Introduction
Cette semaine, Quentin conclut la série Dieu ou mamon qu'il a portée avec Yann tout au long de l'été. Après avoir posé les grands principes bibliques sur l'argent, il descend maintenant dans le concret : à quoi ressemble une vie de générosité quand elle passe des convictions au portefeuille ?
Pour répondre, il ouvre trois textes de l'Ancien Testament et te propose trois défis pour l'été. Un pour ta manière de planifier tes dons. Un pour ta manière de célébrer ce que Dieu fait. Un pour ta manière d'investir dans des personnes. Trois défis simples, mais qui, mis bout à bout, dessinent ce que veut dire vivre sans mamon.
Plan de la prédication
1. Planifier ses dons : la dîme comme discipline (Deutéronome 14.22-27)
Quentin commence par la question la plus posée dans la série : et la dîme, on en parle quand ? Réponse : maintenant. Il ouvre Deutéronome 14 au verset 22.
« Tu prendras la dîme de tout ce que ta semence produira, de tout ce que tes champs rapporteront chaque année. Tu mangeras devant le Seigneur ton Dieu, au lieu qu'il choisira pour y faire demeurer son nom, la dîme de ton blé, de ton vin et de ton huile, les premiers-nés de ton gros et de ton petit bétail, afin que tu apprennes à craindre toujours le Seigneur ton Dieu. » (Deutéronome 14.22-23)
Deux choses ressortent du texte. D'abord, la dîme sert à quelque chose de très concret : soutenir les Lévites. Ceux-là s'occupent du temple 24 heures sur 24. Ils n'ont pas de champ, pas de bétail. Ils vivent de ce que le peuple leur apporte. La communauté prend soin des besoins spirituels de tous, et en retour, elle prend soin des besoins physiques de ceux qui la servent.
Ensuite, il y a la joie. Le verset 26 dit : « Tu échangeras l'argent contre tout ce que tu désireras. Gros bétail et petit bétail, vin et boisson, tout ce qui te fera plaisir. Tu mangeras là devant le Seigneur ton Dieu et tu te réjouiras, toi et ta famille. » La dîme n'est pas une taxe triste. Elle est le prétexte d'une fête devant Dieu, en famille, avec reconnaissance.
Est-ce que la dîme s'applique encore à toi, chrétien du XXIe siècle ? La réponse de Quentin est claire : non, mais. Non, nous sommes sous la nouvelle alliance. La Bible ne prescrit plus un montant précis. Mais le rôle que remplissait la dîme est toujours là. Paul le rappelle : « Ceux qui annoncent la bonne nouvelle vivent de la bonne nouvelle » (1 Corinthiens 9.13-14). Et dans 1 Timothée 5.17-18 : « Que les anciens qui dirigent bien soient jugés dignes d'un double honneur… l'ouvrier mérite son salaire. »
Quentin le dit sans détour : dans notre pays, la majorité des pasteurs sont payés depuis outre-Atlantique ou outre-Manche. Les bâtiments aussi. C'est une honte pour l'Église de France. L'appel biblique, c'est que la communauté prenne soin de ses membres. Le premier poste de générosité, c'est ton Église locale. Et ça, ça se planifie.
Combien ? Jésus, dans le sermon sur la montagne, n'a pas donné un chiffre : il a donné un principe. « Amassez-vous des trésors dans les cieux. » Le standard, ce n'est pas un pourcentage, c'est la générosité. Pastoralement, si tu débutes, viser 10 % est un excellent objectif. Mais selon les situations, 10 % peut être insuffisant, ou au contraire déjà courageux. C'est un tête-à-tête avec Dieu, guidé par l'Esprit, pas par tes émotions.
Et il n'y a pas qu'une seule dîme dans la Bible. Le verset 28 en révèle une autre : « Au bout de trois ans, tu sortiras toute la dîme… Alors viendront le Lévite qui n'a aucune part à ton patrimoine, l'immigré, l'orphelin et la veuve qui sont dans tes villes. Ils mangeront et seront rassasiés. » Une dîme planifiée pour les plus pauvres. Est-ce que tu as, toi aussi, une part que tu mets de côté pour donner à ceux qui ont moins ? Pas juste sur l'émotion du moment, mais réfléchie, réservée. C'est ce que l'Église des Actes met en place dès le chapitre 6 en organisant la distribution pour les veuves.
2. Célébrer les prémices : la générosité comme reconnaissance (Deutéronome 26.1-11)
Deuxième texte, deuxième principe. Deutéronome 26 décrit l'apport des prémices : quand les premières récoltes arrivent, l'Israélite prend le tout premier fruit, le met dans une corbeille et l'apporte au temple.
« Tu prendras les prémices de tout le fruit de la terre que tu recueilleras dans le pays que le Seigneur ton Dieu te donne, tu les mettras dans une corbeille et tu iras au lieu que le Seigneur ton Dieu choisira. » (Deutéronome 26.1-11)
Ce qui fait la beauté du texte, c'est le discours que l'Israélite doit prononcer. Il rappelle qu'il n'avait rien : ses pères étaient esclaves en Égypte, ils ont crié, Dieu les a délivrés, il leur a donné un pays. La reconnaissance ne passe pas que par des mots, elle prend forme dans un panier de premiers fruits. Elle se célèbre : « Tu te réjouiras avec le Lévite et avec l'immigré qui sont en ton sein, pour tous les biens que le Seigneur ton Dieu t'a donnés. »
C'est à la fois un acte de reconnaissance et un acte de foi. Reconnaissance pour ce qui a poussé. Foi pour ce qui va pousser encore. Donner en premier, avant d'avoir sécurisé le reste, c'est dire à Dieu : « Je te fais confiance. Ce qui vient d'abord, c'est pour toi. »
Comment le vivre aujourd'hui ? Quentin ne donne pas un commandement, mais des exemples qu'il a vu vivre :
- Donner en début de mois plutôt qu'avec ce qui reste à la fin.
- Sur le premier salaire de l'année, donner une part significative, certains vont jusqu'à donner leur 13ᵉ mois.
- Quand Dieu ouvre une porte (nouveau travail, examen réussi, logement), rassembler ceux qui ont prié et faire la fête, louer Dieu ensemble.
Dans ce pays où l'argent est tabou, on se prive parfois de la joie toute simple de célébrer ce que Dieu fait dans nos vies. On contrarie toujours les plans de l'ennemi par la reconnaissance. Et en étant reconnaissant avec ton argent, tu luttes concrètement contre l'emprise de mamon.
3. Investir dans les personnes : la générosité comme engagement (Ruth 4)
Troisième texte, troisième principe. Quentin te fait rencontrer sa femme préférée de la Bible : Ruth. L'histoire est courte, tu peux la lire cet été. Ruth, la Moabite, a tout perdu : son mari est mort, sa belle-mère Naomi aussi est veuve, elles sont deux femmes seules dans un contexte où c'est presque une condamnation. Mais Ruth choisit la fidélité : « Ton peuple sera mon peuple, ton Dieu sera mon Dieu. »
Au chapitre 4, elles décident de vendre le champ de Naomi. La loi veut que le terrain reste dans la famille. Deux candidats se présentent : un cousin proche, et Booz, un cousin plus éloigné. Le premier veut bien racheter le champ. Puis Booz ajoute une condition.
« Le jour où tu achèteras le champ de la main de Naomi, tu l'acquerras en même temps de Ruth la Moabite, femme du défunt, pour relever le nom du défunt dans son héritage. » (Ruth 4.5)
Le cousin recule aussitôt : « Je ne peux pas la racheter pour mon compte, sans détruire mon propre héritage. » Quand il s'agit de faire des affaires, il y a du monde. Quand il s'agit d'assumer les responsabilités, il n'y a plus grand monde.
Booz, lui, prend les deux. Il ne se contente pas de dépanner Ruth. Il l'épouse. Il lui construit un avenir. Il investit en elle, parce qu'il admire sa dévotion, cette fidélité qu'il reconnaît comme celle que Dieu lui-même a pour son peuple.
Une des grandes manières de contrer mamon dans ce monde, c'est de savoir investir dans des personnes ou des ministères clés. Pas juste des coups d'éclat de générosité, pas juste du spontané. Un engagement dans la durée. Le plan de générosité que les groupes de maison ont commencé à écrire cet été sert exactement à ça : nommer ceux à qui tu veux donner sur le long terme, quitte à commencer petit (10 € par mois), mais toute ta vie.
Quentin partage un témoignage qui l'a bouleversé : quelqu'un, qui n'est pas membre de leur Église, ni même du même quartier, a écrit : « Tant que vous continuez comme cela, moi, toute ma vie, je suis prêt à vous soutenir. » Voilà un investissement à la manière de Booz.
Points à retenir
- La dîme n'est plus un montant obligatoire, mais son rôle demeure. L'Église locale reste le premier poste de générosité planifiée : soutenir ceux qui servent, prendre soin des plus pauvres.
- Il n'y a pas qu'une dîme dans la Bible. Il y a aussi une part pour l'immigré, l'orphelin, la veuve, planifiée, pas juste émotionnelle.
- Les prémices sont un acte de foi. Donner en premier plutôt qu'avec ce qui reste, c'est faire confiance à Dieu pour la suite.
- La reconnaissance contrarie mamon. Célébrer publiquement ce que Dieu fait libère ton cœur de son emprise.
- Investir vaut mieux qu'assister. À la manière de Booz avec Ruth, engage-toi dans la durée avec des personnes et des ministères qui portent l'œuvre de Dieu.
Application personnelle
Voici les trois défis que Quentin te lance pour cet été :
- Planifie tes dons pour la rentrée. Si tu ne donnes pas régulièrement, septembre est le moment de commencer. Prends un temps avec Dieu : ton Église locale, combien, quel rythme ? Est-ce qu'il y a une part que tu réserves pour les besoins urgents ?
- Célèbre ce que Dieu a fait cette année. C'est la saison des barbecues et des raclettes. Est-ce que tu peux inviter les personnes qui ont prié pour toi, et rendre grâce ensemble pour un nouveau travail, un examen, un logement, une délivrance ?
- Engage-toi sur un plan de générosité de long terme. Termine ce plan en groupe de maison. Nomme les personnes, les missionnaires, les œuvres dans lesquels tu veux investir, pas juste ponctuellement, mais dans la durée.
Versets cités
- Deutéronome 14.22-29 · la dîme et la part pour les Lévites, l'immigré, l'orphelin, la veuve
- Deutéronome 26.1-11 · les prémices comme reconnaissance et acte de foi
- Ruth 4 · Booz investit dans l'avenir de Ruth
- 1 Corinthiens 9.13-14 · ceux qui annoncent la bonne nouvelle vivent de la bonne nouvelle
- 1 Timothée 5.17-18 · les anciens qui dirigent bien sont dignes d'un double honneur
- Matthieu 6.19-21 · amassez-vous des trésors dans les cieux
- Actes 6 · l'Église organise la distribution pour les veuves
FAQ
La dîme (10 %) est-elle encore obligatoire pour les chrétiens ?
Non. Nous sommes sous la nouvelle alliance et la Bible ne prescrit plus un montant précis. Mais le rôle de la dîme reste : soutenir ceux qui servent l'Église et prendre soin des plus pauvres. Jésus n'a pas donné un chiffre, il a donné un principe. Si tu débutes dans la générosité, viser 10 % pour l'Éternel est un excellent point de départ.
Pourquoi apporter les prémices, le premier fruit, plutôt que le reste ?
C'est un double acte : reconnaissance pour ce que Dieu a déjà fait, et foi pour ce qu'il va faire. Donner en début de mois, honorer Dieu sur le premier salaire d'une nouvelle année ou d'un nouveau travail, célébrer avec d'autres ce qu'il permet, voilà des manières concrètes de le vivre aujourd'hui.
Qu'est-ce qu'un plan de générosité et pourquoi en avoir un ?
C'est décider à l'avance à qui tu veux donner et pour combien de temps : ton Église locale, un ministère, un missionnaire, une association. Contrairement au don spontané, il t'engage dans la durée. Booz n'a pas juste dépanné Ruth : il a investi dans son avenir. Ton plan de générosité te fait passer du geste ponctuel à l'investissement pour le royaume.
pour prendre des notes et poser une question.