Introduction
« Je vous annonce une très très bonne nouvelle aujourd'hui : l'Évangile est arrivé dans la Samarie. » C'est ainsi que Byeong Koan Lee, pasteur de l'Église Évangélique Méthodiste de Strasbourg, résume le passage d'Actes 8:5-25 qu'il vient de lire à l'assemblée. Ce message poursuit une série sur les Actes des Apôtres : la fois précédente, il avait traité la lapidation d'Étienne (Actes 7).
La Samarie, ce n'est pas n'importe quel endroit. C'est le peuple que les Juifs considèrent comme impur, la nation traitée en ennemie et haïe, la région que tout Juif veut éviter à tout prix. Et c'est là que l'Évangile pénètre. Philippe y prêche le Christ, un magicien nommé Simon voit son emprise s'effondrer, Pierre et Jean descendent de Jérusalem et le Saint-Esprit est donné à ces croyants d'un autre peuple.
Le prédicateur lit ce récit comme la confrontation de deux mondes, et il en tire des leçons très concrètes : la joie comme fruit du salut, le discernement entre l'œuvre du Saint-Esprit et une puissance spirituelle quelconque, le péché de Simon et la repentance toujours possible. Il termine sur une prière personnelle : « Seigneur, j'ai toujours quelque chose de Simon. »
Plan du message
1. Étienne : une fin qui ouvre un nouveau chapitre
- Le prédicateur commence par un rappel du message précédent, sur Actes 7. Il y avait vu deux scènes : d'un côté, comment Étienne a été lapidé, par un procès truffé d'injustice, par le comportement fanatique de ses juges, par une foule manipulée et remplie de rage. De l'autre, comment Étienne a vécu sa mort.
- Étienne contemplait le Dieu de gloire et Jésus debout à la droite de Dieu. Il demandait à Jésus de pardonner à ceux qui le lapidaient. Il a remis son esprit à Jésus et il s'est endormi. Malgré la violence des pierres, il est parti dans la paix et dans le calme. « Il était comme Christ jusqu'au bout. »
- D'où venait cette attitude de paix, de confiance, cette attitude christique ? Deux réponses : il était rempli du Saint-Esprit, et il était habité par la réalité céleste, une réalité tellement vraie et puissante que, sous les pierres, il partait dans la confiance.
- Le passage se termine par une précision : ceux qui avaient été dispersés allaient de lieu en lieu en annonçant la bonne nouvelle de la parole (Actes 8:4). « La fin d'Étienne, ce n'était pas une fin ni un échec, c'est l'ouverture d'un nouveau chapitre. »
2. L'Évangile entre dans la Samarie : la rencontre de deux mondes
- Beaucoup de chrétiens persécutés et dispersés allaient partout annoncer l'Évangile. Luc a dû faire un tri, et il a choisi de raconter la rencontre de deux personnes, Simon et Philippe. « Cette rencontre n'était pas une simple rencontre de deux personnes, mais plutôt une rencontre de deux mondes, deux systèmes » : entre l'Évangile et le monde païen, entre le christianisme et le paganisme, avec le risque du syncrétisme.
- Le pasteur se souvient de son pays : en Corée, quand l'Évangile est arrivé au milieu du chamanisme, il y a eu beaucoup de difficultés, entre les miracles produits par la proclamation de la parole et la magie, entre le don de l'Esprit et la corruption de l'argent. C'est exactement ce monde-là que Luc nous raconte.
- Philippe arrive en Samarie et prêche le Christ. Le résultat est extraordinaire et immédiat : tous les villageois samaritains s'attachent à ce que dit Philippe. Le prédicateur se reprend lui-même sur ce point : ils ne s'attachent pas à Philippe, mais aux paroles de Philippe, c'est-à-dire au Christ annoncé par Philippe.
- Le passage de Jean 4, lu pendant le culte, le rappelle : en Samarie, il y avait une attente du Messie. Mais jusque-là, l'Évangile avait été bloqué.
3. La parole, les miracles et la joie
- Il n'y a pas seulement la parole : les miracles l'accompagnent. Dans les Actes, les miracles sont la marque du ministère, d'abord de Jésus (Actes 2:22), puis des apôtres (Actes 2:43), puis d'Étienne, plein de grâce et de puissance, qui opérait de grands prodiges et des signes (Actes 6:8).
- Quel est le fruit de l'Évangile ? La réponse se trouve au verset 8 : « Il y eut une grande joie dans cette ville. » Pour le prédicateur, « la joie est un indice sûr de la réception du salut ».
- Cette joie traverse tout l'Évangile de Luc. Dans la nuit du premier Noël, l'ange proclame : « Je vous annonce la bonne nouvelle d'une très grande joie » (Luc 2:10). Et tout à la fin, à l'ascension, les apôtres se prosternent devant Jésus et retournent à Jérusalem remplis d'une grande joie (Luc 24:52).
4. Philippe et Simon : apprendre à discerner
- Avant l'arrivée de Philippe, c'est Simon qui occupait le terrain spirituel et religieux. Il exerçait la magie et stupéfiait le peuple. Toute la foule, du plus petit jusqu'au plus grand, s'attachait à lui en disant : « Celui-ci est la puissance de Dieu. » Simon fascinait les gens. C'est sur ce terrain que l'Évangile arrive.
- Il y a une ressemblance entre Philippe et Simon. L'un comme l'autre opère des signes extraordinaires. L'un comme l'autre attire des gens qui s'attachent à lui. « Face à une telle ressemblance, il faut avoir un bon discernement pour distinguer l'œuvre du Saint-Esprit et l'œuvre d'une puissance spirituelle quelconque. » Pour cela, il faut regarder les différences.
- Première différence : Simon le mage s'autoproclame grand (« je suis quelqu'un de grand »), alors que Philippe prêche le Christ et annonce le règne de Dieu.
- Deuxième différence : les Samaritains s'attachaient à Simon, à sa personne, tandis qu'ils s'attachent aux paroles de Philippe, c'est-à-dire au règne de Dieu et au nom de Jésus.
- Dernière différence : l'Évangile proclamé par Philippe provoque la joie chez les gens, alors que le pouvoir magique de Simon provoque la fascination.
- Le résultat de cette confrontation : la victoire est à l'Évangile. Les Samaritains ont choisi Philippe, ils ont accueilli la bonne nouvelle du royaume de Dieu et le nom de Jésus-Christ, et ils reçoivent le baptême. Simon le mage lui aussi reçoit le baptême et ne quitte plus Philippe. « L'Évangile a triomphé sur une pratique quelconque, spirituelle et religieuse. »
5. Pierre et Jean : le Saint-Esprit donné aux Samaritains
- Ce succès de l'Évangile remonte jusqu'aux oreilles des apôtres à Jérusalem. La situation est nouvelle, l'événement est inédit, et cela attire beaucoup d'attention, voire une haute précaution chez les apôtres. Comment vérifier la foi de croyants hors de Jérusalem ? Comment les accompagner ? L'Église de Jérusalem envoie Pierre et Jean.
- Ils visitent les croyants, ils sont convaincus de l'authenticité de leur foi et ils prient pour que le Saint-Esprit vienne sur eux. Ainsi les Samaritains reçoivent le Saint-Esprit.
- Le prédicateur renvoie à la réponse de Pierre le jour de la Pentecôte, quand les gens demandaient « que ferons-nous ? » : « Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé pour le pardon des péchés, et vous recevrez le don du Saint-Esprit » (Actes 2:38). Il y voit les étapes vers la vie chrétienne. Ce jour-là, en Samarie, tout cela se rejoue.
- Et pas avec n'importe qui : le peuple considéré comme impur et hérétique a reçu le Saint-Esprit. « Quel événement impossible à imaginer selon la logique de la loi ! Quelle ouverture révolutionnaire par l'Évangile ! » Qui que ce soit, juif, samaritain, coréen ou français, celui qui croit en Christ et accueille la parole reçoit le baptême et le don du Saint-Esprit, et Dieu approuve : « Oui, tu es mon enfant bien-aimé. »
6. Le péché de Simon et la repentance toujours possible
- Simon, lui, a vu que le Saint-Esprit était transmis par l'imposition des mains. Il croyait que c'étaient les apôtres qui possédaient le Saint-Esprit, et il a eu ce qu'il pensait être une idée géniale : l'acheter. Il avait beaucoup d'argent.
- Le pasteur lit alors une vieille citation : seulement après que le dernier arbre aura été coupé, que la dernière rivière aura été empoisonnée, que le dernier poisson aura été capturé, alors seulement vous découvrirez que « l'argent ne se mange pas ».
- « Le pauvre Simon est rattrapé par son passé. » Il n'était pas encore tout à fait libéré de son ancienne habitude. À l'époque, il était possible de vendre et de transmettre un pouvoir, et chez les chamans cela continue encore. Acheter ou marchander le Saint-Esprit : c'est de là que vient l'expression « le péché de Simon ».
- Pierre corrige Simon, et sa correction est sévère : « Que ton argent aille à la perdition avec toi ! Comment as-tu pensé pouvoir acquérir par l'argent ce qui est le don de Dieu ? » Par son attitude, Simon s'exclut lui-même de la grâce de Dieu. C'est pourquoi Pierre lui dit : « Tu n'as aucune part ni aucun droit en cette affaire, car ton cœur n'est pas droit devant Dieu. »
- Le péché de Simon est grave, mais la repentance est toujours possible. « Repens-toi, Simon. » Et Simon accepte cette invitation à la conversion : « Priez vous-mêmes le Seigneur pour moi. »
- Leçon pour nous : « La conversion est toujours continuelle et toujours permanente. Je me convertis encore et encore. Je me libère encore et encore de mon ancienne logique, de mon ancienne habitude. »
7. L'Évangile continue son chemin
- Pierre et Jean étaient venus en Samarie pour vérifier, pour examiner, pour voir de leurs propres yeux : est-ce vrai que les Samaritains ont accueilli Jésus-Christ comme leur Sauveur ? La question était capitale. L'évangélisation de la Samarie était dans l'ordre du Seigneur, mais il faut du temps aux apôtres pour se défaire de leurs préjugés.
- Le verset 25 dit ce qu'ils font sur le chemin du retour vers Jérusalem : ils annoncent la bonne nouvelle dans plusieurs villages de la Samarie. L'Évangile continue son chemin.
- Il gagne du terrain par la parole et par les signes, en démolissant toutes les barrières, extérieures et intérieures, en transformant les humains et les systèmes, en triomphant de tous les défis : le légalisme chez les Juifs, le paganisme chez les païens. Et il répond au mal par le bien, à la haine par l'amour, à la condamnation par le pardon, comme l'exemple d'Étienne. « Car l'Évangile est la bonne nouvelle du règne de Dieu. »
- Dans sa prière de conclusion, le pasteur rend grâce : quand il était rempli de pensées négatives, de tristesse, de haine, Dieu a visité son cœur et a triomphé. Nous étions des impies, sans force, même des ennemis, et dans sa grâce Dieu a posé son regard sur chacun de nous. Puis il confesse : « Seigneur, j'ai toujours quelque chose de Simon. J'ai toujours quelque chose de ma nature ancienne. » Et il demande à Dieu de renouveler à chaque instant sa grâce et sa force, pour que l'Église devienne sans cesse davantage témoin de celui qui pardonne, qui renouvelle, qui démolit et qui transforme.
Points à retenir
- L'Évangile est entré chez un peuple que les Juifs considéraient comme impur et traitaient en ennemi. Aucune barrière extérieure ou intérieure ne l'arrête : juif, samaritain, coréen ou français, celui qui croit en Christ reçoit le baptême et le don du Saint-Esprit.
- La joie est un indice sûr de la réception du salut. Là où l'Évangile est accueilli, « il y eut une grande joie dans cette ville ».
- Les signes extraordinaires ne suffisent pas à discerner. Regarde qui est annoncé (soi-même ou le Christ), à quoi les gens s'attachent (une personne ou la parole) et ce qui est produit (la fascination ou la joie).
- Même baptisé, Simon a été rattrapé par son ancienne logique. Le péché est grave, mais la repentance reste possible, et la conversion est continuelle.
- L'Évangile répond au mal par le bien, à la haine par l'amour, à la condamnation par le pardon, parce qu'il est la bonne nouvelle du règne de Dieu.
Application personnelle
- Quelle est ta « Samarie », ce lieu ou ces personnes que tu préfères éviter à tout prix ? Crois-tu que l'Évangile peut y pénétrer ?
- La joie est le fruit de l'Évangile reçu. Qu'est-ce qui, cette semaine, a produit en toi de la joie plutôt que de la simple fascination ?
- Face à un ministère impressionnant, poses-tu les questions du discernement : qui est mis en avant, à quoi les gens s'attachent, qu'est-ce que cela produit ?
- Quelle ancienne logique ou ancienne habitude te rattrape encore, comme Simon ? De quoi as-tu besoin de te convertir « encore et encore » ?
- Comme Pierre et Jean, de quel préjugé as-tu besoin de temps pour te défaire, afin de reconnaître l'œuvre de Dieu chez des gens que tu n'attendais pas ?
Versets cités
- Actes 8:5-25
- Actes 7:54-60
- Actes 8:4
- Jean 4:1-42
- Actes 2:22
- Actes 2:43
- Actes 6:8
- Luc 2:10
- Luc 24:52
- Actes 2:37-38
Questions fréquentes
Pourquoi l'arrivée de l'Évangile en Samarie est-elle une si bonne nouvelle ?
Les Samaritains étaient considérés par les Juifs comme un peuple impur, une nation traitée en ennemie, une région à éviter à tout prix. Pourtant, c'est là que Philippe prêche le Christ, que des hommes et des femmes se font baptiser et que Pierre et Jean prient pour eux et qu'ils reçoivent le Saint-Esprit. Pour Byeong Koan Lee, c'est une ouverture révolutionnaire : qui que ce soit, juif, samaritain, coréen ou français, celui qui croit en Christ reçoit le baptême et le don du Saint-Esprit.
Comment distinguer l'œuvre du Saint-Esprit d'une puissance spirituelle quelconque ?
Philippe et Simon se ressemblent : tous deux opèrent des signes extraordinaires et attirent la foule. Le prédicateur relève trois différences. Simon s'autoproclame grand, Philippe prêche le Christ et annonce le règne de Dieu. Les gens s'attachent à la personne de Simon, mais aux paroles de Philippe. La magie de Simon provoque la fascination, l'Évangile de Philippe provoque la joie.
Qu'est-ce que le péché de Simon dans Actes 8 ?
Simon le magicien, pourtant baptisé, propose de l'argent à Pierre et Jean pour obtenir le pouvoir de transmettre le Saint-Esprit. Il gardait sa vieille logique : à l'époque, on pouvait acheter et vendre un pouvoir. Pierre le corrige sévèrement, mais l'appelle à la repentance, et Simon l'accepte. Le prédicateur en tire une leçon : la conversion est continuelle, on se libère encore et encore de son ancienne logique.
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