Introduction
Pour la troisième partie de sa série sur « Restaurer l'autel de la prière », le pasteur Jacky Derand invite l'assemblée du pasteur René à s'arrêter sur un mot : la présence. Prier n'est pas cocher une case religieuse. Prier, c'est aller à la rencontre de ton Père dans le lieu secret dont parle Matthieu 6.6, celui qui t'attend déjà. À partir de la femme cananéenne, de l'officier royal, de Daniel, des deux disciples sur la route d'Emmaüs et de 2 Corinthiens 3, Jacky Derand ouvre quatre bienfaits concrets de ce qu'il appelle « la puissante beauté de sa présence ». Le fil rouge est simple : dans sa présence, les lois, les temps, les distances et les saisons sont suspendus, et le plus grand miracle qui s'y passe, c'est toi.
Plan du message
1. Dans sa présence, ta foi arrache une bénédiction hors saison
- Le pasteur commence par la femme cananéenne de Matthieu 15.21 qui vient à Jésus pour sa fille tourmentée par l'ennemi, et par l'officier royal de Jean 4.46-54 qui court demander la guérison de son fils.
- Il rappelle un détail que beaucoup oublient : quand Jésus est sur terre, son ministère est officiellement limité à Israël (Matthieu 10.5-6). Ce n'est qu'après la résurrection qu'il envoie ses disciples « par tout le monde » (Matthieu 28 ; Marc 16).
- Cette maman, elle bouscule le calendrier divin. Elle vient dans la présence de Jésus, et par sa foi elle arrache la délivrance de sa fille hors saison. Le père royal, lui, obtient la guérison de son fils à distance, sans contact.
- Application du pasteur : « Quand nous sommes dans sa présence, les temps, les distances, les lois, les saisons sont suspendus. » Même si on te dit « c'est fini », « c'est trop tard », « c'est plus le moment », refuse ce diagnostic, entre dans la présence de ton Dieu et laisse l'impossible devenir possible par le tout accompli de Jésus.
- Il illustre par l'histoire de Carlos, un jeune péruvien dont le père mourait d'un cancer à l'autre bout du monde. Dans la prière, l'équipe visite ce père « sans payer d'avion », grâce au Saint-Esprit. Quelques semaines plus tard, une équipe d'évangélisation locale frappe à sa porte, prie pour lui, et il est complètement guéri.
2. Dans sa présence, Dieu change tes temps et tes circonstances
- Deuxième texte : Daniel 2.17-23. Le roi Nebucadnetsar vient de rendre une sentence irrévocable qui condamne Daniel et tous ses conseillers à mort.
- Que fait Daniel ? Il va chercher ses amis Hanania, Mishaël et Azaria, et ensemble, ils vont dans la présence de Dieu. La puissance du Seigneur modifie la situation.
- Le pasteur ouvre une parenthèse sur la prière en commun : « Parfois, on a prié pendant des années pour quelque chose, on n'a rien reçu. Ce que tu n'as pas eu tout seul, unis-toi à d'autres membres du corps de Christ, et le miracle s'accomplit. »
- Daniel témoigne ensuite : « À lui appartiennent la sagesse et la force. C'est lui qui change les temps, c'est lui qui change les circonstances » (Daniel 2.22-23). Le pasteur t'invite à le confesser toi-même : « C'est lui qui change mes temps. C'est lui qui change mes circonstances. »
- Il propose aussi un déplacement de vocabulaire : au lieu de dire « je vais prier » (avec ce que cela porte de devoir religieux), dis « je vais rencontrer le Seigneur, je vais avoir un tête à tête avec lui ». Tu redéfinis ce que tu attends de ce moment que tu appelles la prière.
3. Dans sa présence, ton âme épuisée est réchauffée
- Troisième texte : Luc 24.13-35, la route d'Emmaüs, avec un accent sur les versets 17 à 21. Le pasteur souligne un détail rarement remarqué : ces deux disciples, dont Cléopas, sont en train de vivre un deuil. Ils sont désorientés, désespérés, angoissés, déprimés.
- Nous portons ce trésor dans des vases de terre (2 Corinthiens 4.7). Il y a des moments où tu n'as ni la force, ni l'envie, ni le courage de prier. C'est justement là que la question change : qu'est-ce que prier ? C'est aller dans la présence de Dieu, même allongé, même assis sur ton canapé, même avec la foi partie.
- Sur la route, ce n'est pas les deux disciples qui vont dans la présence de Jésus. C'est Jésus qui vient à eux, qui les fait parler, qui leur ouvre le cœur avant de leur ouvrir les Écritures. Leur cœur brûle, sans même qu'ils s'en aperçoivent.
- Application : « Sa présence déracine la déprime et l'incertitude de nos cœurs, et les transforme en une foi joyeuse. » Après le repas, ils repartent aussitôt pour les onze kilomètres du retour, rechargés par la présence.
- Le pasteur illustre par le témoignage de Simon, un homme qui venait chaque jour à midi dans une église, quelques minutes, sans jamais prier tout haut. Après un accident, il explique à l'infirmière : « Chaque jour à midi, Jésus vient me visiter. Je le vois et il me dit : Simon, c'est Jésus. » Les humbles voient Dieu.
4. Dans sa présence, le Saint-Esprit te transforme, toi
- Dernier texte : 2 Corinthiens 3.17-18. « Nous reflétons la gloire du Seigneur, ainsi nous sommes transformés pour être semblables au Seigneur, et nous passons d'une gloire à une gloire plus grande encore par l'Esprit du Seigneur. Car là où l'Esprit du Seigneur est présent, là est la liberté. »
- Sa présence n'a pas seulement le pouvoir de changer les situations et les circonstances. Le plus grand miracle de sa présence, c'est qu'elle te change toi. Métamorphose : changement de forme, changement de nature.
- C'est pour cela que l'ennemi ne veut pas que tu découvres ce secret. Évangéliser, conduire la louange, animer une étude biblique ou même une réunion de prière sans avoir été dans la présence de Dieu, cela ne le gêne pas. Ce qui le gêne, c'est quand tu agis après être passé par sa présence.
- Jacky Derand partage son propre témoignage. Baptisé d'eau, baptisé du Saint-Esprit, marié, dans le ministère, il portait une jalousie maladive héritée de son père. Un soir, il tombe sur un petit tract avec Jean 8.36 : « Si le fils vous affranchit, vous serez réellement libres. » Tous les soirs, il laisse sa Bible ouverte à ce verset et le fait relire à Dieu jusqu'à ce que la délivrance vienne.
- Sa parole pratique sur le pardon : « Le pardon n'est pas parce que Dieu a dit de pardonner que nous le pouvons. Le pardon est un choix, pas une capacité en soi. Je choisis d'obéir, pas parce que j'en suis capable, mais parce que j'ai décidé d'obéir. À partir de là, ce n'est plus mon problème, c'est l'affaire de Dieu. »
- Sa formule finale : « Sa présence est le meilleur institut de beauté, le meilleur soin esthétique pour un ravalement de façade complet et garanti, pour un beau visage, un esprit serein, une âme resplendissante. »
Points à retenir
- Prier, c'est aller vivre concrètement la présence de Dieu, pas cocher une case religieuse.
- Dans sa présence, la foi peut arracher une bénédiction hors saison, comme la maman cananéenne et l'officier royal l'ont vécu.
- Dans sa présence, Dieu change les temps et les circonstances, comme il l'a fait pour Daniel et ses trois amis face à la sentence du roi.
- Quand tu n'as plus la force, ce n'est pas toi qui montes jusqu'à Dieu. C'est Jésus qui vient te rejoindre sur ta route d'Emmaüs et qui réchauffe ton cœur.
- Le plus grand miracle de sa présence, ce n'est pas la circonstance qui change autour de toi, c'est toi qui es transformé par le Saint-Esprit.
- C'est pour cela que l'ennemi met tout en œuvre pour t'éloigner de ce lieu secret : il sait ce qui s'y joue.
Application personnelle
- Quel est le « calendrier » ou le « diagnostic » que tu as accepté comme définitif, et que tu pourrais aller poser devant Jésus dans sa présence cette semaine ?
- Y a-t-il une prière que tu portes seul depuis des années et pour laquelle tu pourrais demander à des frères ou sœurs de s'unir à toi, comme Daniel s'est uni à ses trois amis ?
- Ce matin, es-tu plus proche de la femme cananéenne pleine de foi, ou des deux disciples d'Emmaüs au moral à zéro ? Comment veux-tu venir devant Dieu tel que tu es aujourd'hui ?
- Si tu remplaçais « je vais prier » par « je vais rencontrer le Seigneur », qu'est-ce que cela changerait dans ta façon d'aborder ce moment ?
- Quel héritage familial, quelle blessure ou quelle habitude aimerais-tu confier au Saint-Esprit dans le lieu secret, en le laissant, lui, faire le travail de métamorphose ?
Versets cités
- Matthieu 6.6
- Matthieu 10.5-6
- Matthieu 15.21-28
- Matthieu 28.18-20
- Marc 16.15
- Jean 4.46-54
- Jean 8.36
- Luc 24.13-35
- Daniel 2.17-23
- 2 Corinthiens 3.17-18
- 2 Corinthiens 4.7
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Questions fréquentes
Que veut dire « restaurer l'autel de la prière » selon ce troisième message ?
Pour Jacky Derand, restaurer l'autel de la prière, c'est retrouver l'habitude d'aller dans le lieu secret pour y vivre concrètement la présence de Dieu. Ce n'est pas d'abord une discipline à cocher, c'est un tête à tête. Le pasteur insiste sur le mot que Jésus emploie en Matthieu 6.6 : ton Père est déjà là, il t'attend, et tu n'y vas pas pour le chercher mais pour le rencontrer. C'est ce déplacement qui « change la donne », sinon, dit-il, « c'est de la religiosité, et elle est ennuyeuse ».
Pourquoi la femme cananéenne obtient-elle la guérison de sa fille alors que Jésus était envoyé à Israël ?
Le pasteur rappelle qu'en Matthieu 10.5-6, Jésus limite lui-même le ministère de ses disciples aux « brebis perdues de la maison d'Israël ». C'est le calendrier de Dieu à ce moment-là ; la mission mondiale ne s'ouvre qu'après la résurrection (Matthieu 28 ; Marc 16). Mais cette maman comprend que dans la présence de Jésus, les lois sont suspendues. Par sa foi, elle « arrache » une bénédiction hors saison, et l'autorité de Jésus délivre sa fille à distance. C'est l'image que Jacky Derand utilise pour dire que dans la présence, « les temps, les distances, les saisons sont suspendus ».
Le plus grand miracle de la prière n'est pas la circonstance changée mais la personne changée : que veut dire cela concrètement ?
À partir de 2 Corinthiens 3.17-18, le pasteur explique que dans la présence de Dieu, le Saint-Esprit nous « métamorphose » : changement de forme, changement de nature. Il l'a vécu dans sa propre histoire avec la jalousie maladive héritée de son père, brisée par un travail patient de Dieu autour de Jean 8.36. Concrètement, cela veut dire arrêter de chercher la capacité en toi-même (le pardon, la liberté, la paix, la stabilité), et laisser le potier travailler le vase. « Sa présence te libère de toi-même en te rendant libre à partir de l'intérieur. »
pour prendre des notes et poser une question.