Es-tu Paul ou Barnabas ? Dieu se sert des deux

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Introduction

Aujourd'hui, c'est la Fête des Pères. Un jour pour rendre grâce pour les hommes qui portent, guident et prient discrètement autour de nous. À cette occasion, le pasteur revient sur Actes 15.36-41, un texte où deux géants de la foi, Paul et Barnabas, se séparent à cause d'un jeune homme appelé Marc, aussi nommé Jean-Marc. Une histoire qui te concerne, toi qui te demandes parfois si tu ressembles davantage au leader qui avance vite ou à celui qui reste dans l'ombre pour encourager.

La bonne nouvelle du passage, c'est que Dieu se sert des deux. Il ne compare pas. Il n'oppose pas. Il utilise chaque tempérament pour bâtir son Église. Et lorsque tu échoues, comme Marc, il ne te met pas de côté : il te transforme.

Plan du sermon

1. Deux pères spirituels, un désaccord vif

Dans Actes 15.36-41, Paul et Barnabas préparent un second voyage missionnaire. Barnabas veut emmener Jean-Marc. Paul refuse. Marc avait quitté l'équipe pendant le premier voyage, à Pamphylie (Actes 13.13). Le désaccord est si vif que les deux hommes se séparent.

Pourquoi Marc était-il parti ? Le texte ne le dit pas, mais plusieurs indices aident à comprendre. Au départ, c'est Barnabas qui dirigeait l'équipe (Actes 13.2 mentionne son nom en premier). À partir de Actes 13.13, c'est Paul qui prend la tête. Marc, cousin de Barnabas selon Colossiens 4.10, a peut-être mal supporté ce changement. Il vient aussi d'une famille juive aisée de Jérusalem : c'est probablement dans la grande chambre haute de sa maison que Jésus a partagé la Cène et que le Saint-Esprit est descendu à la Pentecôte (Actes 2). Pierre l'appelle même « mon fils » dans 1 Pierre 5.13. Marc avait donc une éducation profondément marquée par la tradition juive. L'ouverture radicale de Paul aux non-Juifs a pu heurter sa sensibilité.

2. Le concile de Jérusalem clarifie le message

Juste avant l'épisode de la séparation, l'Église traverse une grande crise : faut-il que les non-Juifs se fassent circoncire pour être sauvés ? Le premier concile de l'histoire de l'Église se tient à Jérusalem (Actes 15). La conclusion est claire, en Actes 15.28-29 : le salut passe par la foi en Jésus-Christ, rien de plus. Paul quitte cette assemblée décidé à annoncer ce message sans compromis. C'est dans ce contexte qu'il refuse de reprendre Marc, associé aux tenants du parti judaïsant.

3. Barnabas, l'encourageur qu'on n'entend jamais

Prends une seconde et lis attentivement le récit. Barnabas ne prononce pas une seule parole dans tout le livre des Actes. Pas une. Et pourtant, sans lui, il n'y aurait pas eu de Paul. C'est Barnabas qui, dans Actes 9.26-27, prend le risque d'introduire Saul, ancien persécuteur, au milieu des disciples effrayés. C'est lui qui, dans Actes 4.36-37, vend son champ pour l'apporter aux apôtres. Son nom veut dire « fils de consolation » ou « fils d'encouragement ».

C'est le portrait d'un homme discret, silencieux, mais dont la présence permet aux autres de poser leur fardeau. Ton église a besoin de Paul. Elle a tout autant besoin de Barnabas. Et une communauté qui compte dix, vingt, trente Barnabas dans son assemblée est une communauté forte, même si personne ne la remarque de l'extérieur.

4. Paul lui-même a besoin de mûrir

Ne fais pas de Paul un héros parfait. Au moment de la séparation, il a environ quarante-cinq ans. Homme mûr, oui, mais pas au bout de son chemin. Juste après avoir refusé Marc au nom de la vérité, il fait quelque chose de surprenant : dans Actes 16.1-4, il circoncit Timothée « à cause des Juifs de la région ». Autrement dit, il applique un compromis qu'il vient de refuser à Marc. Le texte biblique ne le condamne pas. Il montre simplement que Paul apprend, lui aussi. La séparation d'avec Barnabas l'a peut-être obligé à regarder son propre cœur et à reconnaître qu'il pouvait manquer de largeur.

5. Quatorze ans plus tard : la restauration de Marc

Le concile de Jérusalem se tient vers l'an 50. Paul écrit sa dernière lettre depuis Rome, juste avant son martyre, vers 64-65. Quatorze ans se sont écoulés. Et dans 2 Timothée 4.11, il écrit : « Prends Marc et amène-le avec toi, car il m'est utile pour le ministère. »

Le jeune homme « inutile » est devenu indispensable. Entre-temps, il aura été le traducteur de Pierre auprès des Grecs et aura écrit l'Évangile qui porte son nom. L'échec de sa jeunesse ne l'a pas disqualifié : Dieu s'en est servi.

Points à retenir

  • Dieu se sert de tempéraments opposés. Paul et Barnabas sont tous deux nécessaires.
  • Un Barnabas n'a pas besoin de parler pour peser. Sa présence, ses prières, sa fidélité soutiennent une communauté entière.
  • Même les grands hommes de foi ont besoin de mûrir. Paul lui-même s'est ajusté après la séparation.
  • Un échec n'est pas la fin. Marc, laissé sur le bord de la route, devient l'auteur d'un des quatre Évangiles.
  • Ce qui ressemble à un désaccord douloureux peut devenir une multiplication. Deux équipes missionnaires sont nées de la séparation.

Application personnelle

  • Es-tu plutôt un Paul ou un Barnabas dans ta famille, ton église, ton travail ? Est-ce que tu acceptes ta place sans la comparer à celle des autres ?
  • Y a-t-il autour de toi un « Marc » que tu as rangé dans la catégorie « pas fiable » ? Que se passerait-il si tu lui redonnais une chance ?
  • Prends-tu le temps d'être présent, silencieux, encourageant, comme Barnabas, auprès de quelqu'un qui traverse une passe difficile ?
  • Quelle défaite passée dans ta propre vie es-tu tenté d'oublier alors que Dieu voudrait s'en servir aujourd'hui ?
  • Lorsque tu défends ce que tu crois juste, tes paroles blessent-elles ou construisent-elles ? Es-tu prêt à laisser Dieu ajuster ton cœur, comme il l'a fait avec Paul ?

Versets cités

FAQ

Pourquoi Paul refuse-t-il de reprendre Marc alors que Barnabas insiste ?

Marc avait quitté la première équipe missionnaire à Pamphylie, sans explication (Actes 13.13). Paul y voit un manque de fiabilité, surtout après le concile de Jérusalem où le message a été clarifié. Barnabas, plus âgé et de tempérament pastoral, veut donner à Marc une seconde chance. Deux visions légitimes.

Est-ce que la séparation entre Paul et Barnabas est un échec spirituel ?

Le texte biblique ne la présente pas comme un péché à condamner. La Bible dit simplement qu'ils se séparent et prennent des chemins différents. Le résultat est concret : au lieu d'une équipe missionnaire, il y en a deux. L'Évangile avance plus loin. Dieu fait travailler ensemble ce qui semblait rompu.

Que faire concrètement si je me reconnais plutôt en Barnabas qu'en Paul ?

Reste à ta place. Ne cherche pas à imiter les leaders visibles. Prie fidèlement pour les tiens, ouvre ta maison, écoute, encourage un jeune, tiens bon dans la fidélité au culte du dimanche. Dieu se sert de ce ministère caché autant que du ministère public.

pour prendre des notes et poser une question.

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