Introduction
Depuis quelques dimanches, l’église d’Efficient Church revient sur la lettre que Jésus adresse à l’église d’Éphèse dans Apocalypse 2 : « Ce que j’ai contre toi, c’est que tu as abandonné ton premier amour. » Le pasteur Célestin YAO le rappelle sans détour : quelqu’un peut continuer à fréquenter l’église, à chanter les cantiques, à faire les gestes, et dans le même temps voir son cœur se refroidir. Il devient tiède, routinier, distant. Le feu du début n’y est plus.
Dans ce message, le pasteur pose une question directe : quels sont les pièges qui font qu’un cœur passionné pour Jésus finit par se détourner de lui ? Après avoir déjà exposé la routine religieuse, la remise en cause de la fidélité de Dieu, la croissance de l’iniquité, les scandales, la pollution des sources et l’autosatisfaction, il s’arrête aujourd’hui sur un ennemi vieux comme le monde : la convoitise.
La convoitise n’a pas commencé avec toi. Elle a commencé en Éden. Et si tu ne comprends pas ça, tu vas la banaliser. Or ce piège continue aujourd’hui de détourner des cœurs entiers de leur Premier Amour.
Plan du message
1. La convoitise, un piège vieux comme le monde
Le pasteur Célestin YAO insiste : la convoitise n’a pas commencé avec Adam et Ève dans un moment de faiblesse anodin. Elle est apparue au cœur même de la création, dans un jardin où l’homme avait tout. Dieu avait fait d’Adam un souverain sur la terre. Il pouvait manger de tous les arbres, nommer les animaux, cultiver, dominer, jouir de tout. Une seule limite lui était donnée : l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Cette limite n’était pas une privation, elle était un rappel : « Tu n’es pas le Créateur. Au-dessus de toi, il y a Dieu. »
Le pasteur donne cette image : imagine qu’un homme immensément riche te confie son île entière avec tout son or, ses richesses, sa gloire, et te dise seulement : « Il y a cette petite chambre dans laquelle je ne veux pas que tu entres. » Si tu forces cette chambre, tu ne peux pas t’en prendre au propriétaire. Tu avais tout le reste. C’est exactement ce que Dieu a fait avec Adam.
Et pourtant, un serpent, qui faisait partie de la création soumise à Adam, vient parler à sa femme. Ne l’oublie pas : c’est Adam qui devait garder le jardin, pas le serpent. L’autorité et la grâce que Dieu avait déposées sur Adam ne sont pas à banaliser.
2. La stratégie du serpent : semer le doute et détourner le désir
Dans Genèse 3.4-6, le serpent sème deux choses. D’abord le doute : « Vous ne mourrez pas… Dieu sait que le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme Dieu. » Il présente Dieu comme égoïste, jaloux, répressif, cachottier. Il fait croire à Adam et Ève qu’ils passent à côté de quelque chose. Or celui qui vient te dire du mal de Celui qui te parle chaque matin et t’a tout donné, tu n’as pas à en discuter. « Fini, dégage », dit le pasteur. Aujourd’hui encore, quand l’ennemi vient tenter quelqu’un qui connaît ses droits et la Parole, il ne va pas loin.
Ensuite, le serpent aiguise le désir, mais dévié : plus vers Dieu, mais vers autre chose. La femme vit alors que le fruit était « bon à manger » (convoitise de la chair), « agréable à la vue » (convoitise des yeux), et « précieux pour ouvrir l’intelligence », orgueil de la vie. Les trois convoitises sont déjà là, dans un seul verset. Ce n’est pas juste le geste de manger : c’est le désir qui les a précédés, pollué par un mensonge.
3. Là où le premier Adam a échoué, le dernier Adam a triomphé
Le pasteur relie ensuite Éden à Matthieu 4. Ce que le premier Adam a raté en Éden, Jésus, le dernier Adam, doit le réussir dans le désert. Israël, premier fils de Dieu, a échoué au désert. Jésus, le vrai Fils, doit y triompher. Et Satan l’attend précisément sur les trois mêmes portes.
Convoitise de la chair : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Jésus a faim, il pourrait céder par la faim. Il répond : « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »
Convoitise des yeux et présomption : Satan le place au sommet du temple de Jérusalem, environ 50 mètres de hauteur, avec la foule en dessous. Il cite même le Psaume 91 : « Les anges te porteront. » Le pasteur souligne le piège : c’est un raccourci pour que les gens croient au Messie sans passer par la croix. Jésus refuse : « Tu ne tenteras point le Seigneur ton Dieu. »
Orgueil de la vie : Satan le conduit sur une montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire, richesses, or, argent, positions, honneurs. « Prosterne-toi et adore-moi, je te donne tout. » Cette fois, Jésus l’appelle par son nom : « Retire-toi, Satan. » Beaucoup de destinées se perdent à ce niveau-là : des personnes ont vendu leur famille, leur âme, sont entrées dans les sciences ésotériques pour une position, pour que tout le monde parle d’elles.
4. Trois convoitises qui nourrissent notre monde
L’apôtre Jean rappelle la même liste dans 1 Jean 2.15-16 : « N’aimez pas le monde… car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie, ne vient point du Père, mais du monde. » Dieu n’est pas dans le compromis. On ne peut pas aimer un peu Dieu et un peu le monde.
Le pasteur cite aussi Galates 5.19-21 pour rendre concrète la convoitise de la chair : impudicité, impureté sexuelle, pornographie, idolâtrie (un enfant, une histoire, un événement qui prend la place de Dieu dans ton cœur), jalousies, animosités, disputes, divisions, sectes, envie, ivrognerie, excès de table. Ce sont des désirs de la chair qui ne surgissent pas au hasard : l’ennemi t’a bombardé de pensées et d’images, il y a toujours une source.
Puis il ouvre une parenthèse très concrète : nos sociétés capitalistes sont bâties et nourries sur ces trois mamelles, convoitise des yeux, convoitise de la chair, orgueil de la vie. Toute la publicité te dit : « Tu as besoin de ça. Tu as besoin de ça. » Non, tu n’en as pas besoin. Beaucoup d’entre nous sont endettés jusqu’au plafond de la carte de crédit. Des couples se disputent, sont au bout du rouleau, parce qu’ils passent leur temps à payer juste les intérêts et à enrichir les banques. Cette voiture achetée trop vite, ces 2 000 dollars sur toi de la tête au pied pour une fête, ces sorties permanentes dans les magasins… d’où viennent-elles ? De la convoitise, sous ses trois formes.
5. La clé maîtresse : la maîtrise de soi
Il n’y a pas de solution magique. Le pasteur donne une clé maîtresse pour triompher de toutes sortes de convoitises : la maîtrise de soi. C’est un fruit de l’Esprit (Galates 5.22-23). Ce n’est pas la publicité qui décide de ce dont tu as besoin. Ce n’est pas le regard des autres. C’est toi, selon ton besoin réel.
Le pasteur est direct sur son propre témoignage : « En dehors de l’hypothèque de ma maison, je n’ai pas d’autres dettes. » Les banques se battent pour proposer des crédits à celui qui a une bonne cote, mais avec la maîtrise de soi tu peux répondre : « Non merci. » La maîtrise de soi, c’est répondre : « Je n’ai pas besoin de ça. »
Et la démarche pastorale est claire : si tu es endetté, au bout du rouleau, ne commence pas par crier « Seigneur, bénis-moi ». Demande d’abord pardon. « Pardon Seigneur, je n’ai pas été sage. J’ai convoité. J’ai été orgueilleux. Apprends-moi maintenant la sagesse de bien gérer. » Dieu bénit par étapes : il ne va pas mettre plus d’argent dans tes mains si c’est pour alimenter les mêmes convoitises. Vis selon ton salaire actuel. Sois fidèle dans le peu. Il augmentera.
Points à retenir
- La convoitise n’a pas commencé avec toi. Elle a commencé en Éden, avec un serpent qui a semé le doute et dévié le désir.
- Les trois convoitises (des yeux, de la chair, orgueil de la vie), sont vieilles comme le monde. Elles se retrouvent en Genèse 3, en Matthieu 4 et dans 1 Jean 2.
- Là où Adam et Israël ont échoué, Jésus a triomphé. Sa force : la Parole du Père et le refus de négocier avec l’ennemi.
- Nos sociétés capitalistes se nourrissent de ces trois convoitises. Beaucoup d’endettements et de disputes de couples remontent à ce piège-là.
- La clé maîtresse pour triompher, c’est la maîtrise de soi, un fruit de l’Esprit. Elle passe par un pardon demandé, une sagesse apprise, une vie ajustée à tes besoins réels et non à tes convoitises.
Application personnelle
- Quel est aujourd’hui le désir dévié qui prend la place que Jésus devrait avoir dans ton cœur ?
- Y a-t-il, sur ta carte de crédit ou dans ton budget, une dette que tu as contractée par convoitise plutôt que par besoin réel ? Es-tu prêt à demander pardon avant de demander une bénédiction ?
- Sur laquelle des trois convoitises (yeux, chair, orgueil de la vie), l’ennemi te bombarde-t-il le plus en ce moment ? Quelle « source » (média, relation, contenu) devrais-tu couper ?
- Dans les tentations de cette semaine, réponds-tu comme Ève (« elle a discuté ») ou comme Jésus (« il est écrit… retire-toi ») ?
- Que veut dire concrètement « vivre selon ton salaire actuel » pour toi cette semaine ? Un achat à ne pas faire, une carte à ranger, une dépense à couper ?
Versets cités
- Apocalypse 2.4-5 · « Tu as abandonné ton premier amour. Souviens-toi, repens-toi et pratique tes premières œuvres. »
- Genèse 3.4-6 · Le serpent, le doute et les trois convoitises.
- Matthieu 4.1-11 · La tentation de Jésus au désert.
- Psaume 91.11-12 · Cité par Satan au sommet du temple.
- 1 Jean 2.15-16 · « N’aimez pas le monde… la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et l’orgueil de la vie. »
- Galates 5.19-23 · Les œuvres de la chair et le fruit de l’Esprit, dont la maîtrise de soi.
FAQ
Pourquoi parler encore de « premier amour » aujourd’hui ?
Parce que le diagnostic que Jésus fait à l’église d’Éphèse dans Apocalypse 2 n’a pas vieilli. On peut très bien continuer à venir à l’église, à servir, à chanter, tout en ayant un cœur refroidi. Nommer les pièges (routine, scandales, sources polluées, autosatisfaction et aujourd’hui la convoitise), permet de sortir du pilotage automatique et de revenir à Jésus.
Est-ce que la convoitise est vraiment un si grand piège pour un chrétien ?
Oui. Le pasteur Célestin YAO rappelle que Satan lui-même a tenté Jésus sur ces trois mêmes leviers : convoitise de la chair (les pierres en pains), convoitise des yeux et présomption (le saut du temple), orgueil de la vie (les royaumes du monde). Si l’ennemi n’a pas hésité à s’en prendre à Jésus avec ces armes-là, il ne va pas te laisser tranquille non plus. Ne banalise pas.
Concrètement, par où commencer si je me reconnais dans ce message ?
Le pasteur donne un ordre clair. D’abord demander pardon : « Seigneur, pardonne, je n’ai pas été sage, j’ai convoité, j’ai été orgueilleux. » Ensuite demander la sagesse : « Apprends-moi maintenant à bien gérer. » Puis vivre selon ton salaire actuel, sans laisser la carte de crédit remplacer ton revenu. Et enfin, chaque jour, demander la maîtrise de soi comme fruit de l’Esprit, en repositionnant Jésus comme ton seul désir.
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