Introduction
Dans Matthieu 13.31-33, Jésus raconte deux paraboles très courtes : celle de la graine de moutarde et celle du levain. Deux images ordinaires (un grain minuscule, un peu de pâte fermentée), pour dire une même vérité : le royaume de Dieu commence petit, mais il grandit et transforme tout ce qu'il touche. Benjamin, prédicateur à Momentum, montre que ces paraboles fonctionnent à deux niveaux complémentaires : le royaume qui se déploie dans le monde sur 2 000 ans, et le royaume qui grandit patiemment à l'intérieur de chaque disciple. Les deux perspectives se répondent, parce que le royaume n'avance dehors que s'il progresse dedans.
Plan du message
1. Le royaume grandit dans le monde
- Contexte du 1er siècle : un jeune rabbin de Nazareth, une douzaine de disciples ordinaires (pêcheurs, collecteur d'impôts), face à l'Empire romain et aux grands courants religieux. Personne n'aurait parié un centime sur ce petit groupe.
- Jésus encourage ses disciples : le commencement est humble et méprisable, mais il est intentionnel. C'est ainsi que Dieu montre sa puissance, comme le rappelle Jean Calvin dans son commentaire.
- Constat historique : en quelques siècles, l'Évangile s'est répandu de Jérusalem à Rome puis dans tout l'Empire, sans internet, sans média, sans guerre, juste par la puissance de l'Esprit. Aujourd'hui, plus de 2 milliards de personnes se réclament de Christ.
- Les fruits sociaux du royaume : dignité des femmes et des enfants (les premiers chrétiens recueillaient les nourrissons abandonnés), premiers hôpitaux (Basile de Césarée, 4e siècle), monastères et universités médiévales, combat pour l'abolition de l'esclavage. Beaucoup profitent aujourd'hui de l'éthique chrétienne sans en soupçonner la source.
- Quatre implications pour l'Église aujourd'hui : du courage dans la mission, de l'espérance quand les nouvelles sont mauvaises, une vision saine de l'Église (petite comme les onze du début, mais avec la même puissance), et de l'audace parce que l'Évangile reste de la dynamite (Romains 1.16).
2. Le royaume grandit en nous
- La graine est plantée dans la terre, le levain est mélangé à la pâte : la vraie question, c'est ce qui se passe à l'intérieur de toi. Le royaume n'avance pas autour de nous s'il ne grandit pas d'abord en nous.
- Patience : une graine ne devient pas un arbre d'un seul coup, une pâte ne lève pas instantanément. Il y a des saisons, un chemin de croissance, un respect du temps que Dieu prend en toi.
- Effort : arroser, retourner la terre, protéger la graine ; pétrir, plier, reprendre la pâte. Comme le dit Dallas Willard, le contraire de la grâce, ce n'est pas l'effort, c'est le mérite. Nous ne méritons rien, mais nous sommes appelés à collaborer avec l'Esprit par la lecture de la Parole, la prière, la vie d'Église, les groupes, la discipline.
- Deux dangers à éviter : croire qu'on peut devenir un arbre trop vite (Paul recommande à Timothée de ne pas confier de responsabilités aux jeunes convertis), et croire qu'on peut grandir sans effort (« l'Esprit va tout faire »). Il n'y a pas de secret : les grandes femmes et grands hommes de foi étaient des priants qui connaissaient la Parole sur le bout des doigts.
- Évaluer : au bout d'un moment, il doit y avoir du visible. L'arbuste se voit, la pâte levée se voit. Les autres constatent souvent notre croissance avant nous, c'est pour ça qu'il faut s'encourager mutuellement. Et là où le sol est encombré de cailloux, d'épines ou de ronces (2 Corinthiens 13.5), il faut oser défricher.
Points à retenir
- Le royaume de Dieu commence toujours petit, c'est intentionnel de la part de Dieu, pas un défaut de stratégie.
- L'Évangile est une dynamite (le mot grec de Romains 1.16 a donné « dynamite » en français) : il a transformé l'histoire du monde, il peut transformer ta famille, ton travail, ton quartier.
- Le royaume ne progresse pas autour de toi s'il ne progresse pas d'abord en toi.
- Patience et effort vont ensemble : le contraire de la grâce n'est pas l'effort, c'est le mérite.
- Ta croissance spirituelle n'est jamais pour toi seul, elle nourrit toujours les autres, comme le pain d'une vingtaine de kilos de farine nourrissait plusieurs foyers.
Application personnelle
- Où est-ce que tu as besoin de plus de patience dans ta marche avec Dieu ? Où réclames-tu à Dieu un résultat immédiat alors qu'il veut encore t'apprendre quelque chose ?
- Quel effort spirituel Dieu t'invite-t-il à commencer, à reprendre ou à persévérer parce que tu commences à être fatigué ? Prière, lecture de la Parole, jeûne, vie d'Église, groupe de partage ?
- Quand as-tu partagé l'Évangile pour la dernière fois, en te demandant si ça servait à quelque chose ? Que change la parabole de la graine de moutarde à ta manière de semer ?
- Prends du recul et regarde le mur, pas seulement la brique du jour : qu'est-ce que Dieu a changé en toi ces trois dernières années ? Où est-ce que l'Esprit a manifestement travaillé ?
- Qui pourrais-tu encourager cette semaine en lui disant précisément ce que tu vois grandir chez lui, un frère, une sœur, ton conjoint, un de tes enfants ?
Versets cités
- Matthieu 13.31-33 · Les paraboles de la graine de moutarde et du levain
- Romains 1.16 · L'Évangile est une puissance de Dieu
- Apocalypse 7.9-10 · Une foule immense de toute nation devant le trône
- 1 Timothée 3.6 · Le responsable ne doit pas être un nouveau converti
- 2 Corinthiens 13.5 · Examinez-vous vous-mêmes pour voir si vous êtes dans la foi
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Questions fréquentes
Pourquoi Jésus compare-t-il le royaume de Dieu à une graine de moutarde ?
Parce que la graine de moutarde était, au 1er siècle, la plus petite semence cultivable connue de son auditoire. En Palestine, un plant de moutarde pouvait pourtant atteindre jusqu'à 4 mètres de hauteur, assez pour que les oiseaux nichent dans ses branches. Jésus crée volontairement un contraste choc entre le commencement insignifiant et l'aboutissement glorieux du royaume. Il encourage ainsi ses disciples à ne pas mépriser les débuts modestes de l'Évangile.
La parabole du levain a-t-elle un sens négatif ?
Dans une partie du Nouveau Testament, le levain symbolise l'influence corruptrice du péché ou de l'hypocrisie. Mais ici, en Matthieu 13.33, Jésus l'utilise de façon positive : le levain, c'est le royaume qui pénètre discrètement toute la pâte jusqu'à ce que tout lève. Une vingtaine de kilogrammes de farine, c'était la quantité qu'on préparait pour nourrir plusieurs personnes, Jésus souligne l'ampleur de l'effet à partir d'un ingrédient minuscule.
Que faire quand on a l'impression de ne pas grandir spirituellement ?
D'abord, se rappeler que la croissance est lente : une graine ne devient pas un arbre d'un seul coup et on ne constate presque rien au jour le jour. Ensuite, prendre du recul et regarder « le mur » et non seulement « la brique » d'aujourd'hui, Dieu a-t-il changé quelque chose en toi ces dernières années ? Enfin, s'entourer : les autres voient souvent notre croissance avant nous. Et si vraiment rien ne bouge, il est temps de vérifier l'arrosage (prière, Parole, vie d'Église), plutôt que d'attendre l'envie.
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