Matthieu 18 : humilité, réconciliation et pardon dans l'Église

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Introduction

À Holy Trinity Clapham, à Londres, la vision de l'Église est de « voir chaque vie porter du fruit pour Jésus ». Josh Moxon, qui prêche ce matin-là au culte de 9 h 30, dit combien cette clarté l'aide. Mais il confie aussi que plus il s'implique, plus c'est difficile : « Je me trompe. Je fais les choses de travers. »

Une vision, explique-t-il, n'est possible que si une culture et des valeurs la portent. Ce dimanche-là, l'Église vient d'accueillir un nouveau membre. C'est un encouragement, mais cela ne dispense pas d'un chemin à parcourir pour devenir une communauté réellement bâtie par Dieu, ensemble et personnellement.

À partir de Matthieu 18, le prédicateur propose trois clés : quand Dieu bâtit une communauté, l'humilité est une clé, la réconciliation est une clé et le pardon est une clé. Pour chacune, il donne un encouragement et un défi.

Plan du message

1. L'humilité : reconnaître qu'on a besoin de Jésus

  • Le prédicateur commence avec humour : un sprint trop rapide lors d'un match de football un lundi, il y a quelques semaines, qui a failli mal finir pour ses ischio-jambiers, et une fille de onze ans bien meilleure que lui au football. « L'humilité forcée, c'est aussi une clé. »
  • Aux versets 1 à 4, Jésus place un petit enfant au milieu des disciples. Se rendre humble comme cet enfant, ce n'est pas d'abord une question d'innocence ou de pureté : c'est l'humilité, l'absence de souci pour son rang social.
  • Les verbes sont actifs : se convertir, devenir. L'humilité est un choix délibéré.
  • Un enfant sait qu'il a besoin d'aide. Ses enfants lui demandent de couper leur nourriture (oui), de les aider en mathématiques (« plutôt demande à maman ») ou de régler leur équipe de football virtuel (« oui, prenons le temps »). Les adultes, eux, sont si souvent autosuffisants.
  • Avant même la manière de traiter les autres, le passage parle de dépendance envers Dieu. C'est une valeur de l'Église, d'où l'invitation insistante aux réunions de prière. « Jésus, j'ai besoin de toi. » C'est là qu'on commence, et sans doute là qu'on finira.

2. Ne pas faire tomber les autres et aller chercher la brebis égarée

  • Les versets 5 à 9 avertissent l'Église de ne pas faire tomber l'un de ces petits qui croient en Jésus. Le ton est direct : la meule, la main, le pied, l'œil. Tout est fait pour montrer le sérieux de la chose.
  • Faire tomber, cela peut être pécher et entraîner les autres dans le péché. Mais ce n'est pas toujours aussi évident : rejeter, ignorer, ne pas être hospitalier sont des formes plus subtiles.
  • Josh Moxon pose une question : les gens que je fréquente à l'Église sont-ils tous exactement comme moi ? Être une communauté, c'est regarder au-delà de ce qui est confortable et facile.
  • Dans l'humilité, chacun peut traiter radicalement son propre orgueil et son propre péché pour ne pas faire tomber les autres. « Sommes-nous une communauté qui accueille bien ? »
  • La parabole de la brebis égarée (versets 10 à 14) le confirme : Dieu se soucie de la brebis qui s'éloigne, et nous devons nous en soucier aussi. Quand quelqu'un ne marche pas tout à fait droit, comment allons-nous, avec amour, marcher à ses côtés et accepter l'effort que cela demande ?
  • L'encouragement de l'humilité : en dépendant de Jésus par l'Esprit, nous recevons tout ce qu'il faut pour vivre cela. C'est lui qui nous aide.
  • Le défi de l'humilité : elle coûte. Elle oblige à admettre notre besoin, ce qui n'est pas toujours facile, et à reconnaître notre propre péché.
  • Le prédicateur ajoute un second défi : s'engager les uns envers les autres, envers l'Église, envers cette communauté. Il est très difficile de vivre tout cela si l'on n'est pas présent les uns pour les autres.

3. La réconciliation : présumer le meilleur et suivre les étapes

  • Aux versets 15 à 17, Jésus enseigne quoi faire quand un frère ou une sœur pèche contre nous : aller le voir seul à seul, puis avec un ou deux témoins, puis le dire à l'Église.
  • Josh Moxon décrit un réflexe qu'il connaît bien : un incident arrive et l'on s'invente toute une histoire, toujours dans le pire scénario. On a déjà écrit sa lettre de démission, décidé qu'une amitié était finie ou que la parentalité n'était pas pour nous. Puis un message ou une conversation avec la personne concernée montre qu'on avait mal compris : « Ce n'était pas si grave au départ. »
  • Il est bon de présumer le meilleur chez les autres et d'oser la conversation. Parfois, c'est vraiment le pire. Mais dans un contexte chrétien, Jésus est le chemin du retour, et ce passage donne un cadre.
  • « Devenons bons à faire cela dans les petites choses. » Les situations plus graves demandent plus de temps, de soin et la sagesse d'autres personnes. Le prédicateur encourage à ne pas les affronter seul et propose de venir en parler à lui ou à l'équipe pastorale.
  • Le but est de chercher la vérité ensemble, avec l'unité pour destination. La fin du verset 17 rappelle que la réconciliation n'est pas toujours possible, à cause du péché dans le monde. Mais le processus est délibéré, ordonné, et la communauté est appelée à le poursuivre de tout son cœur.

4. La présence de Dieu au cœur de l'unité

  • Pour le prédicateur, les versets 18 à 20 sont moins une promesse sur la prière qu'une vérité : quand, par la grâce de Dieu, la réconciliation a lieu et que le peuple de Dieu se retrouve dans l'unité, la présence de Dieu est là, au centre.
  • « Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d'eux » (Matthieu 18:20). Cela vaut la peine de courir après.
  • L'encouragement : la présence de Dieu dans l'unité mérite qu'on la recherche.
  • Le défi : prendre la réconciliation au sérieux, présumer le meilleur, aller voir la personne et avoir la conversation. Et si c'est le pire, confier le processus à Jésus.

5. Le pardon : pardonner comme nous avons été pardonnés

  • Pierre demande à Jésus combien de fois il doit pardonner : jusqu'à sept fois ? La tradition parlait de trois fois. Pierre, raconte le prédicateur, pense avoir compris : « Il a doublé et ajouté un. » Jésus répond qu'il faut aller bien plus loin (versets 21 et 22). Le chiffre donné veut dire : pardonner sans limite.
  • Réconciliation quand c'est possible, pardon toujours. Josh Moxon reconnaît que c'est difficile.
  • La parabole du serviteur impitoyable (versets 23 à 35) montre un maître qui remet une dette énorme à son serviteur, lequel fait jeter en prison un compagnon qui lui devait peu. Notre propre dette, remise par Jésus, dépasse de loin tout ce qu'on pourrait nous devoir. « Jésus l'a fait en premier, et il nous demande de le faire aussi. »
  • Ce que le pardon n'est pas : ce n'est pas oublier, mais ne plus ressortir la faute contre quelqu'un. Ce n'est pas tolérer le péché ni approuver ce qui a été fait. Cela n'efface pas les conséquences. Ce n'est pas faire semblant de ne pas avoir mal, mais ce n'est pas non plus rester amer ou poser des conditions. Ce n'est pas un substitut à la sécurité ni à la justice, et pardonner ne demande pas de rester dans une situation dangereuse.
  • Ce que le pardon est : rebâtir la confiance quand c'est nécessaire, se réconcilier quand c'est possible. C'est libérer un captif et découvrir que le captif, c'était nous. C'est offrir aux autres ce que Dieu nous a offert. Et cela coûte : la croix montre combien le pardon peut être coûteux et douloureux.

6. Le témoignage de Corrie ten Boom

  • Corrie ten Boom a caché des Juifs pendant la guerre. Des années plus tard, dans une réunion d'Église, elle se trouve face à un ancien officier SS devenu chrétien, l'un de ceux qui l'avaient tenue captive.
  • Elle raconte : « J'ai essayé de sourire. J'ai lutté pour lever la main. Je n'y arrivais pas. Je ne ressentais rien, pas la moindre étincelle de chaleur ou de charité. Alors, encore une fois, j'ai prié en silence : Jésus, je ne peux pas lui pardonner. Donne-moi ton pardon. »
  • Quand elle prend sa main, un courant semble passer de son épaule, le long de son bras, jusqu'à lui, et un amour presque bouleversant pour cet inconnu remplit son cœur. Elle conclut que la guérison du monde ne dépend ni de notre pardon ni de notre bonté, mais des siens : quand il nous dit d'aimer nos ennemis, il nous donne aussi l'amour lui-même.
  • Le défi : pardonner même quand c'est difficile, ou au moins entrer dans le processus en demandant à Dieu de nous aider. L'encouragement : les pardonnés pardonnent. Ce n'est pas notre œuvre ni notre capacité.

7. Une communauté exigeante et attirante

  • « Tu veux faire partie d'une communauté comme celle-là ? Moi aussi. » C'est ce à quoi une Église en bonne santé peut et doit ressembler, mais cela demande d'être intentionnel, par exemple en construisant des relations profondes dans des petits groupes.
  • C'est un appel exigeant, et même un peu effrayant. Pourtant, en Matthieu 19:1-2, juste après ces paroles difficiles, de grandes foules suivent Jésus. Ce chemin vaut la peine d'être suivi.
  • Le message débouche sur la sainte cène : se souvenir de notre besoin de Jésus et de tout ce qu'il a fait pour nous.

Points à retenir

  • L'humilité commence devant Dieu : reconnaître qu'on a besoin de lui, comme un enfant qui demande de l'aide.
  • Une communauté qui ne fait pas tomber les autres accueille au-delà de ce qui est confortable et va chercher la brebis égarée.
  • La réconciliation se poursuit avec méthode : présumer le meilleur, parler seul à seul, ne pas rester seul face aux blessures graves.
  • Quand le peuple de Dieu se retrouve dans l'unité, la présence de Dieu est au centre. Cela vaut la peine de la rechercher.
  • Les pardonnés pardonnent : le pardon n'est ni oubli ni approbation, c'est offrir aux autres ce que Dieu nous a offert.

Application personnelle

  1. Dans quel domaine as-tu du mal à dire simplement : « Jésus, j'ai besoin de toi » ?
  2. Les personnes que tu fréquentes à l'Église te ressemblent-elles toutes ? Vers qui pourrais-tu aller cette semaine ?
  3. Y a-t-il une situation où tu t'es inventé le pire scénario, alors qu'une simple conversation pourrait tout éclairer ?
  4. Quelle blessure as-tu besoin de confier à Jésus, et peut-être à un responsable de ton Église, plutôt que de la porter seul ?
  5. Qui as-tu besoin de pardonner, ou au moins de commencer à pardonner en demandant à Dieu son aide ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que veut dire devenir comme un petit enfant dans Matthieu 18 ?

Pour Josh Moxon, il ne s'agit pas d'abord d'innocence ou de pureté, mais d'humilité : ne pas se soucier de son rang social et reconnaître qu'on a besoin d'aide. Un enfant sait demander de l'aide. Devant Dieu, cela commence par une prière simple : « Jésus, j'ai besoin de toi. »

Comment Jésus demande-t-il de régler un conflit dans l'Église ?

Matthieu 18:15-17 décrit des étapes ordonnées : aller voir la personne seul à seul, puis avec un ou deux témoins, puis devant l'Église. Le prédicateur invite à présumer le meilleur chez l'autre, à ne pas rester seul face à une blessure et à rechercher l'unité, en confiant le processus à Jésus.

Pardonner, est-ce oublier ou tout accepter ?

Non. Selon Josh Moxon, pardonner, ce n'est pas oublier, mais ne plus ressortir la faute contre quelqu'un. Ce n'est ni approuver le péché, ni effacer les conséquences, ni renoncer à la sécurité ou à la justice. C'est offrir aux autres ce que Dieu nous a offert, et découvrir que nous étions nous-mêmes captifs.

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