« Bon et fidèle » : la formule qui fait entrer dans la joie

10 min de lecture

Deux mots qui changent tout dans ton service

Tu connais probablement cette phrase. Le maître revient de voyage, il regarde ses serviteurs, il en félicite deux avec exactement la même formule : « C'est bien, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître. » Et le troisième, celui qui a caché son talent dans la terre, est jeté dehors.

Le pasteur Stéphane Lemercier, en formation à l'église, a prêché ce texte de Matthieu 25.14-30 avec une conviction toute simple : le Maître n'a pas dit « fidèle ». Il a dit « bon ET fidèle ». C'est une addition, et cette addition change tout pour toi.

Parce que dans la maison de Dieu, il y a des gens fidèles qui ne sont pas bons. Et des gens bons qui ne sont pas fidèles. Et la joie du Maître, elle, est réservée à ceux qui portent les deux caractères ensemble.

Plan de l'article

  1. Bon ET fidèle : une addition, pas un choix
  2. Aimer sans servir, servir sans aimer : les deux impasses
  3. Être bon et fidèle dans le monde, pas seulement à l'église
  4. Être bon et fidèle dans la maison de Dieu
  5. Ce dont tu as besoin pour tenir : le Saint-Esprit et un vieil homme qu'on noie

1. Bon ET fidèle : une addition, pas un choix

Stéphane Lemercier commence par une image toute simple : en mathématiques, 1 + 1 = 2. Il n'y a pas de 2 sans qu'on ait posé le 1. C'est pareil ici. Le Maître ne dit pas « fidèle serviteur, entre dans la joie ». Il dit « bon ET fidèle serviteur ». Les deux sont additionnés.

La fidélité, c'est faire ce qu'on t'a dit de faire, régulièrement, avec constance. Tu es là. On peut compter sur toi. Tu ne travailles pas seulement quand tu en as envie. Mais la fidélité sans la bonté, ça donne un serviteur toujours présent qui fait tout avec médiocrité.

La bonté, elle, est un caractère. Le pasteur va jusqu'à distinguer la gentillesse (que tout le monde peut simuler, même le diable) et la bonté, qui est une nature de Dieu, synonyme de l'amour. Mais la bonté sans la fidélité, ça donne quelqu'un qu'on doit appeler tous les jours pour savoir où il est, parce que sans lui rien ne se fait.

Le Maître veut les deux. Un serviteur régulier et bien fait. Constant et de qualité. C'est cette combinaison qui fait entrer dans la joie.

2. Aimer sans servir, servir sans aimer : les deux impasses

Stéphane Lemercier appelle ça « un amour nul et sans effet ». Aimer Dieu sans le servir. Prier, chanter, s'émouvoir, et ne poser aucun acte. La Bible dit : Dieu a tellement aimé qu'il a donné. L'amour se démontre. Pas de dons, pas d'actes ? Amour nul.

Le pasteur s'adresse au passage aux jeunes sœurs de l'assemblée : si un frère te dit qu'il t'aime sans jamais rien te montrer, prie beaucoup pour lui. Le principe est le même avec Dieu. Si tu l'aimes, ça se voit dans ton service.

L'autre impasse, c'est l'inverse : servir Dieu sans l'aimer. C'est ce qu'il appelle le mercenaire. Le mercenaire, dans les films d'action, vient, il fait son travail, il repart. Peu importe les dégâts qu'il laisse. Il n'a pas de cœur pour la cause, il travaille pour ce qu'il gagne.

Dans l'église aussi, on peut « servir » sans aimer. Assurer une fonction. Cocher une case. Mais le cœur est ailleurs. Ni l'un ni l'autre ne fait entrer dans la joie du Maître.

3. Être bon et fidèle dans le monde, pas seulement à l'église

Stéphane Lemercier insiste : Dieu ne t'envoie pas seulement dans la maison de Dieu. Il t'envoie aussi dans ta famille, ton travail, tes relations. Le bon et fidèle serviteur se voit d'abord là.

  • Au travail, comment on te considère ? Est-ce qu'on peut compter sur toi, et est-ce que ton travail est bien fait ?
  • Dans ta famille, es-tu un bon fidèle serviteur de Dieu, ou un chrétien seulement le dimanche ?
  • Dans tes relations, es-tu un ami fidèle, un parent fidèle, un confident fidèle ?

Il rappelle Jean 15.19 : Dieu nous a retirés du monde, non pas pour nous garder à part, mais pour nous remplir et nous renvoyer. Et dans Matthieu 10.16-20, Jésus dit : « Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. » Pas comme des loups qui s'enferment entre eux.

Le pasteur rappelle un détail gênant : quand Jésus est venu sur la terre, ses meilleurs amis, ceux avec qui il mangeait, c'étaient ceux que les religieux méprisaient. Parce qu'il était la lumière. Et une lampe, on ne l'allume pas pour la mettre sous le boisseau. Si le sel perd sa saveur, avec quoi la retrouvera-t-on ?

Être bon et fidèle dans le monde, ça veut aussi dire répondre aux besoins sociaux : venir au secours des veuves, des orphelins. Ce n'est pas aux associations laïques de faire ce que l'Église devrait faire d'abord.

4. Être bon et fidèle dans la maison de Dieu

Dans Romains 12.4-5, Paul dit que nous formons un seul corps en Christ, membres les uns des autres. Tu es peut-être l'oreille, sans toi je n'entends pas la voix de Dieu. Tu es peut-être le pied, sans toi je ne peux pas aller récupérer ce que Dieu m'a donné.

Être bon et fidèle serviteur dans l'église, ce n'est pas seulement occuper un poste. C'est faire en sorte que ton frère et ta sœur puissent aussi servir Dieu. Leur montrer l'exemple. Ne pas les rabaisser, les mépriser, les négliger quand on te confie une responsabilité.

Stéphane Lemercier prend l'exemple de David gardant les brebis. Son père l'avait envoyé pour les nourrir, pas pour risquer sa vie. Mais quand le lion et l'ours sont arrivés, David a couru derrière eux pour arracher la brebis. Il a fait au-delà de ce que son père lui avait demandé. Et Dieu a dit : « Voici, j'ai trouvé David, un homme selon mon cœur. »

Le pasteur pose la question : qu'est-ce que tu fais au-delà de la place qu'on t'a confiée dans l'église ? Un chantre, ce n'est pas seulement celui qui récite des chants ; c'est celui dont la relation à Dieu lui donne aussi un cantique à proposer. Il rappelle l'histoire de David jouant de la harpe devant Saül, et celle du prophète qui n'arrive à prophétiser qu'après qu'un musicien a joué et a dégagé l'atmosphère. Ne joue pas avec l'adoration. Ne fais pas les choses de Dieu avec médiocrité.

Il redit la sentence du texte : le serviteur paresseux sera jeté dehors, dans les ténèbres. Dieu déteste la paresse parce que lui-même est un travailleur : il a travaillé six jours avant de se reposer le septième. Et toi ? L'ennemi de Dieu, c'est celui qui fait les choses de Dieu avec négligence et mépris. Ne donne pas à Satan l'occasion de se moquer de toi.

5. Ce dont tu as besoin pour tenir : le Saint-Esprit et un vieil homme qu'on noie

Stéphane Lemercier est honnête : personne ne devient bon et fidèle par pure volonté. On sort de la prédication motivé, et cinq minutes plus tard, on a déjà oublié. Il faut deux choses.

Le Saint-Esprit. C'est lui qui te bonifie chaque jour dans le service, c'est lui qui te donne le cœur pour bien faire. Il faut le demander, le vouloir, passer du temps dans la présence de Dieu pour qu'il reste avec toi.

Traiter la vieille nature. Le vieil homme est resté au fond des eaux du baptême. Quand il essaie de remonter, tu le renoies. C'est lui qui te montre ton ego, ton orgueil, tes fausses faiblesses (« moi je n'y arriverai pas »), alors que Dieu te considère fort. Le bon et fidèle serviteur, dit le pasteur, c'est celui qui a les yeux de Dieu sur lui-même.

Le bon et fidèle serviteur fait de l'Éternel ses délices. Il aime là où on parle de Dieu, là où on chante Dieu, là où on annonce Dieu, là où les chrétiens se rassemblent. Si quelqu'un n'est jamais présent quand on parle de Dieu, ne posez pas beaucoup de questions : priez pour lui.

Points à retenir

  • Le Maître ne dit pas « fidèle » mais « bon ET fidèle ». C'est une addition indispensable.
  • La fidélité sans la bonté, c'est de la médiocrité constante. La bonté sans la fidélité, c'est de la qualité inconstante.
  • Aimer Dieu sans le servir est un amour nul et sans effet. Le servir sans l'aimer fait de toi un mercenaire.
  • Sois bon et fidèle dans le monde d'abord (travail, famille, relations), pas seulement à l'église.
  • David a fait au-delà de ce qu'on lui demandait. C'est ce « au-delà » qui attire le cœur de Dieu.
  • Tu n'y arriveras pas seul : demande le Saint-Esprit, et renoie chaque jour le vieil homme.
  • La foi déplace les montagnes ; l'amour déplace Dieu lui-même. Et quand Dieu se déplace, la montagne ne bouge pas, elle fond.

Applique dans ta vie

  1. Sur le service que tu rends actuellement (à l'église, au travail, en famille) : es-tu plus « fidèle mais médiocre », ou « bon quand tu es là mais inconstant » ? Nomme-le honnêtement.
  2. Est-ce que tu sers Dieu comme un mercenaire (par obligation, pour être vu, par habitude) ou par amour ? Qu'est-ce qui te le prouve concrètement cette semaine ?
  3. Où Dieu t'envoie-t-il « comme une brebis au milieu des loups » que tu évites en ce moment (un collègue, un voisin, un membre de la famille) ?
  4. Quel est ton « au-delà » à la manière de David ? Qu'est-ce que tu peux faire au-delà de ce qu'on te demande, dans ta famille ou ta communauté ?
  5. Es-tu en train d'oublier de demander le Saint-Esprit ? Prends cinq minutes maintenant pour le demander clairement, et pour « noyer » ce que le vieil homme essaie de remonter aujourd'hui.

Versets cités

FAQ

Pourquoi Jésus dit-il « bon ET fidèle » et pas seulement « fidèle » ?

Parce que la fidélité seule peut se faire dans la médiocrité, et la bonté seule peut manquer de constance. Le Maître attend l'addition des deux : être régulier dans sa tâche et bien la faire, avec le cœur.

La « joie du Maître » commence-t-elle après la mort ou dès maintenant ?

Le pasteur Lemercier insiste : la joie promise dans Matthieu 25 n'est pas seulement une récompense pour le ciel. Dieu ne peut pas voir ses enfants souffrir ou mendier. Cette joie est aussi pour ici-bas, dès aujourd'hui.

Comment devenir un bon et fidèle serviteur si je n'en ai pas la force ?

Tu ne peux pas le faire seul. Il faut demander le Saint-Esprit, passer du temps dans la présence de Dieu, et « noyer » chaque jour le vieil homme qui essaie de remonter. C'est l'Esprit qui te bonifie et te donne le cœur de Christ.

pour prendre des notes et poser une question.

Sur le même thème

Message publié par Efficient Church. Retrouve l'intégralité de l'enseignement sur sa chaîne.

← Retour au Journal

« Bon et fidèle » : la formule qui fait entrer dans la joie | Efficient Church