Jésus est venu apporter le conflit et la division ?

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Prédication du dimanche 21 juin 2026 · Pasteur Rutz, Textes : Luc 12.49-59 (LSG) et Luc 13.22-30 (LSG).

« Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre ? Non, vous dis-je, mais la division. »
Luc 12.51 (LSG)

Comment un Jésus « d’amour » peut-il annoncer qu’il vient allumer un feu, dresser les enfants contre les parents, séparer une maison en deux camps ? Beaucoup de chrétiens contournent ces versets parce qu’ils dérangent. Le pasteur Rutz, à l’église Agapé de Tokyo, prend au sérieux la formule de Jésus et t’aide à voir pourquoi il faut parfois traverser la division pour atteindre la vraie paix. Cet article reprend fidèlement sa prédication du 21 juin 2026.

1. Pourquoi Jésus parle-t-il de conflit et de division ?

Jésus est bien le Dieu d’amour venu réconcilier l’humanité avec le Père. Cela reste vrai. Mais dans le chemin qui mène au salut, il annonce qu’un conflit va nécessairement se produire, y compris à l’intérieur des familles. Pourquoi ? Parce qu’un cœur qui refuse Christ et un cœur qui l’accepte ne peuvent plus vivre comme si de rien n’était.

Rutz utilise une image de médecine : si une tumeur se loge dans ton bras, tu peux mettre une pommade et « attendre que ça passe ». Rien ne changera. La seule voie possible, c’est ouvrir, retirer, recoudre, faire la rééducation. C’est douloureux, mais c’est cela qui sauve la vie. Le silence spirituel dans une famille, c’est la pommade. Cela conserve une paix de surface pendant que la maladie continue.

« Beaucoup pensent : “S’il faut créer du conflit, autant ne rien faire, rester tranquille.” Mais Jésus dit clairement : c’est pour ce salut-là que je passe par la division. », d’après le pasteur Rutz

2. Deux visages du refus de Christ : la Corée et le Japon

Le pasteur, coréenne d’origine et vivant au Japon, donne deux exemples culturels très concrets.

La Corée : la persécution frontale des femmes chrétiennes

À partir du grand réveil de Pyongyang en 1907, la Corée a été profondément visitée par Dieu. Mais la culture confucéenne y a laissé une lourde tradition de culte des ancêtres. Dans les années 1960-80, les femmes qui devenaient chrétiennes, notamment les belles-filles chargées d’organiser les rites, se retrouvaient en première ligne. Dire « je ne peux plus faire ce culte, je suis chrétienne » était vécu comme une trahison de la lignée. Beaucoup ont subi insultes, mépris, violences verbales, parfois physiques ; certaines ont été chassées de la maison.

Rutz raconte que sa propre mère, chrétienne mariée dans une famille confucianiste très stricte où son père était l’aîné des aînés, a traversé ce combat. Et pourtant, dix, vingt, trente ans plus tard, beaucoup de ces femmes ont vu leur mari devenir un adorateur, leurs enfants aimer Jésus, leurs beaux-parents accepter Christ parfois sur leur lit de mort. Le conflit initial avait ouvert un chemin de salut.

Le Japon : la tolérance polie qui étouffe la foi

Au Japon, il n’y a pratiquement pas de persécution frontale. La culture privilégie la non-ingérence : « Tu crois ce que tu veux, moi je fréquente mon temple ou mon sanctuaire, ne me pousse rien. » La paix familiale semble intacte. Rutz avertit : cette paix-là est une paix de surface. Si tu es un vrai chrétien, tu ne peux pas te satisfaire de ne pas parler de Jésus à ton conjoint, à tes parents, à tes enfants, sous prétexte que « ça se passe mieux comme ça ». Car derrière ce silence, il y a la question éternelle : où passeront-ils l’éternité ?

« Si tu peux vivre paisiblement en sachant que ceux que tu aimes vont à la perdition sans que tu leur aies parlé de Christ, cette foi-là est une fausse foi. », d’après le pasteur Rutz

3. L’image du bassin : la vraie paix passe par le remue-ménage

Rutz utilise une image simple. Imagine un bassin d’eau : la surface paraît propre, mais au fond des saletés stagnent. Si tu changes seulement l’eau du dessus, tu te rassures pour un temps, mais la crasse continue à pourrir. Nettoyer, c’est remuer, faire remonter, retirer, remplacer.

C’est ce que fait Jésus dans une famille, dans un couple, dans un cœur. La vérité remonte, ça remue, ça sent mauvais un temps, on préférerait tout laisser au fond. Mais la fausse paix, en restant à la surface, mène à l’aigreur, à la mort spirituelle et, finalement, à la perdition. La vraie paix, elle, exige de passer par le remue-ménage.

4. La leçon d’Abraham et Sara (Genèse 16)

Rutz élargit ensuite à un principe plus large : à chaque fois que nous prenons les affaires de Dieu en main par notre propre sagesse, nous introduisons des divisions durables.

Une bonne intention prise selon la chair

Abraham et Sara ont attendu longtemps le fils promis. Fatigués, Sara propose que sa servante Agar donne un enfant à Abraham (Genèse 16 LSG). L’intention semble raisonnable, presque pieuse : « aider » Dieu à réaliser sa promesse. La conséquence : Agar méprise Sara enceinte, Sara accuse Abraham (« l’outrage que je reçois est ton fait », Gn 16.5), le couple se déchire, Agar fuit. Ismaël naîtra quand Abraham a 86 ans, quatorze ans avant le moment fixé par Dieu pour Isaac. Ce raccourci charnel produira une opposition qui traversera les siècles.

La règle sans exception

Rutz énonce clairement : même la meilleure idée du monde, si elle n’est pas de Dieu, produit du conflit et du désordre. Non pas parce que Dieu est susceptible, mais parce qu’il n’est pas dans son plan. Notre travail n’est pas de « coordonner » l’action de Dieu, mais d’attendre.

Comme il le dit avec humour : quand un grand écrivain rédige un chef-d’œuvre, personne n’imagine que le stylo se glorifie d’avoir écrit le livre. Le stylo peut être remplacé à tout instant. Nous ne sommes pas indispensables ; nous sommes invités à être des instruments. Ce n’est pas Dieu qui a besoin de notre aide, c’est nous qui avons besoin de la sienne.

« Confie-toi en l’Éternel de tout ton cœur, et ne t’appuie pas sur ta sagesse ; reconnais-le dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers. » (Proverbes 3.5-6 LSG)

5. La chair, ce « frenemy » qui plaide contre l’obéissance

Rutz revient ensuite sur Galates 5.16-17 : « Marchez selon l’Esprit, et vous n’accomplirez pas les désirs de la chair. Car la chair a des désirs contraires à ceux de l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à ceux de la chair ; ils sont opposés entre eux, afin que vous ne fassiez pas ce que vous voudriez. » (Galates 5.16-17 LSG).

Il décrit ta chair comme un frenemy, un ennemi qui se déguise en meilleur ami. Elle chuchote à ton oreille : « Non, ça, c’est trop dur », « Toi tu es déjà bien mieux que la moyenne », « Cette fois-ci passe, on verra la prochaine », « Ne fais pas ton pharisien, la grâce couvre ». Elle utilise le vocabulaire chrétien pour te garder tranquille.

La foi véritable, elle, s’accompagne d’actes, parfois de faire, parfois de ne pas faire. Pierre a passé toute une nuit sans rien attraper, et pourtant, à la parole de Jésus, il a jeté le filet (Luc 5.5 LSG). Ce n’est pas ta force qui agit, c’est celle du Seigneur, qui vient dès que tu poses le premier pas d’obéissance.

6. Deux formules pieuses à examiner en toute lucidité

« J’ai la paix dans mon cœur » / « Je n’ai pas la paix »

Cette phrase peut cacher deux réalités très différentes. La paix venue d’en haut (celle que Jésus donne), ne s’oppose jamais à sa volonté. La paix de la chair, elle, se sent bien parce qu’elle t’arrange. Abraham et Sara ont eu une certaine paix en décidant de recourir à Agar : la solution paraissait raisonnable, rapide, apaisante. Mais cette paix-là n’était pas la paix de Dieu. Il faut donc, dit Rutz, discerner froidement la source de cette paix, sans se laisser rassurer par un vocabulaire pieux.

« Je prie et je réfléchis »

Prier et attendre la voix du Seigneur est vital. Mais Rutz constate que certains utilisent cette formule sans vraiment prier. Ils fabriquent des raisons de ne pas obéir, avec un vernis spirituel. Comme Salomon, qui, avec la plus grande sagesse jamais donnée, a su justifier chaque écart. La leçon est troublante : l’intelligence sans humilité devient une machine à trouver des raisons de désobéir. Dès que tu détectes ce mécanisme en toi, Rutz t’invite à couper court au nom de Jésus : « Satan, arrière ! Au nom de Jésus, retire-toi. »

7. Comment marcher concrètement dans cette vraie paix

  • Nomme la fausse paix. Si le silence dans ta famille est bâti sur « on n’en parle pas », reconnais que c’est de la pommade, pas une guérison.
  • Prie pour ceux qui ne connaissent pas Christ chez toi. Persévère, réserve du temps, sacrifie une occupation pour intercéder.
  • Sers avec amour, sois exemplaire dans le quotidien. Rutz insiste : ce qui ouvre le cœur de tes proches, ce n’est pas ton discours, c’est le caractère de Christ qu’ils voient en toi.
  • Ne cède pas sur l’essentiel de la foi. Coopère partout où c’est possible, mais garde les points où l’Évangile ne peut pas être négocié.
  • Fais taire ta chair par la Parole. Confesse concrètement les excuses qu’elle fabrique et demande à l’Esprit sagesse, amour, courage.
  • Attends le temps de Dieu. Ne fabrique pas de raccourcis « raisonnables » comme Abraham et Sara ; la promesse arrive à l’heure de Dieu.

Points à retenir

  • Jésus est venu pour la réconciliation, mais le chemin de ce salut passe par la division entre ce qui accepte Christ et ce qui le refuse.
  • Une paix familiale bâtie sur le silence spirituel est une fausse paix qui mène à la perdition.
  • Corée et Japon incarnent deux formes de refus : la persécution frontale et la tolérance polie qui étouffe.
  • Prendre les affaires de Dieu en main par nos propres solutions (Abraham, Sara, Agar) produit toujours du conflit durable.
  • La chair est un « frenemy » qui te parle à la première personne et habille ses excuses en vocabulaire chrétien.
  • Les formules « j’ai la paix », « je prie et je réfléchis » doivent être passées au crible : viennent-elles d’en haut ou de la chair ?
  • La vraie paix se conquiert par l’obéissance concrète, l’intercession fidèle et l’attente humble du temps de Dieu.

Application concrète cette semaine

Prends un moment seul et fais deux listes. La première : les personnes de ton entourage proche qui ne connaissent pas Christ (conjoint, parents, enfants, beaux-parents, ami de longue date). La seconde : ce que tu ne fais plus pour eux au nom d’une « paix » qui t’arrange (ne plus prier, ne plus témoigner, ne plus servir). Choisis une personne et un geste concret cette semaine : un temps de prière fidèle pour elle, une conversation, un service désintéressé. Demande au Saint-Esprit sagesse, amour et courage, non pas ton discours à toi, mais le sien.

FAQ

Question : Si je parle de Christ à ma famille et qu’ils rejettent, ai-je échoué ?

Non. Rutz est clair : chaque personne sera jugée pour sa propre décision. Ton rôle n’est pas de forcer une réponse, mais de témoigner avec amour, de prier, de servir. La suite appartient au Seigneur. Ne laisse pas un refus initial fermer définitivement la porte : garde l’intercession et attends le temps de Dieu.

Question : Comment savoir si la paix que je ressens vient de Dieu ou de ma chair ?

La question à te poser : cette paix me pousse-t-elle vers ce que Dieu me demande, ou m’éloigne-t-elle d’une décision que je sais devoir prendre ? Abraham et Sara se sont sentis « en paix » en choisissant Agar : leur solution les arrangeait. La vraie paix ne contredit jamais la Parole du Seigneur.

Question : Comment éviter le piège de Salomon : la sagesse qui justifie la désobéissance ?

Discerne quand ton raisonnement produit vingt bonnes raisons de ne pas obéir à une chose que le Seigneur t’a déjà signifiée. À ce moment-là, arrête le raisonnement, ferme la porte à cette voix au nom de Jésus, et pose un premier acte concret d’obéissance, même petit, avant que la chair ne reprenne la parole.


Prédication du dimanche 21 juin 2026 · Pasteur Rutz, Église Agapé, Tokyo.
Textes : Luc 12.49-59 et Luc 13.22-30 (LSG).

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