L'Église, là où le Seigneur œuvre

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Introduction

Il y a des dimanches où tu regardes ton église et tu te demandes ce que tu y fais. Tu ne prêches pas, tu ne diriges pas la louange, tu ne guéris personne. Tu viens, tu t'assieds, tu pries en silence. Et une petite voix chuchote : « À quoi je sers vraiment ici ? » Dans son message « L'Église où le Seigneur œuvre », le pasteur Rutz ouvre 1 Corinthiens 12 à 14 pour répondre à cette question. Paul y compare l'Église à un corps : plusieurs membres, un seul organisme, une seule Tête qui est Christ. Chacun compte. Même le petit orteil. Surtout le petit orteil. Et par-dessus les dons, une chose : l'amour. Sans lui, rien ne tient.

Plan du message

1. Un seul corps, plusieurs membres

  • Paul écrit : « Le corps est un, quoiqu'il ait plusieurs membres… il en est de même de Christ. » L'Église, c'est le corps de Christ, et Christ en est la Tête.
  • Le pasteur Rutz insiste : peu importe ton âge, ta nationalité, ton métier, la profondeur de ta foi, tu fais partie du corps. Juifs, non-Juifs, esclaves, hommes libres, un seul Esprit nous baptise tous dans un seul corps.
  • Tu ne peux pas dire : « Je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps. » Le membre reste membre, même s'il ne s'en rend pas compte.
  • Chaque partie est reliée directement à la Tête. Si tu restes connecté à Jésus, si tu écoutes sa voix et te laisses conduire par le Saint-Esprit, ta place dans le corps devient claire.

2. Les membres les plus faibles sont les plus nécessaires

  • « Les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont nécessaires » (v. 22). Le pasteur Rutz prend l'image du petit orteil : discret, caché dans la chaussette, oublié. Jusqu'au jour où tu le cognes contre le pied du lit. Là, tu comprends qu'il compte.
  • Dans l'Église, ce sont les nouveaux convertis, les enfants, ceux qui traversent une épreuve, ceux dont la foi tremble. Dans une famille, c'est parfois l'enfant fragile qui demande le plus de soin.
  • Ces frères et sœurs ne sont pas un poids : ce sont des cadeaux. Dieu les place là pour t'apprendre à aimer autrement, à sortir de tes forces, à demander son cœur.
  • Quand tu penses : « Si cette personne n'était pas là, tout irait mieux dans l'Église », arrête. C'est Dieu qui l'a placée là. C'est par elle qu'il te forme.

3. Un corps se soutient, il ne se compare pas

  • « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres se réjouissent avec lui » (v. 26).
  • Dieu limite volontairement chacun de nous. Personne n'a tout. Celui qui possède doit servir avec humilité, celui qui reçoit doit remercier sans se plaindre. C'est ainsi que la fierté meurt et que l'unité grandit.
  • Le pasteur Rutz le dit sans détour : les manières de Dieu sont à l'opposé de la logique humaine. Ce qui te paraît un détour, un obstacle, une inefficacité, c'est souvent l'endroit précis où ta foi va s'enraciner plus profondément.

4. Les dons spirituels : offerts, jamais mérités

  • Paul énumère les dons : apôtres, prophètes, docteurs, ceux qui font des miracles, ceux qui guérissent, ceux qui secourent, ceux qui gouvernent, ceux qui parlent en langues.
  • Le pasteur Rutz distingue deux choses. D'un côté, les compétences naturelles (chanter, jouer d'un instrument, cuisiner, enseigner) : elles sont utiles, mais elles ne sont pas encore les dons dont parle Paul. De l'autre, les dons spirituels : sagesse, discernement, foi, guérison, prophétie, langues, interprétation. Ceux-là, seul l'Esprit les donne.
  • Ces dons ne se gagnent pas à la performance. Ils se reçoivent dans un vase propre. Dieu t'a fait vase d'or, de bois, de bronze, d'argile, chaque vase est utile. Ton rôle, c'est de le laver chaque jour par la repentance et par la parole.
  • « Le Saint-Esprit se manifeste à travers nous pour le bien commun » (1 Co 12.7). Aucun don n'est pour la vitrine. Tout est pour édifier le corps.

5. Sans amour, rien n'a de valeur

  • « Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas l'amour, je suis un airain qui résonne. » Paul balaie tout : dons, connaissance, foi qui déplace les montagnes, don de tous ses biens, même le martyre. Sans amour, valeur zéro.
  • Le pasteur Rutz s'arrête longuement là. Tu peux prier, servir, chanter, enseigner, te donner sans compter, et pourtant tout cela ne pèsera rien devant Dieu si l'amour n'est pas au centre.
  • Ce n'est pas que les dons soient mauvais. Ils sont nécessaires, surtout dans le temps que nous vivons. Mais ils ne remplacent jamais l'amour. Ils ne sont utiles que portés par l'amour.

6. Le portrait de l'amour, avec ton nom dedans

  • « L'amour est patient, il est plein de bonté ; l'amour n'est point envieux ; il ne se vante pas, il ne s'enfle pas d'orgueil ; il ne fait rien de malhonnête, il ne cherche pas son intérêt… »
  • Le pasteur Rutz propose un exercice simple : relis ce passage en remplaçant « l'amour » par ton prénom. « [Ton prénom] est patient, [ton prénom] est plein de bonté, [ton prénom] ne s'irrite pas… » Rires possibles. Mal-à-l'aise probable. C'est là que le miroir fait son travail.
  • Écris ce passage, colle-le où tu le verras chaque matin, et médite-le jusqu'à la fin de l'année. Non pour te condamner, mais pour laisser le Saint-Esprit creuser, montrer, corriger, guérir.

7. Ce qui demeure

  • « Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la connaissance disparaîtra… Maintenant demeurent la foi, l'espérance, l'amour ; mais la plus grande des trois, c'est l'amour. »
  • Les dons sont pour le chemin. Ils t'aident à faire ton travail sur cette terre et à entrer dans le Royaume avec ceux que Dieu t'a confiés. Une fois arrivé, ils s'arrêteront. Ce sont des outils, pas ton identité.
  • Ce qui traverse la mort, c'est l'amour. Ce que tu as fait avec amour, Dieu le garde. Le reste tombera comme des feuilles sèches.
  • « Recherchez l'amour. Aspirez aussi aux dons spirituels, mais surtout à celui de prophétie » (14.1). L'un ne va pas sans l'autre. L'amour comme cap, les dons comme moyens.

Points à retenir

  • Tu es un membre du corps de Christ. Ta place n'est pas une option, elle est nécessaire, même si elle est cachée.
  • Les membres les plus faibles ne sont pas un poids : ils sont un cadeau pour t'apprendre à aimer comme Dieu aime.
  • Les dons spirituels ne se méritent pas. Ils s'accueillent dans un vase propre, lavé par la repentance et l'humilité.
  • Sans amour, les dons les plus spectaculaires ne pèsent rien. Avec l'amour, même les plus discrets bâtissent l'éternité.
  • Ce qui reste au bout du chemin, c'est la foi, l'espérance, et surtout l'amour.

Application personnelle

  1. Dans ton église locale, quel membre du corps es-tu en ce moment, visible, caché, en repos, en formation ? Est-ce que tu l'acceptes, ou est-ce que tu voudrais être « la main » à la place d'un autre ?
  2. Qui, dans ton église ou dans ta famille, est le « petit orteil » que tu es tenté d'ignorer ou de trouver encombrant ? Comment Dieu pourrait-il te former à travers cette personne cette semaine ?
  3. Quel don spirituel n'as-tu jamais osé demander parce que tu te crois indigne ou peu doué ? Qu'est-ce qui t'empêche de simplement demander à Dieu de te laver et de te remplir ?
  4. Prends 1 Corinthiens 13.4-7 et lis-le à voix haute en remplaçant « l'amour » par ton prénom. Quelle phrase te met le plus mal à l'aise ? C'est là que Dieu veut travailler avec toi.
  5. Si ta vie s'arrêtait ce soir, qu'est-ce que tu aurais fait par amour qui traverse la mort avec toi ? Est-ce que tu es content de la réponse ?

Versets cités

Questions fréquentes

Est-ce que tous les chrétiens reçoivent les mêmes dons spirituels ?

Non. Paul le dit clairement : « Tous sont-ils apôtres ? Tous sont-ils prophètes ? » La réponse est non. L'Esprit distribue à chacun comme il veut, pour le bien commun. L'un reçoit la sagesse, l'autre la foi, un autre la guérison ou l'interprétation des langues. Ce n'est pas une hiérarchie de mérite, c'est une répartition de missions. Ta responsabilité, c'est de garder ton vase propre pour que ce que Dieu veut y verser puisse y tenir.

Est-ce que je peux « perdre » ma place dans le corps si je m'éloigne ?

Le pasteur Rutz rappelle que la connexion à la Tête, c'est-à-dire à Jésus, est vitale. Tu ne perds pas ta valeur intrinsèque comme membre, Paul dit que même un pied qui prétend ne pas faire partie du corps reste partie du corps. Mais tu peux perdre la vitalité de ta place si tu te débranches. C'est comme un membre qui s'endort : il est toujours là, mais il ne sert plus à rien. La solution, ce n'est pas la culpabilité, c'est de te rebrancher : prière, parole, repentance, communion fraternelle.

Concrètement, que faire quand quelqu'un dans l'Église me pèse ?

D'abord, changer de regard. Cette personne n'est pas là par accident. Dieu l'a placée là, et il t'a placé à côté d'elle, pour que ta capacité à aimer sorte de ta zone de confort. Ensuite, prier pour elle avant de parler d' elle. Enfin, laisser le Saint-Esprit te montrer ce qui, dans ta propre réaction, révèle un manque d'amour à convertir. Le corps se soutient, il ne s'auto-amputa jamais.

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