Ne peut aimer le Christ que celui qui le suit

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Introduction

Il y a un moment, dans la relation avec Dieu, où tu te rends compte que tu ne l'aimes plus comme au premier jour. Pas parce qu'il a changé, mais parce que la routine s'est installée. Tu pries encore, tu adores encore, mais quelque chose est devenu plat. C'est de là que part cette prédication du Pasteur Malu BIALUTA à ICC Montréal.

Le titre annonce la couleur : « Ne peut aimer le Christ que celui qui le suit. » Ce n'est pas un jeu de mots. C'est une invitation à sortir d'une foi tiède, d'un attachement de surface, d'une relation avec Jésus qui ressemble un peu trop à un mariage de quinze ans où le mari et la femme sont devenus « frère et sœur à la maison ».

Le texte de base, c'est Luc 9.57-58. Un homme dit à Jésus : « Je te suivrai partout où tu iras. » Et Jésus, au lieu de l'accueillir avec enthousiasme, lui répond que le fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. Pourquoi cette réponse ? Parce que Jésus sait ce qu'il fait quand il enlève le confort.

Plan de la prédication

1. Notre relation avec Dieu ressemble à un mariage qui vieillit

Le pasteur commence par un constat qui parle à tout le monde : nous vivons avec Dieu comme certains vivent avec leur conjoint. Le mariage, quand ça se passe bien, traverse quatre phases. Les trois premières années, c'est la phase passionnelle, la phase des papillons : forte connexion émotionnelle et physique, beaucoup d'enthousiasme, mais aussi risque d'idéalisation. Vers sept ans arrive la désillusion, la phase du bilan, avec la charge mentale, les enfants en bas âge, les tensions. À dix ans, autre bascule. Et à quinze ans, si tu ne fais pas attention, tu deviens un couple ami : frère et sœur à la maison.

Le parallèle est direct. Dans ta relation avec Dieu, sans effort, tu tombes dans la routine. La présence de Dieu est acquise, la garantie d'être enfant de Dieu est acquise, et petit à petit ta prière, ton adoration, ton temps avec lui deviennent plats. Ce que le pasteur avait déjà partagé sur le premier amour l'an passé revient ici : la routine est la première chose qui entame le premier amour. Sauf que dans le mariage, on ne fait pas d'effort pour tomber dans la routine ; dans la vie chrétienne non plus.

2. Tu ne peux pas aimer Christ par toi-même

Le tournant du message, c'est cette phrase que le pasteur reçoit dans la prière : « Le problème, c'est que tu ne peux pas m'aimer par toi-même. » Avant même de dire à Dieu que tu l'aimes, il faut lui demander la grâce de l'aimer. Réclamer le cœur de Dieu pour pouvoir l'aimer.

Aimer Dieu ne se comprend pas par les émotions. C'est spirituellement que tu vis une décharge de son amour. Ça peut venir comme de l'eau, comme le feu, comme le vent. Ça te saisit et tu ne comprends pas ce qui se passe. Mais la condition, c'est d'abord de détacher l'amour de Dieu de l'idée qu'on se fait de l'amour entre humains. Tu ne peux pas non plus aimer Christ si tu ne le connais pas ; et tu ne peux pas le connaître si lui-même ne t'accorde pas la grâce de le connaître. C'est ce que Jésus dit à Pierre : « Ce n'est ni le sang ni la chair qui te révèle ça. »

Pour illustrer, le pasteur prend l'image d'un film populaire, Un prince à New York. Jésus a fait comme le prince Akim : il a quitté son trône, il s'est dépouillé, il s'est fait pauvre. Et parce qu'il est venu déguisé dans notre condition, nous n'arrivons pas à réaliser la grandeur de son amour ni de sa gloire. Il faut la grâce pour voir qui il est vraiment.

3. Suivre Jésus, c'est entrer dans un mouvement

Le pasteur ouvre Luc 9.57. Un homme dit : « Seigneur, je te suivrai partout où tu iras. » Quelle prétention ! Et la réponse de Jésus surprend : « Les renards ont des tanières, les oiseaux du ciel ont des nids, mais le fils de l'homme n'a pas où reposer sa tête. »

Pour comprendre, il faut lire Luc dans son contexte. Luc écrit autour d'un mouvement : Jésus est en route vers Jérusalem. Aller vers Jérusalem, pour Luc, c'est emprunter le chemin du salut. Et ce texte se situe au moment où Jésus annonce déjà son départ. Au soir de sa vie, il a vraiment besoin de disciples. Il a besoin de toi et de moi aujourd'hui.

Suivre Jésus, ce n'est donc pas rester statique. C'est entrer dans son mouvement, accepter d'aller avec lui vers la croix, avec ce que ça coûte, marcher avec lui, porter sa croix et ne pas regarder en arrière. Suivre Jésus, ce n'est pas simplement venir à l'église. L'homme du texte voulait suivre Jésus mais il ne comprenait pas ce que cela impliquait.

4. Jésus enlève le confort pour voir ce qui t'anime

Jésus a exercé la parole de connaissance et le discernement. Il savait que cet homme venait pour des intérêts particuliers. Il n'a aucune indulgence pour ce qui peut tuer l'âme. Alors il enlève tout ce qui pouvait être source de confort : « Est-ce que, si j'enlève cette source de confort, cette personne va me suivre ? »

C'est la même stratégie qu'avec le jeune homme riche. Quand Jésus lui demande de vendre tout ce qu'il a, il ne dit pas qu'il faut être pauvre pour le suivre. Il pose la vraie question : « Qu'est-ce qui t'anime quand tu me suis ? » Pour le jeune homme riche, le défi c'était le rapport à l'argent. Et, ajoute le pasteur, nous sommes une génération de jeunes hommes riches. Aujourd'hui il est très difficile de voir un chrétien accepter de tout perdre pour Dieu. Les premiers disciples, eux, sont allés jusqu'au martyre.

La question devient personnelle : qu'est-ce qu'il faut que toi, tu perdes pour être capable de suivre Jésus ? Ce n'est pas la même chose pour tout le monde. Pour certains, c'est l'argent. Pour d'autres, c'est un point d'ancrage émotionnel, une fierté, une sécurité. Dieu veut que tu lâches quelque chose.

5. Bonheur ou être heureux ? La différence change tout

Le pasteur insiste : Dieu n'a pas pour but de nous donner le bonheur selon le monde, mais de nous rendre heureux. Ce n'est pas la même chose. Le bonheur, c'est un état extérieur, un ensemble de circonstances agréables, l'atteinte d'objectifs qu'on s'est fixés. Être heureux, c'est un état intérieur. Tu peux sembler être dans le bonheur sans être heureux.

Proverbes 16.20 le formule ainsi : « Celui qui réfléchit sur les choses trouve le bonheur, et celui qui se confie en l'Éternel est heureux. » Deux verbes hébreux différents. « Réfléchir » traduit sakal, qui signifie travailler sur soi par introspection pour prospérer et avoir du succès. C'est le même mot utilisé en Genèse 3 pour l'arbre « précieux pour ouvrir l'intelligence » : la femme a réfléchi pour avoir son bonheur personnel, et on connaît la suite.

« Se confier », lui, traduit batach : prendre quelqu'un comme confident, s'attacher à quelqu'un, le suivre. C'est un verbe de relation. Celui qui s'attache à Dieu est heureux à l'intérieur. Ce ne sont pas les grandes maisons qui rendent heureux. On voit des millionnaires se suicider, alors que des pauvres tiennent à la vie. L'Amérique du Nord est parmi les régions où la qualité de vie est la meilleure et où les problèmes de santé mentale sont parmi les plus lourds. Il y a un bonheur après lequel on court et qui, justement, nous empêche de suivre Jésus.

6. Suivre Jésus demande un engagement, une résolution

Jésus met en garde contre tout engagement impulsif, contre les personnes qui manquent de racine, dont la parole tombe et dont le cœur est superficiel. Pour suivre Jésus, il faut un engagement, il faut une résolution. Comme Daniel qui, en Daniel 1.8, « résolut de ne pas se souiller » et qui trouva grâce aux yeux du chef des eunuques. La résolution te permet de trouver grâce.

On peut sembler sincère et pourtant manquer de racine. Le pasteur invite à se présenter à Christ comme devant un miroir, et à dire : « Seigneur, je reconnais que je t'aime peut-être, mais il y a telle et telle chose qui m'empêche de te suivre vraiment. » Là commence l'attachement, le batach qui rend heureux et qui, selon Psaume 22.5-6, garde de la confusion : « Il se confièrent en toi et ils ne furent point confus. » Non pas la promesse d'un bonheur facile, mais la promesse de ne jamais rester dans la confusion.

Points à retenir

  • La routine est le premier ennemi du premier amour, dans le mariage comme dans la vie avec Dieu.
  • Tu ne peux pas aimer Christ par toi-même ; il faut lui demander la grâce de l'aimer.
  • Suivre Jésus, ce n'est pas venir à l'église, c'est entrer dans son mouvement et marcher avec lui vers la croix.
  • Jésus enlève parfois ton confort pour révéler ce qui t'anime vraiment.
  • Dieu ne vise pas ton bonheur selon le monde, il veut te rendre heureux à l'intérieur : « celui qui se confie en l'Éternel est heureux ».
  • Sans résolution ferme, comme celle de Daniel, la foi reste impulsive et sans racine.

Application personnelle

  • Dans quelle « phase » se trouve aujourd'hui ta relation avec Dieu : passion, désillusion, bilan, ou amitié devenue routine ?
  • À quand remonte la dernière fois où tu as demandé à Dieu la grâce de l'aimer, avant même de lui dire que tu l'aimes ?
  • Qu'est-ce que Jésus est peut-être en train d'enlever de ton confort en ce moment, et pourquoi ?
  • Cours-tu après un bonheur extérieur qui, en réalité, t'empêche de suivre Jésus ?
  • Peux-tu, comme Daniel, poser une résolution claire pour cette semaine : « Je résous de… » ?

Versets cités

  • Luc 9.57-58 · Le premier candidat au discipulat.
  • Proverbes 16.20 · Le bonheur et le fait d'être heureux.
  • Genèse 3.6 · La femme vit l'arbre précieux pour ouvrir l'intelligence.
  • Psaume 22.5-6 · « Ils se confièrent en toi, et ils ne furent point confus. »
  • Daniel 1.8 · Daniel résolut de ne pas se souiller.
  • Matthieu 16.17 · « Ce n'est ni le sang ni la chair qui te l'a révélé. »
  • Jacques 2.19 · Les démons croient et tremblent.

FAQ

Pourquoi Jésus décourage-t-il celui qui veut le suivre en Luc 9.57 ?

Il ne le décourage pas : il le teste. En rappelant qu'il n'a pas où reposer sa tête, Jésus enlève l'illusion de confort et met à nu la vraie motivation de l'homme. Il fait la même chose avec le jeune homme riche. La question de fond, c'est : qu'est-ce qui t'anime quand tu le suis ?

Quelle différence entre « avoir le bonheur » et « être heureux » selon Proverbes 16.20 ?

Le pasteur montre que le verbe traduit par « bonheur » (sakal) désigne un travail d'introspection tourné vers la réussite personnelle. Le verbe traduit par « être heureux » (batach) désigne l'attachement à quelqu'un, la confiance en Dieu. Le premier est un état extérieur ; le second, un état intérieur qui ne dépend pas des circonstances.

Comment concrètement recommencer à aimer Christ quand la routine s'est installée ?

Trois pas se dégagent de la prédication : demander à Dieu la grâce même de l'aimer ; se présenter à lui comme devant un miroir en nommant ce qui empêche de le suivre ; poser une résolution ferme, à la manière de Daniel 1.8, plutôt que de multiplier les décisions impulsives.

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