2 Pierre 3 : Dieu n'est pas lent, il est patient envers toi

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Introduction

« Où est la promesse de son avènement ? » La question des moqueurs de 2 Pierre 3:4 n'a pas pris une ride. William Philip, de retour en chaire à The Tron Church, à Glasgow, après avoir manqué le dimanche précédent, cloué au lit par la grippe, poursuit sa série sur la deuxième épître de Pierre, consacrée à la vie dans les derniers jours du monde.

Il rappelle que cette lettre a été écrite pour des chrétiens ordinaires, afin de fortifier leur foi dans des temps difficiles. Après avoir dressé, lors du message précédent, le portrait des moqueurs (versets 4 à 7), il s'arrête ce soir sur les versets 8 et 9 : la lenteur apparente du dernier jour. La soudaineté de ce jour, au verset 10, sera pour la semaine suivante.

Pierre donne deux réponses claires au moqueur. Il se trompe complètement sur qui est Dieu et sur son rapport au temps. Il se trompe aussi complètement sur ce que Dieu fait dans le temps.

Plan du message

1. Une lettre pour tous les croyants

  • Cette épître n'a pas été écrite d'abord pour les responsables d'Église, comme les lettres de Paul à Timothée et à Tite. Pierre écrit à tous les croyants.
  • Il attend de toute l'Église qu'elle prenne la responsabilité de ne pas se laisser égarer et de ne pas avaler les mensonges du monde, qui finissent souvent par s'infiltrer dans l'Église.
  • À la fin de la lettre (2 Pierre 3:17), Pierre avertit que certains risquent d'être entraînés par l'égarement des impies et de perdre leur fermeté. Parmi ceux que nous appellerions professeurs de théologie, évêques ou responsables, certains n'étaient, selon lui, que des moqueurs et des sceptiques.
  • Dieu nous a pourtant donné tout ce qui contribue à la vie et à la piété (2 Pierre 1:3), à travers les paroles des prophètes et le commandement du Seigneur transmis par ses apôtres (2 Pierre 3:2).
  • Comme il y a eu de faux prophètes, il y aura de faux docteurs qui introduiront des sectes pernicieuses (2 Pierre 2:1). « C'est l'histoire de l'Église depuis deux mille ans, et c'est encore l'histoire de l'Église aujourd'hui. » Cette lettre n'est pas une vieille relique à regarder dans un musée.

2. La marque du moqueur : le déni de la réalité

  • Comme le léopard qui ne change pas ses taches, les traits du moqueur ne changent pas. Il nie la Parole de Dieu (verset 4) : on ne peut plus croire la Bible aujourd'hui, du moins si l'on est intelligent.
  • William Philip se souvient du naturaliste David Attenborough parlant avec mépris de son directeur d'école qui prêchait la Bible à la chapelle de l'école : comment un homme intelligent pouvait-il croire de telles absurdités ? Peu après, il l'a vu à la télévision dire qu'il croyait à l'existence de l'abominable homme des neiges. « Qui parle de folie maintenant ? »
  • Le moqueur nie aussi la colère de Dieu et son jugement sur le péché (versets 5 et 6). Il sape ainsi toute la notion de péché et le besoin même de repentance.
  • Pour le prédicateur, c'est pourquoi les politiques des optimistes libéraux qui dominent l'Occident sont souvent vouées à l'échec : ils vivent dans un monde imaginaire. Seule la réalité de Dieu et de son action explique le chaos de notre monde.
  • Paul le dit en Romains 1:18-25 : les hommes retiennent injustement la vérité captive et ont changé la vérité de Dieu en mensonge. Ce n'est pas un hasard si Paul parle ensuite de la sexualité humaine, un domaine où ce déni nous entoure aujourd'hui.
  • Le déni ne concerne pas seulement les politiciens qui croient que l'argent pousse sur les arbres ou les gouvernements qui le créent à partir de rien. « Nous le faisons tous. » Au fond, nous avons peur de la vérité et nous ne voulons pas laisser venir les questions dérangeantes.

3. « Mieux vaut ne pas regarder en bas »

  • William Philip cite Matthew Parris, chroniqueur du Times. Marqué dans son enfance en Afrique par le bien que faisaient les missionnaires, il garde pour eux un grand respect, même s'il lui arrive de s'emporter contre la foi chrétienne.
  • Dans son autobiographie, un chapitre s'intitule « Mieux vaut ne pas regarder en bas ». Réveillé au milieu de la nuit, il s'assoit dans le noir sur le bord de la baignoire. Peu à peu, il entend le bruit lointain de Londres, le ronronnement du réfrigérateur, la Tamise contre le mur, puis le sifflement de son propre système nerveux, son sang et les battements de son cœur.
  • Il s'émerveille de ce mélange presque miraculeux de fragilité et de résistance qu'est l'être humain, puis conclut : « La survie de l'homme est une impossibilité soutenue par l'inattention. » Alors il allume la lumière, et tout s'évanouit.
  • « Voilà l'aveuglement volontaire du moqueur. C'est le cœur humain qui se cache de la vérité. »
  • La Bible, elle, nous ramène toujours à la réalité. « Mais il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer » (2 Pierre 3:8) : n'allume pas la lumière pour tout cacher, regarde les faits en face.

4. Dieu est le maître du temps

  • Où est la promesse de son avènement ? Dieu serait-il faible, incapable de tenir sa promesse ? Faut-il écouter Friedrich Nietzsche, qui déclarait Dieu mort, ou Richard Dawkins, qui célébrait la semaine précédente les vingt ans de son livre Pour en finir avec Dieu ? Faut-il croire les publicités placardées sur les bus il y a vingt ans : « Dieu n'existe probablement pas. Alors cesse de t'inquiéter et profite de la vie » ?
  • « Devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour » (2 Pierre 3:8). Dieu n'est pas une créature prise dans le temps comme nous. Il est le créateur du temps, donc son Seigneur et son seul interprète.
  • Nous sommes liés au temps et à l'espace. Nous ne le percevons que de l'intérieur : le temps passe lentement pendant un sermon, mais pour le prédicateur qui regarde sa montre, il file à la vitesse de l'éclair. Deux heures avec une jolie fille un soir d'été passent en quelques secondes, deux heures de cours de mathématiques, c'est tout autre chose.
  • Dans un train qui quitte la gare centrale en même temps qu'un autre train sur le quai voisin, on a l'impression de ne pas bouger. Depuis un hélicoptère de police, on voit la vérité : les deux trains avancent. Dieu voit le temps d'en haut.
  • L'arrogance du moqueur est de tout expliquer à partir de lui-même et de ce qu'il voit. « C'est l'essence même du péché selon la Bible : être centré sur soi et non sur Dieu. » Or le visible s'explique par l'invisible, et non l'inverse (Hébreux 11:3). Affirmer qu'il n'existe rien d'autre que ce que l'on voit, c'est prétendre à une connaissance divine.
  • Si tu pouvais rencontrer Shakespeare, il pourrait te dire beaucoup de choses sur Hamlet. Hamlet, lui, ne pourrait rien te dire de Shakespeare, parce qu'il a été créé dans un monde que Shakespeare seul a fait.
  • Pierre cite ici le Psaume 90, chanté plus tôt dans le culte : mille ans sont aux yeux de Dieu comme le jour d'hier. Nous sommes comme l'herbe qui fleurit le matin et sèche le soir. Devant la tombe d'un être cher, quand on entend « tu retourneras à la poussière », personne ne peut dire calmement : « C'est tout. » La vie humaine ne s'explique qu'en référence à Dieu et à l'éternité pour laquelle nous avons été créés.

5. Dieu est le grand Rédempteur dans le temps

  • « Le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance » (2 Pierre 3:9).
  • Pour le moqueur, deux mille ans d'inaction apparente prouvent que Dieu est mort ou impuissant. Pierre répond : non, la lenteur de Dieu n'est pas de l'impuissance, c'est de la patience, et cette patience exprime sa grande puissance.
  • Le prédicateur pose une question : qui est le plus fort, le père qui ne maîtrise pas son humeur et explose contre son enfant à la moindre contrariété, ou celui qui a de la maîtrise et de la patience, qui corrige et sanctionne au bon moment et de la bonne manière ? « Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros » (Proverbes 16:32).
  • Le Dieu de la Bible se définit lui-même par sa lenteur à la colère. Quand Moïse demande à voir sa gloire, l'Éternel passe devant lui et proclame : « L'Éternel, l'Éternel, Dieu miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité » (Exode 34:6).
  • Les sceptiques étouffent la miséricorde de Dieu aussi bien que sa juste colère. Dieu n'est ni vindicatif ni capricieux, comme le voudrait Richard Dawkins. Il est un juge juste qui punira le péché, mais il est patient et ne veut pas qu'aucun périsse.
  • Pierre fait presque écho à Ézéchiel 18:23 : « Ce que je désire, est-ce que le méchant meure ? dit le Seigneur, l'Éternel. N'est-ce pas qu'il change de conduite et qu'il vive ? »
  • William Philip avance une idée : c'est peut-être pour cela qu'il n'y a pas de repentance pour les anges et les esprits, qui ne sont pas soumis au temps. Nous, Dieu nous a créés dans l'espace et le temps, et il nous a donné le temps comme un don de vie, pour que nous puissions le trouver, le connaître et arriver à la repentance.

6. Que fais-tu du temps que Dieu te donne ?

  • « Je me demande si tu y as déjà pensé : la raison même de ton existence, c'est d'avoir du temps, du temps pour te repentir et te tourner vers Dieu. » Le psalmiste l'avait compris : « Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que nous appliquions notre cœur à la sagesse » (Psaume 90:12).
  • Peut-être as-tu passé une bonne partie de ta vie à te moquer de la Parole de Dieu et de son Évangile. Pierre te dit : n'ignore pas cette vérité. Dieu seul est le maître du temps, il est le Rédempteur dans le temps, et le temps qu'il te donne sur la terre a un seul but : que tu arrives à la repentance et que tu trouves la vie éternelle avec lui.
  • Dans la cathédrale de Chester, une horloge porte un poème intitulé « Les pas du temps » : « Quand, enfant, je riais et pleurais, le temps rampait. Jeune homme plus hardi, le temps marchait. Devenu homme, le temps courait. En vieillissant de jour en jour, le temps volait. Bientôt, en poursuivant ma route, je trouverai le temps enfui. Ô Christ, m'auras-tu sauvé d'ici là ? »
  • « T'aura-t-il sauvé d'ici là ? As-tu trouvé cette repentance, ce chemin du retour vers le cœur de Dieu ? » Si tu n'en es pas certain, ne laisse pas passer ce jour sans trouver la réponse : « voici maintenant le jour du salut » (2 Corinthiens 6:2). Demain, qui sait ce qu'il apportera ?

Points à retenir

  • Le moqueur vit dans le déni : il étouffe la vérité de la Parole de Dieu, de son jugement et de sa miséricorde.
  • Dieu est le créateur et le maître du temps. Lui seul voit l'histoire d'en haut et peut l'interpréter avec justesse.
  • La lenteur apparente de Dieu n'est pas de l'impuissance mais de la patience, et cette patience est une expression de sa puissance.
  • Dieu ne veut pas qu'aucun périsse : le temps qu'il te donne est un don pour arriver à la repentance.
  • Aujourd'hui est le jour du salut. Ne remets pas à demain la question de ta relation avec Dieu.

Application personnelle

  1. Dans quel domaine as-tu tendance à « allumer la lumière » pour ne pas regarder en face une vérité dérangeante ?
  2. Comment réagis-tu quand Dieu te fait attendre : par l'impatience, ou en reconnaissant qu'il est le maître du temps ?
  3. As-tu déjà pris la patience de Dieu pour de l'indifférence, au point de prendre son jugement à la légère ?
  4. Que fais-tu concrètement du temps que Dieu te donne sur la terre ?
  5. Es-tu certain d'avoir trouvé le chemin du retour vers Dieu ? Si ce n'est pas le cas, qu'est-ce qui t'empêche de le chercher aujourd'hui ?

Versets cités

Questions fréquentes

Pourquoi le retour de Jésus semble-t-il tarder selon 2 Pierre 3 ?

Pour William Philip, ce retard apparent n'est pas de l'impuissance. Pierre répond que le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement de sa promesse : il use de patience, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance (2 Pierre 3:9).

Que signifie « un jour est comme mille ans » devant le Seigneur ?

Pierre reprend le Psaume 90 pour rappeler que Dieu est le créateur et le maître du temps. Nous sommes enfermés dans le temps et ne pouvons pas le mesurer de l'extérieur. Lui seul voit l'histoire d'en haut et peut l'interpréter avec justesse.

Pourquoi Dieu est-il patient envers nous ?

Parce qu'il est lent à la colère et riche en bonté (Exode 34:6) et qu'il ne prend pas plaisir à la mort du méchant (Ézéchiel 18:23). Selon William Philip, le temps que Dieu nous donne sur la terre est un don : il nous est accordé pour arriver à la repentance et le trouver.

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