ou acteur du miracle ?
- Tu veux vivre des miracles, voir des foules nourries avec cinq ou sept pains ? Alors : qu'est-ce que tu as, combien tu as maintenant ? Si tu veux juste être spectateur des miracles, tu peux laisser cette question de côté, te placer dans la foule et regarder ce que Dieu fait. C'est déjà bien. Mais le prédicateur ne veut pas être dans la foule : il veut goûter, toucher, voir le miracle au moment où il donne, quand le panier semblait vide et que les poissons se multiplient au fur et à mesure. Plus j'exprime cette compassion, plus les corbeilles grandissent. Plus notre compassion augmente, plus le miracle prend place.
- Une dernière question : si les disciples avaient dit à Jésus « débrouille-toi », qu'aurait-il fait ? Penses-tu une seconde qu'il aurait laissé la foule repartir à jeun ? Non. Donc si tu dis non, tu acceptes simplement que quelqu'un d'autre fasse le travail à ta place. Ce n'est pas une histoire de « je n'y crois pas », c'est une histoire de « je ne veux pas le faire » : ce n'est pas pour moi, j'ai un métier, une famille, des enfants, je suis occupé.
- Heureusement, Jésus a trouvé de bons disciples qui ont dit oui. Va-t-il en trouver parmi nous ? Ne réponds pas tout de suite, réfléchis. Des disciples qui disent : « Voilà ce que j'ai, c'est tout. » Et Jésus va bénir, rendre grâce, et multiplier ce que tu lui donnes. Ça, tout seul, tu ne peux pas le faire. Lui va multiplier, et ce qui semblait impossible devient possible.
8. Le Dieu d'abondance : l'abondance est d'abord pour les autres
- La Bible est vraie : quand tu donnes, tu reçois. Quand tout a été distribué, il restait encore sept corbeilles. Quand on confie à Dieu ce qu'on a, la Bible dit que nous ne manquerons jamais de rien, et cela ouvre la vanne de l'abondance.
- Ce que Dieu veut nous apprendre, c'est que l'abondance n'est pas d'abord pour moi : elle est d'abord pour les autres. Si je donne pour les autres, lui fera son travail pour me donner tout ce dont j'ai besoin, et au-delà, pour continuer à donner aux autres. Dieu pourvoit pour les autres d'abord, et pour moi ensuite. Ce n'est pas naturel de penser ainsi.
- Ce que j'ai, si je le mets dans les mains de Dieu, ce n'est plus moi qui décide ce qu'il veut en faire. Mais dans cette équation, Dieu garantit que tu ne manqueras jamais de rien, et que tu auras beaucoup plus que ce que tu as donné : ce que tu donnes, il te le rend au centuple. Trouve une banque qui multiplie par 100 : s'il y en avait une, on ferait la queue au guichet. Nous servons un Dieu illimité. Mais il nous pose cette question : combien as-tu ?
9. « Est-ce que quelqu'un est seul ce soir ? »
- Le père de Matt Marvane avait deux rendez-vous dans l'année, à l'église de Dijon : le 24 décembre au soir, lors de la célébration de Noël avant le repas, et le dimanche de Pâques. Sans aucun scrupule, il prenait le micro et posait la question : « Est-ce que quelqu'un est seul ce soir ? » Il insistait, parce que ceux qui sont seuls n'ont pas forcément envie de se manifester.
- Après quelques secondes de silence un peu gênant, une main se levait, puis une autre. Et immédiatement son père demandait : « Qui prend cette personne ce soir à table ? Qui va ouvrir sa maison ? » Une famille répondait, et personne ne restait seul le soir de Noël. Le dimanche de Pâques, même chose : qui prend notre sœur, notre frère, ce couple, cette famille à la maison ce midi ?
- C'était sa compassion qui parlait, parce que des Noël sans famille, il sait ce que ça représente. Il regardait, et il voulait s'assurer que personne ne soit seul ce jour-là.
- Ouvrons nos yeux, que personne ne soit jamais seul autour de nous. N'attends pas que ça vienne des pasteurs ou de quelques-uns : c'est le devoir de tous. Nous sommes tous gardiens de nos frères et de nos sœurs. Que la table de Jésus devienne notre table, cette table spontanée où tout le monde mange à sa faim, parce que Dieu est un Dieu d'abondance.
- Dieu rassasie tout cœur, toute âme, tout corps qui a besoin, et il veut l'exprimer aujourd'hui à travers son corps, l'Église. Nous voulons être de ceux qui expriment cette compassion, parce que Christ est en moi : être chrétien, c'est être Christ sur la terre. Ce repas est un repas de compassion, un repas spontané, animé par la compassion. Que l'Église soit toujours conduite par la compassion et rien d'autre : une église qui ouvre les yeux. Louer le Seigneur, c'est magnifique, mais à un moment donné, ouvre les yeux, regarde ce qui se passe autour, sois concret. Il y a un temps pour tout.
Points à retenir
- Jésus dit clairement ce qu'il ressent : « je suis ému de compassion ». La compassion est le sentiment de Jésus le plus souvent mentionné dans les Évangiles, et notre Dieu est un Dieu vivant qui ressent, pas une statue.
- Face à ton « comment faire ? », Jésus répond par une autre question : « combien as-tu ? ». Ce qui compte, ce n'est pas la taille du besoin, c'est ce que tu as entre les mains.
- Jésus n'est pas limité et pourrait tout faire seul, mais il choisit d'impliquer ses disciples. Si Dieu te demande « combien as-tu ? », tu es tout proche d'un miracle : donne ce que tu as, il bénit et il multiplie.
- La véritable compassion (« souffrir avec ») pousse toujours à l'action, maintenant et pas demain. Si tu ne le fais pas avec ce que tu as aujourd'hui, tu ne le feras probablement pas quand tu auras plus.
- Dieu est un Dieu d'abondance, mais l'abondance est d'abord pour les autres. Quand tu donnes, tu reçois, et il reste encore sept corbeilles.
Application personnelle
- Quels « comment ? » occupent ton esprit en ce moment (finir le mois, un sens à ta vie, des relations nouvelles) ? Peux-tu les remplacer par la question de Jésus : « qu'est-ce que j'ai entre les mains, maintenant ? »
- Ta compassion est-elle touchée régulièrement ? Ou as-tu choisi, sans t'en rendre compte, de fermer les yeux pour ne pas voir ?
- Qu'es-tu prêt à donner à Jésus tout de suite, avec ce que tu as, sans attendre d'avoir « un peu plus » ?
- Y a-t-il une rallonge à ta table ? Une personne seule autour de toi que tu pourrais inviter cette semaine, à l'improviste, même pour un repas simple ?
- Spectateur ou acteur : veux-tu regarder les miracles depuis la foule, ou entrer dans la dimension où tu sers et où tu vois les corbeilles se remplir au moment où tu donnes ?
Versets cités
- Matthieu 15:32-39 : Jésus, ému de compassion, nourrit 4 000 hommes avec sept pains et quelques petits poissons
- Marc 7:31 : Jésus dans la Décapole, à l'est de la mer de Galilée, région païenne
- Matthieu 14:13-21 : la première multiplication, 5 000 hommes avec cinq pains et deux poissons
- Éphésiens 3:20 : Dieu peut faire infiniment au-delà de ce que nous demandons ou pensons
- Exode 16 : la manne et les cailles envoyées par Dieu au désert
- Luc 19:41 : Jésus regarde Jérusalem et pleure sur elle
- Luc 6:38 : donnez, et il vous sera donné (allusion : « quand tu donnes, tu reçois »)
- Marc 10:29-30 : recevoir au centuple (allusion)
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre la multiplication des pains pour 5 000 et celle pour 4 000 ?
Ce sont deux histoires différentes. La première fois, Jésus nourrit 5 000 personnes avec cinq pains et deux poissons, devant une foule juive. La seconde fois (Matthieu 15:32-39), il nourrit 4 000 hommes sans compter les femmes et les enfants, avec sept pains et quelques petits poissons. Marc 7:31 précise que Jésus se trouvait alors dans la Décapole, à l'est de la mer de Galilée, une région surtout habitée par des païens.
Pourquoi Jésus demande-t-il aux disciples « combien avez-vous de pains ? » alors qu'il peut tout faire seul ?
Jésus n'est pas limité : il a fait tomber la manne du ciel et il a créé le monde seul. Mais il veut enseigner ses disciples. Ce qui compte pour lui, ce n'est pas la taille du besoin, c'est ce que tu as entre les mains. Il demande ce que tu as, tu le lui donnes, il bénit, et c'est lui qui multiplie. Si Dieu te pose la question « combien as-tu ? », c'est que tu es tout proche d'un miracle.
Que veut dire le mot compassion dans l'Évangile ?
Compassion veut dire littéralement « souffrir avec ». C'est le sentiment de Jésus le plus souvent mentionné dans les Évangiles. Dans Matthieu 15, Jésus dit clairement : « Je suis ému de compassion pour cette foule. » La véritable compassion pousse toujours à l'action : elle nous met à disposition de Dieu, maintenant et pas demain.
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