Psaume 139 : Dieu te connaît et ne t'abandonne jamais

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Introduction

Omniscient, omniprésent, omnipotent. Trois mots qu'Ivan Bannwarth, de l'Église Connexion (Paris Centre), définit dès le début de son message : « omni » veut dire tout. Dieu sait tout, Dieu est partout, Dieu peut tout. Ayant grandi dans une famille chrétienne, il considère ces trois attributs comme des présupposés bibliques, quelque chose qu'il a toujours su. Mais il ne se souvient pas d'avoir souvent entendu une prédication expliquer ce que cela change concrètement pour lui.

Le problème, c'est que ces trois mots peuvent faire peur. Un Dieu créateur tout-puissant paraît très loin, et nous sommes très petits. Un Dieu qui sait tout, donc qui voit tout ce que je fais, inquiète. Enfant, cela permettait à ses parents de le garder obéissant quand ils n'étaient pas là : un Big Brother. On finit par avoir l'impression que Dieu nous regarde seulement pour nous punir.

Le prédicateur veut montrer que cette vision d'un Dieu lointain, qui ne serait là que pour juger, est une très mauvaise compréhension de Dieu. Il propose de regarder comment David, lui, comprend l'omniscience, l'omniprésence et l'omnipotence de Dieu dans le Psaume 139. Ce psaume ne fait pas partie de la série de l'été sur le premier livre du Psautier : Ivan Bannwarth l'avait prêché au début de l'été à La Garenne-Colombes, et les anciens lui ont permis de rester sur ce texte.

Plan du message

1. Versets 1 à 6 : Dieu me connaît intimement

  • La première strophe parle de l'omniscience de Dieu. David reconnaît que la connaissance de Dieu est trop extraordinaire pour lui, qu'elle le dépasse de loin : « Tu me sondes et tu me connais, tu sais, tu pénètres, toutes mes voies te sont familières, tu la connais entièrement. »
  • Mais David ne parle pas de la connaissance infinie que Dieu a de l'univers, de la science ou des mathématiques. Ce qui le renverse, c'est que Dieu le connaît, lui, et qu'il s'intéresse à lui.
  • Verset 1 : « Éternel, tu me sondes. » David voit en son Dieu quelqu'un qui cherche volontairement à le connaître. Il ne vit pas l'omniscience comme un savoir intrinsèque, mais comme le fruit de la volonté de Dieu de nous connaître. C'est cela qui intéresse Dieu : nous connaître intimement.
  • Le verset 5 est un peu différent : « Tu m'entoures par derrière et par devant, et tu mets ta main sur moi. » Il n'est plus question de connaissance mais de présence. Le prédicateur y voit la volonté de David de relier la première strophe à la deuxième.

2. Versets 7 à 12 : Dieu ne m'abandonne jamais

  • Les lieux où David imagine aller n'ont rien d'attirant : loin de l'Esprit de Dieu, loin de sa face, couché au séjour des morts, à l'extrémité de la mer, couvert par les ténèbres. Pourquoi envisage-t-il d'y aller ?
  • Il est probable que David, sachant que Dieu le connaît intimement, soit comme un enfant qui a peur du jugement. Il nous arrive d'annuler une sortie avec des amis parce qu'on ne veut pas leur avouer ce qu'on a fait. Avec Dieu, c'est pire : il sait déjà.
  • On sent dans cette strophe que David voudrait être n'importe où sauf près de Dieu. Mais il sait aussi ce qui se passe dans ces lieux : Dieu est toujours là. Il a déjà vécu des moments où il a cherché à fuir Dieu à cause de son péché ou parce qu'il était au fond du trou, et Dieu ne l'a jamais quitté.
  • Comme pour la connaissance, David ne reconnaît pas une présence abstraite de Dieu dans tout l'univers, mais une présence qui se traduit concrètement par un accompagnement permanent.
  • Nous croyons parfois que lorsque nous négligeons notre culte personnel ou que nous péchons, Dieu ne veut plus de nous. David montre le contraire : même seuls, au fond du trou, en pensant être loin de Dieu, Dieu est avec nous, devant et derrière, et sa main est sur nous (versets 5 et 10).
  • Le verset 12 fait la transition : le lieu des ténèbres est miraculeusement changé en lumière par la puissance de Dieu.

3. Versets 13 à 18 : Dieu m'a fait tel que je suis

  • La toute-puissance de Dieu n'est pas contemplée ici de façon abstraite, comme dans la création en Genèse, au début de l'Évangile de Jean ou à la fin du livre de Job. C'est son application dans la vie de David qui nous intéresse.
  • David reconnaît l'omnipotence de Dieu dans la création et dans la fabrication de celui qu'il est. Dieu n'a pas attendu que nous soyons grands ou que nous ayons une relation avec lui pour s'intéresser à nous : il est à l'origine de tout ce qui nous concerne, avant même que nous soyons un embryon.
  • Parenthèse sur le verset 14 : « Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. » Le prédicateur confie avoir grandi avec beaucoup de complexes sur son apparence et avoir encore du mal aujourd'hui à dire ce verset comme si c'étaient ses propres mots. Il doit identifier ses complexes, reconnaître qu'ils sont une vision de lui-même entachée par les moqueries reçues dans l'enfance, et écouter ce que Dieu dit de lui.
  • Ces trois strophes montrent que Dieu nous désire tels qu'il nous a créés et qu'il n'a pas fait d'erreur. Même s'il y a en nous des choses qui rendent la vie sociale difficile, Dieu ne nous laisse pas seuls pour y faire face.
  • La strophe se termine encore sur la présence de Dieu : « Je m'éveille, et je suis encore avec toi. » La boucle est bouclée.

4. Bilan d'étape : trois affirmations à retenir

  • David construit son chant avec trois strophes qui disent que Dieu sait tout de lui et désire cette connaissance intime, que même s'il cherche à fuir, Dieu ne l'abandonne jamais, et qu'il en est d'ailleurs capable : puisqu'il est son créateur, tout ce qui le concerne a été choisi et façonné par Dieu.
  • Sans les termes techniques, cela donne : « Dieu, tu me connais intimement. Tu ne m'abandonnes jamais. Tu m'as fait tel que je suis. »

5. Versets 19 à 22 : la strophe qui dérange

  • La quatrième strophe contraste fortement avec ce qui précède. On y parle de méchants, d'hommes de sang, d'ennemis, de mise à mort, de haine et de dégoût. Est-ce que cela a sa place dans un chant ? Jésus nous dit dans les Évangiles d'aimer nos ennemis. Peut-on prendre David en exemple et prier cela ?
  • On pourrait être tenté de dire : c'est l'Ancien Testament, gardons les trois premières strophes et oublions la quatrième. Le prédicateur reconnaît lui-même avoir eu du mal à comprendre ces versets.
  • En réalité, David est troublé par la présence d'hommes pécheurs qui utilisent le nom de Dieu pour justifier leurs actes criminels. Pourtant David n'agit pas, alors qu'il le pourrait : il est roi. Il désire d'abord apporter son incompréhension et ses émotions devant Dieu.
  • David est submergé par ses émotions. Il est déchiré par la colère en voyant des gens commettre l'injustice contre Dieu. Il sent au fond de lui ce désir que ces méchants soient punis. Ce désir est peut-être justifié. Mais utiliser ce désir de punition divine n'est-il pas une façon de justifier sa haine ? Cela ne pourrait-il pas le conduire lentement, lui aussi, à utiliser le nom de Dieu pour justifier ses propres actes ? David sait qu'il n'est pas parfait. C'est pour cela qu'il est tourmenté.

6. Versets 23 et 24 : « Seigneur, je t'ouvre mon cœur »

  • C'est alors que David fait cette demande : « Sonde-moi, ô Dieu, et connais mon cœur ! Éprouve-moi, et connais mes pensées ! Regarde si je suis sur une mauvaise voie, et conduis-moi sur la voie de l'éternité ! » La version du Semeur parle des « pensées qui me troublent ».
  • Pourquoi David a-t-il fait tous ces rappels dans les trois premières strophes ? Parce qu'il avait besoin de se rappeler qu'il peut faire assez confiance à Dieu pour lui ouvrir son cœur. Il sait que Dieu sait tout de lui, qu'il ne peut rien lui cacher. Il sait que Dieu ne l'a jamais abandonné et ne l'abandonnera jamais, même s'il s'écarte du droit chemin, même s'il est rempli de colère ou de haine. Et il sait que Dieu a la capacité, la puissance et la force de faire concrètement quelque chose pour le conduire sur la voie de l'éternité.
  • Le titre que le prédicateur donne à cette dernière strophe : « Seigneur, je t'ouvre mon cœur, puisque tu me connais intimement, tu ne m'abandonnes jamais, tu m'as fait tel que je suis. »

7. Jésus possède ces trois attributs et les a mis à notre service

  • Jésus montre dans les Évangiles qu'il possède lui aussi ces trois attributs divins. Il a manifesté son omniscience quand il connaissait les pensées des hommes. Il a démontré son omnipotence en nourrissant 5 000 hommes avec quelques pains et poissons, ou en calmant une tempête d'une seule parole. Il parle de son omniprésence quand il promet d'être avec nous tous les jours jusqu'à la fin du monde.
  • Pourtant, malgré l'avenir qu'il connaissait pour lui-même, Jésus est venu sur terre. Malgré sa toute-puissance, il a renoncé à se défendre pour aller à la croix et prendre à notre place la punition du péché.
  • Comme David, nous avons donc la preuve dans la Bible que Jésus désire que nous lui fassions assez confiance pour lui parler de la réalité de notre cœur. Il a démontré à la croix que ses intentions étaient plus que bienveillantes. Dieu a renoncé à ses droits pour entrer dans l'humanité, offrir une solution au péché et nous réconcilier avec lui.
  • Jésus est la personne la mieux placée pour entendre nos émotions, nos tourments, notre confession. Nous lui devons tout : notre existence, notre salut, notre raison de vivre. Inutile d'essayer de lui cacher notre incompréhension ou notre colère, même contre lui. On ne peut pas lui faire croire des mensonges. À quoi bon faire semblant devant Jésus dans nos prières ? Soyons vrais, acceptons notre vulnérabilité et soumettons-nous à son autorité bienveillante.
  • Tu as peut-être, comme le prédicateur, beaucoup de mal à nommer ce que tu ressens. Il n'a pas grandi dans une famille où l'on mettait des mots sur les émotions, et c'est souvent un fouillis dans sa tête. Mais Jésus te connaît mieux que tu ne te connais toi-même. Même sans savoir ce que l'on ressent, on peut le lui apporter : « Seigneur, je ne sais pas si je ressens de la colère, de la tristesse, de la solitude, du désespoir ou de la lassitude, mais je te le remets. Tu comprends, et tu peux m'aider à y voir clair. »
  • Si tu traverses un moment difficile, rempli d'incompréhension ou de doutes, ou si tu ne sais pas du tout quoi penser de toute cette histoire de Bible, de Dieu ou de Jésus, il n'y a aucune honte à en parler à Dieu, aucune honte à essayer de prier. Si tu ne comprends pas tous les plans de Dieu, relis les versets 6 et 17 : David ne les comprenait pas non plus, mais il a choisi de lui faire confiance.
  • Toi aussi, tu peux choisir de mettre ta confiance en Jésus pour qu'il devienne ton Seigneur et Sauveur. Il t'aidera à vivre peu à peu la paix et la joie en lui, il fera grandir cette intimité et lèvera les doutes avec le temps, si nous partageons vraiment avec lui ce qui nous trouble. Nous lui exprimons notre confiance pour séparer le bien du mal, redresser nos pensées, nos comportements et nos émotions selon ce qu'il sait être bon pour nous.
  • Un Dieu tout-puissant qui sait tout de nous peut faire peur. Mais ce texte montre que Dieu utilise son omniscience, son omniprésence et son omnipotence pour nous aimer. Et c'est pour cela que nous pouvons lui faire confiance.

8. Un chant pour la communauté : vivre la vulnérabilité ensemble

  • Ce psaume est un chant, destiné à être chanté en chœur. David partage donc avec la communauté ce qu'il ressent, ses incompréhensions, ses doutes, ses chagrins. Il se rend vulnérable devant ses frères et sœurs.
  • Le prédicateur encourage à vivre cette vulnérabilité non seulement dans le culte personnel et la prière, mais aussi dans un cadre de confiance mutuelle : un petit groupe, ou un groupe de croissance de deux ou trois personnes.
  • Il termine la lecture de « The Disciple-Making Parent », proposé aux responsables de petits groupes par Laurent Nelson, et le recommande. Si nous vivons cette vulnérabilité les uns avec les autres, cette confiance et cette capacité à être vrais, nous pourrons voir l'omniprésence, l'omnipotence et l'omniscience de Dieu à l'œuvre dans la vie de ces personnes, et avoir toujours plus de raisons de rendre gloire à Dieu.

Points à retenir

  • David ne s'émerveille pas d'une omniscience abstraite : ce qui le renverse, c'est que Dieu cherche volontairement à le connaître, lui, intimement.
  • Même quand nous cherchons à fuir Dieu à cause de notre péché ou parce que nous sommes au fond du trou, Dieu ne nous quitte pas. Sa main est sur nous, devant et derrière.
  • Dieu nous a façonnés avant même que nous soyons un embryon et il n'a pas fait d'erreur. Nos complexes sont une vision de nous-mêmes à confronter à ce que Dieu dit de nous.
  • La colère et les pensées qui nous troublent ne sont pas à cacher mais à apporter devant Dieu, en lui demandant de sonder notre cœur.
  • Jésus possède ces trois attributs et les a mis à notre service jusqu'à la croix : Dieu utilise sa connaissance, sa présence et sa puissance pour nous aimer.

Application personnelle

  1. Quand tu penses que Dieu sait tout, est partout et peut tout, est-ce que cela te rapproche de lui ou est-ce que cela te fait peur ?
  2. Y a-t-il un lieu, une situation ou un péché où tu as l'impression d'être loin de Dieu ? Que change le verset 8 pour toi ?
  3. Arrives-tu à dire le verset 14 comme tes propres mots ? Quels complexes dois-tu confronter à ce que Dieu dit de toi ?
  4. Quelle colère, quelle incompréhension ou quel doute refuses-tu encore d'apporter devant Jésus dans ta prière ?
  5. Avec qui peux-tu vivre cette vulnérabilité dans un cadre de confiance : un petit groupe, deux ou trois personnes ?

Versets cités

Questions fréquentes

Que signifient omniscient, omniprésent et omnipotent dans le Psaume 139 ?

Omniscient : Dieu sait tout. Omniprésent : Dieu est partout. Omnipotent : Dieu peut tout. Ivan Bannwarth montre que David ne contemple pas ces attributs de façon abstraite : il s'émerveille que Dieu le connaisse intimement, qu'il ne le quitte jamais et qu'il l'ait façonné tel qu'il est.

Pourquoi David parle-t-il de haine à la fin du Psaume 139 ?

Aux versets 19 à 22, David est bouleversé par des hommes qui utilisent le nom de Dieu pour justifier leurs crimes. Il est roi et pourrait agir, mais il choisit d'abord d'apporter son incompréhension et sa colère devant Dieu, puis de lui demander de sonder son cœur pour voir s'il n'est pas lui-même sur une mauvaise voie.

Comment prier quand on n'arrive pas à nommer ce qu'on ressent ?

Le prédicateur rappelle que Jésus nous connaît mieux que nous-mêmes. On peut lui dire simplement : « Seigneur, je ne sais pas si je ressens de la colère, de la tristesse, de la solitude ou de la lassitude, mais je te le remets. » Il n'y a aucune honte à parler à Dieu de ses doutes ni à essayer de prier.

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