Le baptême de Jésus (Marc 1) : humilité et gloire

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Introduction

Ce dimanche du 11 janvier 2026, Arthur LAISIS ouvre la prédication à l'Église réformée évangélique de Marseille sud sur les quinze premiers versets de l'Évangile de Marc. C'est le dimanche du baptême du Christ, l'une des rares fêtes que les réformateurs calvinistes ont voulu conserver, ce qui, dit le prédicateur, témoigne de son importance particulière et de la place centrale que le Christ y occupe.

Tout ce cycle de Noël, ouvert plus de deux semaines plus tôt, est encadré par la figure de Jean-Baptiste. Celui qui vient avant Jésus, le précurseur, mais aussi celui que l'on retrouve au tout début du ministère public du Christ. Jean-Baptiste annonçait la venue de Jésus, et voici que Jésus vient à lui pour être baptisé. Marc choisit de commencer son évangile par cet épisode.

Arthur LAISIS ne prétend pas tout expliquer du texte. Il propose trois points à emporter : la continuité entre l'Ancien et le Nouveau Testament, qui témoigne de la fidélité de Dieu à travers les siècles ; les signes de gloire qui accompagnent, du début à la fin, les marques d'humiliation du ministère du Christ ; et enfin le sens de cette décision surprenante, Jésus, qui reçoit le baptême plutôt que de le donner.

Plan du message

1. La continuité : Dieu reprend la parole après des siècles de silence

On pourrait croire, en lisant Marc, que quelque chose de radicalement nouveau commence. Marc s'ouvre par ces mots : « Commencement de l'Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu. » Et de fait, Marc est le premier évangéliste ; il inaugure un genre littéraire nouveau, ce genre biographique de Jésus qui va devenir un nom commun : un évangile, les quatre évangiles, et ensuite les évangiles apocryphes.

Mais dès le deuxième verset, Marc place le commencement de la bonne nouvelle non pas au baptême du Christ, ni même à sa naissance. Il ne raconte pas les circonstances de la nativité. Il place ce commencement bien plus haut : dans l'Ancien Testament, dans le prophète Ésaïe. L'Évangile, c'est une promesse déjà ancienne. Une promesse que tout le monde n'a pas oubliée, même si depuis des siècles la parole inspirée ne se déverse plus. Il n'y a plus de prophète en Israël.

Et pour faire cette jonction entre l'ancien et ce qui va devenir le Nouveau Testament, Marc cite Ésaïe, mais il cite en réalité plusieurs textes bibliques, dont le chapitre 3 du prophète Malachie, le dernier chapitre de l'Ancien Testament. Cette voix qui crie dans le désert, ce messager qui va frayer un chemin, c'était le point d'orgue de l'Ancien Testament : le retour d'Élie que Malachie annonçait.

Cette mention d'Élie s'incarne aussitôt dans Jean-Baptiste, ce dernier prophète du temps de l'Ancien Testament, second Élie, précurseur direct de Jésus. C'est la première bonne nouvelle du texte : Dieu reparle. Dieu a quelque chose de nouveau à révéler après ces siècles de silence prophétique.

Mais attention à l'expression française. Chez nous, « prêcher dans le désert » veut dire n'être écouté de personne. Ce n'est pas ce que dit le texte. Ce désert reprend vie, ce désert s'anime, ce désert se peuple. Et c'est le deuxième miracle du passage. Après l'éruption de la parole prophétique, il y a une bénédiction visible, on pourrait presque parler d'un réveil : « Tout le pays de Judée et tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui. »

Il y a bien sûr une hyperbole, il ne faut pas croire que chaque habitant a défilé un à un, et l'on verra quelques années plus tard que beaucoup dans ce pays sont encore loin de la repentance. Mais un peuple se constitue dans ce désert, comme des siècles plus tôt un peuple s'était constitué dans le désert du Sinaï au moment de l'Exode. La parole de Dieu, la prophétie, constitue une église, constitue un nouveau peuple avant même l'arrivée de Jésus.

Ce peuple-là n'est pas mû par la seule recherche de guérison, ni par la simple curiosité. Le texte précise que ces gens « se faisaient baptiser par lui en confessant leurs péchés ». L'Esprit produit ici une repentance visible, sincère, massive. Il y a une sorte de préparation évangélique dans le ministère de Jean, qui fédère déjà, qui amène à prendre conscience du péché, un péché qui accable, dont on cherchait à se débarrasser par toutes sortes d'ablutions rituelles répétées à l'époque.

Deux singularités marquent pourtant le baptême de Jean, et disent beaucoup du Christ qui vient. D'abord, ce baptême n'a lieu qu'une seule fois. Ce n'est plus une ablution répétée mais un geste durable, qui annonce le baptême chrétien, celui que nous avons confessé il y a quelques instants comme « un seul baptême pour la rémission des péchés ». Ensuite, c'est Jean qui baptise les autres, alors que dans le judaïsme de l'époque les baptêmes étaient auto-administrés, on se plongeait soi-même dans l'eau pour se purifier. Le Seigneur, à travers Jean, transmet déjà une nouvelle fondamentale : ce n'est pas par nos propres mérites que nous pouvons être lavés du péché ; nous avons besoin d'un intermédiaire, d'un médiateur.

2. Humilité et gloire : les signes qui ne laissent aucune excuse

Ce Jean réactive, des siècles plus tard, une lignée prophétique. On pourrait penser qu'il occupe un sommet dans cette lignée. Et pourtant son message tout entier est un message d'humilité : « Il vient après moi, celui qui est plus puissant que moi, et je ne mérite pas de délier, en me baissant, la courroie de ses sandales. »

Annoncer un prophète plus grand n'était pas nouveau, Moïse déjà avait annoncé un prophète plus grand que lui. Mais cette image de la courroie des sandales est particulièrement choquante. Déchausser quelqu'un, c'était la corvée qu'on laissait aux esclaves. Et même à un esclave juif, on refusait ce geste : il n'était donné qu'à un esclave étranger. Voilà la distance que Jean met entre lui et ce messager à venir. Jean saisit que le Messie qui vient n'est pas seulement un homme comme lui, il n'y a pas une différence de degré, mais une véritable différence de nature. Différence qui correspond d'ailleurs à la nature de ce qu'il donne : « Moi, je vous ai baptisés d'eau, mais lui vous baptisera d'Esprit Saint. »

Qui est ce Messie ? Marc ne raconte ni généalogie ni récit détaillé de la naissance, mais il est tout aussi préoccupé par la question de l'identité. Avant même de faire entrer Jésus en scène, il nous a déjà dit qu'il est le Christ, le Messie, l'Oint de Dieu mis à part pour une mission unique. Et le Fils de Dieu, un titre qui exprime à la fois sa divinité, sa messianité, et qui prend un sens particulier avec le mystère de l'incarnation qu'on vient de célébrer : le Fils de Dieu n'est plus seulement Dieu ou un envoyé, il devient quelqu'un d'humain, incarné, engendré. Dieu pose sa tente.

Cette question de l'identité est centrale dans tout l'Évangile de Marc. Dès le premier chapitre, la voix du Père descend du ciel pour donner l'identité de Jésus. Au chapitre 8, tournant du livre, ce sera Pierre qui confessera la messianité et la divinité de Jésus. Puis, presque à la fin, au chapitre 15, un centurion romain (un païen qui n'avait sans doute jamais vu Jean), reconnaîtra que « cet homme était vraiment le Fils de Dieu ».

Lorsque Jésus paraît enfin, il ne se distingue pas immédiatement. Il vient de Nazareth, un village ordinaire. Il se tient parmi la foule. Il se fait baptiser comme les autres. Et c'est là que la question s'aiguise : où est la gloire dans ce personnage ?

À Noël, on rappelle volontiers combien Jésus vient de manière ordinaire, pauvre, inattendue pour un peuple qui attendait un Messie guerrier. Mais Arthur LAISIS attire notre attention sur tous les éléments qui vont dans l'autre sens. Du début à la fin, toutes les démonstrations d'humilité de Jésus laissent aussi entrevoir sa puissance et sa divinité. Il n'y a aucune ambiguïté, aucune excuse pour ne pas reconnaître sa divinité.

Prends la naissance : oui, la mangeoire, oui, le manque de place à l'auberge. Mais aussi l'étoile, mais aussi le concert des anges. Prends la croix : y a-t-il moment plus humiliant que la mort d'un supplicié ? Et pourtant, tous ces signes viennent en même temps, les éléments qui se déchaînent, ces morts qui ressuscitent (dit très pudiquement en un verset), tous ces miracles qui signalent le caractère extraordinaire et divin de l'événement.

Ici, au baptême, quels sont les signes ? D'abord cette repentance dans tout le peuple, qui annonce déjà la formidable croissance de l'Évangile qui aura lieu après la Pentecôte. Ensuite la parole de Dieu qui descend du ciel. Puis cette métaphore saisissante du ciel déchiré pour dire la descente de Dieu sur la terre. Et ce ciel déchiré fait écho (c'est le même mot dans le texte original), au rideau du temple qui va se déchirer le Vendredi saint, celui-là même qui provoquera la confession de foi du centurion romain. La parole du Père qui atteste l'identité de Jésus au premier chapitre, on l'entendra en écho, dans la bouche d'un Romain, à la fin.

Ce baptême fait également écho à un autre événement glorieux au milieu de l'humiliation : la transfiguration au chapitre 9. Les parallèles sont nombreux. Les deux événements suivent une déclaration de Jésus comme Messie (Jean-Baptiste ici, Pierre là-bas). Jean-Baptiste, qui préparait, qui aplanissait les chemins pour la venue du Seigneur, va mourir peu avant la transfiguration ; et juste avant celle-ci, Jésus annonce la construction du temple qu'il relèvera. Les deux événements sont suivis d'un affrontement avec des esprits mauvais : la tentation au désert ici, un démon particulièrement coriace là-bas. Dans les deux cas, Jésus part ensuite en Galilée, territoire d'Hérode, qui allait tuer Jean, territoire dangereux où son précurseur venait d'être assassiné. Au baptême, l'Esprit descend sous la forme d'une colombe ; à la transfiguration, une nuée couvre le Christ. Dans les deux cas, la voix du Père se fait entendre. Ce sont les deux seuls moments de l'Évangile de Marc où Père, Fils et Esprit sont réunis ainsi. Et les mots du Père sont très semblables : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. »

Pourquoi cet éclat glorieux alors que Jésus n'est pas encore connu, alors que les foules suivent encore Jean ? Peut-être justement pour l'encourager avant l'épreuve du désert, avant ces quarante jours d'errance et de tentation face à Satan. Jésus va réussir ces quarante jours là où Israël avait échoué quarante ans dans le désert. Jésus s'identifie ici avec Israël. Il devient ce serviteur qu'Ésaïe chantait et qu'il appelait Israël. Jésus devient notre représentant. Et cette voix qui le désigne (sans couronne, sans trône, mais avec l'amour du Père), c'est la voix qui le reconnaît comme Fils, comme roi choisi de Dieu, et qui nous permet, à notre tour, par la foi, d'être appelés enfants de Dieu.

3. Le sens du baptême de Jésus : obéissance active pour notre salut

Il est normal d'être étonné devant le geste de Jésus. Le premier étonné, c'est Jean lui-même, quand il voit venir celui qu'il va appeler l'Agneau de Dieu qui enlève les péchés du monde. Que cet Agneau tout pur, sans tache, vienne lui demander le baptême, un geste de nettoyage. C'est une réaction qui peut sembler pieuse : refuser instinctivement ce geste pour manifester que Jésus est sans péché, qu'il n'a besoin d'être lavé de rien.

Et pourtant ce baptême de Jésus est éminemment nécessaire. Il avait été institué par Jean, mais Jésus s'en empare. Jésus devient le remplaçant de son peuple et il prend sur lui ce nettoyage. Jésus va rendre possible le pardon, il va rendre possible notre salut en subissant le jugement mérité.

Quand on parle d'un jugement que Jésus a subi, on pense à la croix. C'est ce qu'on appelle son obéissance passive : il n'oppose pas de résistance, il ne mobilise pas l'armée d'anges qui aurait pu venir le servir, il oppose son silence à Pilate, il renonce à l'épée parce qu'il vient pour un royaume qui n'est pas de ce monde. Mais Jésus accomplit aussi une mission de salut dans son baptême. Il accomplit en notre nom la mission qui avait été donnée dès Adam à l'humanité. Il accomplit l'alliance conclue avec Adam. Nous ne sommes pas seulement sauvés par l'obéissance passive de Jésus jusqu'à la croix ; nous sommes aussi sauvés par son obéissance active, parce qu'il est venu accomplir la Loi parfaitement.

Le baptême est donc le début du ministère du Christ. Il commence à accomplir, une fois pour toutes, un sacrifice parfait pour les péchés de toutes ses brebis. Par cette onction royale, le Saint-Esprit descend sur lui. Cela ne veut pas dire que Jésus n'était pas Dieu avant son baptême, il l'était de toute éternité. Mais Jésus est incarné. Jésus n'est pas seulement une nature divine ; il est une personne qui réunit une nature divine et une nature humaine. Et cette nature humaine avait besoin de l'onction de l'Esprit pour que ses miracles et son ministère soient possibles.

Le baptême a lieu sur le Jourdain, point de passage, point d'entrée dans la Terre sainte, entrée de la promesse dans la réalité. Marc nous montre dès le début que le Royaume de Dieu s'ouvre par l'obéissance du Fils. Ce n'est pas notre obéissance qui fonde le salut, qui nous accorde le lavage. C'est la sienne. Et c'est à la lumière de son obéissance parfaite, accomplie par sa vie et par sa mort, que nous sommes appelés, à notre tour, à répondre par la foi.

Le baptême du Christ, comme le nôtre, nous rappelle l'Exode, ce passage à travers le Jourdain. Parce que le baptême dit d'abord ce que Dieu fait avant de dire ce que nous faisons. Voilà pourquoi, dans le baptême de Jean, ce ne sont pas les Israélites eux-mêmes qui venaient administrer le baptême. Et ce ne l'est pas non plus dans l'Église chrétienne. Israël n'a pas commencé par marcher librement avant d'être libéré. Israël a été libéré pour pouvoir marcher. De la même manière, Jésus a reçu le baptême avant de pouvoir porter le péché. De la même manière, le baptême ne célèbre pas une réussite spirituelle ni l'aboutissement d'un parcours exemplaire : il marque un passage, une entrée, un passage de la mort à la vraie vie en Christ, de l'esclavage à la belle mais parfois coûteuse liberté des enfants de Dieu.

Cette liberté, ce n'est pas l'absence de désert ni la fin de toutes les ténèbres. Jésus a été conduit, a même été poussé, dit le texte, par l'Esprit dans le désert juste après son baptême. Il arrive parfois que de jeunes chrétiens fraîchement baptisés soient confrontés (un peu trop rapidement à leur goût), à de grandes épreuves qui peuvent ébranler leur foi. Notre liberté d'enfant de Dieu, ce n'est pas l'absence du désert, c'est la certitude d'une présence, d'une direction, même au milieu du désert, même au cœur de la nuit. Aussi fidèlement que Dieu était aux côtés de son peuple dans le désert, aussi fidèlement que les anges ont servi Jésus après ses quarante jours face à Satan.

Dans la plupart de nos églises, le geste du baptême se fait par aspersion. Un geste simple, presque discret, parfois jugé trop sobre. Sa symbolique est pourtant profonde. Ce n'est pas une onction sans mesure, comme celle de l'Esprit sur Jésus. C'est d'abord un avertissement. Comme Moïse, comme Noé avant lui, nous ne sommes pas engloutis par les eaux le jour de notre baptême. Nous passons à sec. L'eau rappelle à la fois le jugement (celui du déluge, celui de la mort), et la grâce. Parce que l'eau de ce jugement, c'est le Christ qui l'a traversée pour nous. Il a été plongé dans la mort afin que nous ne le soyons pas. L'eau versée sur le baptisé n'est pas une noyade : c'est un signe de vie. Elle dit que nous sommes sauvés à travers les eaux parce que Dieu a ouvert le passage.

Elle évoque aussi le don de l'Esprit : répandu, donné, reçu, non pas arraché par un effort, mais accueilli dans la foi. Non pas quelque chose de brutal, mais quelque chose qui habite en nous depuis la Pentecôte, durablement. Et cette eau est aussi un signe visible d'encouragement, dont même le Christ, semble-t-il, a eu besoin de profiter avant d'être emmené dans le désert. Un signe visible d'encouragement dont nous nous souviendrons toute notre vie, destiné à nous conduire à la sainteté par l'Esprit, pour l'obéissance et l'aspersion du sang de Jésus-Christ.

Nous ne sommes pas le Fils unique de Dieu. Nous ne sommes pas au même niveau que Jésus, de la même manière que Jean se sentait terriblement inférieur. Mais Dieu, dans le baptême, nous appelle par notre nom, et (plus important encore), il s'engage par son nom trinitaire : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. À chaque baptême, l'Éternel met son nom sur ton nom. Il conclut avec toi une alliance à perpétuité. Il fait de nous des fils de la promesse appelés à s'adresser à Dieu comme à leur Père. Et comme Pierre l'annoncera à la Pentecôte, « la promesse est pour vous, pour vos enfants ». C'est une alliance que nous recevons, que nous confessons, qui nous engage, mais dans laquelle Dieu s'engage le premier. Il se souviendra de son alliance avec nous, aujourd'hui et pour toujours. De même qu'un jour, au bord du Jourdain, il a oint son Fils avec abondance et déclaré tout son amour pour lui.

Points à retenir

  1. L'Évangile n'est pas une rupture, c'est un accomplissement. Marc commence son évangile en citant Ésaïe et Malachie : la bonne nouvelle a des racines profondes dans l'Ancien Testament. Après des siècles de silence, Dieu reparle par Jean.
  2. Chaque signe d'humilité chez Jésus est doublé d'un signe de gloire. Mangeoire et étoile à Noël, croix et rideau déchiré au Calvaire, baptême parmi la foule et ciel déchiré au Jourdain : rien ne permet d'ignorer sa divinité.
  3. Jésus est baptisé pour toi, pas pour lui. Il n'avait aucun péché à laver. Il prend le baptême comme il prendra la croix, en remplaçant de son peuple, pour rendre possibles le pardon et le salut.
  4. Le baptême dit d'abord ce que Dieu fait, avant ce que nous faisons. Comme Israël a été libéré pour pouvoir marcher, tu es baptisé pour pouvoir vivre en enfant de Dieu, pas parce que tu l'as mérité.
  5. Ta liberté d'enfant de Dieu n'est pas l'absence de désert. Jésus a été poussé au désert juste après son baptême. Ta liberté, c'est la certitude d'une présence, même au cœur de la nuit.
  6. À chaque baptême, l'Éternel met son nom trinitaire sur ton nom. Il conclut une alliance à perpétuité, et il s'engage le premier.

Application personnelle

Prends un moment devant Dieu, et demande-toi honnêtement :

  1. Est-ce que je regarde encore mon salut comme un effort à fournir, ou est-ce que je le reçois comme une œuvre déjà accomplie par le Christ dans son baptême, dans sa vie, dans sa mort ?
  2. Y a-t-il, dans ma vie chrétienne, un signe d'humiliation dont je n'ai pas encore vu le signe de gloire correspondant ? Qu'est-ce que Dieu essaie de m'y montrer ?
  3. Quand je me souviens de mon propre baptême, est-ce que je m'y arrête d'abord sur ce que j'ai confessé, ou sur ce que Dieu a promis en mettant son nom sur le mien ?
  4. Suis-je en train de traverser un « désert » juste après un moment fort de foi ? Est-ce que je sais que cela peut être normal, et que la présence de Dieu ne m'y a pas quitté ?
  5. Autour de moi, qui pourrais-je encourager en lui rappelant que l'alliance de son baptême tient toujours, parce que c'est Dieu qui s'est engagé le premier ?

Versets cités

  • Marc 1:1-15 · le texte de la prédication : la voix qui crie dans le désert, le ministère de Jean-Baptiste, le baptême de Jésus et le début de sa prédication en Galilée.
  • Ésaïe 42:1-9 · le serviteur en qui Dieu met son Esprit, lu pendant le culte.
  • Malachie 3 · le messager qui vient frayer le chemin, cité par Marc dans l'ouverture de son évangile.
  • Marc 8 · la confession de Pierre : « Tu es le Christ. »
  • Marc 9 · la transfiguration, en parallèle avec le baptême.
  • Marc 15 · la mort du Christ, le rideau du temple déchiré, la confession du centurion romain.
  • Tite 3:4-7 · « lorsque la bonté de Dieu notre Sauveur… il nous a sauvés par le bain de la régénération. »

Foire aux questions

Pourquoi Marc cite-t-il « Ésaïe » alors que le premier verset qu'il donne vient de Malachie ?

Parce que Marc cite plusieurs textes bibliques en même temps (une pratique courante dans le judaïsme du premier siècle), et il désigne l'ensemble par le prophète le plus important cité, ici Ésaïe. Le message n'est pas une erreur de sa part, mais un pont : la voix qui crie dans le désert (Ésaïe) est aussi le messager qui prépare le chemin (Malachie). Cette manière de citer tisse la fidélité de Dieu sur plusieurs siècles.

Si Jésus n'avait aucun péché, pourquoi a-t-il eu besoin d'être baptisé ?

Il n'en avait pas besoin pour lui-même. Il l'a fait pour nous. En descendant dans le Jourdain, Jésus commence à prendre sur lui la place de son peuple. C'est son obéissance active : il accomplit parfaitement l'appel donné à Adam et à Israël, en notre nom. Nous sommes sauvés à la fois par sa vie parfaite (obéissance active) et par sa mort à la croix (obéissance passive).

Que veut dire « le ciel s'est déchiré » et pourquoi est-ce important ?

C'est une image forte : Dieu a percé la séparation entre le ciel et la terre. Le même verbe apparaît à la fin de l'Évangile de Marc, quand le rideau du temple se déchire à la mort de Jésus. Marc encadre ainsi son livre : au baptême, Dieu vient à nous ; à la croix, l'accès à Dieu est ouvert à tous, jusqu'au centurion romain qui confesse la foi. Le ciel déchiré est le signe que la distance entre Dieu et les hommes est franchie en Christ.

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