Prédication du dimanche 26 avril 2026 · Pasteur Rutz, Texte : 2 Chroniques 7.14 (LSG)
« Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie, et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies,, je l’exaucerai des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays. »
2 Chroniques 7.14 (LSG)
Pourquoi certains chrétiens semblent porter la vie de Dieu et d’autres piétinent depuis dix ans ? Le pasteur Rutz est catégorique : la différence n’est pas dans le talent, ni dans le nombre d’années dans l’église, ni dans le service rendu. Elle est dans la qualité de la repentance. Il existe une repentance que le Seigneur reçoit, et il en existe une autre (beaucoup plus fréquente), qu’Il ne reçoit pas. Cet article te propose de mettre le doigt sur la différence, à partir de la prédication du 26 avril 2026 à l’église Agape.
1. La repentance : la porte du grand ménage intérieur
Rutz commence par une image simple. La croix a offert à toute l’humanité une grâce infinie, mais tant que tu ne la reçois pas personnellement, elle ne devient pas la tienne. Recevoir le Christ est un premier pas. Marcher dans la plenière de cette grâce en est un second, et c’est là qu’intervient la vraie repentance.
Tu es entré dans la famille de Dieu, mais tu portes encore en toi : la chair, tes anciennes habitudes de péché, ta nature héritée d’Adam. C’est pour cela que Rutz parle d’un « grand ménage ». On commence par jeter les gros déchets, puis les petits, puis on passe le balai, puis l’aspirateur pour la poussière invisible. Plus la pièce est propre, plus Jésus devient net à tes yeux, plus la relation devient intime.
La voie étroite se trouve dans un cœur nettoyé
Jésus a dit : « Entrez par la porte étroite… étroit est le chemin qui mène à la vie, et il y en a peu qui le trouvent » (Matthieu 7.13-14 LSG). Rutz insiste : beaucoup de non-chrétiens ne trouvent pas ce chemin, mais beaucoup de chrétiens non plus, parce qu’ils cherchent à le marcher avec leur propre force, leur propre sagesse et leur propre justice.
Tu ne peux pas monter cette voie sans le Saint-Esprit. Et le Saint-Esprit ne peut ni parler clairement ni conduire librement là où le cœur reste encombré.
2. Les larmes qui ne sont pas de repentance
Rutz est direct : pleurer ne suffit pas. Il faut souvent des larmes pour entrer dans une vraie repentance, mais toutes les larmes ne sont pas de la même eau.
Les larmes d’apitoiement sur soi
Tu prières et tu te mets à pleurer sur ce que la vie t’a fait : la personne qui t’a blessé, l’épreuve subie, le désert traversé. Rutz appelle cela « pleurer sur soi ». Ces larmes sont humaines, elles peuvent même être légitimes, mais elles ne sont pas des larmes de repentance.
Les larmes de dépit et de justice propre
« Seigneur, mais moi j’ai fait tant de choses. Est-ce que je suis vraiment si mauvais ? Pourquoi ? » Ce ne sont plus des larmes de brisement, ce sont des larmes de révolte contre le miroir. Rutz cite ce qu’il a reçu : ces larmes-là sont « la preuve d’un cœur orgueilleux et mauvais ». Ce sont des larmes qui défendent le moi. Elles ne conduisent pas au pardon.
Le témoignage personnel du pasteur Rutz
Le pasteur reconnait publiquement : « J’étais un pharisien parmi les pharisiens. » Enfant d’une famille chrétienne, formé à la Parole dès le berceau, il a mis des années à laisser tomber sa propre justice. « Est-ce que je suis vraiment si sale que ça ?… » Ce combat a été douloureux, mais l’origine n’était pas le Seigneur, c’était sa propre dureté. Ce n’est que lorsqu’il s’est reconnu brisé, sans un mot à ajouter, que le Seigneur a commencé à confier sa mission au Japon.
3. Les larmes que le Seigneur reçoit
Souviens-toi de la femme pécheresse qui, chez Simon le pharisien, brise son vase d’albâtre et arrose de larmes les pieds de Jésus (Luc 7.36-50 LSG). Ces larmes-là sont sans un mot. Ce ne sont pas des larmes de plainte. Ce sont des larmes de cœur.
Rutz décrit ainsi les vraies larmes de repentance, en citant l’enseignement de la missionnaire Park Ji-ye qui l’a marqué :
« Les larmes de la vraie repentance sont celles qui jaillissent naturellement du plus profond du cœur, sous la brûlure d’une honte et d’un regret indicibles, devant l’amour de la croix où le Roi Jésus, pour une âme aussi laide et souillée que la mienne, a versé sans réserve tout son sang et toute son eau, et a supporté toute ma vie. »
Regarde cette âme. Elle voit la croix. Elle voit sa propre souillure devant l’infinie patience du Christ. Et elle ne peut plus faire autrement que pleurer. Ce sont ces larmes-là, dit Rutz, que Dieu reçoit.
Prière conseillée : « Saint-Esprit, verse sur moi un esprit de repentance. Ouvre mes yeux spirituels. Fais-moi voir ma propre souillure telle que Toi tu la vois. » Le Seigneur répond à cette prière selon la personnalité de chacun, à son rythme.
4. Cinq formes de fausse repentance à démasquer
À partir des écrits de Park Ji-ye, Rutz énumère plusieurs types de repentance qui semblent pieuses mais que Dieu n’accueille pas.
4.1 La repentance formelle et intellectuelle
« La Bible dit qu’il faut se repentir, le prédicateur l’a rappelé, donc : Seigneur, pardonne-moi pour ceci et cela. Amen. Voilà, c’est pardonné. » Rien ne descend du crâne au cœur. Rien ne change dans les habitudes, la langue, les réactions. C’est un mouvement de tête, pas un mouvement d’âme.
4.2 La repentance d’auto-victimisation
« Seigneur, si j’ai fait ça, c’est parce que untel… » La faute retombe toujours sur un autre. On pleure sur soi comme sur une victime. On ne se reconnait pas coupable, on se plaint d’être incompris.
4.3 La repentance par peur de l’enfer
Elle est superficielle : « Je ne veux pas aller en enfer, alors je répète les mots. » La motivation n’est pas l’amour du Sauveur, c’est la crainte de la punition. Elle ne produit ni brisement ni changement de vie.
4.4 La repentance générale « couverture »
« Seigneur, pardonne tous les péchés connus et inconnus de ma semaine. Amen. » Rutz démonte cette prière rassurante : un péché non identifié est un péché que tu vas recommencer. La vraie prière est : « Seigneur, aie pitié de moi. Je suis si aveugle que j’ai des péchés dont je ne me souviens même pas. Rappelle-les-moi un à un, pour que je les confesse et sois purifié. »
4.5 La repentance sans fruits
Jean-Baptiste réclamait déjà : « Produisez donc du fruit digne de la repentance » (Matthieu 3.8 LSG). Rutz cite Park Ji-ye : « Une vraie repentance sans fruit n’existe pas. Son essence, c’est se détourner complètement de ce péché. » Se repentir, c’est promettre à Dieu : « Je ne recommencerai plus. » Et une promesse à Dieu se tient dans les actes.
« Même si tu as versé beaucoup de larmes de repentance, s’il n’y a pas de fruit correspondant, ces larmes elles-mêmes deviennent mensonge. », cité par Rutz
5. Comment entrer dans la vraie repentance
Rutz résume la méthode que Dieu a mise en lui pour marcher dans ce nettoyage jour après jour :
- Demande au Saint-Esprit de révéler tes péchés cachés, pas en général, mais un par un.
- Confesse concrètement, sans envelopper les fautes dans du vocabulaire vague.
- Appelle le pardon jusqu’à ce qu’il vienne. Le temps que le pardon met à ê;tre obtenu, ce n’est pas toi qui le décides.
- Termine dans l’action de grâces. Une vraie repentance descend dans la douleur, mais elle se ferme dans la joie de savoir qu’un poids sale a été jeté hors de toi. « Sois assuré jusqu’au bout de l’amour du Seigneur. »
- Marche dans le fruit. Un cœur nettoyé devient sensible au péché ; il se repent alors « comme on se lave les mains et les pieds », quotidiennement.
Rutz cite ici en toile de fond : « Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés, afin que des temps de rafraîchissement viennent de la part du Seigneur » (Actes 3.19 LSG). Et : « Le sacrifice qui est agréable à Dieu, c’est un esprit brisé ; ô Dieu ! tu ne dédaignes pas un cœur brisé et contrit » (Psaumes 51.19 LSG).
Points à retenir
- La vraie repentance conditionne l’entrée réelle dans la grâce de la croix.
- Toutes les larmes ne sont pas des larmes de repentance : apitoiement, orgueil et dépit sont des faux jumeaux.
- Les larmes que Dieu reçoit naissent devant la croix, sous le poids de sa propre souillure révélée.
- Cinq fausses repentances à débusquer : formelle, victimaire, par peur, générale, sans fruit.
- La confession doit être concrète, un péché à la fois, jamais en bloc.
- La vraie repentance produit toujours un fruit : un péché qu’on ne recommence plus.
- Elle se termine dans l’action de grâces et une intimité plus claire avec Jésus.
Application concrète cette semaine
Prends un moment seul, avec un cahier. Ne prière pas « Seigneur, pardonne mes péchés connus et inconnus. » Prière plutôt : « Saint-Esprit, rappelle-moi un péché concret cette semaine (une parole, une attitude, une pensée), que Tu veux nettoyer aujourd’hui. » Écris ce que le Seigneur te montre. Confesse-le, demande le pardon jusqu’à ce que la paix vienne, et prends une décision d’action concrète pour que ce fruit prenne racine. Termine par un merci.
« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1.9 LSG).
FAQ
Question : J’ai reçu Christ il y a des années. Ai-je encore besoin de me repentir ?
Oui. Selon Rutz, la conversion initiale ouvre la porte, mais le cœur reste habité par des habitudes charnelles et des tendances héritées. La repentance quotidienne (« comme se laver les mains et les pieds »), est ce qui permet à Jésus de se révéler plus clairement en toi et par toi.
Question : Comment savoir si mes larmes sont vraies ?
Rutz propose un test simple : est-ce que je pleure sur moi (ce que la vie m’a fait, mon échec personnel, ma déception) ou est-ce que je pleure sur ma souillure devant la croix ? Les vraies larmes sont sans un mot, elles jaillissent devant l’amour du Christ, pas devant l’injustice vécue.
Question : Que faire si le Saint-Esprit ne me rappelle rien après ma prière ?
Ne conclus pas « je n’ai rien à me repentir ». Rutz explique que le Seigneur regarde si ta demande est vraiment du cœur. Persévère chaque jour dans la prière. Le Seigneur te montrera le péché à travers une situation de la vie quotidienne, en te faisant voir ta réaction dans le moment même. Là, confesse immédiatement.
Prédication du dimanche 26 avril 2026 · Pasteur Rutz, Église Agape.
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