Nu devant Dieu : la parure que Christ veut te donner

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Introduction

Tu as remarqué ce besoin qu'on a tous d'embellir nos vies ? Des fleurs sur la table, un beau papier au mur, des cadres, une voiture qui a de la gueule, une belle coiffure, une moustache soignée, un bijou, un peu de crème, un beau métier, une réputation, une médaille. L'être humain aime paraître, ressembler à quelque chose. Il a besoin d'une assurance.

Blaise Pascal l'avait dit avec sa formule : « Il y a dans le cœur de l'homme un vide qui a la forme de Dieu. » James Hutinet reprend cette intuition pour ouvrir un message sur Genèse 2.25 à 3.10. Avant la chute, Adam et Ève étaient nus et n'en avaient aucune honte. Après la chute, tout a changé. Ils se sont vus nus, ils se sont cachés, et ils ont cousu des feuilles de figuier pour se couvrir.

Ce sermon prêché le 17 août 2025 pose une question dérangeante et libératrice à la fois : derrière quoi te caches-tu, toi ? Et qu'est-ce que Christ veut mettre à la place de tes feuilles de figuier ?

Plan de l'étude

1. Notre nudité intérieure et les feuilles de figuier

Genèse 2.25 raconte l'état originel : « L'homme et sa femme étaient tous deux nus, et ils n'en avaient point honte. » Nus corporellement, mais aussi le cœur à nu devant l'Éternel. Ils vivaient à découvert avec Dieu, en communion. Ils étaient à l'image de Dieu, avec un certain éclat. On peut parler d'une parure d'éclat, la parure de la gloire de Dieu qui reposait sur eux.

Puis la désobéissance arrive. Genèse 3.6 : la femme prit du fruit, en mangea, en donna à son mari qui en mangea. « Les yeux de l'un et de l'autre s'ouvrirent, ils connurent qu'ils étaient nus, et ayant cousu des feuilles de figuier, ils s'en firent des ceintures. » Quelque chose s'est perdu. Une dégradation est intervenue à l'intérieur d'eux, dans le cœur, et à l'extérieur, dans le corps. Ils ne se voient plus comme avant. Ils se voient nus, c'est-à-dire selon une image appauvrie d'eux-mêmes.

Qu'ont-ils fait alors ? Ils ont compensé. Ils se sont confectionnés des pagnes, de petites ceintures en feuilles de figuier. La feuille de figuier, c'est une grande feuille, très jolie. C'est en même temps un moyen de se rassurer et une parure de compensation.

Chez l'être humain, après un malheur, il y a très souvent un esprit de reconquête. Après une guerre perdue, on prépare la suivante. Après une inondation, on veut reconstruire, et ça sera mieux qu'avant. Notre nature nous pousse à sauver les meubles, à réparer les apparences. L'orgueil est en jeu, plutôt que de s'humilier devant le Créateur et de se demander si l'épreuve a un sens.

Après la chute, Adam et Ève ont perdu beaucoup. Ils ont perdu l'assurance, la beauté, l'harmonie, la force, la paix, la communion avec l'Éternel. Ils ont perdu la parure de Dieu, cette parure d'éclat de sa gloire. Ils sont morts spirituellement. Ils se sont retrouvés peureux, honteux, livrés à leur faiblesse, comme c'est encore le cas aujourd'hui. Alors ils se sont bricolé une parure pour sauver les apparences, pour se protéger soi-disant.

Mais une ceinture de feuilles ne fait pas grand-chose. C'est de la vapeur, une vanité, dirait l'Ecclésiaste. Ils ont voulu avoir la science en mangeant le fruit interdit, et dans leur déchéance ils se sont habillés avec ce qui restait autour du fruit : des feuilles. Comme un pauvre pansement.

Cela fait penser au fils prodigue. Avec la richesse de son père, il a voulu mener la grande vie, et il s'est retrouvé à envier les gousses que mangeaient les porcs. Pour Adam et Ève, il a fallu que l'Éternel les rhabille lui-même d'un vêtement de peau de bête, plus protecteur, qui inaugure déjà le sacrifice de Christ.

2. La parure de compensation contre la parure de Dieu

Chacun de nous doit se poser la question. Est-ce que tu te caches derrière une parure de vanité ? Où est ta richesse à toi ? Avons-nous une parure qui recouvre quelque chose ? De nature, nous avons des timidités, des handicaps, des faiblesses. On essaie de cacher tout cela.

Chaque fois qu'on embellit notre environnement (un bijou, un cadre, un vêtement, une reconnaissance), ce n'est pas mauvais en soi. Mais cela peut aussi révéler que nous avons perdu quelque chose qui ressemble à la gloire de Dieu, et que nous essayons de compenser. Romains 3.23 le dit sobrement : « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. »

Pour Adam et Ève, l'Éternel intervient. Il ne les laisse pas dans leurs feuilles de figuier. Il leur donne un vêtement de peau, qui suppose un premier sacrifice. Un animal meurt pour que l'homme soit couvert. C'est déjà l'annonce, dans l'ombre, du sacrifice de Christ qui viendra couvrir notre nudité intérieure.

Christ ne veut pas simplement effacer nos fautes. Il veut nous revêtir. Apocalypse 3, où le Seigneur Jésus parle à l'église de Laodicée, le montre. Verset 15 à 18 : « Je connais tes œuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant. Ainsi, parce que tu es tiède et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. Parce que tu dis : je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. »

Ce qui frappe, c'est que Jésus dit cela à des chrétiens, pas à des païens. Notre Dieu n'aime ni la tiédeur ni la nudité. On peut se croire riche parce qu'on a un diplôme, une expérience, une position, une reconnaissance dans l'église. Mais si le Seigneur ôte tout ce qui est purement humain, qu'est-ce qui reste ?

Nicodème, dans Jean 3, est docteur en Israël. Le Seigneur lui dit pourtant : « Tu ne connais pas ces choses. » On peut construire une belle vie, se croire quelqu'un de bien, être apprécié dans l'assemblée, et se retrouver pauvre devant Dieu. Adam et Ève ont cousu des feuilles. Et nous, qu'avons-nous tissé pour paraître ?

1 Corinthiens 3.13 : « Le feu éprouvera ce qu'est l'œuvre de chacun. Si l'œuvre bâtie par quelqu'un subsiste, il recevra une récompense. Si l'œuvre est consumée, il perdra sa récompense ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu. » Sauvé, mais la honte d'être arrivé les mains vides devant le Père majestueux. Pour notre Seigneur, les œuvres humaines détachées de lui pèsent très peu de choses.

Même en connaissant le Seigneur, on peut imiter les œuvres de Dieu sans les vivre. Être présent, mais sans lui. Faire quelque chose sans conviction, sans s'appuyer sur son Esprit qu'il a mis en nous. Il y a une différence entre vivre une religion et vivre à découvert avec Dieu. Il y a une différence entre connaître des choses sur Dieu et le connaître personnellement.

Un bébé qui connaît sa mère connaît surtout ses soins et ses repas. Il ne connaît pas sa vie intérieure. On peut être un chrétien qui reste à ce stade. Notre Père désire qu'on grandisse, qu'on le découvre en profondeur, et qu'on découvre ce qu'il nous a donné.

3. Comment tisser un vêtement de gloire

Apocalypse 19.8 parle d'un « fin lin, éclatant, pur », donné à l'épouse pour se vêtir, « et ce fin lin, ce sont les œuvres justes des saints. » Ce ne sont pas les œuvres qui produisent le salut. Le salut nous est acquis par grâce, par le sang de Christ que nous avons reconnu. Mais après avoir été sauvés, il y a une œuvre qui se tisse, les œuvres de Christ en nous, réalisées par une foi active.

Jacques le dit à sa manière : « Je te montrerai ma foi par mes œuvres. » Romains 13.14 va dans le même sens : « Revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ. » Se revêtir de lui, c'est laisser sa vie devenir la nôtre. C'est laisser son Esprit tisser, jour après jour, un vêtement qui ne se déchirera pas au grand jour.

1 Jean 2.28 exhorte : « Demeurez en lui, afin que, lorsqu'il paraîtra, nous ayons de l'assurance, et qu'à son avènement nous ne soyons pas confus et éloignés de lui. » C'est sérieux. Demeurer avec lui, c'est rester serré contre lui, habiter avec lui, pour ne pas être confus à sa venue.

Notre richesse, c'est cet habit qui nous suit dans l'éternité, et que nous tissons avec lui. Ce sont les œuvres de confiance vécues avec lui, plus précieuses que l'or. Comment se les procurer, concrètement ? Le Seigneur donne un conseil d'investissement en Apocalypse 3.18 : « Achète de moi de l'or éprouvé par le feu. »

Quel est le prix demandé ? Une confiance ferme dans la nouvelle alliance par le sang de Christ. Une confiance quotidienne qui s'accroche au Père dans les épreuves de la vie. Un exemple simple : si tu pries pour un sujet mais que tu continues à t'inquiéter comme si tu n'avais rien prié, où est la confiance ? Le désir du Père, c'est que tu viennes à lui, que tu prennes appui sur lui, et que tu exprimes une confiance sans faille.

Chaque épreuve devient alors une occasion d'activer ta foi, de te vêtir, de t'enrichir. L'alpiniste sur une pente glacée ne tient qu'avec les griffes de ses crampons. Ce sont ces griffes qu'il plante à chaque pas pour ne pas être emporté. Nos griffes de la foi fonctionnent pareillement. 1 Pierre 1.7 le dit : la foi éprouvée est « beaucoup plus précieuse que l'or périssable » ; elle nous vaudra « louange, gloire et honneur lorsque Jésus-Christ paraîtra. »

James Hutinet raconte, à la fin de sa prédication, comment lui et sa fille Carole, aujourd'hui décédée, venaient souvent à genoux, dans les larmes, pour se décharger sur Dieu de ses épreuves, de ses maux, de sa maladie, et pour se saisir du Seigneur avec une foi entière. Et il en tire cette conviction : ce qui compte, ce qui restera dans l'éternité, ce n'est pas d'abord la réponse que Dieu apporte à nos demandes. C'est notre combat à enfoncer nos griffes de la foi dans le cœur du Père. Pour le Père, c'est très précieux.

Points à retenir

  • Avant la chute, Adam et Ève étaient nus sans honte, à découvert devant Dieu, revêtus d'une parure d'éclat de sa gloire.
  • Après la chute, ils se sont vus nus et ont cousu des feuilles de figuier, une parure de compensation, qui image tous les artifices que l'on met en place pour cacher nos vraies faiblesses.
  • Le vêtement de peau que Dieu leur donne préfigure le sacrifice de Christ, qui vient réellement couvrir notre nudité intérieure.
  • La tiédeur nous menace même dans l'église : on peut se croire riche et être en réalité nu devant Dieu (Apocalypse 3.17).
  • Le vêtement qui restera dans l'éternité, ce sont les œuvres justes des saints (Apocalypse 19.8), tissées avec Christ par une foi active dans les épreuves.

Application personnelle

  • Derrière quelle « parure » est-ce que tu te caches en ce moment, un titre, un rôle, une réputation, une compétence ? Qu'est-ce qu'elle recouvre vraiment ?
  • Sur quoi est fondée aujourd'hui ton assurance devant Dieu : sur tes œuvres humaines, ou sur le sacrifice de Christ appliqué à ta vie ?
  • Y a-t-il une zone de tiédeur dans ta vie chrétienne, où tu dis « je n'ai besoin de rien » alors que le Seigneur t'appelle à venir « acheter de lui » ?
  • Quelle épreuve traverses-tu actuellement ? Est-ce que tu peux la voir comme une occasion d'enfoncer tes griffes de foi dans le cœur du Père ?
  • Est-ce que tu pries, puis restes réellement en paix, ou est-ce que l'inquiétude reprend la main dès que tu as fini ta prière ? Où placer la confiance concrètement cette semaine ?

Versets cités

  • Genèse 2.15-25 · L'homme placé dans le jardin, la nudité sans honte.
  • Genèse 3.6-10 · La chute, les yeux qui s'ouvrent, les feuilles de figuier, la cachette.
  • Romains 3.23 · « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. »
  • Apocalypse 3.15-18 · La tiédeur de Laodicée, l'or éprouvé et les vêtements blancs.
  • 1 Corinthiens 3.13 · Le feu qui éprouve l'œuvre de chacun.
  • Romains 13.14 · « Revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ. »
  • Apocalypse 19.8 · Le fin lin, les œuvres justes des saints.
  • 1 Pierre 1.7 · La foi éprouvée, plus précieuse que l'or.
  • 1 Jean 2.28 · Demeurer en lui pour ne pas être confus à son avènement.

FAQ

Est-ce mal d'embellir sa maison, de porter des bijoux ou de soigner son apparence ?
Non, ce n'est pas le message. La question posée par le sermon n'est pas cosmétique, elle est spirituelle : est-ce que ces choses cachent une nudité intérieure que je refuse d'apporter à Dieu, ou est-ce que j'ai d'abord ma richesse en Christ, avec le reste comme cadre ? Le problème n'est pas la parure, c'est ce sur quoi je fonde mon assurance.

Si je suis sauvé par grâce, à quoi bon parler d'œuvres et de vêtement à tisser ?
Le salut est acquis par la seule grâce, reconnu par la foi dans le sacrifice de Christ. Mais après le salut, l'Écriture parle de « fruits », de « vêtements blancs » (Apocalypse 3.18) et d'« œuvres justes des saints » (Apocalypse 19.8). Ce sont les œuvres de Christ en nous, réalisées par une foi active, pas des œuvres pour être sauvé, mais des œuvres qui découlent du salut et qui traversent le feu du jugement (1 Corinthiens 3.13).

Concrètement, qu'est-ce que ça change dans une épreuve ?
Cela change la manière de la vivre. Au lieu de subir l'épreuve ou de vouloir seulement en sortir, tu peux la vivre comme une occasion d'« enfoncer tes griffes de foi » dans le cœur du Père. La foi éprouvée est « plus précieuse que l'or » (1 Pierre 1.7). Ce qui reste dans l'éternité, ce n'est pas d'abord la réponse que Dieu donne à ta demande, c'est ta confiance concrète à venir à lui, dans les larmes s'il le faut.

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