Est-il raisonnable de croire ? Henri Blocher répond

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Introduction

Beaucoup de gens autour de toi affirment qu'il n'est pas raisonnable de croire en Jésus-Christ. Dans cet entretien avec Benjamin Short, pasteur de l'Église du Tabernacle (Paris 18), le théologien Henri Blocher, membre de cette église depuis 1954 · répond aux deux grandes objections classiques : Jésus a-t-il vraiment existé ? Et surtout, comment croire à sa résurrection ? Deux questions qui touchent au fondement même de la foi chrétienne.

Plan du message

1. Jésus a-t-il vraiment existé ?

  • La thèse du « Jésus légendaire », remise à la mode par un philosophe français reprenant un vieux discours du 18e siècle, reste marginale et périphérique dans le monde universitaire.
  • Le phénomène chrétien lui-même est déjà un argument : il est pratiquement impossible d'expliquer comment une poignée d'hommes du 1er siècle a réussi à braver la mort et à entraîner une multitude à leur suite, s'il n'y a pas au départ une réalité.
  • Jésus est mieux attesté que la plupart des gens qui ont vécu à la même époque que lui.
  • En dehors de la Bible, plusieurs témoignages extérieurs confirment son existence : quelques mentions romaines (dont l'historien Tacite), le Talmud (qui le traite comme un charlatan mais atteste bien son existence), et surtout Flavius Josèphe, le plus grand historien du judaïsme, qui parle de Jésus comme d'un personnage ayant prêché aux foules, connu une adhésion populaire et été mis à mort.

2. Comment croire à la résurrection de Jésus ?

  • C'est l'affirmation la plus audacieuse de la foi chrétienne, et son fondement même. La Bible le dit elle-même : si le Christ n'est pas ressuscité, la prédication est vide et la foi aussi.
  • Première condition : ne pas exclure d'avance le miracle par un préjugé. Dès qu'on admet qu'il peut y avoir un Dieu, il devient absurde de dire qu'il ne pourrait pas ressusciter les morts, ce serait interdire à Dieu d'être Dieu.
  • Deuxième condition : disposer de témoignages historiques dignes de foi de gens qui l'ont vu vivant après sa mort.
  • La résurrection n'est pas une simple réanimation : c'est l'accession à une vie d'une qualité nouvelle, corporelle mais éternelle, que la Bible appelle la vie de la nouvelle création. « Celui qui est ressuscité des morts ne meurt plus. »

3. La force du témoignage des apôtres

  • Le contenu du témoignage est massif : les disciples n'attestent pas seulement d'avoir vu Jésus, mais d'avoir mangé et bu avec lui, d'avoir été instruits par lui pendant quarante jours sur le royaume de Dieu.
  • La qualité morale des témoins est irréprochable, même leurs adversaires n'ont pas trouvé de quoi les calomnier de façon crédible.
  • Ils sont allés jusqu'à la mort pour sceller la véracité de leur témoignage, alors qu'ils n'en tiraient absolument aucun avantage.
  • Blaise Pascal l'a bien remarqué : dans toutes les religions et dans tous les siècles, des hommes sont morts pour leurs croyances. Mais les apôtres, eux, ne sont pas morts pour leurs convictions religieuses, ils sont morts pour un témoignage oculaire et auriculaire, pour un fait vécu. Cela est unique.

4. Répondre aux objections courantes

  • « Une hallucination collective » : impossible. Ce que les disciples attestent n'est pas une simple vision, mais des repas partagés, des enseignements reçus, des échanges concrets pendant plusieurs jours.
  • Le changement d'attitude des disciples est frappant : après la mort de Jésus, ils sont terrorisés, enfermés dans une chambre par peur des chefs juifs et des Romains. Jésus apparaît, les invite à le toucher s'ils doutent. À partir de là, ils partent jusqu'au bout du monde et jusqu'au martyre.
  • « Croire à un tel miracle serait être simple d'esprit » : cet argument repose sur un préjugé contre ceux qui ne pensent pas comme soi. Une certaine simplicité d'esprit est même une vertu, ce sont plutôt les esprits retors qui construisent des raisonnements compliqués et captieux.

5. Pourquoi la résurrection change tout

  • Henri Blocher le confesse : « Si Jésus n'était pas ressuscité, plus rien ne tiendrait pour moi. Je ne serais plus chrétien. Je serais probablement nihiliste. »
  • La résurrection est une attestation puissante de la vérité de l'Évangile : le mal est vaincu par la puissance, la bonté et l'amour de Dieu.
  • Au-delà des preuves par témoignage, contempler qui a été Jésus dans les Évangiles fait comprendre : « en un sens, on ne pouvait pas ne pas le ressusciter. Il est tellement beau. Il est tellement bon. »

Points à retenir

  • La négation de l'existence historique de Jésus est une opinion marginale : aucun historien universitaire sérieux ne la défend.
  • Jésus est mieux attesté historiquement que la plupart de ses contemporains, y compris par des sources non chrétiennes (Tacite, Talmud, Flavius Josèphe).
  • La résurrection est le fondement même de la foi chrétienne : si elle n'a pas eu lieu, la prédication est vide et la foi aussi.
  • Ce qui rend le témoignage des apôtres unique, ce n'est pas leur foi mais leur témoignage oculaire, ils sont morts pour un fait vécu, pas pour une conviction religieuse.
  • Croire en la résurrection n'est pas irrationnel : si Dieu existe, il est absurde de lui interdire par principe la puissance de ressusciter les morts.

Application personnelle

  1. Est-ce que tu as déjà pris le temps d'examiner les données historiques sur l'existence de Jésus, ou est-ce que tu t'en tiens à ce que tu as entendu dire ?
  2. Quel préjugé philosophique t'empêche peut-être aujourd'hui de considérer sérieusement la possibilité de la résurrection ?
  3. Si tu es chrétien, la résurrection de Jésus est-elle vraiment le fondement de ta vie, ou une doctrine parmi d'autres que tu récites sans y penser ?
  4. Comment le témoignage des apôtres, allés jusqu'au martyre pour un fait vécu et non pour une simple conviction, interroge-t-il ta propre foi ?
  5. Si tu contemplais Jésus tel qu'il apparaît dans les Évangiles, dirais-tu à ton tour : « il est tellement beau, tellement bon, qu'il ne pouvait pas ne pas ressusciter » ?

Versets cités

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Questions fréquentes

Existe-t-il des preuves historiques de l'existence de Jésus en dehors de la Bible ?

Oui, plusieurs sources non chrétiennes attestent son existence : quelques mentions romaines dont celle du grand historien Tacite, un passage du Talmud qui le traite de charlatan mais confirme qu'il a existé, et surtout Flavius Josèphe, le plus grand historien du judaïsme du 1er siècle, qui parle de Jésus comme d'un personnage ayant prêché aux foules, connu une adhésion populaire et été mis à mort. Henri Blocher rappelle qu'il est difficile de trouver un universitaire reconnu qui affirmerait le contraire.

Pourquoi la mort des apôtres serait-elle une preuve de la résurrection de Jésus ?

Parce qu'elle est d'une nature unique. Comme le soulignait Blaise Pascal, des hommes meurent pour leurs convictions religieuses dans toutes les religions et à toutes les époques : la force de leur adhésion l'explique. Mais les apôtres ne sont pas morts pour une croyance, ils sont morts pour un témoignage oculaire, pour affirmer un fait qu'ils prétendaient avoir vécu : avoir vu, touché, mangé avec Jésus ressuscité. Personne ne meurt en martyr pour un fait dont on saurait qu'il est faux, surtout sans en tirer aucun avantage.

Comment répondre à l'objection de l'hallucination collective ?

Le contenu du témoignage des disciples ne correspond pas à une hallucination. Ils n'attestent pas seulement avoir « vu » Jésus, mais avoir mangé et bu avec lui, avoir été instruits par lui sur le royaume de Dieu pendant plusieurs jours, avoir eu de vrais échanges concrets. Une hallucination collective ne produit pas ce type de témoignage factuel, ni ce changement radical d'attitude, de disciples terrorisés enfermés dans une chambre, à des hommes prêts à parcourir le monde jusqu'au martyre.

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