Introduction
Pastor Mike, l'un des pasteurs de Birmingham City Church, clôt une série de cinq semaines sur les dons de l'Esprit. Après la parole de sagesse, la parole de connaissance, la foi, les dons de guérison, les miracles, la prophétie et le discernement des esprits, il arrive au sujet qu'on évite quand on invite un ami à l'église : le parler en langues et son interprétation.
« Pas de panique », lance-t-il d'entrée. Il ne veut pas être « bizarre ». Il veut revenir aux bases, parce que méthodistes, baptistes, anglicans, catholiques et pentecôtistes ont tous une opinion sur les langues : est-ce de l'Esprit, est-ce biblique, est-ce encore pour aujourd'hui ? Son but : que tu repartes mieux informé, pour mieux pratiquer.
Le fil du message tient en une conviction : les langues sont un don précieux, mais sans amour elles ne sont que du bruit, et dans l'assemblée elles existent pour édifier tout le monde.
Plan du message
1. Parler en langues, de quoi parle-t-on ?
- Le mot théologique est « glossolalie ». « En théologie, si on peut le dire simplement, on refuse de le faire », plaisante le pasteur. Le mot assemble deux termes : parler et langues.
- Sa définition : le parler en langues est une capacité donnée par l'Esprit de parler une langue inconnue, de notre esprit vers Dieu, pour lui communiquer des mystères au-delà des mots.
- Tout au long de la série, il a insisté sur un point : les dons sont une manifestation pour un but précis, à un moment précis. Le don des langues de 1 Corinthiens 12 n'est donc pas exactement la même chose que la pratique de prier en langues, que beaucoup vivent déjà pendant le temps de louange.
2. Une évidence normale, mais pas la seule
- Plusieurs dénominations pentecôtistes enseignent que le parler en langues est la preuve du baptême dans le Saint-Esprit. C'était aussi le cas dans les vérités fondatrices d'Elim, la dénomination de l'Église (environ 600 Églises au Royaume-Uni, 9 000 dans le monde).
- Mais on y voyait des hommes et des femmes qui craignaient Dieu, clairement baptisés dans l'Esprit, actifs dans la prophétie et le miraculeux, sans parler en langues. Quand une position n'est pas pragmatique, « on ne dit pas à Dieu qu'il change les règles, on se dit qu'il faut peut-être changer les règles ».
- Pour Pastor Mike, les langues sont une évidence normale de l'Esprit, mais l'évidence du baptême dans l'Esprit, c'est le fruit de l'Esprit : l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la maîtrise de soi.
- À Corinthe, tout le monde parlait en langues, mais certains avaient des liaisons, d'autres partaient avec l'offrande, et au dîner, l'autre langue, c'était le commérage.
- À Azusa Street, à Los Angeles, au début des années 1900, William Seymour, fils d'anciens esclaves, ouvre une petite église dans un quartier difficile. Lors de sa formation biblique, il devait rester assis sur une marche, dehors. À Azusa Street, Noirs et Blancs, riches et pauvres, jeunes et vieux adorent ensemble et parlent en langues. Mais une fois le seuil franchi, la ségrégation reprend. « C'était de l'émotion, de l'expérience, mais ça ne changeait rien. »
- Le pasteur l'applique à son assemblée : certains parlent en langues pendant le culte, puis, au lieu du rôti du dimanche, ils « mangent » leur voisin de rang en critiquant sa tenue ou son haleine. « On peut apprendre à parler en langues sans l'Esprit. Il est beaucoup plus difficile d'être aimable, patient, maître de soi et doux sans l'Esprit. »
- Paul le dit en 1 Corinthiens 13:1 : même si je parle les langues, sans amour, ce n'est que du bruit.
3. Vers le haut, vers l'extérieur, à travers : trois sortes de langues
- Vers le haut. En 1 Corinthiens 14:2, Paul présente un langage de prière spirituel, personnel. C'est la prière dans le secret, quand la vie est si belle ou si dure que les mots manquent. Le pasteur rapproche ce langage des soupirs que l'Esprit porte devant Dieu en Romains 8:26-27.
- Il cite le neuroscientifique chrétien Andrew Newberg, qui se dit « neurothéologien ». Il a observé le cerveau de religieuses catholiques priant leur liturgie et de pentecôtistes priant en langues. Chez les religieuses, c'est la zone frontale du langage et de l'analyse qui s'activait. Chez les pentecôtistes, ce sont les zones des émotions et de la conscience de soi. Aucune prière n'est déclarée plus puissante que l'autre.
- En 1 Corinthiens 14:14, Paul dit que lorsqu'il prie en langue, son intelligence demeure stérile. Selon le pasteur, le grec évoque une intelligence « au repos ». « On n'a pas besoin d'un plan ni d'un programme. » L'esprit se joint à l'Esprit de Dieu, qui éclaire en nous ce que la logique ne voit pas.
- Vers l'extérieur. C'est le don des langues de 1 Corinthiens 12:10 : dans l'assemblée, quelqu'un se lève et donne un message en langues, pour tous. Il doit être suivi d'une interprétation, donnée par une autre personne ou par celui qui a parlé.
- À travers. Le Nouveau Testament ne le montre explicitement qu'une fois, en Actes 2, à la Pentecôte : les croyants parlent des langues qu'ils ne connaissent pas, comprises par des gens venus de partout. Le pasteur imagine la foule reconnaître l'accent de Birmingham ou de Liverpool, mais c'étaient des langues et des dialectes.
- Est-ce encore pour aujourd'hui ? Un homme de l'église, « aussi Brummie qu'on peut l'être » selon le pasteur, témoigne. Lors d'une mission en Sibérie avec l'évangéliste David Hathaway, une femme d'origine yoruba lui a dit qu'il avait prié dans sa langue maternelle : « Père, remplis cette ville de ton Saint-Esprit. » Il n'a jamais appris un mot de yoruba. Pendant ces quelques jours, 1 500 personnes sont venues au Seigneur et une femme aveugle a recouvré la vue.
- Le pasteur Paul Hudson a vécu une scène semblable au Kenya : dans un village reculé, un jeune homme illettré, qui ne parlait que son dialecte, s'est mis à prier en anglais, en phrases intelligibles.
- Ces récits rappellent que Dieu choisit les choses folles du monde pour confondre les sages (1 Corinthiens 1:27). Ils ne bâtissent pas seulement la foi de celui qui les vit : partagés, ils édifient toute l'Église.
4. Ce qui se passait à Corinthe
- Le don des langues de 1 Corinthiens 12 est un message donné par l'Esprit qui, accompagné de l'interprétation, édifie l'assemblée. Il s'enracine dans le verset clé de la série, 1 Corinthiens 12:7 : la manifestation de l'Esprit est donnée pour l'utilité commune.
- Paul n'écrivait pas en pensant être lu par des millions de personnes. Il écrivait une lettre à une Église d'une trentaine ou d'une quarantaine de personnes, qui se réunissaient dans les maisons et se connaissaient intimement.
- Là, le culte tournait au chaos : l'un parlait en langues, un autre criait par-dessus, et ainsi de suite, sans interprétation. On commençait par chanter la grandeur de Dieu et on finissait presque par en venir aux mains. Les gens repartaient sans être édifiés ni équipés pour la semaine.
- Les Corinthiens avaient élevé le don des langues au-dessus de tout, alors que l'immoralité et le manque de générosité restaient dans l'Église. De 1 Corinthiens 12 à 14, Paul rétablit l'équilibre : « C'est bien que tu parles en langues, mais ce n'est pas l'alpha et l'oméga. Laisse-moi te parler de l'amour. »
- D'où 1 Corinthiens 14:4-5 : celui qui parle en langue s'édifie lui-même, celui qui prophétise édifie l'Église ; il est plus grand que celui qui parle en langues, à moins que ce dernier n'interprète. Et 1 Corinthiens 14:18-19 : Paul parle en langues plus que tous, mais dans l'Église il préfère dire cinq paroles intelligibles que dix mille en langue.
- Paul ne diminue pas les langues : il insiste sur leur bon usage dans l'assemblée réunie.
5. L'ordre n'étouffe pas l'Esprit
- Paul donne des consignes précises : deux ou trois messages en langues, avec interprétation (1 Corinthiens 14:27-28). Cela peut heurter des pentecôtistes, mais Paul corrige un désordre. Un ami du pasteur le résume : « Une rivière sans berges n'est pas une rivière, c'est une inondation. »
- Dieu est un Dieu d'ordre dès Genèse 1 : l'Esprit plane sur le chaos, puis viennent le jour et la nuit, les saisons, les marées, la végétation. « La structure n'étouffera pas l'Esprit si la structure est soumise à l'Esprit. »
- Pastor Mike refuse de faire de la « règle de trois » un absolu (moins de trois, ce n'est pas le Seigneur ; plus de trois, c'est le diable). On garde le cœur et la sagesse de l'enseignement de Paul, et on l'applique à son contexte. À Birmingham City Church, les langues ne posent pas de problème : quatre une semaine, une la suivante, « on fait avec ».
- Prier en langues à sa place, intercéder dans l'Esprit, s'en servir dans le combat spirituel (Éphésiens 6:18) : aucun problème. La question se pose quand une langue devient la voix dominante dans la salle et que tout le monde s'arrête pour écouter. C'est alors qu'on discerne s'il s'agit du don, avec interprétation.
- Paul encourage celui qui parle en langue à prier pour pouvoir interpréter (1 Corinthiens 14:13), et rappelle que celui qui ne comprend pas ne peut pas dire « amen » (1 Corinthiens 14:16). Les dons travaillent ensemble : l'interprétation peut passer par une prophétie, une parole de sagesse ou de connaissance (1 Corinthiens 14:6).
- Un jour, après douze minutes à chanter « Break Every Chain », une femme est venue lui dire qu'elle avait une parole : Dieu voulait briser toutes les chaînes. Elle était obéissante, mais cela n'apportait rien de plus à ce moment-là. Une autre fois, deux paroles successives se contredisaient.
- Le partage : « Si tu sens que c'est Dieu, c'est ta responsabilité de partager. » Le discernement : c'est celle des responsables (équipe pastorale, anciens) d'éprouver la parole. Parfois, elle attendra le dimanche suivant. Parfois, elle n'est pas pour l'Église mais pour la personne elle-même.
- Un « non » n'est pas toujours un refus définitif : il protège aussi la personne. Le pasteur se souvient d'une femme qui, un premier dimanche dans une Église, a reçu le micro et n'a fait que s'exposer et se mettre dans l'embarras. Aujourd'hui, avec la diffusion en ligne, « dix secondes d'un extrait Instagram » suffisent.
- Surtout, il ne faut pas craindre les dons parce qu'on a vu des abus sur TikTok ou dans une Église douteuse. « On se rend un mauvais service, et on rend un mauvais service à Dieu. » Il y aura des erreurs, on entendra mal Dieu parfois : on l'assume, et on recommence.
6. Le Saint-Esprit habite en nous, il ne nous possède pas
- « Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes ; car Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Corinthiens 14:32-33). Quand l'Esprit agit, ce n'est pas compulsif.
- « Le Saint-Esprit nous habite, mais il ne nous possède pas. » Être possédé, c'est perdre tout contrôle et toute responsabilité. Dieu le pourrait, mais un Père aimant le ferait-il à des êtres créés à son image, avec dignité et dans un but ? Le pasteur ne le pense pas.
- Tu peux donc choisir quand et comment une prophétie ou un message en langues est donné. Parfois, il vaut mieux le garder jusqu'à une pause naturelle plutôt que d'interrompre la prédication ou un chant.
- Le pasteur sourit de « la voix sainte de prière » : on parle avec l'accent du Black Country dix minutes avant, puis soudain dans le style de la King James, avec un tremblement dans la voix. Il ne dit pas que c'est mal, mais qu'il faut équilibrer l'action de l'Esprit et nos émotions.
- Même la préparation est ouverte à l'Esprit. Quand il prépare un message, il le soumet à Dieu : « Personne ne veut entendre un Brummie de 37 ans. » Pour lui, préparer est une forme d'adoration. Si une impression fait dérailler tout le culte, il doit l'éprouver : vient-elle de Dieu, ou d'un café soluble un peu trop fort ?
7. Pas un esprit de crainte
- 2 Timothée 1:7 : Dieu ne nous a pas donné un esprit de timidité, mais de force, d'amour et de sagesse. Le pasteur souligne le dernier mot, qu'il rend par la maîtrise de soi, un fruit de l'Esprit.
- Quand on commence à exercer les dons, il y a de l'incertitude et de la nervosité. Ce n'est pas de la peur. La peur ne vient pas de Dieu. Si quelque chose semble désordonné et excessif, ce n'est peut-être pas le Seigneur, mais de l'émotion.
- « On peut avancer dans les choses de l'Esprit sans être fous. » Les pentecôtistes passent pour l'oncle qui danse sur la table au mariage, cravate sur la tête, à trois heures du matin. Pourtant, ils apportent quelque chose à toute la famille chrétienne : ils croient que l'Esprit agit et parle encore.
- La série ne visait pas seulement à remplir les têtes : elle veut donner l'assurance d'avancer dans tout ce que l'Esprit veut faire. Le pasteur prie que l'Église ne soit pas un « cercle saint » replié sur ses beaux locaux, mais qu'elle reparte avec un désir renouvelé des dons spirituels, pour annoncer Jésus dans la ville.
Points à retenir
- Le parler en langues est une évidence normale de l'Esprit, mais la preuve d'une vie remplie de l'Esprit, c'est son fruit, à commencer par l'amour.
- Prier en langues est un langage personnel tourné vers Dieu ; le don des langues dans l'assemblée appelle une interprétation pour édifier tout le monde.
- Paul ne rejette pas les langues : il corrige un désordre et rappelle que Dieu est un Dieu d'ordre et de paix.
- Le Saint-Esprit nous habite sans nous posséder : tu peux choisir le moment et la manière de partager ce que tu reçois.
- Les abus ne doivent pas te faire craindre les dons. Si Dieu te parle, partage-le et laisse les responsables l'éprouver.
Application personnelle
- Ta vie dans l'Esprit se voit-elle davantage dans tes paroles le dimanche ou dans ton amour, ta patience et ta maîtrise de soi pendant la semaine ?
- Prends-tu des moments, seul avec Dieu, pour lui ouvrir ton cœur au-delà des mots, dans la joie comme dans la peine ?
- Y a-t-il une parole ou une impression que tu gardes par crainte ? À qui pourrais-tu la confier cette semaine ?
- Comment réagis-tu quand ce que tu partages est mis à l'épreuve ou différé : avec offense, ou avec confiance ?
- Une mauvaise expérience t'a-t-elle éloigné des dons de l'Esprit ? Qu'est-ce qui t'aiderait à les désirer de nouveau ?
Versets cités
- 1 Corinthiens 14
- 1 Corinthiens 12:7-10
- 1 Corinthiens 13:1
- 1 Corinthiens 1:27
- Galates 5:22-23
- Romains 8:26-27
- Actes 2:1-11
- Genèse 1:1-5
- Éphésiens 6:18
- 2 Timothée 1:7
Questions fréquentes
Le parler en langues est-il la preuve du baptême dans le Saint-Esprit ?
Pour Pastor Mike, le parler en langues est une évidence normale du baptême dans l'Esprit, mais pas la seule. Il observe des croyants remplis de l'Esprit qui ne parlent pas en langues, et des Corinthiens qui parlaient en langues tout en vivant dans le péché. La preuve qu'il retient, c'est le fruit de l'Esprit : l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la maîtrise de soi.
Quelle différence entre prier en langues et le don des langues ?
Prier en langues est un langage de prière personnel, tourné vers Dieu, qui édifie celui qui prie (1 Corinthiens 14:2). Le don des langues de 1 Corinthiens 12:10 est un message donné à voix haute dans l'assemblée, sous la conduite de l'Esprit. Il doit être suivi d'une interprétation pour que toute l'Église soit édifiée.
Pourquoi Paul encadre-t-il le parler en langues dans 1 Corinthiens 14 ?
À Corinthe, chacun parlait en langues en même temps, sans interprétation, et l'assemblée sortait du culte sans être édifiée. Paul ne dit pas que les langues sont mauvaises : il rétablit l'équilibre. Dieu n'est pas un Dieu de désordre mais de paix, et une structure soumise à l'Esprit ne l'étouffe pas. Comme le dit un ami du pasteur, une rivière sans berges n'est plus une rivière, c'est une inondation.