Introduction
« Quand quelqu'un rencontre vraiment Jésus, il comprend aussi que le moment est venu de commencer une vie nouvelle. » Tom Parsons ouvre ainsi ce message du dimanche soir à All Souls Langham Place, à Londres, dans la série consacrée à la première épître aux Thessaloniciens.
Le texte est 1 Thessaloniciens 4.1-12. Paul y aborde deux sujets délicats que Timothée lui a rapportés : l'impudicité et le refus de certains de prendre en charge leur propre vie sur le plan matériel. Le prédicateur en tire deux titres : rechercher la sainteté toujours plus, rechercher l'amour toujours plus.
Le fil du message tient en deux mots de Paul : « toujours plus ». Tu ne pars peut-être pas du même point que ton voisin de banc, mais Dieu t'invite à avancer à partir de là où tu en es ce soir.
Plan du message
1. Quand Dieu entre dans une vie, on sait qu'il faut vivre autrement
- La femme du prédicateur est venue à la foi à 22 ans, lors d'un camp d'été en Nouvelle-Zélande. Citadine, elle venait de finir des études de stylisme à Wellington, mais les chrétiens qui l'avaient aidée à croire étaient tous producteurs laitiers.
- Ne connaissant aucun chrétien en ville, elle s'est dit : « Si suivre Jésus veut dire quitter la ville et devenir productrice laitière, qu'il en soit ainsi. » Le prédicateur précise avec humour que ce n'est pas ce que cela veut dire. Ce qu'il retient, c'est cette conscience profonde qu'il faut désormais vivre une vie qui plaît à Dieu.
- Son propre parcours a été plus compliqué. À 14 ans, l'Esprit de Dieu lui ouvre le cœur, il est bouleversé par l'amour de Dieu et par la mort de Jésus à la croix pour qu'il soit pardonné. Mais il résiste : « Dieu comprendra qu'il n'est pas raisonnable d'attendre de moi que je prenne au sérieux sa parole sur ma manière de vivre. Je suis un cas à part. »
- Dieu a été très patient avec lui. Devenu étudiant, recevant un enseignement biblique et une communion fraternelle, il a vu les choses changer. Même cette histoire d'adolescent montre que le Saint-Esprit donne cette conscience : il faut vivre autrement pour plaire à Dieu.
2. Une Église authentique qui doit encore progresser
- L'Église de Thessalonique est née lors d'une courte mission de Paul, interrompue par une émeute. Paul a dû partir presque traîné hors de la ville, laissant une Église à peine enseignée et persécutée.
- Pendant des semaines, il est resté dans l'attente : tiennent-ils encore ? Il envoie Timothée, qui revient avec de bonnes nouvelles. Les Thessaloniciens se sont vraiment convertis : ils font confiance à Jésus et s'aiment les uns les autres.
- Comme dans toute œuvre authentique de Dieu, certains domaines doivent progresser. Paul le sait et pèse ses mots en pasteur. À la fin du verset 2, il rappelle que ses instructions viennent « de la part du Seigneur Jésus » : il ne transige pas.
- Mais il commence par encourager : « Vous le faites déjà. Continuez, toujours plus. » Tom Parsons aime cette description de la vie chrétienne : une manière de vivre qui plaît à Dieu. Avec C. S. Lewis, il rappelle que nous pouvons être un élément de la joie de Dieu.
- Pardonnés et adoptés en Jésus-Christ, nous nous tenons devant un Dieu qui aime voir l'œuvre de son Esprit dans la vie de ses enfants. « Décidons au moins ce soir d'avancer toujours plus, de là où nous en sommes maintenant. »
3. La sainteté : être semblable à Dieu
- « Ce que Dieu veut, c'est votre sanctification » (verset 3). Être sanctifié, c'est devenir saint, pur comme Dieu lui-même. La sainteté de Dieu, c'est sa séparation d'avec tout mal et son engagement total pour tout bien. Dans l'Ancien Testament, il le répète : « Soyez saints, car je suis saint », autrement dit, soyez comme moi.
- Cela implique, pour les Thessaloniciens comme pour nous, d'être différents de la culture qui nous entoure. Ici, il s'agit de la vie sexuelle.
- Le prédicateur relève un mouvement dans les versets 3 à 5 : positif (votre sanctification), négatif (abstenez-vous de l'impudicité), positif (posséder son corps dans la sainteté et l'honnêteté), négatif (sans passion déréglée, comme les païens qui ne connaissent pas Dieu).
- Positivement, c'est garder la sexualité à la seule place où la Bible l'autorise, l'encourage et la bénit : l'union d'un homme et d'une femme, engagés publiquement dans l'alliance du mariage, pour la vie, ouverts à l'accueil d'enfants. C'est l'enseignement biblique et celui de l'Église au fil des siècles.
- Négativement, l'impudicité désigne toute activité sexuelle en dehors de ce cadre : avant le mariage, hors du mariage, entre personnes de même sexe, ou seul devant de la pornographie. Jésus va jusqu'à dire que le simple regard de convoitise est déjà un adultère.
- « Je sais de quoi j'ai l'air » : d'un dinosaure, et même d'un dinosaure méchant et oppressif. Mais ce message paraissait déjà étrange à Thessalonique. L'éthique sexuelle gréco-romaine reposait sur la hiérarchie sociale et le pouvoir : un homme libre de haut rang faisait ce qu'il voulait, les autres subissaient. Depuis les années 1960, l'Occident a bâti une éthique fondée sur l'expression de soi.
- Le prédicateur ne veut pas ici défendre intellectuellement l'enseignement biblique. Il veut, comme Paul, encourager ceux qui savent que c'est le chemin de Dieu à s'y tenir toujours plus. Beaucoup ne vivent pas ainsi, mais savent au fond d'eux que c'est juste. Et il invite ceux qui pensent « tu es bien ce dinosaure » à venir en parler avec lui.
4. Dieu ne veut pas te priver, il veut ton bien
- L'une de nos difficultés, c'est de croire que les voies de Dieu servent vraiment notre épanouissement. Depuis le commencement, notre nature déchue soupçonne Dieu d'être mesquin et de vouloir nous priver de quelque chose de beau. Il n'est pas ainsi.
- Regarde les mots du texte : « sa volonté », « votre sanctification ». Au verset 4, le mot traduit par « corps » est littéralement « vase », un euphémisme pour désigner les organes sexuels. Paul appelle à garder cette part de soi « dans la sainteté et l'honnêteté ». C'est une vision très positive.
- Jésus connaît la force du désir sexuel. Il a vécu notre vie, jeune homme et célibataire. Il a été cet adolescent que le prédicateur a été. Il a montré qu'il existe une manière sainte et digne de maîtriser ces forces au lieu de s'y soumettre, et qu'il y a une grande dignité dans ce chemin.
- À l'inverse, la pornographie laisse au spectateur, après une excitation passagère, une honte qui épuise et qui fait regarder son propre corps comme quelque chose de vil. Dieu ne veut pas cela pour toi.
- Peut-être penses-tu ne plus jamais pouvoir te regarder dans le miroir comme une personne entière et digne. Le Dieu vivant te dit : « Tu n'es pas obligé de rester ainsi. Je t'appelle à une vie nouvelle en Jésus, à une dignité nouvelle. »
- Peut-être penses-tu que Dieu ferme les yeux sur une vie sexuelle avant le mariage. Dieu t'appelle peut-être à quelque chose de bien meilleur dans ta relation. Peut-être es-tu marié et penses-tu que la vie serait meilleure ailleurs. Le prédicateur cite Martin Luther : bien des hommes qui ont une femme belle et vertueuse se laissent tromper, s'en dégoûtent et s'attachent à des femmes viles. Hors du mariage, on ne trouve que de la poussière.
5. Dieu donne son Esprit : laisse entrer la lumière
- Paul ajoute des avertissements sérieux (versets 6 à 8) : dans cette nouvelle communauté d'amour, certains exploitaient peut-être les autres, comme cela s'est produit à d'autres moments de l'histoire de l'Église. Ces fautes ont des conséquences éternelles.
- Mais pourquoi vouloir s'éloigner de Dieu ? À la fin du verset 8, Paul parle de « Dieu, qui vous a aussi donné son Saint-Esprit ». Le prédicateur souligne que le verbe est au présent dans le texte original : Dieu donne son Esprit. Il redonne vie et force à ceux qui reconnaissent avoir besoin de son aide pour être transformés. Imagine une vie sans l'Esprit de Dieu dans ton cœur : une vie misérable.
- Comment faire ? Résister à chaque désir en essayant de le réprimer ? Tom Parsons raconte une scène du roman Treasures of the Snow de Patricia St John, lu vers 12 ans. Une jeune fille est remplie de rancune contre Lucien, un garçon qui a gravement blessé son petit frère. Elle demande à sa grand-mère comment se débarrasser de sa colère.
- La grand-mère répond : « Le matin, quand tu descends et que la pièce est sombre, est-ce que tu chasses l'obscurité ? » La jeune fille la regarde comme si elle était folle : « Je ne chasse pas l'obscurité, j'ouvre les rideaux et la lumière entre. »
- C'est le principe : nous ne nous concentrons pas d'abord sur le combat, nous laissons entrer la lumière. Nous nous rappelons l'amour du Père, la mort de son Fils pour nous, sa résurrection, sa puissance et sa volonté de nous donner son Saint-Esprit. Nous nous aidons les uns les autres dans l'Église et nous mettons en lumière ce qui est caché, avec un ami de confiance ou un pasteur.
- Il ne s'agit pas de nier ses désirs, ses frustrations ou ses déceptions. Nous venons à Jésus en disant : « Seigneur, je lutte. » Le changement ne sera peut-être pas immédiat, mais quand la parole « Soyez saints, car je suis saint » éclaire le cœur, l'obscurité finit par reculer. Nous n'avons pas à suivre ces désirs.
6. L'amour fraternel, lui aussi, toujours plus
- Le second titre suit le même mouvement : « Pour ce qui est de l'amour fraternel, vous n'avez pas besoin qu'on vous en écrive ; car vous avez vous-mêmes appris de Dieu à vous aimer les uns les autres » (verset 9). Ils aiment déjà tous les frères de la Macédoine. Paul les exhorte pourtant à abonder toujours plus.
- Cet amour était la preuve de l'œuvre du Saint-Esprit. Ils savaient d'instinct, comme un réflexe chez le médecin, ce que fait une Église locale : se rendre visite à l'hôpital, apporter des repas dans les temps difficiles, prier les uns pour les autres, proposer de garder les enfants quand de jeunes parents épuisés ont besoin d'un moment.
- L'impudicité menaçait la sainteté. Ce qui menace l'amour fraternel, le prédicateur l'appelle en un mot : la paresse.
7. Prendre la responsabilité de ses propres besoins
- Versets 11 et 12 : mettre son honneur à vivre tranquille, s'occuper de ses propres affaires, travailler de ses mains, se conduire honnêtement envers ceux du dehors et n'avoir besoin de personne. Paul n'emploie pas ici le mot « oisif », mais il l'utilise en 1 Thessaloniciens 5.14, et la question revient dans la deuxième épître.
- À Thessalonique, certains ne vivaient pas tranquilles mais se mêlaient des affaires des autres, et vivaient à leurs dépens. Ils y voyaient peut-être une vertu : Jésus revient bientôt, pourquoi perdre son temps à travailler ? Et dans une communauté d'amour, pourquoi ne pas offrir aux autres l'occasion de m'aimer en finançant mon mode de vie ?
- En réalité, l'oisiveté mine l'amour fraternel, crée du ressentiment et donne une mauvaise image aux gens du dehors. L'opinion publique voyait déjà cette Église d'un mauvais œil, et une réputation de gens qui se mêlent de tout ne l'aidait pas.
- Il n'y a aucun doute : quand un croyant est dans le besoin, on l'aide. Mais on n'encourage pas quelqu'un à dépendre longtemps des autres s'il n'en a pas besoin. Une femme de l'Église qu'il conduisait autrefois lui a fait remarquer qu'il ne parlait jamais de l'oisiveté en prédication, alors que la Bible en parle. Il a compris qu'il l'évitait par peur de blesser.
- Certains ne peuvent pas avoir une activité rémunérée. D'autres cherchent un emploi et vivent une grande frustration, ou ne trouvent qu'un travail qui ne suffit pas à les rendre autonomes. Le prédicateur ne veut viser personne. Mais ceux qui ont besoin de ce défi pensent souvent qu'il ne les concerne pas : certains disent qu'ils ne peuvent pas travailler alors qu'ils veulent dire qu'ils ne travailleront pas, en attendant l'emploi idéal aux frais de leurs parents ou des contribuables.
- La Bible a une vision bien moins romantique du travail. Pouvoir choisir un emploi selon ses dons et son tempérament est un privilège rare dans l'histoire. Notre ambition doit viser un travail qui nous permet de ne pas peser inutilement sur les autres. « Travailler pour subvenir à nos besoins, si nous le pouvons, est un acte d'amour envers les autres, tout comme soutenir avec joie ceux qui ne le peuvent pas est une œuvre de Dieu. »
- Plutôt que de se sentir supérieur en critiquant le système d'aide sociale, le prédicateur invite à faire quelque chose de positif : prier pour que Dieu suscite des entrepreneurs chrétiens qui aiment créer des emplois pour les jeunes. « Remplacer l'orgueil par l'amour fait toujours partie de la croissance chrétienne. »
- L'Évangile a pris racine à Thessalonique : une communauté a reçu la Parole et l'Esprit et commence à vivre une vie d'amour à contre-courant. Le message se termine par une prière pour que l'Esprit nous fortifie à rechercher la sainteté et l'amour toujours plus.
Points à retenir
- Quand Dieu entre dans une vie par l'Évangile, son Esprit donne la conscience qu'il faut vivre d'une manière qui lui plaît.
- Paul ne dit pas « recommencez », il dit « continuez, toujours plus ». Dieu aime voir l'œuvre de son Esprit dans la vie de ses enfants.
- La sainteté sexuelle n'est pas une privation : Dieu appelle à garder son corps dans la sainteté et l'honnêteté, et il offre une dignité nouvelle à ceux qui se sentent abîmés.
- On ne chasse pas l'obscurité, on ouvre les rideaux : la lumière de l'amour de Dieu, de sa Parole et de la communion fraternelle fait reculer ce qui est caché.
- Travailler pour ne pas peser inutilement sur les autres est un acte d'amour, tout comme soutenir avec joie ceux qui ne peuvent pas le faire.
Application personnelle
- Dans quel domaine de ta vie te dis-tu, comme le prédicateur adolescent, que tu es « un cas à part » ?
- Crois-tu vraiment que les voies de Dieu servent ton épanouissement, ou le soupçonnes-tu de vouloir te priver de quelque chose ?
- Qu'est-ce qui est encore caché dans l'obscurité, et avec quel ami de confiance ou quel pasteur pourrais-tu « ouvrir les rideaux » ?
- Comment pourrais-tu aimer concrètement un frère ou une sœur de ton Église cette semaine : une visite, un repas, une prière, une garde d'enfants ?
- Ton rapport au travail et à l'argent fait-il peser sur d'autres une charge que tu pourrais porter toi-même ?
Versets cités
- 1 Thessaloniciens 4:1-12
- Lévitique 11:44
- Matthieu 5:28
- 1 Thessaloniciens 5:14
- 2 Thessaloniciens 3:6-12
Questions fréquentes
Que veut dire « toujours plus » dans 1 Thessaloniciens 4 ?
Paul reconnaît que les Thessaloniciens vivent déjà d'une manière qui plaît à Dieu. Il ne les condamne pas, il les encourage : « Vous le faites déjà, continuez, toujours plus. » Pour Tom Parsons, Dieu aime voir l'œuvre de son Esprit dans la vie de ses enfants, et chacun peut avancer à partir de là où il en est.
Comment lutter contre des désirs qui nous éloignent de la sainteté ?
Tom Parsons reprend une scène du roman de Patricia St John : on ne chasse pas l'obscurité d'une pièce, on ouvre les rideaux et la lumière entre. Il ne s'agit pas de nier ses désirs, mais de venir à Jésus, de se rappeler l'amour du Père et le don de l'Esprit, et de mettre en lumière ce qui est caché avec un ami de confiance ou un pasteur.
Pourquoi Paul demande-t-il de travailler de ses mains ?
À Thessalonique, certains vivaient aux dépens des autres en se mêlant de tout. Selon Tom Parsons, l'oisiveté mine l'amour fraternel, crée du ressentiment et nuit au témoignage. Travailler pour subvenir à ses besoins, si on le peut, est un acte d'amour, tout comme soutenir avec joie ceux qui ne le peuvent pas.