Introduction
Avant de commencer, Johannes Amritzer raconte une histoire de famille. Il est chrétien de première génération, sa femme aussi, et il vient d'un milieu très simple. Son père était un gangster, qui lui a appris à ouvrir une voiture en moins de trois minutes, et qui faisait des allers-retours en prison. Sa mère est partie quand il avait cinq ans et a vécu de longues années dans l'alcool et la drogue. Et pourtant, il a eu la joie de conduire son père et sa mère au Seigneur : son papa l'attend au ciel, et sa maman fait partie d'une de leurs églises.
Il parle aussi de sa belle-mère suédoise, venue au Seigneur à la quarantaine après avoir tout essayé dans la vie. C'est en la suivant à l'église qu'il a rencontré Jésus. Cette femme n'avait honte de rien : elle jetait ses talons hauts et dansait dans les allées quand personne d'autre ne dansait, elle s'approchait à tous les appels, peu importe le prédicateur. Un jour, il l'a rattrapée pour la faire rasseoir et lui a demandé si elle était sauvée. Elle lui a répondu : « Toi, tu as honte de moi ? » Puis : « D'accord, je resterai assise cette fois, mais essaie de me tenir assise la prochaine fois. »
C'est de cela que parle ce message : la faim spirituelle. Des gens qui viennent à l'église pour recevoir, et pas seulement pour s'asseoir. La question que le prédicateur pose à l'assemblée de Lyon, et qu'il te pose à toi : es-tu venu affamé ?
Plan du message
1. Une fenêtre ouverte dans l'histoire (Amos 8:11)
- Amos 8:11 annonce une famine qui n'est pas celle du pain ni la soif de l'eau, mais la faim et la soif d'entendre les paroles de l'Éternel. Et la réalité de ce texte, c'est que la Parole ne sera pas trouvée. Israël a eu une période unique dans l'histoire où la Parole de Dieu lui était accessible.
- Le prédicateur croit que l'Europe vit un temps spécial et unique, et que c'est maintenant. Nous ne savons pas si nous aurons encore longtemps cette liberté de religion, d'expression et de croire. Mais nous l'avons aujourd'hui, et nous devrions en remercier Dieu.
- Il y a de bonnes nouvelles : il ne s'est jamais vendu autant de Bibles en Europe qu'aujourd'hui. En Europe du Nord, Jésus a été la personne la plus recherchée sur Google en 2025, et il a été nommé « influenceur de l'année » en Suède. En Grande-Bretagne, une étude de 2019 auprès des 18-35 ans indiquait que 4 % étaient allés à l'église ; la même étude refaite cette année donne 16 %. Ça a triplé.
- Les hommes et les femmes sont affamés de vérité et de spiritualité. Le prédicateur n'a pas honte de le dire : c'est la Bible et Jésus qui ont sorti sa mère de l'alcoolisme ; ce ne sont pas les psychiatres, ni les médicaments, ni les médecins qui ont sorti son père de la criminalité. Sa petite sœur, prise dans l'occultisme et toujours habillée en noir, est passée en un seul service dans la présence de Jésus au baptême d'eau ; elle s'habille maintenant en blanc et en jaune.
2. Une âme qui a besoin de plus que de la nourriture (Psaume 42, Jean 6)
- Psaume 42:1-2 : David exprime sa soif et sa faim spirituelle. « Comme une biche soupire après des courants d'eau, ainsi mon âme soupire après toi, ô Dieu. » Le prédicateur croit que cette faim est arrivée en Europe : les gens sentent au plus profond d'eux que ni l'expression sexuelle de tout genre, ni toutes les vies exubérantes qu'ils essaient ne satisfont l'âme.
- Notre âme a besoin de plus que de la nourriture, de plus que l'alcool, de plus que le sexe. Notre âme a besoin d'un Dieu vivant. Nous avons été créés pour être en communion avec Dieu.
- Jean 6:27 : « Travaillez, non pour la nourriture qui périt, mais pour celle qui subsiste pour la vie éternelle, et que le Fils de l'homme vous donnera. » Et au verset 33 : le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde.
- Ne manque pas ton opportunité, ne manque pas cette fenêtre ouverte dans l'histoire où tu peux manger ce pain qui satisfait, où tu peux prendre part au pain de vie.
- Le prédicateur rentre de Lodwar, au nord du Kenya, chez le peuple Turkana. Il a vu des gens transporter leurs malades à pied sur 70 à 80 km pour qu'on prie pour eux et qu'ils vivent un miracle. Il a soif que ce genre de faim saisisse l'Europe, et il prophétise que des temps de visitation viennent.
3. La faim, c'est la foi : la femme syro-phénicienne (Marc 7)
- Dieu répond à la foi. Beaucoup ont du mal avec cette idée : « si je n'ai pas la foi, je ne recevrai pas, ça fonctionne contre moi ». Le prédicateur ramène cela à un niveau que tout le monde peut appliquer : la faim spirituelle, c'est la même chose que la foi. Si tu es venu avec un tout petit peu d'attente dans ton cœur (« si Dieu est vrai, est-ce qu'il me voit ? peut-être qu'il peut me toucher »), c'est le grain de moutarde dont Jésus parle. Et ce petit grain peut déplacer des montagnes.
- Mais il faut une attitude brisée. La femme syro-phénicienne, dont la fille était tourmentée par les démons, demande un miracle à Jésus. Et il lui répond en substance : est-ce que je dois prendre le pain des enfants, les Juifs, pour le donner à une païenne ? C'était très blessant.
- Pourquoi Jésus a-t-il parlé ainsi ? Parce qu'il y a quelque chose qui doit être challengé en chacun de nous : l'orgueil, le « j'ai mes droits ». Cela doit être brisé jusqu'à ce qu'on n'ait plus rien à faire de ce que les gens pensent de nous, parce que la faim nous a atteints.
- La « bombe » du message : ce n'est pas tant que tu n'auras pas le désir de recevoir Dieu plus que ta propre personne, que Dieu pourra satisfaire ta faim. C'est quand tu n'en as plus rien à faire de ce que tes amis, ta famille, tes collègues ou tes voisins pensent de toi. Comme sa belle-mère, ou comme sa mère, alcoolique désespérée arrivée au bout d'elle-même, pour qui Jésus n'était plus que le seul espoir. C'est là qu'on est prêt à manger le pain de vie.
- Marc 7:28 : « Oui, Seigneur, les petits chiens, sous la table, mangent les miettes des enfants. » Ce verset capture toute l'attitude de quelqu'un qui est sur le point de vivre un miracle. Le prédicateur est sûr que Jésus l'a appelée ainsi pour tester son cœur. Parfois, nous serons provoqués, parce que Dieu veut voir si nous sommes réellement désespérés, si nous voulons vraiment une transformation et si nous sommes prêts à la traverser.
- En tant que pasteur, il a rencontré des milliers de personnes qui disaient vouloir de l'aide mais ne suivaient jamais les conseils. Tu dois arriver à cet endroit où tu peux dire : « Donne-moi mes miettes. Appelle-moi comme tu veux, tant que je reçois mes miettes spirituelles. » Voilà le brisement auquel Dieu répond.
- Sa prière : que cela vienne en France, en Grande-Bretagne, en Autriche, en Allemagne, et capture l'Europe, où nous savons tout sur la technologie, avec nos masters et nos doctorats, mais ne savons rien de notre Créateur.
4. H.U.N.G.R.Y. : le portrait de l'affamé
- Le prédicateur propose un jeu de mots avec le mot anglais hungry (affamé), pas si simple à traduire en français.
- H pour humble, modeste. U pour urgent : il me le faut maintenant. N pour bruyant (noisy) : as-tu déjà rencontré une foule affamée ? Il en a vu beaucoup en Afrique, quand les gens se battent pour un sac de riz et se fraient un chemin jusqu'à l'avant parce qu'ils sont désespérés de nourrir leurs enfants.
- G pour courageux, audacieux : je trouverai toujours le moyen d'y parvenir. R pour prêt (ready) : je suis prêt à faire ce qu'il faudra. Y pour désirer (yearning) : je soupire tellement que je m'en fiche du reste.
- « Je me demande si on va trouver cette faim à Lyon. Trouvons-la ici. »
5. Ce que la faim libère : des histoires de terrain
- Le jeune Polonais. Un membre de son église, 18-19 ans, tout juste sauvé, qui toquait sans cesse à sa porte avec des questions sur la fin des temps et l'Apocalypse, qui le cherchait jusqu'au parc (un jour, le pasteur s'est caché derrière un arbre : « Pasteur, c'est toi ? »). À l'époque, il lui faisait peur. Aujourd'hui, il se dit qu'il a besoin de plus de ces Polonais, parce que la faim libère la puissance de Dieu, l'atmosphère de Dieu, l'onction de Dieu. La faim, c'est ce à quoi Jésus répond.
- Le « coach » des Philippines. Dans une tribu d'anciens chasseurs de têtes au nord des Philippines, un vieil homme pieds nus, avec un simple pagne et une grosse veste de baseball marquée « coach » reçue d'une organisation d'aide américaine, l'a soutenu plus que tous les pasteurs pentecôtistes avec qui il avait prêché. Il criait « Oui ! », il a engueulé sa sœur malade du pied pour qu'elle s'approche pour la prière, il était le premier à chaque invitation, il a dormi sur la berge de la rivière pour être le premier baptisé, dans sa veste de baseball. En sortant de l'eau : « Prédicateur, tu ne commences pas une seule réunion avant que je sois de retour. » Nous avons besoin de gens affamés comme lui pour remplir les églises en Europe.
- Le Pakistan. Devant une foule à plus de 90 % musulmane, avec des billets « guérison gratuite pour les musulmans et les chrétiens », il n'a jamais vu autant de guérisons que parmi les musulmans. 150 soldats tentaient de contenir 10 000 Pakistanais affamés qui brisaient les barrières et jetaient leurs enfants malades sur nos voitures pour nous empêcher d'avancer. C'est la faim à laquelle Dieu répond.
- Tu te demandes pourquoi les miracles arrivent en Asie et en Afrique, et si peu en Europe ? Tu as ta réponse. Tu veux passer par la porte arrière ? Tu veux que personne ne sache que tu demandes la prière ? Tu t'interdis de dire à tes collègues que tu vas à l'église ? La faim doit surpasser ta dignité. Ta foi doit t'emmener à cet endroit où tu es désespéré.
- Le Népal. Au milieu de sa prédication, une centaine de fauteuils roulants ont surgi devant la plateforme, et les gardes ont dû faire place. Un jeune homme paralysé à partir de la taille, avec des bras très musclés, a grimpé sur l'estrade et se laissait tomber à côté de lui en criant « guéris-moi ». Ce n'était pas la foi du prédicateur qui a donné une percée miraculeuse totale ce jour-là, c'était leur faim, que personne ne pouvait arrêter.
- La Bulgarie. Une femme en fauteuil roulant, à sa droite, se relevait sans cesse sur ses accoudoirs, les jointures blanches, et retombait. Tout en elle disait : « Je ne suis pas venue pour toi, prédicateur, ni juste pour entendre un message. Je suis là parce que je crois que Jésus peut me guérir. » Bien avant l'amen final, elle marchait, en disant : « Mes jambes tremblent, je ressens la puissance de Dieu. » Non pas parce qu'il a bien prêché, non pas par sa foi, mais parce qu'elle avait faim.
6. Dieu ne s'explique pas, il s'expérimente
- Tu dois venir à l'église pour plus qu'un prédicateur, plus que la musique, plus que la communion fraternelle. Tu dois venir parce que tu veux rencontrer Dieu, toucher Jésus. Si c'était une question de bons messages, il y aurait beaucoup plus de gens guéris en France, car il y a beaucoup de bons messages. Si c'était la musique, il y aurait eu beaucoup de miracles.
- L'église, ce n'est pas la meilleure équipe de louange ni la meilleure sono. Le prédicateur est allé à l'église sous un arbre, et c'est là que la terre tremble, parce que les gens sont venus affamés pour rencontrer le Dieu vivant. L'Europe a besoin de plus que de la bonne musique et d'un bon message.
- Dieu ne peut pas être expliqué. Dieu doit être expérimenté, touché, ressenti. Si tu es venu en pensant que tout doit faire sens, ça n'aura pas de sens, parce que Dieu est plus grand que les capacités de ton cerveau. Dieu est au-delà de notre logique. Mais Dieu est là, son Esprit est là.
- Quand Jésus est venu mourir pour nous, Dieu n'est pas venu flirter avec l'humanité ni avec notre logique moderne. Qui veut croire en un Dieu cloué sur une croix ? Paul dit que ce sera une pierre d'achoppement pour les intellectuels et une folie pour ceux qui ne veulent pas croire, et en même temps que l'Évangile de Jésus-Christ crucifié et ressuscité est la puissance de Dieu. Ce dont l'Europe a besoin, c'est la puissance de Dieu : pas des raccourcis pertinents, mais un message qui provoque.
- Dieu provoque nos raisonnements. 1 Corinthiens dit que Dieu frustre l'intelligence des intelligents. Le prédicateur n'est pas venu à l'église à 20 ans parce que la musique était la meilleure ou que tous les messages avaient du sens, mais parce qu'il savait qu'il mourrait s'il ne venait pas, qu'il n'avait plus de futur. Il n'est pas venu suivre un prédicateur ou rejoindre une dénomination, mais pour être touché par le doigt de Dieu.
- Jésus est le pain de vie descendu du ciel. Jésus est la seule espérance.
7. Conclusion : une faim qui touche toute la société
- Le prédicateur a vu cette faim en Europe, en prison, auprès des plus pauvres et des rejetés. Mais on dirait qu'elle est maintenant arrivée dans toutes les sections de la société. Les gens sont fatigués du « wokisme », des réponses qui ne sont pas des réponses, des plaisirs exploités, de l'intellectualisme. Les gens sont affamés du Dieu vivant.
- Il annonce une invitation, mais sans essayer de convaincre ni de la répéter encore et encore : « On ne va pas flirter avec toi. » Si tu as de la faim en toi, tu te fiches du prédicateur, de son costume, de son style. « Je suis juste un homme. Je ne suis pas le message, je vous apporte le message. »
- Tu n'as pas besoin d'aimer le messager, ni le pasteur Mat. Tu dois lire la lettre. Tu ne viens pas à l'église parce que tu aimes la chorale, mais pour ce dont elle chante, pour ce qu'il y a entre les lignes : l'eau du Dieu vivant déversée dans la maison du Dieu vivant.
Points à retenir
- L'Europe vit une fenêtre ouverte dans l'histoire : la Parole est accessible et la liberté de croire existe. Amos 8:11 rappelle que cela n'a pas toujours été et ne sera pas toujours le cas.
- Ton âme a besoin de plus que de la nourriture, de l'alcool ou du sexe : elle a été créée pour la communion avec le Dieu vivant, et seul le pain de vie la rassasie (Jean 6).
- La faim spirituelle, c'est la foi. Même un tout petit peu d'attente est un grain de moutarde qui peut déplacer des montagnes.
- Dieu répond au brisement : celui de la Syro-Phénicienne qui accepte les miettes, celui de la belle-mère qui danse sans honte, celui de la femme en fauteuil roulant qui se relève. La faim doit surpasser ta dignité.
- Dieu ne s'explique pas, il s'expérimente. L'église n'est pas une affaire de bonne musique ou de bon message, mais de rencontre avec Dieu.
Application personnelle
- Es-tu venu à l'église ce dimanche pour recevoir, ou juste pour t'asseoir ? Qu'est-ce que tu attends vraiment de Dieu en franchissant la porte ?
- Le regard de tes amis, de ta famille, de tes collègues ou de tes voisins : est-ce qu'il t'empêche de t'approcher pour la prière, de danser, de dire que tu vas à l'église ? Que faudrait-il pour que ta faim surpasse ta dignité ?
- Avec quoi essaies-tu de satisfaire ton âme aujourd'hui ? Nourriture, alcool, sexe, science, technologie, intellectualisme ? Qu'est-ce que cela produit vraiment en toi ?
- Relis les six lettres de HUNGRY (humble, urgent, bruyant, courageux, prêt, désirant). Laquelle te manque le plus ? Laquelle peux-tu demander à Dieu cette semaine ?
- Quand Dieu te provoque ou te bouscule, comme il l'a fait avec la femme syro-phénicienne, es-tu prêt à répondre « donne-moi mes miettes » plutôt qu'à défendre tes droits ?
Versets cités
- Amos 8:11 : la famine d'entendre les paroles de l'Éternel
- Psaume 42:1-2 : comme une biche soupire après des courants d'eau
- Jean 6:27-35 : le pain de Dieu qui descend du ciel et donne la vie au monde
- Marc 7:24-30 : la femme syro-phénicienne et les miettes des enfants
- Matthieu 17:20 : la foi comme un grain de moutarde qui déplace les montagnes
- 1 Corinthiens 1:18-25 : la croix, folie et pierre d'achoppement, mais puissance de Dieu
Questions fréquentes
Que signifie la famine annoncée dans Amos 8:11 ?
Dans Amos 8:11, Dieu annonce une famine qui n'est pas celle du pain ni la soif de l'eau, mais la faim et la soif d'entendre les paroles de l'Éternel, et la Parole ne sera pas trouvée. Israël a eu un temps unique où la Parole lui était accessible. Johannes Amritzer applique ce texte à l'Europe : nous vivons un temps spécial de liberté religieuse et d'accès à la Bible, et nous ne savons pas combien de temps il durera. Il faut en profiter maintenant.
Pourquoi Jésus parle-t-il si durement à la femme syro-phénicienne en Marc 7 ?
Selon le prédicateur, Jésus a parlé ainsi pour tester le cœur de cette femme et challenger ce qui doit être brisé en chacun de nous : l'orgueil, le sentiment d'avoir des droits. Sa réponse, « même les petits chiens sous la table mangent les miettes des enfants » (Marc 7:28), montre l'attitude de quelqu'un qui est sur le point de vivre un miracle : une faim qui passe avant la dignité et avant le regard des autres.
Que veut dire l'acrostiche HUNGRY de Johannes Amritzer ?
Le prédicateur a fait un jeu de mots avec le mot anglais hungry (affamé) : H pour humble, U pour urgent (il me le faut maintenant), N pour noisy, bruyant (comme une foule affamée qui se fraye un chemin), G pour courageux et audacieux, R pour ready, prêt à faire ce qu'il faudra, et Y pour yearning, le désir qui soupire après Dieu au point de ne plus se soucier du reste.
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