1 Corinthiens 12 : les dons de l'Esprit pour le bien de tous

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Introduction

Après quatre mois de pause, l'Église Connexion reprend sa série dans la première lettre de Paul aux Corinthiens. Eduardo, l'un des responsables de l'Église, prêche sur 1 Corinthiens 12, le chapitre qui ouvre ce que Paul enseigne sur les dons spirituels, aux chapitres 12, 13 et 14.

La semaine précédente, Ivan avait prêché sur les débuts de l'Église dans Actes 2, « une église unie, exemplairement unie ». À Corinthe, constate Eduardo, « le tableau n'est pas exactement le même. La vocation est la même, le vécu pas exactement. »

Le sujet des dons spirituels, des miracles ou du parler en langues peut encore diviser aujourd'hui. Eduardo reconnaît que, dans son Église, des personnes ont des expériences, des arrière-plans et des sensibilités différentes sur cette question. Il pose trois questions au texte : qui sont les chrétiens ? Que sont les dons ? Comment sont-ils distribués ?

Plan du message

1. Corinthe, une Église malade de division et d'arrogance

  • Paul écrit sa lettre pour répondre aux problèmes graves de l'Église de Corinthe. Eduardo les résume en deux mots liés entre eux : « division et arrogance ».
  • « Des divisions nourries par l'arrogance et de l'arrogance alimentée par les divisions » : un cycle vicieux où des membres se croyaient supérieurs aux autres et formaient des groupes.
  • Toutes les raisons étaient bonnes : la préférence pour tel prédicateur, les interprétations théologiques, les pratiques de la foi, le statut social ou le niveau de connaissance des Écritures.
  • 1 Corinthiens 12 montre la même division dans un autre domaine : celui des manifestations de l'Esprit, comme les miracles ou le fait de parler de façon miraculeuse dans d'autres langues.

2. Qui sont les chrétiens ? Ceux qui confessent Jésus comme Seigneur

  • Paul parle de « réalités spirituelles » (verset 1), sans doute parce que les Corinthiens utilisaient ce mot. Être « spirituel » était devenu un statut : certains l'étaient, d'autres non.
  • La division passait entre les chrétiens « spirituels », qui manifestaient des dons visibles, très probablement surtout le parler en langues, et les chrétiens « normaux », qui n'avaient pas ces expériences impressionnantes.
  • Paul commence par retirer ce critère (verset 2). Quand ils étaient païens, les Corinthiens se laissaient « irrésistiblement entraîner vers les idoles muettes ». Ils avaient déjà connu des expériences fortes, et ce n'était pas la preuve d'une relation avec le vrai Dieu.
  • La marque du chrétien est ailleurs : personne ne peut dire « Jésus est le Seigneur » si ce n'est par le Saint-Esprit (verset 3). Celui qui confesse Jésus comme Seigneur par ses paroles et ses actes est inspiré par l'Esprit. Celui qui ne le confesse pas, même s'il fait des miracles, n'a pas le Saint-Esprit.
  • « Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit » (verset 13) : tout chrétien a le même Esprit que celui qui, à la Pentecôte, a fait parler les disciples en d'autres langues.
  • Nous pouvons nous tromper aujourd'hui en jugeant quelqu'un sur ce qui est visible : une prière intense, un miracle spectaculaire à raconter, beaucoup d'assurance. On se trompe aussi en jugeant une Église vivante au nombre de ses manifestations impressionnantes.
  • « Ce qui vous attirait quand vous étiez païens ne peut pas devenir votre critère maintenant que vous êtes chrétiens. » Une Église en bonne santé est une Église où Jésus est confessé, où l'enseignement des apôtres est tenu pour précieux et où Jésus est servi comme Seigneur.

3. Que sont les dons ? Une action, un service, un don

  • Après la résurrection et l'ascension, les disciples ont reçu le Saint-Esprit : Dieu présent parmi eux de façon invisible, avec des évidences très visibles. Ils se sont mis à parler en d'autres langues et à annoncer les merveilles de Dieu (Actes 2).
  • Ce signe revient dans le livre des Actes chaque fois qu'une population nouvelle accueille l'Évangile. C'était un signe puissant : l'Évangile allait être prêché dans toutes les langues, parmi toutes les nations.
  • Les versets 4 à 6 parlent d'une même réalité avec trois mots : diversité de dons mais le même Esprit, diversité de services mais le même Seigneur, diversité d'actes mais le même Dieu « qui accomplit tout en tous ». On y voit la Trinité à l'œuvre.
  • D'où la définition d'Eduardo : « les dons sont une action que Dieu accomplit en quelqu'un pour un service envers le Seigneur Jésus et son corps par un don gratuit de son Esprit ».
  • Une action de Dieu : on ne la provoque pas par un rite ou par une formule magique. « On ne peut pas forcer la main à Dieu pour qu'il fasse un miracle. » C'est l'acte souverain d'un Dieu souverain.
  • Un service : la manifestation de l'Esprit est donnée « pour le bien de tous » (verset 7). Les dons ne sont pas une démarche individuelle pour approfondir sa spiritualité et se faire du bien à soi.
  • Un don : un cadeau gratuit, pas une récompense. Un seul et même Esprit les distribue « à chacun en particulier comme il le veut » (verset 11).

4. Une définition des dons à élargir

  • Les Corinthiens semblaient avoir une définition très limitée des dons. Paul l'élargit volontairement, avec une liste large aux versets 8 à 11, reprise au verset 28. Il mentionne par exemple les dons de service, d'enseignement, de direction, d'encouragement, ou une foi particulièrement résiliente.
  • Si un don est une action de Dieu en quelqu'un, par son Esprit, pour servir l'Église, alors exercer un rôle de diacre est un don spirituel. Avoir une foi résiliente dans les épreuves de la communauté, au point d'inspirer ses frères et sœurs, aussi. Bien diriger l'Église, bien secourir ses frères et sœurs dans la détresse, aussi.
  • Eduardo ne minimise pas les miracles : « Je crois que Dieu fait encore des actes que la plupart des gens diraient qu'il s'agit d'un miracle », des guérisons et des manifestations impressionnantes, dans les moments et les lieux qu'il choisit selon sa sagesse.
  • La raison de cet élargissement est ailleurs : plus on connaît Dieu, plus on voit qu'il accomplit tout en tous, qu'il est sans cesse à l'œuvre pour son Église et par elle, et qu'il ne la laisse jamais travailler sans son Esprit.
  • Inutile donc de chercher à définir précisément chaque expression de la liste, comme la « parole de sagesse » ou la « parole de connaissance ». Ces expressions n'apparaissent nulle part ailleurs dans la Bible. Paul reprend peut-être le vocabulaire des Corinthiens pour leur dire : ces dons, et bien d'autres, sont tous des actions de Dieu pour le bien de tous.

5. Des dons distribués pour l'unité et l'interdépendance

  • La répartition des dons obéit à la souveraineté de Dieu (verset 11) et à l'utilité pour l'Église (verset 7). Eduardo ajoute un troisième aspect : l'unité et l'interdépendance, « afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que tous les membres prennent également soin les uns des autres » (verset 25).
  • Pourquoi Dieu ne donne-t-il pas tous les dons à tout le monde ? Parce qu'il veut faire de nous un corps : des personnes aux dons différents qui dépendent les unes des autres.
  • Paul encourage d'abord ceux qui se sentent hors du corps : « Si le pied disait : puisque je ne suis pas une main, je n'appartiens pas au corps… » Tu as la foi, mais tu doutes d'être un vrai chrétien parce que tu n'as pas vécu telle expérience ou reçu tel don vu chez un autre. Cela peut ressembler à de l'humilité, mais c'est souvent une façon de vouloir forcer la main à Dieu.
  • Paul recadre ensuite celui qui se croit autosuffisant : « L'œil ne peut pas dire à la main : je n'ai pas besoin de toi. » Eduardo a déjà entendu des personnes dire qu'elles ne fréquentent pas d'Église parce que le Saint-Esprit les enseigne seules avec leur Bible. Cela revient à dire : « Je n'ai pas besoin du don des autres. »
  • « La diversité des dons crée l'interdépendance et donc l'union », alors que l'uniformité créerait la division et la jalousie.
  • Aux versets 22 à 26, les membres souffrent ensemble et sont honorés ensemble. Certains services, plus exposés, reçoivent un honneur naturel. D'autres, moins visibles, doivent être honorés de façon intentionnelle par une Église qui prend soin de ses membres. Si on le néglige, c'est le corps tout entier qui souffre.

6. Aspirer aux dons les meilleurs

  • On pourrait croire que la distribution des dons est figée : soit je l'ai, soit je ne l'ai pas. Pourtant Paul écrit : « Aspirez aux dons les meilleurs » (verset 31).
  • Ce n'est pas une contradiction avec la souveraineté de Dieu. Très souvent, Dieu agit dans notre volonté et par notre volonté : il met en nous un désir de servir, puis il répond à ce désir en nous équipant.
  • Paul l'écrit à Timothée : si quelqu'un aspire à la charge de responsable, il désire une belle tâche (1 Timothée 3:1). Vouloir servir l'Église comme ancien ou autrement n'est pas forcément de l'orgueil. C'est souvent la manière dont Dieu appelle quelqu'un, puis le don est reconnu par l'Église et grandit avec la pratique et la fidélité.
  • On peut demander à Dieu, se rendre disponible, s'exercer et servir là où il y a un besoin. Mais dans la soumission : « Je peux désirer, demander, me rendre disponible, mais je ne veux pas forcer la main de Dieu. » Et recevoir avec reconnaissance ce qu'il donne, même si ce n'est pas ce que tu imaginais.
  • Puis dans la fidélité à ce que tu as déjà reçu, au lieu de regarder avec envie les dons de ton voisin ou avec arrogance les tiens.
  • Les meilleurs dons ne sont pas forcément les plus impressionnants : « Ce sont ceux qui servent le plus aux autres », ceux qui édifient le corps.
  • Paul termine par une promesse : « Je vais encore vous montrer la voie par excellence. » Pas un don de plus, mais un chemin dans lequel tous les dons doivent être recherchés et exercés. Eduardo laisse, comme Paul, le suspense jusqu'au message suivant.

Points à retenir

  • Tout chrétien est spirituel : la marque de l'Esprit, c'est la confession de Jésus comme Seigneur, pas une expérience spectaculaire.
  • Un don spirituel est une action de Dieu en quelqu'un, pour servir le Seigneur Jésus et son corps, par un don gratuit de l'Esprit.
  • Servir comme diacre, diriger, secourir ou tenir bon dans la foi au milieu de l'épreuve sont aussi des dons de l'Esprit.
  • La diversité des dons crée l'interdépendance et l'unité : personne ne peut dire « je n'appartiens pas au corps », ni « je n'ai pas besoin de toi ».
  • Tu peux aspirer aux dons, dans la soumission à l'Esprit et la fidélité à ce que tu as déjà reçu. Les meilleurs dons sont ceux qui servent le plus les autres.

Application personnelle

  1. Sur quels critères juges-tu la spiritualité d'un frère, d'une sœur ou d'une Église : ce qui est impressionnant, ou la confession de Jésus comme Seigneur ?
  2. Quel don as-tu reçu, même discret, et comment le mets-tu au service des autres plutôt qu'à ton propre profit ?
  3. Te dis-tu parfois « je n'appartiens pas au corps » parce que tu n'as pas tel don ? Ou au contraire « je n'ai pas besoin des autres » ?
  4. Qui, dans ton Église, sert dans l'ombre et mériterait que tu l'honores de façon intentionnelle cette semaine ?
  5. Quel désir de servir Dieu a-t-il mis en toi, et quel premier pas peux-tu faire pour te rendre disponible ?

Versets cités

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui fait d'un chrétien un chrétien spirituel selon 1 Corinthiens 12 ?

Ce n'est pas une expérience visible et impressionnante. Paul écrit que personne ne peut dire « Jésus est le Seigneur » si ce n'est par le Saint-Esprit (verset 3). Pour Eduardo, celui qui confesse Jésus comme Seigneur par ses paroles et ses actes est inspiré par l'Esprit : tout chrétien est spirituel.

Comment définir un don spirituel ?

À partir des versets 4 à 6, Eduardo propose cette définition : un don est une action que Dieu accomplit en quelqu'un, pour un service envers le Seigneur Jésus et son corps, par un don gratuit de son Esprit. Ce n'est ni une récompense ni un moyen de se faire du bien à soi-même : il est donné pour le bien de tous (verset 7).

Peut-on demander à Dieu un don spirituel ?

Oui. Paul dit « Aspirez aux dons les meilleurs » (verset 31). Dieu met souvent en nous un désir de servir puis nous équipe. On peut demander, se rendre disponible et servir là où il y a un besoin, dans la soumission à l'Esprit qui distribue comme il veut, et en recevant avec reconnaissance ce qu'il donne.

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