Introduction
Frantz Galland, membre du conseil d'église, ouvre une nouvelle série de prédications sur l'Évangile de Jean, et en particulier sur les sept signes que l'évangéliste sélectionne pour te faire comprendre qui est Jésus. Le point de départ ? Le prologue, les dix-huit premiers versets qui portent tout le reste du livre.
La prière de l'année, rappelée la semaine précédente à partir de Matthieu 9, tient en une phrase : voir Jésus, et être témoin de lui. Ce premier message pose les fondations. Il te montre pourquoi Jean écrit, comment il construit son évangile, et surtout ce que la Parole faite chair vient produire dans ta vie. Un nouveau commencement est possible aujourd'hui, pour toi.
Plan du message
1. La place de l'Évangile de Jean parmi les quatre
Jean est très différent des trois premiers évangiles, appelés synoptiques parce qu'ils se ressemblent et peuvent être « vus ensemble ». Matthieu, Marc et Luc décrivent surtout ce que Jésus a fait. Jean, lui, veut te placer devant la personne de Jésus, devant la question de qui il est. Les trois premiers rapportent surtout les discours publics ; Jean donne une place immense aux conversations privées, comme celle avec Nicodème ou avec la Samaritaine.
Les synoptiques commencent par un angle humain : la généalogie, le ministère de Jean-Baptiste, l'accomplissement des prophéties. Jean, lui, remonte à la préexistence du Seigneur Jésus en tant que Parole, en grec le Logos, un mot qui renvoie sans détour à sa divinité. Et là où Matthieu compte vingt miracles, Marc dix-huit, Luc vingt, Jean n'en retient que sept, qu'il appelle « signes ». Tout est mis au service d'un but clair : « ces choses ont été écrites afin que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et qu'en croyant vous ayez la vie en son nom » (Jean 20.31).
2. Un plan simple en apparence, trois fils conducteurs en profondeur
Le plan est simple à l'œil nu : un prologue, le ministère public de Jésus auprès des Juifs, son ministère privé auprès des siens (chapitres 13 à 17), puis sa passion, sa mort et sa résurrection (chapitres 18 à 20), avec un épilogue au chapitre 21. Mais derrière ces divisions courent trois fils conducteurs.
Le premier fil : ceux qui reçoivent la Parole. À partir de Jean 1.12, l'apôtre sélectionne huit personnages ou groupes qui posent des confessions de foi simples et variées. Nathanaël : « tu es le Fils de Dieu, le roi d'Israël ». La Samaritaine : « ne serait-ce pas le Christ ? ». Les Samaritains de Sychar : « nous savons qu'il est vraiment le Sauveur du monde ». Pierre : « tu as les paroles de la vie éternelle, et nous, nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Fils de Dieu ». Thomas, enfin : « mon Seigneur et mon Dieu ». Jean expose ainsi son lecteur à des expressions de foi accessibles, pour l'amener à confesser lui-même que Jésus est le Sauveur dont il a besoin.
Le deuxième fil : les sept signes miraculeux. L'eau changée en vin, la guérison du fils de l'officier du roi, la guérison du paralytique à la piscine de Béthesda, la multiplication des pains, la marche sur les eaux, la guérison de l'aveugle-né, la résurrection de Lazare. Ces signes ne sont pas là pour épater : ils accréditent la divinité de Jésus et te rendent spectateur d'un Sauveur qui restaure la véritable humanité de ceux qu'il touche. Joie, santé, énergie, paix dans la peur, lumière pour l'aveugle. Sept signes puissants pour marteler que Jésus est Dieu, et qu'il est la réponse aux drames qui jalonnent ton existence.
Le troisième fil : les sept « Je suis ». Sept métaphores que Jésus emploie sur lui-même : le pain de vie, la lumière du monde, la porte, le bon berger, la résurrection et la vie, le chemin, la vérité et la vie, le vrai cep. Il y a probablement une correspondance voulue entre les sept signes et les sept « Je suis ». Si Jésus change l'eau en vin, c'est qu'il est le vrai cep qui produit le vin nouveau. S'il guérit le fils de l'officier, c'est parce qu'il est la vérité en personne, en qui l'officier a cru. S'il guérit le paralytique de Béthesda, c'est qu'il est le bon berger qui n'abandonne pas ses brebis malades. S'il multiplie les pains, c'est qu'il est le pain de vie. S'il marche sur les eaux, c'est qu'il est le chemin qu'on peut toujours emprunter malgré les impossibilités. S'il guérit l'aveugle-né, c'est qu'il est la lumière du monde qui vient éclairer tes ténèbres. Et s'il ressuscite Lazare, c'est qu'il est lui-même la résurrection et la vie. Toute la palette de tes détresses humaines trouve en lui une réponse.
3. Un prologue annonciateur
Les dix-huit premiers versets de Jean anticipent et préparent ce que tu vas découvrir ensuite. Le pasteur Jacques Buchhold le résume ainsi : le prologue résume les vérités que le reste de l'Évangile illustre, fonde et explique. Ce sont des vérités qui tournent autour de l'identité de Jésus.
Les mots-clés y reviennent en boucle : vie, lumière, témoin, témoignage, vérité, véritable, monde, gloire, grâce. Ces mots donnent envie d'aller plus loin, comme une bande-annonce qui installe les thèmes majeurs du récit.
4. Un prologue révélateur : nouveau commencement, drame, espoir
Un nouveau commencement. Difficile de ne pas entendre l'écho de Genèse 1.1 : « au commencement, Dieu créa les cieux et la terre ». Jean annonce un nouveau récit fondateur, avec la Parole créatrice cette fois : « toutes choses ont été faites par elle ». Une Parole en communion éternelle avec Dieu, et divine elle-même. Jésus est la grande histoire que Dieu raconte depuis toujours pour se révéler, car « personne n'a jamais vu Dieu ; Dieu le Fils unique qui est dans le sein du Père est celui qui l'a fait connaître » (v.18). Le mot grec traduit « fait connaître » a donné en français le mot exégèse : Jésus est l'exégèse, l'explication de Dieu. C'est pourquoi il dira à Philippe : « celui qui m'a vu a vu le Père » (Jean 14.9).
Un drame, en trois rejets. Verset 5 : les ténèbres n'ont pas reçu la Parole. Verset 10 : le monde n'a pas connu la Parole qu'il a pourtant créée. Verset 11 : les siens ne l'ont pas reçue. Le prologue ne cache pas la gravité du refus humain.
Un espoir, malgré tout. Verset 12 : « à tous ceux qui l'ont reçu, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfant de Dieu ». Aujourd'hui encore, il est possible de recevoir cette Parole incarnée et de devenir une nouvelle créature en Jésus-Christ par le Saint-Esprit.
Frantz raconte l'histoire de sa tante. Pendant des années, la famille lui offrait un calendrier, tentant à chaque fois une conversation spirituelle qu'elle évinçait poliment. À 87 ans, malade et découragée, elle a fini par accepter la prière de sa nièce : « Seigneur, j'ai besoin de toi. Je reconnais que tu es mort pour mes péchés. Viens dans ma vie et dans mon cœur. » Elle a redit ces paroles avec ses propres mots. Peu après, elle confiait à l'auxiliaire de vie qu'elle « se sentait belle ». Deux jours plus tard, elle partait dans l'éternité, en enfant de Dieu. Il n'y a pas d'âge pour se tourner vers le Seigneur.
5. Un prologue accrocheur : rythme et chiasme
L'auteur inspiré répète délibérément certains mots pour installer un rythme, une cadence, une dignité qui entraîne le lecteur. Versets 1-2 : commencement, Parole, Dieu, Parole, Dieu, commencement, Dieu. Versets 4-5 : vie, vie, lumière, lumière, ténèbres, ténèbres. Il y a quelque chose de communiqué qui dépasse les mots.
Un consensus général reconnaît que le prologue forme un chiasme, une structure littéraire en miroir avec un centre. Le centre de cette symétrie, ce sont les versets 12 et 13 : par la Parole, tu deviens enfant de Dieu. Les extrémités se répondent : verset 1, la Parole est avec Dieu au ciel ; verset 18, le Fils est dans le sein du Père. Entre les deux, Jésus descend jusqu'à toi. Tout est cadré avec une cohérence qui témoigne que cette Parole est divine, et qu'on peut lui faire confiance.
6. Applications : la Parole et l'humilité
Deux environnements sont propices à ce que Dieu te visite et te transforme : la Parole et l'humilité.
Si ta vie nouvelle a commencé par la Parole que tu as crue, le commencement de tes journées doit encore se faire avec cette Parole dont tu es appelé à te nourrir pour grandir, comme le bébé se nourrit du lait de celle qui l'a engendré (image reprise de 1 Pierre 2.2). Frantz te propose un challenge simple : lire l'Évangile de Jean d'un bout à l'autre, deux fois d'affilée, sans notes, sans commentaires, et laisser le Seigneur te dire ce qu'il a envie de te dire.
L'humilité, ensuite. La Parole s'est incarnée humblement pour t'apporter la grâce et la vérité. Elle ne peut être reçue que dans l'humilité. Ce n'est qu'en regardant à Jésus que tu peux quitter tes ténèbres. Ce n'est qu'en méditant sur lui que tu peux abandonner ton amertume, ta colère, ton orgueil naturel. Face à son abaissement gigantesque et à la dette qu'il a payée pour toi, les autres ne te doivent plus rien. C'est là que sa lumière brille dans tes ténèbres et restaure ta véritable humanité d'enfant de Dieu.
Points à retenir
- Jean écrit pour te placer devant la personne de Jésus. Sept signes, sept « Je suis », une seule intention : que tu croies et que tu aies la vie en son nom (Jean 20.31).
- Le prologue annonce, révèle et accroche. Il pose les mots-clés du livre entier, raconte un nouveau commencement, un triple rejet et un espoir offert à quiconque reçoit la Parole.
- La Parole faite chair, c'est Jésus lui-même. Divin depuis toujours, il descend jusqu'à toi pour te faire connaître Dieu, parce que « celui qui m'a vu a vu le Père ».
- Devenir enfant de Dieu reste simple. Le recevoir, croire en son nom. Comme la tante de 87 ans, il n'y a pas d'âge pour ce pas de foi.
- Deux environnements de croissance : la Parole et l'humilité. Te nourrir de sa Parole chaque jour, et regarder à son abaissement plutôt qu'à ce que tu crois devoir défendre.
Applications personnelles
- As-tu déjà reçu la Parole faite chair, ou continues-tu à esquiver les conversations spirituelles comme la tante de Frantz avant ses 87 ans ? Qu'est-ce qui t'empêche encore de dire simplement : « Seigneur, viens dans ma vie » ?
- Parmi les sept signes de Jean, lequel te parle le plus fort aujourd'hui ? Où as-tu besoin que Jésus intervienne : dans une paralysie, une faim, une peur, un aveuglement, une mort intérieure ?
- Quel « Je suis » de Jésus voudrais-tu voir devenir réel dans ta vie cette semaine, le pain, la lumière, le berger, la porte, le chemin, la vérité, la vie ?
- Vas-tu relever le défi de lire l'Évangile de Jean deux fois d'affilée, sans notes, en te laissant simplement adresser par le texte ? Quand poses-tu ce rendez-vous ?
- Où l'orgueil t'empêche-t-il aujourd'hui de recevoir la grâce ? Qui dois-tu cesser de considérer comme « te devant » quelque chose, à la lumière de tout ce que Jésus a payé pour toi ?
Versets cités
- Jean 1.1-18 · Le prologue de l'Évangile de Jean
- Genèse 1.1 · Au commencement, Dieu créa
- Jean 14.9 · Celui qui m'a vu a vu le Père
- Jean 20.31 · Le but déclaré de l'Évangile de Jean
- Matthieu 9 · Le témoignage de Jésus rappelé la semaine précédente
- 1 Pierre 2.2 · Désirer le lait spirituel et pur
FAQ
Pourquoi l'Évangile de Jean est-il si différent des trois autres ?
Matthieu, Marc et Luc, appelés synoptiques, racontent surtout ce que Jésus a fait, ses discours publics et son ministère depuis un angle humain. Jean, lui, part de l'éternité pour te faire rencontrer la personne de Jésus, donne une large place à ses conversations privées et sélectionne seulement sept signes pour prouver qu'il est le Fils de Dieu.
Que veut dire « la Parole a été faite chair » dans Jean 1.14 ?
La Parole, c'est Jésus lui-même, éternel et divin, en communion avec Dieu depuis le commencement. « Faite chair » signifie qu'il s'est incarné, qu'il est descendu du ciel jusqu'à notre humanité, pleine de grâce et de vérité, pour te permettre de connaître Dieu et de devenir enfant de Dieu.
Comment devenir enfant de Dieu selon le prologue de Jean ?
Jean 1.12 le dit simplement : à tous ceux qui l'ont reçu, à ceux qui croient en son nom, il a donné le pouvoir de devenir enfant de Dieu. Recevoir Jésus, croire en son nom, reconnaître qu'il est mort pour tes péchés et lui demander de venir dans ta vie : cette démarche de foi suffit, quel que soit ton âge.
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